Versailles 1919/1920 : la paix manquée (1ère partie)

publié le 13 déc. 2012 à 03:28 par Jean-Pierre Rissoan   [ mis à jour : 13 oct. 2016 à 04:31 ]

SOMMAIRE

 

I.  LES TRAITES ET L'ILLUSION DE LA PAIX (1ère partie)

a. Une nouvelle géographie de l'Europe :

La carte de 1914 / la carte de 1924

b. La grande illusion : la S.D.N.

 

II. LES BASES D'UN NOUVEAU CONFLIT (2ème partie) Versailles 1919/1920 : la paix manquée (2ème partie)

a. Les premières désillusions

1. Le refus du Sénat américain

2. Le problème des "réparations"

b. La paix contestée

1. En Allemagne

2. En Italie

3. En Hongrie

 

Introduction générale

    Le traité de Versailles signé le 28 juin 1919 avec l’Allemagne et promulgué le 10 janvier 1920 est évidemment le plus important et le plus connu mais des traités annexes au traité de Versailles sont signés séparément avec chacun des vaincus : Les traités de Saint-Germain-en-Laye puis du Trianon avec respectivement l'Autriche et la Hongrie. Les vainqueurs signent aussi le traité de Neuilly-sur-Seine avec la Bulgarie, et celui de Sèvres avec l'Empire ottoman, autres alliés des "empires centraux".

    Tous ces traités sont marqués par le même "esprit des lois" : les vainqueurs entendent profiter de leur victoire et imposer leurs conditions aux vaincus car l’idéologie meurtrière du nationalisme n’est pas morte le 11 novembre : elle reste longtemps dans les esprits. Ne renaît-elle pas aujourd’hui avec, par exemple, en 2012, des hommes politiques hongrois qui pleurent encore sur le traité de Trianon ? Les traités de 1919-1920 sont donc mal négociés et inoculent chez les vaincus le poison de l’esprit de revanche (I a). Mais ces traités, avec la Société des Nations et la prospérité économique aidant créent l’illusion d’un retour à la paix définitive (I b). En réalité, les Alliés sont divisés (II a) et cette paix est refusée en Allemagne, en Hongrie, en Turquie, en Italie-même pays pourtant vainqueur : ces conditions créent les bases d’un nouveau conflit (II b).

 

I. LES TRAITES ET L'ILLUSION DE LA PAIX

 

    La géographie politique de l’Europe de 1914 est chamboulée -surtout en Europe centrale et orientale. Autant elle était simple -et injuste- avec ces trois empires (allemand, russe et austro-hongrois) autant la multiplication des États qui tâchent -autant que faire se peut- de correspondre à des "ethnies" comme on le disait à Versailles, complique tout. Mais on pense que les éventuelles divergences voire conflits qui peuvent naître entre ces entités nouvelles pourront être réglés par la négociation collective avec la Société des Nations (SDN).

    Voici la nouvelle carte de l’Europe centrale après application - plus ou moins rigoureuse - du principe des nationalités

http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:MittelEuropa1919.JPG




Fichier:MittelEuropa1919.JPG

A. UNE NOUVELLE GÉOGRAPHIE DE L'EUROPE :

     A ce niveau, les deux cartes d’Europe de 1914 et de 1924 (date où Fiume est définitivement italienne) sont à connaître sans défaillance. Je place en annexe des cartes aveugles qui permettront de s’exercer. Je signale qu’il faut savoir distinguer l’essentiel. Placer l’Italie, c’est bien, mais à vrai dire on pense que vous le savez déjà. En revanche, si vous ne précisez pas par un jeu de couleurs que l’Allemagne est coupée en deux et qu’une partie de la Pologne se glisse entre les deux parties, votre carte est nulle. Même si vous avez placé l’Espagne au bon endroit.

 a. Conditions de l’élaboration des traités

    1. Il y a trop de monde à Versailles. Rapidement un comité restreint est mis en place avec Clemenceau, Lloyd George, Orlando l’Italien et Wilson l’Américain. L’Allemagne - vexation inutile et contre-productive - ne participe pas aux négociations. A la fin de celles-ci, elle n’aura que huit jours pour présenter ses observations -le traité pèse quelque 500 pages. Orlando quitte le comité restreint quand Wilson déclare qu’il rejette les accords de Londres de 1915. Accords secrets, négociés pour faire entrer l’Italie aux côtés des forces de l’Entente.

