La reconstruction économique du monde après la seconde guerre mondiale (1ère partie, 1944-1971)

publié le 21 sept. 2013 à 09:26 par Jean-Pierre Rissoan   [ mis à jour : 22 nov. 2016 à 08:40 ]
        PLAN GÉNÉRAL DES DEUX PARTIES

I. L’HÉGÉMONIE AMÉRICAINE DE 1944 ...(1ère partie 1944-1971)

 

A. Les États-Unis aux lendemains de la Guerre

1. Approche statique

2. Approche dynamique

B. Le "diktat"

1. Les accords de Bretton Woods

2. Les accords de Genève (GATT)

 

II. ...TOUJOURS EN PLACE A LA FIN DU XX° SIÈCLE (2ème partie/1971-1994) La reconstruction du monde après la seconde guerre mondiale (2ème partie)

A. Le $ flottant et le F.M.I. sont des armes efficaces

1. Que reste-t-il du S.M.I. ?

2. Le F.M.I. reste une institution redoutable

B. Avec le GATT, les E.U. imposent le libéralisme

1. Les " rounds "

2. Le "gendarme" du libéralisme



   

        L’idée de la construction d’un nouveau monde économique est en germe - comme d’ailleurs le nouveau monde politique de ll’O.N.U.   (L' O.N.U (1945-1990) - dans la "Charte de l’Atlantique", signée en 1941 entre Roosevelt et Churchill avant l’entrée en guerre des USA. Notons que Robert Mossé, universitaire spécialiste des questions monétaires, écrivait en 1948 : "les Américains s’étaient préoccupés, avant même d’entrer en guerre, d’élaborer des plans monétaires et internationaux pour l’après-guerre"[1]. Roosevelt veut éviter le cloisonnement économique et monétaire qu’avaient engendré les "solutions" à la crise de 1929 dans les différents pays. Le protectionnisme avait été la source de la guerre selon lui. Dans la Charte de l’Atlantique -point 4 et point 7 - les Anglo-saxons réaffirment les principes de liberté en matière de navigation, de transactions internationales et d’accès aux matières premières. La conférence de Bretton Woods (New Hampshire) réunit les Alliés en juillet au moment où le débarquement de Normandie semble être sûr de réussir. Les États-Unis avaient tout prévu, tout préparé, leur succès militaire en Europe après ceux d’Asie en faisait les maîtres économiques du monde.

    En 1944 et dans les années qui suivent, la suprématie américaine est totale et les négociateurs américains peuvent imposer leurs solutions (on a parlé du "diktat" de Bretton Woods) (1ère partie). Le système mis en place à Bretton Woods durera de jure jusqu’en 1971-73. Il dure toujours de facto lorsque l’URSS disparaît en 1991 : le FMI existe toujours, le GATT devient l’OMC, le dollar reste moyen de paiement universel -qui refuse le $ papier en 1991 ? - mais la situation de l’économie mondiale a profondément changé, les États-Unis ne sont plus seuls au monde (ce qu’ils ont du mal à comprendre) (2ème partie).

 

I. L’HÉGÉMONIE AMÉRICAINE DE 1944 ...

 

A. Les États-Unis aux lendemains de la Guerre

    1. Approche statique

Les États-Unis ont incontestablement bénéficié de la guerre :

- liquidation totale du chômage : 1939 : 7millions, 1945 : 0,5million

- Le revenu national a doublé

- la balance des paiements (BP) est largement excédentaire

Définition BP : tout pays échange des biens, des services et des capitaux avec les autres États du monde. Ces entrées et sorties constituent une balance qui a un solde positif ou négatif. Un problème se pose en cas de solde déficitaire répété : avec quel moyen de paiement régler ce déficit/dette. C’est le problème de l’étalon-monétaire.

- ils disposent de la moitié de la capacité productive mondiale

- Ils détiennent l’arme alimentaire  (expression non encore utilisée à l’époque) avec l’ UNRRA (sur ce point cf. c. LES RELATIONS INTERNATIONALES DE 1945 à 1953

- ils disposent de l’hégémonie monétaire : la FED -banque centrale des EU - détient 60% de l’or et métaux précieux du monde

- hégémonie diplomatique, militaire et atomique (depuis août 44 (donc pas en juillet 44 à Bretton Woods))

- gros capital de sympathie : ce sont les libérateurs venus se sacrifier pour nos libertés (visiter la Normandie sur ce thème…).

    2. Approche dynamique

    Les EU ont trois sortes de préoccupations :

    - écouler leur immense production matérielle afin d’éviter une crise économique du style de celle de 1920-21 (de fait, le chômage monte à 6% en 1946). C’est pourquoi, ils réclament la convertibilité des monnaies entre elles, le libre-échange et l’égalité de traitement entre les pays signataires.

