b. LES VAINQUEURS ET LA VICTOIRE 1945-1947

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L' O.N.U (1945-1990)

publié le 21 sept. 2013 à 09:28 par Jean-Pierre Rissoan   [ mis à jour : 7 oct. 2016 à 05:18 ]

PLAN GÉNÉRAL DU COURS

 

I. LA MISE EN PLACE DU SYSTÈME ONUSIEN

A. LA MISE PLACE DE L'ONU ET LE "SYSTÈME ONUSIEN"

1. Chronologie

2. Organigramme.

B. LES ORGANES DE FONCTIONNEMENT

Conseil de sécurité, l'A.G., la C.I.J., le comité d'état-major.

II. LES PROBLÈMES DE L'ORGANISATION A LA FIN DE LA GUERRE FROIDE

A. LES ÉCHECS L'EMPORTENT SUR LES RÉUSSITES

B. CAUSES ET REMÈDES

1. Les causes dues au manque d'efficacité des moyens d'action

2. Les causes liées à la modalité de la prise de décision

 

    Déjà, la 1ère guerre mondiale avait fait naître l’idée de la prévention de tels conflits et la S.D.N. était née, sur initiative américaine et les Américains n’y adhérèrent jamais. Durant la Seconde guerre mondiale -son existence même était une négation de la S.D.N.- cette idée d’organisation mondiale de maintien de la paix est reprise et sera menée à bout. Signe des temps : son siège est à New York alors que la SDN siégeait à Genève. L’O.N.U. est l’héritière de la S.D.N. au sens légal : tous les biens de l’une passe à l’autre et le siège de la SDN à Genève est aujourd’hui un autre lieu de réunion de l’ONU.

    L’O.N.U. est mal-aimée. Staline dira "c’est un nid d’espions impérialistes", De Gaulle dira "c’est un machin", Reagan dira : "c’est la maison des morts". Quant aux différentes opinions publiques, elles en attendent monts et merveilles alors qu’elles n’arrivent pas à comprendre que l’O.N.U. n’est pas un gouvernement mondial avec ses propres impôts et sa propre armée, mais est au contraire dépendante de l’accord entre ses principaux membres, membres qui sont presque toujours en désaccord.

    Après avoir étudié la mise en place du « machin » avec ses organes de fonctionnement (1ère partie), je verrai ses problèmes qui sont loin d’être résolus avec les G8 et autres G20 qui en font, effectivement, "la maison des morts", sauf lors de crises comme celle de la Syrie où l’on se souvient -pas tous et pas toujours- que l’ONU est là pour dire le droit international en l’espèce (2ème partie).

 

I. LA MISE EN PLACE DU SYSTÈME ONUSIEN

A. LA MISE PLACE DE L'ONU ET LE "SYSTÈME ONUSIEN"

1. Chronologie.

        L’ONU est en germe dans la Charte de l’Atlantique (art. 8). Une réunion préparatoire à lieu à Dumbarton Oaks (banlieue de Washington, août-octobre 1944) avec des diplomates américains, britanniques, soviétiques et chinois. Les travaux sont suffisamment élaborés pour que les trois Grands réunis à Yalta (février 45) décident la création de l’Organisation des nations unies. Pour éviter le fiasco devant le sénat américain comme en 1919, on décide que la création de l’O.N.U. sera indépendante des traités de paix et sera fondée par un traité spécifique. Les Alliés convoquent donc les pays amis pour une conférence à San Francisco, en juin 1945. 48 États sont présents plus l’Ukraine, la Biélorussie et la Russie au nom de l’URSS. Soit 51 signatures. Lire l’article Wikipaedia : Liste des membres fondateurs de l'Organisation des Nations unies, très instructif : les Américains et Britanniques y ont tous leurs pays vassaux même Cuba, à l’époque annexe des Américains. Staline sentait qu’il allait être très isolé. C’est pourquoi, il avait demandé 15 places pour chacune des 15 républiques soviétiques. Il en obtint 3 à Yalta. 

A San Francisco est adoptée la Charte des Nations unies. Elle entre en vigueur le 24 octobre 1945.

2. Organigramme.

L’organigramme est compliqué. Le « système des nations unies » ne comprend en réalité que les institutions et services spécialisés où, si vote il doit y avoir, on pratique le principe 1 État = 1 voix, où la voix des États-Unis compte autant que celle du Zimbabwe. C’est pourquoi, il faudrait retirer le FMI, la BIRD, l’AID. L'OMC a remplacé le GATT qui nous intéresse dans un premier temps..


Tout cela coûte cher, comment est-ce financé ? Il y a deux types de ressources : les contributions obligatoires, on ne peut être membre de l’ONU sans verser une sorte de cotisation qui est calculée en fonction de la population, du degré d’industrialisation, du PIB national. Et il y a les contributions volontaires des États qui veulent bénéficier de la coopération technique des services et participer à l’aide humanitaire. A la fin des années 80, ces ressources ($ 5,5 milliards) étaient dispersées de la manière suivante :

34,7% pour l’ONU elle-même

28,9% pour quatre agences OIT, UNESCO, FAO, OMS.

2,6% pour l’AIEA (agence internationale de l’énergie atomique à Vienne)

4,9% pour les petites mais très utiles agences techniques (UPU, UIT, OMM, OMI -maritime-, OACI, OMPI (propriété intellectuelle)

29% pour les grands programmes opérationnels : PAM, PNUD, UNICEF (ou FISE), Fonds de la population.

B. LES ORGANES DE FONCTIONNEMENT

NB. le conseil de tutelle qui s’occupait de territoires sous tutelle des NU, comme quelques îles d’Océanie, a pratiquement disparu.

Le Conseil de sécurité est l’organe le plus médiatique, d’ailleurs ses séances sont publiques et télévisées. Vous avez déjà entendu « et le pays a décidé de saisir le Conseil de sécurité de l’ONU »… Le Conseil a en effet pour mission de défendre la paix. Composé au départ de 11 membres, il en compte 15. Cinq États en sont toujours membres : ce sont les "permanents", les cinq vainqueurs de la Seconde guerre (EU, UK, France, URSS, Chine). Au départ, c’était la Chine nationaliste qui était titulaire du siège, elle l’a gardé après la victoire de Mao et du PCC jusqu’en ce que les USA, selon leur bon vouloir, décide de faire rentrer la Chine-Pékin en lieu et place de la Chine-Taïwan. Ces cinq États disposent chacun du droit de veto : si l’un d’entre eux vote NON, aucune décision ne peut être prise (article 27, alinéa 3, de la Charte). Après l’éclatement de l’URSS, la Russie a logiquement pris sa place. Les 10 autres membres sont élus pour deux ans et renouvelables.

On glose beaucoup sur le droit de veto qui permet à un seul pays de bloquer le processus. Il est vrai que l’URSS en a sur-abusé au début, en pleine Guerre froide. Actuellement, ce sont les EU qui bloquent toute décision onusienne concernant le conflit israélo-palestinien : on ne peut rien faire contre Israël qui continue en toute impunité à coloniser la Cisjordanie, territoire qu’il occupe depuis 1967.

Mais les EU avaient trouvé une parade contre le veto soviétique. En 1950, guerre de Corée, ils ont fait voter cette motion n°377 : "en cas de veto au Conseil, en cas de conflit militaire, l’Assemblée générale peut prendre des décisions". Et c’est ainsi que se fit l’intervention américaine en Corée, de jure intervention de l’ONU et les GI avaient le sigle UN -United Nations-sur leur casque. D’où le mot de Staline cité plus haut. NB. cela fut possible car l’URSS était carrément absente des débats, et l’on adopta le principe "abstention ou absence ne sont pas des vetos". Second NB. Cela fut possible aussi car la motion 377 fut adoptée à la majorité des deux tiers des pays à l’Assemblé générale, condition sine qua non inscrite dans la charte, mais, encore une fois, lisez la liste des pays-membres en 1950 : ce sont des pays amis/soumis/plan-Marshallisés etc… on a vu, à propos de quelque conflit, le Conseil de sécurité refuser une motion américaine mais, aujourd’hui, les EU n’ont plus la majorité des 2/3, et bien ils s’en passent et bombardent seuls… par contre, aucun autre pays n’ose intervenir en Cisjordanie !

                                                                            L’Assemblée Générale.

Le document ci-contre se lit verticalement. Il indique pour chaque continent, le pourcentage de pays présents à l'Assemblée générale. Ainsi, en 1945, les États américains représentent, à eux seuls, 45% des sièges. l'Afrique n'en occupe que 8%. En 1988, après les vagues de décolonisation, l'Afrique occupe plus de 30% des sièges de l'AG de l'ONU...

La compétence de l'assemblée est illimitée, elle peut se saisir de toute question sauf lorsque le Conseil est saisi d’une question de maintien de la paix. Les décisions importantes sont prises à la majorité qualifiée des deux-tiers des voix. Mais qu’est-ce qu’une décision importante ? L’AG ne peut prendre aucune décision juridiquement contraignante. Elle ne peut faire que des recommandations. Ainsi elle condamna la politique algérienne de la France, De Gaulle la méprisa et la traita de "machin"…

Vous savez qu’avec le processus de décolonisation, le nombre d’État-membres a fortement augmenté. Le mouvement anti-colonialiste et l’opposition Sud-Nord, favorisé par l’Union soviétique, a décrédibilisé l’Occident et leur figure de proue. Il y avait plus de 160 pays-membres à la fin des années 80’. Les Américains ont perdu le contrôle de leur jouet qu’ils avaient jusqu’ici choyé. On a vu la motion 377 être exploitée par l’URSS qui contra un veto US au Conseil par un vote des deux-tiers à l’AG (conflit israélo-arabe de 1973).