    2. Wilson arrive en effet avec ses gros sabots croyant tout connaître de l’Europe. Il arrive avec ses fameux 14 points présentés le 8 janvier 1918 devant le Congrès des Etats-Unis.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Quatorze_points_de_Wilson

    Ne pas être impressionné par cette liste de 14 points. Les points 6 à 13 -soit huit sur quatorze- sont consacrés chacun à un seul pays. Le 14° concerne la SDN. Il en reste cinq : le point 1 condamne la diplomatie secrète et prône la diplomatie ouverte. Les points 2 et 3 sont, à mon sens, les plus intéressants. Ils justifient/expliquent l’intervention militaire des Etats-Unis dans cette guerre. Ils sont en tête du discours au Congrès : ce n’est pas sans signification. Après leur chasse gardée américaine (back-yard)[1], les Etats-Unis - Théodore Roosevelt dixit - découvre les exigences de l’impérialisme, chaque pays a besoin d’une Weltpolitik comme a dit l’empereur allemand. Les États-Unis sous la pression de la banque new-yorkaise -dont Morgan qui pèse lourd- se tournent vers l’Europe. Le commerce américain a besoin d’y trouver le maximum de « laissez-faire, laissez passer », d’où l’exigence de liberté absolue de la navigation en mer (point 2), et celle de portes ouvertes à tous plutôt que de zones d’influence réservées à untel ou untel. Pas de barrières économiques non plus (point 3). La guerre de 1917 pour les Américains, c’est le début de leur grand débarquement en Europe [2]. Le point 4 évoque le désarmement. Le point 5 évoque le partage colonial et nous somme assez loin du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

    En réalité, tout le monde est d’accord pour appliquer le principe des nationalités ainsi que l’accès à la mer. Mais, la coordination est mal aisée : l’accès à la mer pour la Pologne se heurte à la nationalité du peuplement de Dantzig et sa région qui sont allemands. Simple exemple.

    3. Clemenceau et le maréchal Foch veulent briser la puissance allemande. Foch voit d’un bon œil la création d’un État rhénan (De Gaulle est d'accord avec lui, mais il ne pèse pas lourd à cette date) qui ferait tampon entre la France et le reste de l’Allemagne. Après tout les Rhénans n’ont rien de Prussiens. Les Anglo-Saxons sont farouchement contre. Ils ont des intérêts économiques dans une Allemagne qu’ils veulent voir redémarrer au plus vite. Mais faire redémarrer l'Allemagne et ses konzerns, c'est re-créer les conditions de la guerre. Point essentiel.

 

b. Les nouvelles frontières de l’Europe centrale

    Cela concerne l’Allemagne, la Tchécoslovaquie, l’Autriche. J’évoquerai l’Europe orientale dans la partie II-B : c’est là qu’il y eut le plus de contestations.

1.  L’ Allemagne.

    Les principaux articles concernant l’Allemagne figurent ci-dessous..(document GREHG-Hachette 1988). J’y reviendrai dans la partie du cours consacrée aux contestations.

    Mais la configuration des Länder - la république de Weimar était un État fédéral - reste à peu près la même que la configuration des principautés avant la guerre de 1914 (à comparer avec la construction de nos départements qui ont détruit les structures d’ancien régime en 1790). (atlas historique Westermann p.152).

      La rive gauche du Rhin est soumise à un régime complexe d’occupation. La rive droite est démilitarisée sur une profondeur -un glacis- de 50km.http://www.medailles1914-1918.fr/france-rhenanie.html


2.       La Tchécoslovaquie

    C’est un pays tout neuf formé de peuples slaves : Tchèques, Moraves, Slovaques et Ruthènes. Des côtés allemand et autrichien, la frontière est pratiquement la même que ce qu’elle fut avant 1914. Le point qui fait le plus problème est celui de la frontière à donner à l’ex-principauté de Teschen (lettre T,cf. légende), riche bassin houiller avec de surcroît grand carrefour ferroviaire à Bohumín (indiqué Boh. sur la carte ci-dessous)  Autriche-Hongrie en 1914 (2ème partie) : nationalités & problèmes politiques). Cela dit pour les limites. Pour ce qui concerne la population, la Tchécoslovaquie est une État multinational au sein duquel les Slaves sont 65,5% [3] auxquels on peut ajouter 3,4% de Ruthènes. Outre les Polonais et les Juifs, les minorités les plus importantes sont les Magyars (5,6%) et surtout les Allemands (23,3%). A cette date, Martonne signale que les Allemands sont économiquement très liés aux Tchèques et le problème de la sécession ne se pose pas. Le cancer nazi n’est encore pas développé.

    source : G.U. De Martonne 1931.