    - rentabiliser leurs capitaux massifs : c’est pourquoi ils réclament la stabilité monétaire afin d‘éviter les risques de change.

    - utiliser leur stock d’or comme or-monétaire, c’est-à-dire comme garantie du dollar. Ce faisant, ils bénéficieront du privilège de l’émission d’une monnaie nationale qui serait reconnue comme moyen de paiement international. C’est toujours vrai au jour d’aujourd’hui, alors qu’en 1944, le $ était garanti sur l’or de Fort Knox.

    Risque de change : un Américain investit $1.000.000 en France à une date où le $ vaut 4FF. Son capital est donc de 4.000.000 FF. La parité, le change, du franc change, parce que la France est en déficit commercial avec les EU, etc... Il faut maintenant 5FF pour acheter un $ (c’est une dévaluation). Le capital (français) de notre Américain n’est plus que de 4 millions divisés par 5 : $800.000.

 

B. Le "diktat"

    Il s’agit de refonder le système monétaire international (SMI). Qu’est-ce que le SMI ? Un SMI s’applique à définir les moyens de paiement qui permettront de régler les soldes déficitaires des balances de paiement. Précisons que les balances de paiement, invention américaine, n’ont été mises en place qu’après 1944 dans les autres pays. Le F.M.I. a fourni un modèle de la balance des paiements américaine aux différents pays à fin d’homogénéisation. Jusqu’alors, seule la balance commerciale était enseignée à l’université. Comme vous le voyez, c’est le début de la mondialisation américaine.

    1. Les accords de Bretton Woods (juillet 1944)

    Le Système monétaire international (SMI). Le plan américain de White est accepté en lieu et place de celui de Keynes qui voulait une monnaie mondiale supranationale : le bancor. Le plan White entérine la suprématie évidente du dollar et de l’or américains. On crée le Gold exchange standard en dollar US (GES), l’étalon de change-or.

    L’étalon-monétaire. Au plan international, il n’y a pas d’autorité supranationale qui peut imposer un cours forcé. Au plan national, ce rôle, en France, était dévolu à la Banque de France, aujourd’hui, c’est la Banque de Francfort pour l’Euro. Revenons au mondial. Des accords internationaux peuvent définit l’étalon. Ou alors, comme aujourd’hui, il y a consensus pour accepter le dollar en papier des Américains (on sait que les Chinois commencent à renâcler et que l’Euro débute sa carrière d’étalon).

    Quatre solutions peuvent être trouvées.

1)       l’or métal. C’est l’étalon-or ou gold-standard. Aucun pays ne peut refuser d’être remboursé en or. En revanche, payer son déficit en or de la banque nationale, est très mal accepté par l’opinion.

2)       Une monnaie convertible en or. C’est l’étalon de change-or ou gold échange-standard (GES). Beaucoup plus pratique. Ce fut le cas de la £ au XIX° siècle. Quoique non officiel, tous les pays acceptaient ce remboursement en £ britannique, laquelle était convertible en or. Ce sera le cas de la £ et du $ après la conférence de Gênes en 1922 puis du $ seul après Bretton-Woods et ce jusqu’en 1971. c’était la belle époque du "dollar as good as gold".

3)       Une monnaie nationale non-convertible. On prend la monnaie dans laquelle les agents économiques ont le plus confiance. Ce fut le cas de la £ après 1931 date à laquelle Londres annula sa convertibilité. Mais tous les pays ne l’acceptèrent pas. Les pays qui acceptaient la £ non-convertible comme moyen de paiement constituèrent la zone sterling. Après la décision de Nixon, président des EU d’abolir la convertibilité du dollar (1971), le $ est nolens volens accepté par tous. C’est la monnaie fiduciaire par excellence. Il a quasiment cours forcé : les EU impriment la quantité de monnaie qu’ils veulent. Aujourd’hui, ils ont $ 17.000 MILLIARDS de dettes !! C’est le dollar-standard. Noter que l’Euro ainsi que le Yen, en Asie, sont acceptés par certain nombre de pays. Comme disait un conférencier, la roupie du Bengla Desh a plus de mal a se faire acceptée…

4)       Enfin, on peut prendre une monnaie scripturale internationale créée indépendamment des banques centrales nationales : ce seront les devises du Fonds monétaire international (FMI) ou de Droit de tirage spécial (DTS). Le rôle du DTS est plus limité que celui d’une vraie monnaie : il ne sert que pour les dettes envers un pays et il n’est pas monnaie d’intervention.