La Cour Internationale de Justice siège à La Haye.

Elle est composée de 15 membres élus conjointement par le Conseil de Sécdurité et l’AG. Elle peut se saisir de tout conflit et ses avis sont consultatifs. Cependant, si les États en cause dans un conflit consentent de soumettre le contentieux à la Cour, les arrêts de cette dernière sont alors juridiquement obligatoires. Hélas, depuis son arrêt sur la Namibie, en 1966[1], qui a été très mal reçu en Afrique et dans le Tiers Monde, elle a subit une désaffection, apparaissant comme un organe conservateur.

En 1985, cinquante pays seulement avaient ratifié la clause de compétence obligatoire de la Cour dont 10 africains. Qu’est-ce ? C’est un engagement par lequel un État accepte que la C.I.J. soit compétente pour connaître et juger d’un différend qui l’oppose à un autre État. Mais, la parole des États est volatile. Ainsi, la France avait accepté cette clause mais lorsque l’Australie porta plainte devant la CIJ pour condamner les essais nucléaires français de Mururoa, la France dénonça sa parole. De même, les EU qui avaient accepté la compétence de la Cour, la refusa lorsqu’ils agressèrent le Nicaragua progressiste.

On voit par là que ce n’est pas l’ONU qui est faible mais la volonté des États qui est défaillante.

Le comité d'état-major.

La Charte prévoit, en cas de conflit, la réunion des 5 comités d’État-major des cinq membres permanents. Clause rédigée dans l’euphorie de la victoire de la Grande Alliance. Ce comité ne s’est JAMAIS réuni : la Guerre froide est passée par là !

Et les célèbres casques Bleus direz-vous ? Cela n’a rien à voir. Il s’agit de forces d’interposition (crise de Suez, 1956) qui sont des contributions volontaires d’États pour une tâche bien précise et bien définie.

 

II. LES PROBLÈMES DE L'ORGANISATION A LA FIN DE LA GUERRE FROIDE


A. LES ÉCHECS L'EMPORTENT SUR LES RÉUSSITES

        1. les réussites de l’ONU

    Il ne faut pas tout voir en noir et jeter l’enfant avec l’eau sale de la baignoire. IL faut aussi situer las responsabilités. L’ONU a joué un rôle incontestablement positif :

-          Aide à la décolonisation, avec notamment (1960), sa déclaration sur la libération des peuples colonisés.

-          Contrainte morale exercée en faveur des Droits de l’Homme ; la planète est devenu un "village" - au moins au plan médiatique. Rappelons, dans ce domaine, le rôle de la déclaration universelle des droits de l’homme (1948, à Paris) dans laquelle, l’ONU insère une deuxième génération de droits : les droits économiques et sociaux.

-          Consolidation du droit international avec les droit de la mer (Zone économique exclusive, etc…) et droit de l’espace.

-          Mise en avant de la situation des P.M.A. (pays les moins avancés) avec le vote, en 1974, de la résolution sur "les droits et les devoirs économiques des États"

    En un mot, l’ONU a constitué un espace politique mondial absolument nécessaire. Dans le domaine de la paix, les mécanismes de la Charte ont permis des issues favorables lors des crises de Cuba (1962), de Rhodésie (1966) du Proche-Orient en 1973.

        2. les échecs sont cependant troublants pour les amis de la paix

    Reprenons les trois grandes idées de départ qui ont fondé et légitimité la création de l’ONU.

    a) le maintien de la paix. En fait, on a eu la paix armée Est-Ouest -Guerre froide-, les nombreux conflits sud-sud, la course aux armements et l’on pourrait ajouter le commerce des armements par les pays du Nord, ce qu’un ami géographe belge appelait "l’aide au sous-développement". De plus, les négociations sur le désarmement se tenaient hors du cadre de l’ONU https://sites.google.com/site/jeanpierrerissoan/le-coin-du-bachotage/les-relations-internationales/la-detente-1962-1975/1962-1975ladetenteest-ouest et, à partir de 1961, réunion K-K à Vienne, les sommets des "deux super-Grands" ont montré que tout se jouaient entre eux (et aujourd’hui les scandaleux G8 et G20 font pareils). Mise à part les forces de maintien de la paix (Congo, Proche-Orient, Chypre, etc…), mis à part le rôle du Secrétaire général, l’impuissance flagrante de l’ONU révèle qu’une mission impossible lui a été confiée.

    b) seconde idée : l’aide au développement et la coopération par une approche sectorielle (produit par produit) donc non intégrée, grâce aux agences spécialisées de l’ONU. En réalité, c’est la pratique des zones d’influence qui prévaut. On a un système morcelé d’aides bilatérales (la France aide le Mali) souvent concurrentes -on a pu calculer qu’un pays recevait vingt aides de pays différents et l’aide qui transite par l’ONU -aide désintéressée politiquement par définition- ne représente que 6,5% de l’ APD (aide publique au développement [2]) à la fin de notre période.

    c) Organisation d’un forum central pour un nouvel ordre économique et social du monde. Il existe un organe de l’ONU pour cela : (cf. organigramme), le Conseil économique et social (CES). Le CES a été élargi aux nouveaux États-membres et les grands pays sont allés voir ailleurs. La création de la CNUCED -voir cours- en 1964, a constitué un second forum central et si l’on y ajoute le GATT, il y en eut trois ! Cette fonction -la CNUCED étant aujourd’hui délaissée et le GATT-OMC n’ayant pas vocation à améliorer la situation- n’est remplie par aucune instance mondiale, le G20 -comme son nom l’indique- laisse 173 pays de côté…


B. CAUSES ET REMÈDES

1. Les causes dues au manque d'efficacité des moyens d'action

    L’ONU cherche toujours des formules souples, non-contraignantes, qui évitent de faire perdre la face aux parties en présence (les bons offices du secrétaire général, la médiation -appel à un tiers-, enquête et conciliation). Avec le rôle des médias, elle constitue une réelle pression sur les États. Mais les décisions juridiquement obligatoires n’existent pas, sauf s’il y a accord préalable des États en conflit pour accepter le verdict. C’est le problème fondamental de tout le droit international public. Dans tout pays, il y a un gouvernement qui dispose de forces de police et de gendarmerie pour faire appliquer les décisions de justice. Mais l’ONU n’est pas et ne peut pas être un gouvernement mondial disposant d’une armée disponible à tout instant. Imagine-t-on une AG élue au suffrage universel mondial ? Non, bien sûr, alors arrêtons de demander à l’ONU ce qu’elle ne peut pas donner.

    L’action répressive de l’ONU comporte des moyens non-militaires comme le boycott (appliqué contre l’apartheid en Afrique du sud) et militaires, prévus par l’article 47. Mais cet article, on l’a vu, n’a jamais été mis en œuvre. Les casques bleus sont distincts des contingents armés prévus à l’article 47, ce sont des contributions volontaires des États-membres, une structure ad’hoc, comme dit le capitaine, pour un temps donné et des circonstances données. 

    La clause de compétence obligatoire (cf. supra). Accepter la juridiction de la C.I.J. de La Haye et s’incliner devant ses arrêts, ce serait pour un État créer une situation qui lui permettrait d’exiger le même comportement de la part des autres États. De grands espoirs se sont levés[3] avec la politique du dirigeant soviétique M. Gorbatchev (1985-1991) qui avait déclaré : "la juridiction obligatoire doit être reconnue par tous". On a cru à une renaissance de l’ONU. Malheureusement, il a été remplacé par Eltsine qui n’avait pas du tout la même envergure et d’ailleurs enterra l’URSS malgré le referendum positif de 1991 [4].

    NB. La Cour pénale internationale (CPI) -2002- est une institution permanente chargée de promouvoir le droit international, et son mandat est de juger les individus (et non les États, ce qui est du ressort de la Cour internationale de justice), ayant commis un génocide, des crimes de guerre, des crimes contre l'humanité ou des crimes d'agressions (depuis juin 2010).

    Second problème : comment prendre une décision pour agir ?

2. Les causes liées à la modalité de la prise de décision

    a) Au niveau du Conseil de Sécurité

    Deux problèmes : le nombre d’États permanents doit être revu : des pays comme le Brésil, l’Afrique du sud, l’Inde devraient être admis. Le droit de veto d’un seul État fait problème. Je vois mal cependant les EU y renoncer : cela signifierait qu’ils ne pourraient plus s‘opposer -seuls- à l’immense majorité des pays du monde qui condamnent la politique d’Israël dans les territoires occupés (Cisjordanie et Gaza).

    Par ailleurs, le rôle du Secrétaire général devrait être politiquement et diplomatiquement revalorisé.

    b) Au niveau de l’AG.

    51 États au départ (San Francisco), 193 aujourd’hui (2013), 160 dans les années 1980’. Les États-Unis n’avaient pas prévu cela ! Bien entendu, la cause de tout cela est d’une part et surtout la décolonisation et d’autre part, la fin du modèle soviétique et l’éclatement de pays fédéraux (Yougoslavie, par exemple, Tchécoslovaquie aussi). Au cours des années 60’ et 70’, effets de la conférence de Bandung, le Tiers Monde a pris conscience de sa force et s’est rendu compte qu’il dominait l’AG des Nations Unies où il avait la majorité des 2/3 d’autant plus que les États de bloc soviétique votaient avec lui. Je vous renvoie au cours   Le Tiers-Monde dans l'abîme : 1973-1985

    Des textes fondamentaux ont été votés mais voilà, la loi est restée au plus fort, aux plus forts. Progressivement, les pays occidentaux, lassés par le discours tiers-mondiste, ont utilisés d’autres structures qu’ils dominaient comme le FMI, la BIRD, le Gatt ; ou des structures régionales comme l‘Union européenne, l’OCDE.