    Après la défaite austro-allemande, héritier du royaume de Bohême, le nouvel État réprime les tentations sécessionnistes des Allemands (décembre 1918 à mars 1919). La ville de Teschen est ensuite convoitée par les gouvernements de ses deux populations majoritaires, tchèques et polonais. Les conseils municipaux locaux décident de rejoindre la Pologne ou la Tchécoslovaquie en fonction des frontières linguistiques. Mais cette décision n'est pas entérinée par Prague qui envahit le territoire de la Silésie de Těšín (Teschen), à majorité polonaise (janvier 1919) jusqu'à la rivière Olše (affluent de l’Oder). La conférence des ambassadeurs[4] de Spa confirme cette annexion. Těšín (Teschen) est donc coupée en deux : une partie est tchèque, l’autre polonaise, avec la rivière qui fait frontière (et qui est visible sur la carte Westermann 152)[5].

    "La forme allongée du territoire frappe comme une particularité évidemment défavorable" écrit E. de Martonne, expert convoqué à Versailles, dans son article sur "L’État tchécoslovaque" de 1920 [6]. On a effectivement un rapport de 4 à 1 entre la plus grande longueur (800km) et l’épaisseur moyenne (200km). Les experts répliquent qu’ils ont donné la Russie subcarpatique, autrement dit la Ruthénie, à la Tchécoslovaquie afin que des relations terrestres avec la Roumanie soient possibles sans passer par le nouveau territoire hongrois. De plus, on a veillé à donner des frontières naturelles afin de faciliter la défense du territoire : le sommet des trois côtés du Quadrilatère de Bohème qui jouxtent l’Allemagne, la crête des Carpathes qui limite la Pologne et, au sud, le Danube plus un affluent de rive gauche qui séparent de la nouvelle Hongrie.

    Autre problème bien plus épineux : la Tchécoslovaquie n’a pas d’accès direct à la mer. "Cet isolement serait moins regrettable si les voisins pouvaient être comptés comme des amis naturels. Tel n’est pas le cas" écrit De Martonne et de souhaiter un règlement à l’amiable avec la Pologne "pour que, de ce côté au moins, les liens de race assurent des relations cordiales". On constate combien ces théories ethnicistes ont imprégné les esprits mêmes les plus savants. En 1938, la slave Pologne plantera son poignard dans la Tchécoslovaquie comme les Germains et Magyars d’alentour. Son couteau était peut être plus petit. "Avant la guerre, Hambourg et Trieste étaient les deux portes par lesquelles les pays tchèques pouvaient respirer l’atmosphère du commerce mondial". Trieste passe à l’Italie. Versailles prévoit l’internationalisation de la navigation sur l’Elbe et la concession au gouvernement tchécoslovaque de quais et d’installations maritimes à Hambourg. Mêmes projets pour Stettin port polonais au terminus de l’ Oder, laquelle Oder prend sa source près de Těšín (Teschen). Surtout, une commission du Danube est créée -comme celle du Rhin créée par le congrès de Vienne en 1815- dont le siège social est à Budapest, où le français est une des langues officielles. Sur ce fleuve, de petits navires de mer peuvent naviguer en plus des péniches. C’est une chance pour Bratislava (Presbourg) capitale de la Slovaquie.

    De Martonne conclut en formulant un vœu : "État national, s'il en fut, par son origine, la Tchécoslovaquie semble pourtant ne pouvoir vivre que dans un large courant de relations internationales. C'est dans un pareil milieu qu'elle peut acquérir stabilité et cohésion, en devenant une pièce essentielle de l'organisme économique européen". La France répondra durant les années 20 à cet espoir. Le nazisme, au contraire, l’étranglera dans ses filets.

 

3.  "Le traité de St-Germain et le démembrement de l’Autriche"

    Il s’agit là du titre de l’article d’ E. de Martonne publié dans les Annales de Géographie, n°157, 15 janvier 1920 [7]. "On pouvait concevoir au moyen âge un État où les distinctions sociales comptaient plus que les différences de langue et de race. Il n'en est plus de même. Le XIX° siècle a développé le sentiment national à un tel point que le XX° siècle ne pouvait se dérouler sans voir se dissocier un État où 9 millions d'Allemands dominaient 16 millions de Slaves et 4 million de Latins". Le traité signé à Saint-Germain avec le Gouvernement de Vienne réduit l'Autriche à peu près exactement aux limites du groupe germanique. C’est réellement un démembrement.