    Le GES de Bretton-Woods est fondé su deux piliers : les parités-fixes (importantes pour éviter les risques de change, elles facilitent le commerce international -CI-) ; le $ convertible (il est abondant, accepté, il facilite lui aussi le CI). Le $ est défini par un poids d’or et la FED s’engage à le convertir en or sur la demande du pays qui aurait des excédents de dollars (cas inexistant en 1944 et pour longtemps, mais…). Tous les pays, par les accords signés à BW, s’engagent à revenir à la convertibilité de leur monnaie en $ et, donc, indirectement, en or puisque le $ est as good as gold. Les banques centrales (Banque de France, bank of England, and so on…) s’engagent aussi à défendre la parité-or en achetant -en cas de baisse- ou en vendant -en cas de hausse- leur propre monnaie sur le marché des changes contre le $ qui, pour cette raison est appelée monnaie d’intervention.

    Le F.M.I. et la B.I.R.D.

    Pour régler ses paiements extérieurs ou pour défendre la parité de sa monnaie, un pays peut donc obtenir des crédits consentis par le Fonds monétaire international (FMI). Le FMI est un organisme intergouvernemental[2] (notez que c’est Sarkozy qui a nommé Strauss-Kahn comme représentant de la France au FMI). Il relève en principe du système de l’ONU mais en fait son fonctionnement est très différent car il n’applique pas le principe 1 État = 1 voix (principe de l’ONU). Alors comment son prises les décisions ? Le Fonds (avec un s car c’est un dérivé du latin fundus) est une cagnotte, une réserve, une tirelire, une caisse de secours pour État en détresse, alimentée par les apports financiers de chaque État-membre (cf. document ci-dessous). L’apport de chaque État-membre est proportionnel à sa puissance financière, c’est son quota ou quote-part. Pour en revenir au problème du vote, les voix dont dispose chaque État-membre du FMI sont proportionnelles à son quota. Un pays qui a apporté 1,2% de la caisse commune dispose de 1,2% des voix. Les USA ayant apporté 35,6% de l’argent du fonds avaient 35,6% des voix en 1947. Là n’est pas le plus important cependant. Le plus important est qu’il est prévu une majorité qualifiée en dessous de laquelle le projet de décision est rejeté. Ainsi au départ, les décisions importantes devaient être prises avec 80% des quotes-parts, avec leur 35,6% des voix les USA pouvaient bloquer toute décision à leurs yeux inopportune. En 2013, la majorité qualifiée est portée à 85% mais les EU disposent de 19% des voix : ils y ont DROIT DE VETO et, de facto, le FMI est depuis le début une institution américaine. Qu’on se le dise.

    Vous observerez qu'en 1944, on envisageait la présence de l'URSS au sein du F.M.I.. C'est La guerre froide qui a changé la donne. Sur les origines de la Guerre froide, voir l’article correspondant. c. LES RELATIONS INTERNATIONALES DE 1945 à 1953

    La Banque internationale pour la reconstruction et le développement, appelée aussi Banque mondiale est née en 1944 comme le FMI. Elle fonctionne sur les mêmes bases. Si le FMI vise à résoudre les difficultés passagères des balances de paiement, la Banque Mondiale aide au financement des investissements à moyen et long terme, et aux taux d’intérêts peu élevés.

    2. Les accords de Genève (GATT)

    Le but des Américains est d’organiser le libre-échange au niveau international. NB. : Le libre-échange est l’arme des forts. Utilisé par l’Angleterre quand elle était seule industrialisée au XIX° siècle, les Allemands -qui furent un temps faibles- avaient mis au point la théorie -et la pratique- du protectionnisme éducateur (Friedrich List, 1789-1846). Les USA furent les pires protectionnistes du XIX° siècle jusqu’à la seconde guerre mondiale.

    Vingt-cinq États aboutirent à un gentlemen agreement sur les tarifs douaniers et le commerce -en anglais GATT), à Genève -autre site des Nations Unies après New York-, le 30 octobre 1947. Puis, poursuivant le cycle des négociations, 53 pays signèrent le Charte de la Havane -(Fidel n’est encore pas là !), le 24 mars 1948, qui créait l’OIC : organisation internationale du commerce. Mais le Sénat des États-Unis refusa de ratifier cette charte qu’il jugea pas assez libérale ! elle prévoyait, en effet, le maintien de relations préférentielles en États -donc l’inégalité de traitement[3]-, Elle prévoyait le contingentement en cas de déséquilibre de la BP, enfin elle prévoyait l’organisation du marché des produits de base (sur ces questions, lire les cours sur le Tiers-Monde).

La raison du plus fort étant la meilleure, on mit l’OIC au placard et l’on en revint au GATT. Les pays concernés représentaient 80% du commerce mondial, les autres étant encore, pour la plupart des colonies (sans parler des pays du Bloc soviétique).