    Le tournant radical a été pris après le 1er choc pétrolier et les accords de la Jamaïque avec ce que les médias ont appelé la conférence Nord-Sud (1975-1977). Pour régler cette question fondamentale du commerce des matières premières, Giscard d’Estaing, méprisant le système onusien, décide d’inviter 27 pays à Paris pour en discuter. Pour accorder leurs violons, les 7 pays occidentaux les plus riches décident de se réunir avant cette conférence. Puis de se réunir chaque année : c’est l’origine de G7 (devenu G8 depuis que la Russie a rejoint le camp des bienheureux du capitalisme).

    Désormais, l’ONU est abandonnée : c’est la "maison des morts" du sinistre Reagan, heureux de voir l’Amérique "back". En 1985, les EU jettent un pavé dans la mare[5] en demandant l’adoption par l’AG du "vote pondéré"    . En bons calvinistes, les Américains ont vite fait leurs calculs. Qui paient ? Trente pays fournissent 85% des ressources de l’ONU et du système onusien (UNESCO, etc ;..) (EU 25%, URSS 12% ; Japon 11% ; RFA 8,2% ; France 6,3% etc…) et 129 -à cette date- fournissent 15% … et ce sont eux qui dirigent l’organisation ! Les EU voulurent en finir avec ce qu’ils appelaient la "majorité automatique" tiers-mondiste et anti-occidentale, faite de micro-États et de petits contributeurs, qui adopte constamment et systématiquement des résolutions contraires aux idées et aux pratiques politiques des pays occidentaux.

    Ils mirent d’ailleurs leur menace à exécution à l’UNESCO, qu’ils boycottèrent et à laquelle ils ne payèrent plus leur cotisation. Et c’est ainsi que le bulletin de l’UNESCO dut radicalement modifier/émasculer sa ligne éditoriale. 

    Cette proposition qui donnerait aux seuls pays riches les clés de l’ONU n’est pas acceptable. L’AG de l’ONU est un exemple de démocratie mondiale, aussi mal en point qu’il puisse être, il faut le conserver. Peut-être faudrait-il baisser la majorité qualifiée (revenir à la majorité simple de 50% ?) pour réduire le poids des tout petits pays (Monaco ?)… en tout état de cause le système du G20 n’est pas satisfaisant : il exclut 173 États.

 

 ***

    L’Onu n’est pas un gouvernement mondial. Son fonctionnement, dès l’origine, repose sur les principes de la souveraineté de chaque État et sur la non-ingérence dans les affaires intérieures de chaque État. Un autre principe est donc celui du consensus.

    Dans les années 50’, le système est bloqué à cause de l’URSS qui applique méthodiquement son droit de veto (c’est la Guerre froide).  Puis, seconde étape, l’ONU est dominée par les pays du Tiers Monde qui luttent pour un Nouvel ordre économique mondial (NOEI), mais après 1975-77, forts de la montée du cours des matières premières, les pays du Tiers Monde laissent tomber cette lutte et tombent dans le piège de l’endettement qui se referme sur eux lorsque les taux d’intérêt montent à 20% ! Nouvelle et brève étape avec l’ère Gorbatchev, embellie rapide après laquelle l’ONU retombe sous influence américaine[6]. Actuellement, les G7 et G20 remplacent l’ONU.

    La crise syrienne rappelle que l’ONU demeure une structure de rencontre diplomatique irremplaçable (où le président de la France aurait-il pu rencontrer subrepticement le président iranien ? ).

***

PS. Voici une interview de Pascal BONIFACE, directeur de l'institut des relations internationales et stratégiques, parue dans Le Progrès de Lyon en date du 7 octobre 2016 et recueillie par Luc Chaillot

« Sans l'Onu, il y aurait beaucoup plus de guerres »

Le monde serait-il plus dangereux et instable sans l'Onu ?

    Il est de bon ton de critiquer l'Onu à cause de son impuissance à résoudre certains conflits, mais elle n'est due qu'à la division des membres permanents du conseil de sécurité. On voit les guerres mais pas les confus qui se terminent ou qui ne se déclenchent pas grâce à l'Onu. Ce n'est pas gouvernement mondial, mais si l'Onu n'existait pas, il y aurait beaucoup plus de guerres et de conflits qu'aujourd'hui.

Faut-il réformer l'Onu et élargir !e conseil de sécurité ?

    Oui. Le défaut majeur, c'est que la composition actuelle correspond à l'état du monde en 1945. Les projets d'élargissement portés en 2005 par Kofi Annan ont été bloqués par les vetos chinois et américain. Même si le conseil de sécurité était élargi, ça ne changerait pas la division des membres permanents actuels. Les pays évoqués étaient l'Allemagne et le Japon qui ne sont plus les vaincus et puis l'Afrique et Sud et le Brésil pour que tous les continents soient représentés, ainsi que l'Inde, deuxième pays le plus peuplé du monde.

En Syrie, l'Onu est-elle condamnée à regarder le désastre sans rien pouvoir faire ?

    Rien ne changera tant qu'il y aura une division profonde entre les Russes d’un côté les Occidentaux et les pays arabes de l'autre et que les Russes soutiendront quoi qu'il en coûte Bachar el-Assad. L'Onu est bloquée par le droit de veto, mais s'il n'y avait pas le droit de veto, l'Onu n'existerait pas.

Le choix d'Antonio Guterres (comme nouveau secrétaire général) est-il un bon choix ?

    C’est un excellent choix. Il a l’habitude du multilatéralisme puisqu'il a été à la tête du Haut-commissariat aux réfugiés pendant dix ans. C'est l'une des crises actuelles. Il a de l'énergie et une force personnelle. On peut penser qu'il sera plus indépendant par rapport aux membres permanents que ne l'était Ban Ki-moon.



[1] "L'affaire devient plus sérieuse lorsqu'en 1960 la Cour internationale est saisie pour juger, par un arrêt, la légalité du maintien du mandat (de l’Afrique du sud sur la Namibie) et l'ensemble de la politique d'apartheid au regard du droit international. Après s'être déclarée compétente (arrêt de 1962) malgré les exceptions soulevées par l'Afrique du Sud, la Cour de La Haye rejette au fond, par son arrêt du 18 juillet 1966, la requête introduite par l'Éthiopie et le Liberia (8 voix contre 7) ". http://www.universalis.fr/encyclopedie/namibie/3-vers-la-republique-de-namibie/ (extraits).

[2] "publique", c’est-à-dire étatique ou inter-étatique (type Union européenne), hors banques commerciales privées, etc…

[3] Lire Le Monde dossiers & documents, n°182, janvier 1989.

[4] Referendum sur le maintien ou pas de l’URSS (17 mars 1991). Les Soviétiques ont répondu largement « oui » (les peuples des pays baltes n’étaient pas consultés) à 76%. Nonobstant, Eltsine a passé outre avec le président de l’Ukraine et un autre. Bel exemple de coup d’État absolument pas dénoncé par la presse occidentale.

[5] Article de Claire BRISSET, Le Monde diplomatique, n° de février 1986.

[6] La résolution 3379 de l'Assemblée générale des Nations unies, adoptée un an après la résolution 3236 de 1974 (soutien au peuple palestinien), décrète que « le sionisme est une forme de racisme et de discrimination raciale ». Elle a été révoquée le 16 décembre 1991 par la résolution 4686. En 1974 et en 1991, la conjoncture n’est pas la même. (les textes figurent dans Wikipaedia)

La vie économique du monde après le "coup monétaire" de 1971 (1971-1994)

publié le 21 sept. 2013 à 09:27 par Jean-Pierre Rissoan   [ mis à jour : 28 sept. 2017 à 03:11 ]


    Cette leçon est la suite de  ...La vie économique du monde après la seconde guerre mondiale (1944-1971)

 L’HÉGÉMONIE AMÉRICAINE DE 1944

A. Les États-Unis aux lendemains de la Guerre

1. Approche statique

2. Approche dynamique

B. Le "diktat"

1. Les accords de Bretton Woods

2. Les accords de Genève (GATT)

 PLAN GÉNÉRAL DU COURS SUIVANT

L'HÉGÉMONIE AMÉRICAINE EST TOUJOURS EN PLACE A LA FIN DU XX° SIÈCLE (1971-1994)


A. Le $ flottant et le F.M.I. sont des armes efficaces

1. Que reste-t-il du S.M.I. ?

2. Le F.M.I. reste une institution redoutable

B. Avec le GATT, les E.U. imposent le libéralisme

1. Les " rounds "

2. Le "gendarme" du libéralisme



HÉGÉMONIE AMÉRICAINE EST TOUJOURS EN PLACE A LA FIN DE LA GUERRE FROIDE

 

    La Guerre froide s’achève en 1989 avec la chute du Mur et 1991 avec la disparition de l’URSS. C’est la fin de l’Histoire -avec un grand H- écrit un imbécile : selon lui le capitalisme occidental a définitivement gagné la partie. Il est vrai que l’URSS aussi bien que les associations de pays du Tiers Monde ont été terrassées par l’utilisation perverse de l’arme monétaire, du King $.