    Sur cette carte, établie en 1920 par De Martonne,les frontières de la future Yougoslavie ne sont pas encore fixées.

   On ne peut imaginer pareille démolition d’un édifice que les Habsbourg avaient mis presque un millénaire à construire. Vienne a prospéré grâce à la "Kakanie" c’est-à-dire à la fois le Kaiserreich et le Königreich, l’empire et le royaume, qui justifiaient la présence dans la capitale, non seulement de la cour impériale et du gouvernement mais aussi de milliers de hauts fonctionnaires civils et militaires, de dizaines d’ambassadeurs et de centaines de diplomates, les députés et les représentants des provinces, les touristes (fortunés à cette époque), les industries du luxe et de tout ce qui tourne autour de la musique… bref, "la décadence de Vienne est à prévoir" écrit laconiquement et sans regrets de Martonne en janvier 1920. Les faits ne lui ont pas donné raison. Cela reste un motif d’émerveillement.

    De Matonne écrit aussi "La frontière ne s'écarte de la limite linguistique que pour des raisons stratégiques d'importance exceptionnelle". C’est le cas dans le Trentin-Haut-Adige. En 1914, le Trentin avait la forme d’une langue qui s’avançait profondément dans le cœur de l’Italie du Nord jusqu’au nord du lac de Garde. De là, les attaques étaient faciles sur la plaine padane (= Po), les armées autrichiennes pouvant être abondées et ravitaillées par la voie du Brenner. Situation d’autant plus insupportable pour les Italiens que le Trentin, stricto sensu, c’est-à-dire commandée par la ville de Trente, est italophone. Mais ce n’est pas le cas du Haut-Adige, versant sud des Alpes comme le Trentin, qui est germanophone et commande le passage du col. C’est pourtant l’ensemble qui est attribué à l’Italie afin qu’elle contrôle la voie du Brenner mais, ce faisant, on lui donne une population linguistiquement distincte qui devient une minorité (et plus tard une minorité très agissante, réclamant son retour à l’Autriche).  http://www.informagiovani-italia.com/carte_trentin_haute_adice.htm

      Le petit bassin bilingue de Klagenfurt a été le théâtre d’un plébiscite (cf. la carte) : les partisans du rattachement à l’Autriche l’ont emporté.

 B. LA GRANDE ILLUSION : LA S.D.N.

    Elle est évoquée dans le point 14 de Wilson. Elle correspond à un besoin au moins affectif : civils et militaires, tous espéraient que la guerre de 14-18 serait la « der des der », la dernière des dernières guerres. La Société des Nations, représentant les États et leurs gouvernements -autrement dit, c’est une O.I.G.[8] - avec son programme de coopération internationale, de paix par l’arbitrage, par son programme de sécurité et de désarmement éveille une grande espérance. Au moins, chez les hommes de bonne volonté. Car, en France par exemple, la droite maurassienne, qui pense que la guerre est au cœur de l’homme peccamineux, n’a pas de mots assez durs contre cette institution bâtie par les maçons, pas n’importe lesquels : les Francs-maçons ! Derrière lesquels se cache la juiverie cosmopolite bien entendu [9]. A part ça, la SDN est bien accueillie.

    Le siège est fixé à Genève. L’organe principal est l’assemblée générale des nations, mais neuf membres constituent un conseil restreint chargé de régler tout litige menaçant la paix. Sont rattachées à la SDN des OIG créées avant la guerre : la Cour internationale de Justice de La Haye ; le Bureau international du travail (BIT) de Genève ; la Banque des règlements internationaux, créée plus tard pour le problème des Réparations, elle siège à Bâle. Enfin, est rattaché à la SDN le Centre international de coopération intellectuelle -future UNESCO- qui se trouve à Paris.

    Immédiatement, la SDN reçoit le contrôle des villes-libres créées par Versailles, comme Dantzig. Elle a la haute surveillance sur le territoire de la Sarre -occupée temporairement par la France - et le territoire de Memel -occupée par la Lituanie-. Elle met en place les commissions chargées d’organiser les plébiscites pour trancher les problèmes de rattachement de telle ou telle région divisée au plan linguistique ; elle répartit les « mandats » donnant autorité à certains de ses membres sur (pas toutes) les anciennes colonies allemandes ou les anciens territoires occupés par les Turcs (cf. le cours sur le Proche-Orient après la guerre de 14-18). (article wiki "Mandat de la Société des Nations" pour l’enseignement supérieur).