    Le GATT institutionnalise le principe de "la clause de la nation la plus favorisée" : aucun pays ne peut faire subir à un partenaire commercial un traitement moins favorable que celui dont il a fait bénéficier un autre partenaire. Adopte aussi le principe du traitement national des produits importés : il ne doit pas y avoir de discrimination entre les produits importés (la bouteille de Coca-cola par exemple) et les produits similaires d’origine nationale (la bouteille de limonade par exemple) sur le marché interne du pays importateur (pas de quota, pas de contingentement). Le GATT accepte toutefois trois exceptions : La clause de sauvegarde pour l’agriculture (d’où la possibilité de créer la PAC en Europe de Bruxelles), la protection de l’équilibre de la BP, la protection des industries naissantes dans les pays pauvres dits PVD.

    A l’export, le GATT interdit le dumping (vente à perte) mais le pays importateur a la charge de la preuve ; les subventions à l’export sont prohibées sauf pour l’agriculture.

    En fait, le vrai problème est le développement des obstacles non-tarifaires : normes techniques, normes sanitaires. Les EU ont l’art de trouver des trucs dans l’eau PERIER par exemple, les Japonais exigent au dernier moment des phares à lumière blanche et les voitures française à lumière jaune restent dans les ports japonais….

CONCLUSION PROVISOIRE

    Au départ, les accords de Bretton Woods ne sont pas vécus comme une arme américaine et l’U.R.S.S. devait faire partie du F.M.I. avec l’apport de 13,6% du trésor mondial. Mais les Américains ont vite compris que le développement du communisme à l’échelle mondiale allait être une gêne pour la mise en place de leur plan foncièrement libéral et favorable à leurs intérêts. Ce sont eux qui initient la Guerre froide (voir le cours).

    Par ailleurs, les accords de BW sont inapplicables au départ dans la plupart des pays européens favorables aux EU. Leurs BP est structurellement déficitaires du fait de leurs énormes besoins d’importations, l’inflation détruit la valeur des monnaies (années 40 et années 50’), les Banques centrales ne peuvent intervenir sur le marché des changes par manque de devises d’intervention, c-à-dire de dollars. C’est le fameux dollar-gap, le manque de dollars (comme le dollar est lié à l’or, les EU ne peuvent pas le multiplier à gogo comme ils le firent à partir de la présidence Reagan, gigantesque farceur). Les EU doivent donc adopter des mesures exceptionnelles comme les crédits de l’UNRRA (en français : administration des Nations Unies pour le secours et la reconstruction) qui existe de 1943 à 1949 ; puis le plan Marshall, en 1947. Cette aide est assortie de mesures politiques qui renforcent la domination américaine, le "Bloc occidental".

    Enfin, le choix du dollar a des conséquences exorbitantes que le général de Gaulle a bien soulignées :

    "Ce que les Américains doivent à l’étranger, ils le lui paient avec des dollars qu’il ne tient qu’à eux d’émettre au lieu de le payer avec de l’or dont la valeur est réelle et qu’on ne possède que pour l’avoir gagné" conférence de presse du 4 février 1965. Pierre Mendès-France, connu pour sa compétence dans ce domaine, qui démissionna du gouvernement du général à la Libération sur la base de désaccords quant à la politique économique, PMF donc est d’accord totalement avec le général sur ce point : "De toute manière, qu'une monnaie nationale, gérée pour des fins nationales, pour assurer la prospérité nationale, par des autorités nationales, se voie érigée en étalon international, que ses fluctuations, ses oscillations, ses avatars retentissent sur l'ensemble du monde, ce n'est ni logique ni admissible", dans son livre Choisir,1974.

    Ce schéma, très pédagogique, montre la situation tout-à-fait exceptionnelle de 1945 dont les Américains ont abusé. A cette date, il n'y a qu'un seul fournisseur au plan mondial et le commerce international n'a qu'un seul pôle ; relations unilatérales. Trente ans plus tard, même si le CI des États-Unis a crû, celui du Japon, de l'Allemagne de l'Ouest, de la France, bref du monde entier, a augmenté beaucoup plus fortement et des liens existent entre les pays indépendamment des États-Unis.. relations multilatérales.
    Le déficit commercial et les guerres américaines (Viet-Nam, interventions en Amérique latine) font que la parité entre le dollar et l'or n'est plus tenable. Nixon s'en débarrasse unilatéralement en août 1971.

 suite :

La reconstruction du monde après la seconde guerre mondiale (2ème partie)

[1] Dans son livre "Le système de Bretton Woods", librairie Sirey, Paris, 1948. Et c’est pour appliquer ces plans qu’ils débarqueront en Normandie, pas pour sauver la liberté du monde de façon désintéressée et humanitaire, j’y reviendrai.

[2] C’est une OIG -organisation intergouvernementale où sont représentés les GOUVERNEMENTS- à ne pas confondre avec les ONG -organisation non-gouvernementales comme MSF, Amnistie internationale, WWF, le CIO, l’UEFA, etc…dont sont membres des associations privées ou qui ont des missions de service public.

[3] Concrètement, cela signifie qu’un pays pouvait accorder à un autre une préférence commerciale qu’il n’accorderait pas aux États-Unis ..

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