    Mais, de même que « demain est un autre jour », le XXI° siècle est un autre siècle. Les 17.000 milliards de dollars de dette américaine devront bien être mis sur la table un jour ou l’autre.

 

A. Le $ flottant et le F.M.I. sont des armes efficaces

    1. Que reste-t-il du S.M.I. ?

    D’abord, on s’en doute, la situation a évolué. Progressivement, les pays d’Europe et le Japon se relèvent de leurs ruines selon l’expression bateau et redeviennent exportateurs. Les EU ne sont plus les seuls fournisseurs possibles, leur part dans le CI baisse fortement et leur balance commerciale est parfois déficitaire. Leur BP également à cause, notamment, de la Guerre du Vietnam et de la Guerre froide qui sont des puits financiers où s’engouffrent les $ US. Le général De Gaulle -dont on a vu ce qu’il pense du système de BW- va jusqu’au bout de la logique, non sans quelque provocation à l’égard des Américains, et demande carrément de l’or en échange des dollars de la Banque de France. On assiste à des transports physiques d’or-métal entre les États-Unis et la France !

    Au-delà de l’anecdote, on voit bien aux États-Unis que la parité-or du dollar n’est plus tenable. Le 15 août 1971, le président Nixon se livre à un coup d’État monétaire : il déclare unilatéralement la fin de la convertibilité du dollar. C’est un "coup d’État" dans la mesure où les accords de Bretton Woods sont des accords internationaux, objet d’un traité en bonne et due forme et les parties contractantes, comme on dit en langage diplomatique, auraient dû être informées et la chose négociée. En 1973, les choses s’aggravant, les taux de change sont flottants ! C’est le désordre monétaire international.

    En 1976, sont signés les accords de la Jamaïque. Le dollar est admis comme flottant, comme réserve monétaire, monnaie d’intervention. Il n’est plus garanti sur l’or. On entre dans la période désastreuse du dollar yo-yo ; le dollar monte ou descend au gré des caprices américains. Un gain de productivité en Europe de 25% est annihilé par une baisse du dollar de 30%...  

    En juin 1979, Volcker est nommé président de la FED. Il voit l’intérêt de cette absence de contraintes sur le dollar. Par un mécanisme compliqué, il permet de faire augmenter les taux d’intérêt en fonction de la demande de dollars par les pays étrangers. Avec la reprise de la guerre froide -la "Détente" est finie et les USA sont un pays-refuge pour tous ceux qui ont quelque capital - les taux montent jusqu’à 20% : les dettes envers les USA contractées à taux variables ruinent les débiteurs, dont les pays du Tiers monde. Reagan dépense sans compter pour sa Guerre des étoiles : le dollar est du papier ! et sa politique agressive augmente les tensions diplomatiques et la peur et fait rentrer les dollars et autres devises aux États-Unis ce qui fait augmenter les taux d’intérêt. Il peut sans vergogne déclarer : "j’ai gagné la Guerre froide ! ", il l’a fait avec l’argent des autres qui achetaient les bons du Trésor de la dette américaine.

    2. Le F.M.I. reste une institution redoutable

    Dans le journal Le Figaro du 30 novembre 2010, on pouvait lire : "Le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, a déclaré aujourd'hui -29/11/2010- à Tokyo n'avoir "aucun doute" sur la réussite du plan d'aide de l'Union européenne et du FMI à l'Irlande, adopté dimanche à Bruxelles. "Ce plan a été clairement dessiné par le F.M.I. et l'U.E. et vous pouvez vous fier à l'expérience de plusieurs décennies du F.M.I. pour instaurer des plans totalement crédibles", a souligné M. Noyer, qui est aussi membre du Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE), lors d'une conférence de presse au forum financier Paris Europlace dans la capitale japonaise". Se fier à l’expérience de plusieurs décennies du F.M.I. ? Voici quelques méfaits de cette O.I.G. où les USA ont un droit de veto.

    Égypte : une grève sévèrement réprimée : Le Monde, 4 août 1989

« La police a pris d'assaut une usine et arrêté cinq cents ouvriers. Les désordres ont commencé début juillet à la suite d'une réduction de la prime d'encouragement accordée aux ouvriers, dans le but le limiter les pertes de l'usine. Cette mesure s’inscrivait dans 1e cadre plus large des efforts déployés par le gouvernement égyptien pour réduire le déficit budgétaire afin de parvenir un accord avec le Fonds monétaire international en vue de rééchelonner une partie de la dette extérieure, estimée à près de 44 milliards de $ ».

    C’est un des aspects essentiels des remèdes FMI en échange d’un prêt à un État dans le besoin de devises pour payer ses dettes : baisser drastiquement les dépenses. Ici, l’État égyptien réduit les primes accordées aux ouvriers d’une usine métallurgique d’État.

    Philippines : le FMI suspend son crédit (Le Monde, 28 août 1991). Autre aspect des remèdes FMI : les prêts sont dédiés. On ne peut pas s’en servir pour autre chose. Le gouvernement philippin voulait se servir du prêt FMI pour subventionner une entreprise publique en difficulté. Impossible.

    "Le Fonds monétaire international a suspendu une partie d'un crédit standby de 916 millions de dollars accordé à Manille, en raison des problèmes financiers de l'entreprise publique d'électricité National Power Corp. (NPC). Le FMI a repoussé son examen du programme de stabilisation économique (sic) du pays, initialement prévu au mois d'août, en conseillant à Manille «de ne pas puiser dans la même caisse» l'argent pour réaliser le programme de stabilisation de l'économie et pour sortir la NPC du rouge".

    Algérie : hausse du prix des produits de première nécessité (28 août 1991)

    "Le Parlement algérien a rejeté lundi 26 août les augmentations des prix des produits de première nécessité proposées par le gouvernement dans la loi de finance complémentaire pour 1991 et qui font partie du plan de restructuration économique négocié avec le Fonds monétaire international (FMI) en avril dernier. Le président de l'Assemblée a invité le gouvernement à demander au FMI de surseoir jusqu'à la fin de l'année à ces augmentations et estime qu'il faut trouver des compensations pour les revenus les plus faibles".

    Il arrive que les exigences du FMI se heurtent momentanément à des résistances. Dans la stratégie globale qui consiste à réduire les dépenses, coûte que coûte, les subventions publiques pour une nourriture accessible aux plus pauvres entrent dans la ligne de mire du FMI.

    La Suède se fait taper sur les doigts. Le Monde, août 1993.

    Même les pays "riches", en difficultés passagères, doivent obéir au doigt et à l’œil.

    "La crise économique en Suède serait principalement due au niveau très élevé des dépenses publiques, selon un rapport confidentiel du Fonds monétaire international (FMI) dont certains éléments ont été dévoilés jeudi 26 août (1993, JPR). L'institution explique que ces dépenses «ont affaibli les incitations à l'emploi et à l'épargne et nécessité un niveau de taxation paralysant». Les économies budgétaires (…) sont insuffisantes pour réduire la dette, estime le FMI, qui préconise d'en doubler le montant. Jeudi 26 août, la Banque centrale suédoise a dû intervenir sur le marché des changes de Stockholm pour soutenir la couronne affaiblie par les analyses du FMI". Le FMI n’est pas un organisme d’aide mais un organe de contrôle et de coercition.

    Voilà quelques exemples des décennies précédentes.

    Pour accepter un prêt, le FMI exige de l’État-demandeur de prendre des engagements et les fonctionnaires du FMI (lien) ont un droit de regard sur sa gestion financière. Cela signifie la possibilité de facto pour les États-Unis d’imposer leur point de vue et d’orienter la politique économique des États-membres.  Lire aussi sur ce site : STRAUSS-KAHN, la Tunisie et le F.M.I., ...

    Disons que le FMI se comporte comme un maître qui dit à son élève : "Pourquoi demandez-vous des dollars ? Parce que vous êtes endetté, parce que votre budget est en déficit chronique [1]. Cela parce que vos structures économiques sont mauvaises : il faut les a-jus-ter". Et c’est la politique d’ajustement structurel célèbre dans les années 80-90’ qui fit descendre des millions de latino-américains dans la rue.

Qu’est-ce que la politique d’ajustement structurel ?

    Il faut à la fois améliorer la balance commerciale (BC) et réduire le déficit public. Concernant la BC, il faut, par l’austérité, réduire la consommation intérieure -et donc les importations- en baissant salaires privés et traitements des fonctionnaires. Il faut, en même temps, produire des marchandises correspondant aux besoins internationaux, s’ouvrir au commerce international, accepter les règles du GATT et tant pis pour l’agriculture vivrière. Concernant le déficit public, il faut privatiser les entreprises publiques, le privé sait mieux gérer que l’Etat, il faut vendre -et donc ouvrir le pays au capital extérieur-, il faut supprimer les subventions publiques aux entreprises publiques et aux produits de consommation. Augmenter les impôts.

    Les exemples pris dans la presse cités plus haut montrent que tout cela est très concret. Le FMI américain a été un des principaux agents de la mondialisation. Un homme a lié son nom à cette politique d’ajustement cruelle : Camdessus, directeur général de 1987 à 2000. Mais le socialiste DSK fit de même (Camdessus, c’est la droite catholique). De toute façon, rien ne se fait sans l’accord des Américains.

 

B. Avec le GATT, les E.U. imposent le libéralisme

    1. Les " rounds "

Le G.A.T.T. a été initié par les Américains qui avaient besoin du libre-échange, en 1945, pour écouler la masse de leur production. Simple accord provisoire au départ (cf. supra), le GATT -avant même qu’il se mue en OMC- est devenu une institution permanente et quasi universelle qui avait son siège à Genève. Le Gatt a été le creuset de plusieurs NCM, négociations commerciales multilatérales, vite appelées « rounds » par les journalistes.  