    La Société des Nations avait 42 membres fondateurs. 16 d’entre eux quittèrent ou se retirèrent de l’organisation. Le royaume de Yougoslavie fut le seul, parmi les membres fondateurs, à quitter la Société et à y revenir, restant ensuite membre jusqu’à la fin. L’année de la fondation, six autres États la rejoignirent ; seuls deux d’entre eux y participèrent jusqu’au bout. Par la suite, 15 autres pays devinrent membres, dont seulement deux le furent jusqu’à la fin.[10] L’Égypte fut le dernier pays membre en 1937. L’Union soviétique fut exclue de la Société le 14 décembre 1939, cinq ans après son adhésion le 18 septembre 1934. L’Irak fut le seul membre à être également un Mandat de la Société des Nations. L’Irak devint membre en 1932.

    Les faiblesses de la SDN vont vite apparaître mais - comme pour l’ONU aujourd’hui - ces faiblesses sont celles des États qui la composent car la SDN n’a que la force que les États-membres veulent bien lui donner. D’abord, les États-Unis refusent d’en faire partie. America first ! Attitude absurde puisque la crise des réparations les obligent à intervenir dans les affaires européennes en 1924 et en 1929. Ensuite, il y a l’hostilité des pays vaincus : n’est-elle pas un instrument de l’impérialisme de la France et du Royaume-Uni ? question non sans fondements. La règle de l’unanimité est très (trop) contraignante pour la prise de décisions. Beaucoup plus graves sont les questions fondamentales : Qu’est-ce qu’une guerre d’agression ? N’est-il pas juste de riposter à une agression ? Quelles sanctions efficaces prendre contre un agresseur ? De quels moyens militaires dispose la SDN ? aucun. Elle dispose de deux outils : l’arbitrage diplomatique, et les sanctions économiques (embargo). C’est peu.


[1] Doctrine Johnson : « l’Amérique aux Américains », 1823.

[2] Qui s’achèvera, non pas avec celui de Normandie, mais avec celui de l’industrie américaine dans les années 50’ quand la « construction européenne » qu’ils ont initiée se mettra en place.

[3] Recensement 1921 (donc tchèque), cité dans la G.U. de Vidal de la Blache, 1931, chapitres de De Martonne.

[4] Structure officielle mise en place par Versailles.

[5] Autre rédaction possible de ce paragraphe délicat : Cieszyn (allemand : Teschen, tchèque : Těšín) est une région située entre la Pologne et l’actuelle République tchèque, importante pour ces mines de charbon. Les troupes tchécoslovaques firent mouvement vers Cieszyn en 1919 pour prendre le contrôle de la région au moment où la Pologne devait faire face à l’attaque des bolcheviques. La SDN intervint (conférence des ambassadeurs de Spa), décidant que la Pologne devait conserver le contrôle de la plupart des villes mais que la Tchécoslovaquie pouvait garder une des banlieues qui disposait des mines les plus importantes ainsi que de la seule ligne ferrée reliant les territoires tchèques et la Slovaquie. La ville fut divisée en une partie polonaise (Cieszyn) et une partie tchèque (Český Těšín). La Pologne refusa cette décision et, bien qu’il n’y eut pas d’autres violences, la controverse diplomatique dura encore 20 ans (en 1938, la Pologne prend de force Český Těšín).

[6] Annales de Géographie, XXIX, n°159, 15 mai 1920.

[7] Je conseille vivement aux étudiants d’exploiter ce recueil des ANNALES de l’année XXIX (numéros 157 à 161). Les géographes sont sur la planche, ils sont sollicités pour donner leur avis car le tracé des nouvelles frontières n’est pas simple à définir. Dans le recueil figurent des articles de fond sur la Tchécoslovaquie, la Hongrie et l’Autriche. Plus des articles de détails sur la Roumanie, la Bulgarie, les ethnies en Italie, la Pologne. Et, c’est en soi un document : on peut appréhender la mentalité, l’idéologie des auteurs en 1920 d’après leurs écrits géographiques. Le recueil XXX analyse les résultats des plébiscites (Mazurie, Klagenfurt…).

[8] A un pas confondre avec une ONG = organisation non-gouvernementale. Les associations caritatives sont le plus souvent des ONG. L’UNESCO est une OIG. L’ UEFA est une ONG.

[9] Je renvoie à la lecture de mon livre, en clair sur ce site, chapitre 14, volume 2.

[10] NB. Ne pas oublier que beaucoup des États-membres de l’ONU d’aujourd’hui sont des colonies durant l’entre-deux-guerres et donc ne peuvent être membres de la SDN. Cela dit pour expliquer la modestie relative des chiffres







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