Ainsi :

   1950-51 : conférence de Torquay : moins 25% sur les droits de douane entre les pays signataires.

   1961-62 : Dillon round : moins 6,5% sur les droits de douanes affectant les produits industriels et surtout accord des USA pour la création de la PAC européenne.

   1963-67 : KENNEDY ROUND : moins 35% sur les droits frappent les produits industriels.

   1973-79: TOKYO ROUND : moins 33% de baisse des droits entre l’Europe et les E.U.

        *   1987-94 : URUGUAY ROUND : libéralisation de l’agriculture et des services (l’exception culturelle française étant sauvegardée). Le GATT devient l’ O.M.C. avec la signature de l’acte final du « round » à Marrakech, 112 pays signataires, 15 avril 1994.

    Depuis peu Chine et Russie ont rejoint l’OMC.

    2 . Le "gendarme" du libéralisme

    On sait que les pays du Tiers Monde ont tentée de mettre en œuvre d’autres solutions, je vous renvoie aux cours sur le Tiers Monde pendant les Trente Glorieuses mais tout s’est heurté à l’opposition des pays riches.

    Conséquences : avec cette intégration commerciale de plus en plus poussée, les pays se spécialisent sur leurs "avantages comparatifs", ils abandonnent leurs productions où ils ne sont pas compétitifs. Certes, cela permet un progrès du pouvoir d’achat des consommateurs, mais aussi et surtout la perte de l’indépendance économique des États.

    De plus, ces accords ont été signés de façon irresponsable. Alors que les 25 pays de 1947 étaient à peu près comparables (Amérique du nord et Europe de l’Ouest), ce n’est plus le cas avec l’arrivée des N.P.I. et pays plus ou moins développés qui ont d’autres structures économiques. En d’autres termes : les dirigeants occidentaux, poussés dans le dos par les FMN (firmes multinationales qui sont comme poissons dans l’eau dans ce monde dérégulé) ont créé un espace économique mondial, sans penser à un espace social ni à un espace écologique. On met en concurrence des produits fabriqués ici par des ouvrières qui ont droit à des congés de maternité et là par des ouvrières sans contrat de travail. Ce n’est qu’un exemple.

Une cour de justice commerciale juge les conflits, les atteintes à la libre concurrence  L’ O.M.C. est le "gendarme du libéralisme". Voici quelques exemples (à gauche, le ou les pays qui a/ont porté plainte[2]) :

Venezuela, Brésil : Normes concernant l'essence aux États-Unis

Japon : Imposition de droits sur les importations d'automobiles par les États-Unis

UE, Canada, États-Unis : Taxes sur les alcools au Japon

UE : Mesures affectant les achats de matériel de télécommunication au Japon

États-Unis, Guatemala : Importation et distribution des bananes dans I UE

Thaïlande : Droits sur les importations de riz par l'UE

États-Unis : Droits sur les importations de céréales par l'UE

États-Unis : Mesures concernant les produits agricoles en Corée du sud

Canada : Mesures concernant les importations de saumon par l'Australie

Philippines : Mesures visant la noix de coco desséchée au Brésil

Costa Rica : Restrictions à l'importation de sous-vêtements aux États-Unis

États-Unis : Mesures concernant le piratage d'enregistrements sonores au Japon entre 1946 et 1971

Hong Kong : Restrictions à l'importation de textiles par la Turquie

     Ci-dessous deux documents qui évoquent la lutte des Français pour l'imposition d'une "exception culturelle" , c'est-à-dire une clause figurant dans les accords du GATT de 1993 qui  stipule que les objets culturels -Vidéo, CD, DVD etc..  ne sont pas des marchandises comme l'eau PERIER ou le Coca-cola mais mettent en jeu l'identité culturelle de la France et de l'Europe en général. Le libre-échange intégral ruinerait l'industrie française du cinéma incapable de lutter contre les Majors hollywoodiennes. Les USA ont de la peine à comprendre cela. En 1992, vous constatez que l'industrie américaine de l'audiovisuel réalisait déjà UN ÉNORME EXCÉDENT commercial par rapport à sa concurrente européenne.

Là, une publicité achetée par la SACEM, la société des auteurs multimédia, la société des gens de lettres, publicité qui donne les enjeux de cette négociation du GATT, Notez que les enjeux sont les mêmes concernant le grand marché transatlantique dont rêvent à ce jour les transnationales.



[1] Le FMI interdit quasiment l’inflation, l’usage de la planche à billets -ce que les USA font royalement et même impérialement-. Pour financer l’excédent de dépenses, un État-membre doit emprunter des dollars soit d’autres devises qui lui permettent de mettre en circulation sa propre monnaie sur son territoire.

[2] Sachant que derrière le gouvernement plaignant il y a les FMN installées chez lui…

La reconstruction économique du monde après la seconde guerre mondiale (1944-1971)

publié le 21 sept. 2013 à 09:26 par Jean-Pierre Rissoan   [ mis à jour : 28 sept. 2017 à 03:16 ]

        PLAN GÉNÉRAL

 L’HÉGÉMONIE AMÉRICAINE DE 1944 ...(1944-1971)

 

A. Les États-Unis aux lendemains de la Guerre

1. Approche statique

2. Approche dynamique

B. Le "diktat"

1. Les accords de Bretton Woods

2. Les accords de Genève (GATT)

 


   

        L’idée de la construction d’un nouveau monde économique est en germe - comme d’ailleurs le nouveau monde politique de ll’O.N.U.   (L' O.N.U (1945-1990) - dans la "Charte de l’Atlantique", signée en 1941 entre Roosevelt et Churchill avant l’entrée en guerre des USA. Notons que Robert Mossé, universitaire spécialiste des questions monétaires, écrivait en 1948 : "les Américains s’étaient préoccupés, avant même d’entrer en guerre, d’élaborer des plans monétaires et internationaux pour l’après-guerre"[1]. Roosevelt veut éviter le cloisonnement économique et monétaire qu’avaient engendré les "solutions" à la crise de 1929 dans les différents pays. Le protectionnisme avait été la source de la guerre selon lui. Dans la Charte de l’Atlantique -point 4 et point 7 - les Anglo-saxons réaffirment les principes de liberté en matière de navigation, de transactions internationales et d’accès aux matières premières. La conférence de Bretton Woods (New Hampshire) réunit les Alliés en juillet au moment où le débarquement de Normandie semble être sûr de réussir. Les États-Unis avaient tout prévu, tout préparé, leur succès militaire en Europe après ceux d’Asie en faisait les maîtres économiques du monde.

    En 1944 et dans les années qui suivent, la suprématie américaine est totale et les négociateurs américains peuvent imposer leurs solutions (on a parlé du "diktat" de Bretton Woods) (1ère partie). Le système mis en place à Bretton Woods durera de jure jusqu’en 1971-73. Il dure toujours de facto lorsque l’URSS disparaît en 1991 : le FMI existe toujours, le GATT devient l’OMC, le dollar reste moyen de paiement universel -qui refuse le $ papier en 1991 ? - mais la situation de l’économie mondiale a profondément changé, les États-Unis ne sont plus seuls au monde (ce qu’ils ont du mal à comprendre) (2ème partie).

 

L’HÉGÉMONIE AMÉRICAINE DE 1944 ...

 

A. Les États-Unis aux lendemains de la Guerre

    1. Approche statique

Les États-Unis ont incontestablement bénéficié de la guerre :

- liquidation totale du chômage : 1939 : 7millions, 1945 : 0,5million

- Le revenu national a doublé

- la balance des paiements (BP) est largement excédentaire

Définition BP : tout pays échange des biens, des services et des capitaux avec les autres États du monde. Ces entrées et sorties constituent une balance qui a un solde positif ou négatif. Un problème se pose en cas de solde déficitaire répété : avec quel moyen de paiement régler ce déficit/dette. C’est le problème de l’étalon-monétaire.

- ils disposent de la moitié de la capacité productive mondiale

- Ils détiennent l’arme alimentaire  (expression non encore utilisée à l’époque) avec l’ UNRRA (sur ce point cf. c. LES RELATIONS INTERNATIONALES DE 1945 à 1953

- ils disposent de l’hégémonie monétaire : la FED -banque centrale des EU - détient 60% de l’or et métaux précieux du monde

- hégémonie diplomatique, militaire et atomique (depuis août 44 (donc pas en juillet 44 à Bretton Woods))

- gros capital de sympathie : ce sont les libérateurs venus se sacrifier pour nos libertés (visiter la Normandie sur ce thème…).

    2. Approche dynamique

    Les EU ont trois sortes de préoccupations :

    - écouler leur immense production matérielle afin d’éviter une crise économique du style de celle de 1920-21 (de fait, le chômage monte à 6% en 1946). C’est pourquoi, ils réclament la convertibilité des monnaies entre elles, le libre-échange et l’égalité de traitement entre les pays signataires.

    - rentabiliser leurs capitaux massifs : c’est pourquoi ils réclament la stabilité monétaire afin d‘éviter les risques de change.

    - utiliser leur stock d’or comme or-monétaire, c’est-à-dire comme garantie du dollar. Ce faisant, ils bénéficieront du privilège de l’émission d’une monnaie nationale qui serait reconnue comme moyen de paiement international. C’est toujours vrai au jour d’aujourd’hui, alors qu’en 1944, le $ était garanti sur l’or de Fort Knox.

    Risque de change : un Américain investit $1.000.000 en France à une date où le $ vaut 4FF. Son capital est donc de 4.000.000 FF. La parité, le change, du franc change, parce que la France est en déficit commercial avec les EU, etc... Il faut maintenant 5FF pour acheter un $ (c’est une dévaluation). Le capital (français) de notre Américain n’est plus que de 4 millions divisés par 5 : $800.000.

 

B. Le "diktat"

    Il s’agit de refonder le système monétaire international (SMI). Qu’est-ce que le SMI ? Un SMI s’applique à définir les moyens de paiement qui permettront de régler les soldes déficitaires des balances de paiement. Précisons que les balances de paiement, invention américaine, n’ont été mises en place qu’après 1944 dans les autres pays. Le F.M.I. a fourni un modèle de la balance des paiements américaine aux différents pays à fin d’homogénéisation. Jusqu’alors, seule la balance commerciale était enseignée à l’université. Comme vous le voyez, c’est le début de la mondialisation américaine.

    1. Les accords de Bretton Woods (juillet 1944)

    Le Système monétaire international (SMI). Le plan américain de White est accepté en lieu et place de celui de Keynes qui voulait une monnaie mondiale supranationale : le bancor. Le plan White entérine la suprématie évidente du dollar et de l’or américains. On crée le Gold exchange standard en dollar US (GES), l’étalon de change-or.

    L’étalon-monétaire. Au plan international, il n’y a pas d’autorité supranationale qui peut imposer un cours forcé. Au plan national, ce rôle, en France, était dévolu à la Banque de France, aujourd’hui, c’est la Banque de Francfort pour l’Euro. Revenons au mondial. Des accords internationaux peuvent définit l’étalon. Ou alors, comme aujourd’hui, il y a consensus pour accepter le dollar en papier des Américains (on sait que les Chinois commencent à renâcler et que l’Euro débute sa carrière d’étalon).

    Quatre solutions peuvent être trouvées.

1)       l’or métal. C’est l’étalon-or ou gold-standard. Aucun pays ne peut refuser d’être remboursé en or. En revanche, payer son déficit en or de la banque nationale, est très mal accepté par l’opinion.

2)       Une monnaie convertible en or. C’est l’étalon de change-or ou gold échange-standard (GES). Beaucoup plus pratique. Ce fut le cas de la £ au XIX° siècle. Quoique non officiel, tous les pays acceptaient ce remboursement en £ britannique, laquelle était convertible en or. Ce sera le cas de la £ et du $ après la conférence de Gênes en 1922 puis du $ seul après Bretton-Woods et ce jusqu’en 1971. c’était la belle époque du "dollar as good as gold".

3)       Une monnaie nationale non-convertible. On prend la monnaie dans laquelle les agents économiques ont le plus confiance. Ce fut le cas de la £ après 1931 date à laquelle Londres annula sa convertibilité. Mais tous les pays ne l’acceptèrent pas. Les pays qui acceptaient la £ non-convertible comme moyen de paiement constituèrent la zone sterling. Après la décision de Nixon, président des EU d’abolir la convertibilité du dollar (1971), le $ est nolens volens accepté par tous. C’est la monnaie fiduciaire par excellence. Il a quasiment cours forcé : les EU impriment la quantité de monnaie qu’ils veulent. Aujourd’hui, ils ont $ 17.000 MILLIARDS de dettes !! C’est le dollar-standard. Noter que l’Euro ainsi que le Yen, en Asie, sont acceptés par certain nombre de pays. Comme disait un conférencier, la roupie du Bengla Desh a plus de mal a se faire acceptée…

4)       Enfin, on peut prendre une monnaie scripturale internationale créée indépendamment des banques centrales nationales : ce seront les devises du Fonds monétaire international (FMI) ou de Droit de tirage spécial (DTS). Le rôle du DTS est plus limité que celui d’une vraie monnaie : il ne sert que pour les dettes envers un pays et il n’est pas monnaie d’intervention.

    Le GES de Bretton-Woods est fondé su deux piliers : les parités-fixes (importantes pour éviter les risques de change, elles facilitent le commerce international -CI-) ; le $ convertible (il est abondant, accepté, il facilite lui aussi le CI). Le $ est défini par un poids d’or et la FED s’engage à le convertir en or sur la demande du pays qui aurait des excédents de dollars (cas inexistant en 1944 et pour longtemps, mais…). Tous les pays, par les accords signés à BW, s’engagent à revenir à la convertibilité de leur monnaie en $ et, donc, indirectement, en or puisque le $ est as good as gold. Les banques centrales (Banque de France, bank of England, and so on…) s’engagent aussi à défendre la parité-or en achetant -en cas de baisse- ou en vendant -en cas de hausse- leur propre monnaie sur le marché des changes contre le $ qui, pour cette raison est appelée monnaie d’intervention.

    Le F.M.I. et la B.I.R.D.

    Pour régler ses paiements extérieurs ou pour défendre la parité de sa monnaie, un pays peut donc obtenir des crédits consentis par le Fonds monétaire international (FMI). Le FMI est un organisme intergouvernemental[2] (notez que c’est Sarkozy qui a nommé Strauss-Kahn comme représentant de la France au FMI). Il relève en principe du système de l’ONU mais en fait son fonctionnement est très différent car il n’applique pas le principe 1 État = 1 voix (principe de l’ONU). Alors comment son prises les décisions ? Le Fonds (avec un s car c’est un dérivé du latin fundus) est une cagnotte, une réserve, une tirelire, une caisse de secours pour État en détresse, alimentée par les apports financiers de chaque État-membre (cf. document ci-dessous). L’apport de chaque État-membre est proportionnel à sa puissance financière, c’est son quota ou quote-part. Pour en revenir au problème du vote, les voix dont dispose chaque État-membre du FMI sont proportionnelles à son quota. Un pays qui a apporté 1,2% de la caisse commune dispose de 1,2% des voix. Les USA ayant apporté 35,6% de l’argent du fonds avaient 35,6% des voix en 1947. Là n’est pas le plus important cependant. Le plus important est qu’il est prévu une majorité qualifiée en dessous de laquelle le projet de décision est rejeté. Ainsi au départ, les décisions importantes devaient être prises avec 80% des quotes-parts, avec leur 35,6% des voix les USA pouvaient bloquer toute décision à leurs yeux inopportune. En 2013, la majorité qualifiée est portée à 85% mais les EU disposent de 19% des voix : ils y ont DROIT DE VETO et, de facto, le FMI est depuis le début une institution américaine. Qu’on se le dise.

    Vous observerez qu'en 1944, on envisageait la présence de l'URSS au sein du F.M.I.. C'est La guerre froide qui a changé la donne. Sur les origines de la Guerre froide, voir l’article correspondant. c. LES RELATIONS INTERNATIONALES DE 1945 à 1953

    La Banque internationale pour la reconstruction et le développement, appelée aussi Banque mondiale est née en 1944 comme le FMI. Elle fonctionne sur les mêmes bases. Si le FMI vise à résoudre les difficultés passagères des balances de paiement, la Banque Mondiale aide au financement des investissements à moyen et long terme, et aux taux d’intérêts peu élevés.

    2. Les accords de Genève (GATT)

    Le but des Américains est d’organiser le libre-échange au niveau international. NB. : Le libre-échange est l’arme des forts. Utilisé par l’Angleterre quand elle était seule industrialisée au XIX° siècle, les Allemands -qui furent un temps faibles- avaient mis au point la théorie -et la pratique- du protectionnisme éducateur (Friedrich List, 1789-1846). Les USA furent les pires protectionnistes du XIX° siècle jusqu’à la seconde guerre mondiale.

    Vingt-cinq États aboutirent à un gentlemen agreement sur les tarifs douaniers et le commerce -en anglais GATT), à Genève -autre site des Nations Unies après New York-, le 30 octobre 1947. Puis, poursuivant le cycle des négociations, 53 pays signèrent le Charte de la Havane -(Fidel n’est encore pas là !), le 24 mars 1948, qui créait l’OIC : organisation internationale du commerce. Mais le Sénat des États-Unis refusa de ratifier cette charte qu’il jugea pas assez libérale ! elle prévoyait, en effet, le maintien de relations préférentielles en États -donc l’inégalité de traitement[3]-, Elle prévoyait le contingentement en cas de déséquilibre de la BP, enfin elle prévoyait l’organisation du marché des produits de base (sur ces questions, lire les cours sur le Tiers-Monde).

La raison du plus fort étant la meilleure, on mit l’OIC au placard et l’on en revint au GATT. Les pays concernés représentaient 80% du commerce mondial, les autres étant encore, pour la plupart des colonies (sans parler des pays du Bloc soviétique).

    Le GATT institutionnalise le principe de "la clause de la nation la plus favorisée" : aucun pays ne peut faire subir à un partenaire commercial un traitement moins favorable que celui dont il a fait bénéficier un autre partenaire. Adopte aussi le principe du traitement national des produits importés : il ne doit pas y avoir de discrimination entre les produits importés (la bouteille de Coca-cola par exemple) et les produits similaires d’origine nationale (la bouteille de limonade par exemple) sur le marché interne du pays importateur (pas de quota, pas de contingentement). Le GATT accepte toutefois trois exceptions : La clause de sauvegarde pour l’agriculture (d’où la possibilité de créer la PAC en Europe de Bruxelles), la protection de l’équilibre de la BP, la protection des industries naissantes dans les pays pauvres dits PVD.

    A l’export, le GATT interdit le dumping (vente à perte) mais le pays importateur a la charge de la preuve ; les subventions à l’export sont prohibées sauf pour l’agriculture.

    En fait, le vrai problème est le développement des obstacles non-tarifaires : normes techniques, normes sanitaires. Les EU ont l’art de trouver des trucs dans l’eau PERIER par exemple, les Japonais exigent au dernier moment des phares à lumière blanche et les voitures française à lumière jaune restent dans les ports japonais….

CONCLUSION PROVISOIRE

    Au départ, les accords de Bretton Woods ne sont pas vécus comme une arme américaine et l’U.R.S.S. devait faire partie du F.M.I. avec l’apport de 13,6% du trésor mondial. Mais les Américains ont vite compris que le développement du communisme à l’échelle mondiale allait être une gêne pour la mise en place de leur plan foncièrement libéral et favorable à leurs intérêts. Ce sont eux qui initient la Guerre froide (voir le cours).

    Par ailleurs, les accords de BW sont inapplicables au départ dans la plupart des pays européens favorables aux EU. Leurs BP est structurellement déficitaires du fait de leurs énormes besoins d’importations, l’inflation détruit la valeur des monnaies (années 40 et années 50’), les Banques centrales ne peuvent intervenir sur le marché des changes par manque de devises d’intervention, c-à-dire de dollars. C’est le fameux dollar-gap, le manque de dollars (comme le dollar est lié à l’or, les EU ne peuvent pas le multiplier à gogo comme ils le firent à partir de la présidence Reagan, gigantesque farceur). Les EU doivent donc adopter des mesures exceptionnelles comme les crédits de l’UNRRA (en français : administration des Nations Unies pour le secours et la reconstruction) qui existe de 1943 à 1949 ; puis le plan Marshall, en 1947. Cette aide est assortie de mesures politiques qui renforcent la domination américaine, le "Bloc occidental".

    Enfin, le choix du dollar a des conséquences exorbitantes que le général de Gaulle a bien soulignées :

    "Ce que les Américains doivent à l’étranger, ils le lui paient avec des dollars qu’il ne tient qu’à eux d’émettre au lieu de le payer avec de l’or dont la valeur est réelle et qu’on ne possède que pour l’avoir gagné" conférence de presse du 4 février 1965. Pierre Mendès-France, connu pour sa compétence dans ce domaine, qui démissionna du gouvernement du général à la Libération sur la base de désaccords quant à la politique économique, PMF donc est d’accord totalement avec le général sur ce point : "De toute manière, qu'une monnaie nationale, gérée pour des fins nationales, pour assurer la prospérité nationale, par des autorités nationales, se voie érigée en étalon international, que ses fluctuations, ses oscillations, ses avatars retentissent sur l'ensemble du monde, ce n'est ni logique ni admissible", dans son livre Choisir,1974.

    Ce schéma, très pédagogique, montre la situation tout-à-fait exceptionnelle de 1945 dont les Américains ont abusé. A cette date, il n'y a qu'un seul fournisseur au plan mondial et le commerce international n'a qu'un seul pôle ; relations unilatérales. Trente ans plus tard, même si le CI des États-Unis a crû, celui du Japon, de l'Allemagne de l'Ouest, de la France, bref du monde entier, a augmenté beaucoup plus fortement et des liens existent entre les pays indépendamment des États-Unis.. relations multilatérales.
    Le déficit commercial et les guerres américaines (Viet-Nam, interventions en Amérique latine) font que la parité entre le dollar et l'or n'est plus tenable. Nixon s'en débarrasse unilatéralement en août 1971.

 cette leçon a une suite chronologique dont voici le plan :


    La vie économique du monde après le "coup monétaire" de 1971 (1971-1994)

L'HÉGÉMONIE AMÉRICAINE EST TOUJOURS EN PLACE A LA FIN DU XX° SIÈCLE (1971-1994)

A. Le $ flottant et le F.M.I. sont des armes efficaces

1. Que reste-t-il du S.M.I. ?

2. Le F.M.I. reste une institution redoutable

B. Avec le GATT, les E.U. imposent le libéralisme

1. Les " rounds "

2. Le "gendarme" du libéralisme


[1] Dans son livre "Le système de Bretton Woods", librairie Sirey, Paris, 1948. Et c’est pour appliquer ces plans qu’ils débarqueront en Normandie, pas pour sauver la liberté du monde de façon désintéressée et humanitaire, j’y reviendrai.

[2] C’est une OIG -organisation intergouvernementale où sont représentés les GOUVERNEMENTS- à ne pas confondre avec les ONG -organisation non-gouvernementales comme MSF, Amnistie internationale, WWF, le CIO, l’UEFA, etc…dont sont membres des associations privées ou qui ont des missions de service public.

[3] Concrètement, cela signifie qu’un pays pouvait accorder à un autre une préférence commerciale qu’il n’accorderait pas aux États-Unis ..

Les vainqueurs face à leur victoire (1945-1947)

publié le 21 sept. 2013 à 09:25 par Jean-Pierre Rissoan   [ mis à jour : 26 sept. 2013 à 04:00 ]

publié le il y a 32 minutes par Jean-Pierre Rissoan

A la différence des pays fascistes, les Alliés ses sont rapidement concertés tant au plan militaire que diplomatique pour remporter la victoire. L'histoire diplomatique  de la WWII [1] est indispensable pour la compréhension de l'après-guerre. Cependant les Alliés sont fort différents et leur intérêts ne sont pas du tout les mêmes ; de plus, en Europe comme en Asie, la guerre a des conséquences durables sur l'état d'esprit des peuples et sur la géographie des frontières.

De la guerre et de la volonté des vainqueurs sort un monde radicalement nouveau. Unis dans la "Grande Alliance", les vainqueurs peuvent imposer leur loi (A) et dessiner ainsi une nouvelle carte du monde (B).


A. LA LOI DES VAINQUEURS

Une série de conférences au plus haut niveau, scande l’union des Alliés.

1.      Les grandes conférences de la "Grande Alliance "

- Moscou, août 1942 : Staline demande l'ouverture d'un second front.

- Casablanca : 14 janvier 1943 (on se battra jusqu’à la capitulation de l’Allemagne, pas de paix séparée)

- Moscou, octobre 43, pour l'O.N.U.. Présence de la Chine nationaliste.

- Téhéran, 27 novembre 1943 ; Churchill propose de décaler les frontières de la Pologne vers l'ouest aux dépens de l'Allemagne ; décision d’Overlord (débarquement en France).

- Moscou, du 9 au 18 octobre 1944, ne réunit que Staline et Churchill. C’est de là que date le mythe du "partage" du monde ; opération aéroportée britannique sur la Grèce, abandonnée par Staline à l'Angleterre, le 14.X.44. Je dis "abandonnée" parce que la résistance communiste était majoritaire en Grèce. Mais, Staline ne pense qu'à ses intérêts nationaux et la Grèce n'a pas de frontière commune avec l'U.R.S.S.. La Pologne, au contraire, qui n'est pas ou très peu communiste, sera intégrée au bloc soviétique car elle est une voie d'invasion de la Russie. 


Ce document a été publié par Le Monde, le 21 janvier 1992. A gauche, la version anglaise, raturée, a été écrite la première. à droite, le document russe sans rature est la traduction du premier. Les deux dirigeants se distribuent leurs zones d'influence : la Roumanie sera à 90% sous contrôle soviétique, la Grèce à 90% sous influence britannique, etc.... Churchill a évité les initiales W.C. et son tampon indique W.S.C. , S pour Spencer.

-YALTA, février 1945 :

La conférence est dominée par le souci d'arriver à un accord. La carte de guerre avantage Staline dont l'Armée Rouge se trouve à 100 km de Berlin alors que les Américains n'ont pas réglé le problème du franchissement du Rhin ni celui de l'invasion du Japon.

Trois accords sont facilement obtenus :

- Le Reich sera fractionné, l'Allemagne devra des réparations, la France est associée à l'occupation du pays.

-l’U.R.S.S. entrera en guerre contre le Japon, 3 mois après la capitulation de l'Allemagne, ses droits lui sont reconnus sur Sakhaline et les îles Kouriles.

-l’O.N.U. sera mise en place par une conférence, distincte des traités de paix, organisée par les 5 puissances alliées qui auront droit de veto. L'U.R.S.S. disposera de 3 sièges[2] ; une tutelle internationale (AMGOT) sera mise en place sur certains territoires.

Sur le sort de l'Europe, les discussions sont plus délicates.

La Yougoslavie est libérée par ses propres forces. Les Alliés optent pour un gouvernement provisoire suivi par des élections générales. Elles auront effectivement lieu en novembre 1945 (90% au front populaire de TITO).

La Pologne aussi, a un gouvernement en exil à Londres mais elle est occupée par l'Armée Rouge et est vitale pour la sécurité de l'URSS. Il y a un gouvernement de fait pro-communiste à Lublin mais quelle est sa légitimité ? Les Alliés optent pour un gouvernement réorganisé, élargi aux libéraux-nationaux (et effectif le 28 juin 1945) et pour des élections (janvier 1947). Accord sur la ligne Curzon[3] (frontière polono-soviétique).

Ce n'est pas un "partage du monde" et il faut bien voir que la Guerre Froide changera l'esprit des accords.

- POTSDAM, 17 juillet-2 août 1945

Attlee remplace Churchill ; Truman est président depuis le 12 Avril 1945 ; Staline est présent. Pour l'essentiel cette conférence confirme Yalta.

- mise en place des négociations de paix avec les ex-alliés d’Hitler : l'Italie, Roumanie, Finlande, Hongrie, Bulgarie (les traités seront signés le 10 II 47).

- accords sur les frontières polonaises dont la frontière allemande qui sera sur la ligne Oder-Neiss avec déplacement de population. A confirmer par le traité de paix.

- les Soviétiques recevront 25% de l'outillage des zones allemandes d’occupation occidentales en plus des réparations prélevées sur la partie orientale plus pauvre qu'ils occupent.

- l'Allemagne sera soumise à une triple politique de démilitarisation, dénazification, démocratisation. Un procès sera mis sur pied pour juger les criminels nazis (ce sera Nuremberg). Chaque allié reste maître dans sa zone d'occupation. Seule Berlin a un statut spécial : c'est une région " hors zone " occupée conjointement par les quatre alliés et administrée par une autorité interalliée particulière : la "kommandantura", mise en place le 11 juillet (avant Potsdam donc).

2.      Des alliés aux situations diverses

L'U.R.S.S. a subi des pertes incalculables. Elle est hantée par sa sécurité et exige des frontières et des points d'appui sûrs et elle veut à tout prix extirper les racines du militarisme allemand. La présence de son armée dans les pays de l'Europe de l'est "contribue à créer des conditions favorables à un processus de transformation sociale" (thèse soviétique officielle) ; de toute façon, Staline ne veut que des pays " amis " à ses frontières.

La Grande-Bretagne a subi des pertes relativement réduites, les ravages sont limités aux grandes villes bombardées. Son économie est désorganisée par un endettement massif et les revendications nationales secouent son Empire colonial. L'Angleterre n'a qu'un souci : se retirer partout où elle dépense de l'argent : Allemagne, Palestine etc… Par contre, elle veut garder, si possible, son Empire.

Les E.-U. ont dans une certaine mesure profité de la guerre ; leur position n'a jamais été aussi forte dans le monde et cela dans tous les domaines. Leur souci est d'écouler leur production dans un monde libéralisé, d'éviter une crise de reconversion comme en 1920-21 et donc des mouvements sociaux surtout à un moment (1944, 45, 46..) où les forces syndicales, socialistes et communistes n'ont jamais été aussi dynamiques. Les Anglo-saxons s'accommoderaient d'une renaissance rapide de l'Allemagne : diminution des dépenses militaires, nouveaux clients pour l'industrie américaine, valorisation des intérêts placés outre-Rhin avant 1930.

La France quant à elle souhaite des réparations allemandes. Au départ, elle a une position proche de celle de l'URSS par rapport à la question allemande : démembrement, contrôle de la Ruhr, rattachement de la Sarre à la France. A cette date, on ne parle pas de "Guerre froide".nouvelle carte du monde


B. UNE NOUVELLE CARTE DU MONDE

1.      Les transformations en Europe

Les changements de frontières concernent essentiellement l'URSS, la Pologne et l'Allemagne.

La Russie retrouve ses frontières de 1914. Elle récupère cependant une portion de la Prusse orientale, l'autre portion étant donnée à la Pologne. Aujourd'hui, cette portion (dite enclave de Kaliningrad) est toujours propriété de la Russie, après l'éclatement de l'U.R.S.S..

L'Allemagne perd toutes ses terres à l'est d'une ligne formée par l 'Oder et la Neiss (affluent de rive gauche).qui sont données à la Pologne.

Les vainqueurs ont voulu assurer une rigoureuse application du principe des nationalités : une nation = un État, y compris au prix de déplacement de populations ce qu'ils s'étaient refusé à faire en 1919. Douze millions de personnes sont ainsi déplacées. Il y aura ainsi dans la nouvelle Allemagne de l'Ouest un parti des " réfugiés " ; cette main-d'œuvre abondante et bon marché assurera à la future R.F.A. les moyens d'un relèvement rapide.

Dans l'immédiat après-guerre, on ne peut pas parler de rideau de fer en Europe. Dans de nombreux pays, à l'est comme à l’ouest (France, Italie, Belgique) les gouvernements comprennent des forces politiques issues de la Résistance —depuis les communistes jusqu'aux partis démocrates-chrétiens - : c'est la politique dite des "Fronts Nationaux". Mais évidemment, les Américains (surtout après la mort de Roosevelt et l’arrivée à la Maison Blanche de Truman, anticommuniste systémique) s'inquiètent de la présence de tous ces communistes dans autant de gouvernements, surtout que l'Armée Rouge est installée au cœur de l'Europe.

2.      Les transformations en Asie

    Elles sont encore potentielles en 1945

a)      Au Japon

    A Yalta, les Alliés sont convenus d'une offensive soviétique en Extrême-Orient, trois mois après la capitulation allemande. Les E.-U. espèrent de la sorte soulager Tchang-Kaï-Chek encerclé en Chine du sud et espèrent partager les risques de l'assaut final contre l'archipel nippon. En application de ces accords, les troupes soviétiques pénètrent en Mandchourie, en Corée, à Sakhaline, le 9 août (trois après le 8 mai 45). Mais, auparavant, la bombe A a explosé sur Hiroshima.

    La thèse de Truman est qu'il s'agissait de sauver la vie de milliers de soldats américains. Une autre thèse est qu'il fallait stopper la progression soviétique, d'impressionner Staline (diplomatie de «l'atome ») et de faire du Japon la chasse gardée des Américains. La thèse de Truman est d'autant plus contestable que le blocus du Japon était possible et le Japon ne peut pas vivre sans l’accès à la mer. Le Japon capitule le 2 septembre 1945.

    Mac Arthur impose son autorité sur les membres du Suprem Command for the allied powers (équivalent d’un AMGOT) où Soviétiques, Anglais et Chinois n'ont qu'une voix consultative. Il interdit toute présence de 1'Armée Rouge au Japon : il ne veut pas voir se répéter ce qui se passe en Allemagne. Il met en application les grandes réformes qui imposent une démocratie de type occidental. Des déplacements de population sont opérés avec rapatriement sur le Japon.

b)      En Chine

    La guerre civile (entre nationalistes de Tchang et les communistes de Mao) est ininterrompue depuis 1937 mais elle est en sourdine pendant la guerre d'agression japonaise. A Moscou, en 1943, les Alliés ont coopté la Chine comme puissance participante à l'œuvre des Nations Unies. Ils ont renoncé aux «droits inégaux» imposés au XIX° siècle par des traités léonins. L'effondrement du Japon semble profité au régime de Tchang-Kaï-Chek reconnu par la communauté internationale (traité fondateur de l’ONU à San Francisco, septembre 45). Mais, huit années de guerre ont modifié le rapport de forces entre les nationalistes et les communistes. Tchang est surtout établi dans les villes, mais l'inflation et la corruption atteignent sa crédibilité. Mao, quant à lui, contrôle 1 million de km2 sur lesquels il met en œuvre la réforme agraire, donnant la terre aux paysans : effet de cliquet recherché.

c)      Au Vietnam

    En Indochine, les partisans communistes et leurs alliés, résistants à l'agression japonaise, sont en mesure de s'emparer du pouvoir. C'est ce qu’ils font avec Ho Chi Minh. Quelle sera l'attitude de la France ancienne puissance coloniale ? Le général de Gaulle envoie l'amiral Thierry d'Argenlieu.

d)      En Indonésie

    La situation est comparable quoique non identique. Les Japonais ont installé Soekarno dans le cadre de leur politique de «co-prospérité»[4] mais après leur départ, celui-ci reste en place au grand dam des Hollandais qui voient s'échapper leur plus belle colonie. Les Pays-Bas vont réclamer le retour à la situation ex-ante.

e)      En Corée

Dans le cadre de la guerre contre le Japon, les Alliés ont envahi la Corée, alors colonie japonaise, l'URSS au nord, les Américains au sud. Un problème agraire grave se posait dans la péninsule. Les communistes de Kim-Il-Sung résistèrent aux Japonais et avec la présence soviétique peuvent envisager une prise du pouvoir. Les Américains s'inquiètent.

f)       Proche-Orient

    Les Ang1ais sont présents en Palestine en vertu des décisions de la S.D.N.. Pendant la 2° guerre mondiale, le flux d'immigrés juifs, qui remonte à 1918, n'a fait que s'amplifier. Les Juifs désirent plus que jamais un territoire ici-même, selon ce qu'il considère être la promesse de Lord Balfour de 1917. Les Anglais attendent une décision de la nouvelle organisation internationale : l'ONU et ne demandent qu'à s'en aller.

    L'ONU vote un plan de partage de la Palestine en deux États : l'un pour les Juifs, l'autre pour les Palestiniens. Ces derniers refusent, les États voisins, réunis dans la «Ligue arabe», créée pour l'occasion, déclarent la guerre au nouvel État "juif" (1947).


        Les deux cartes ci-dessus présentent la situation avant et après la guerre israélo-arabe. Jérusalem devait avoir un statut de ville internationale sous l'égide l'O.N.U.. Grâce à leur victoire, les Israéliens occupent la partie occidentale de la ville. (aujourd'hui, ils occupent la ville entière  et prétendent l'annexer totalement en cas de création d'un État palestinien. Pour les Musulmans, Jérusalem est une ville sainte de l'Islam). La bande de Gaza est réduite à une portion congrue. Beaucoup de Palestiniens ont fui leur pays après la défaite et habitent dans des "camps de réfugiés" au Liban ou en Jordanie. Israël a un double accès à la mer : la Méditerranée et l'Océan Indien via le golfe d'Aqaba et la Mer Rouge.

[1] World War 2 : WWII…

[2] Arguant de la structure fédérale de l’U.R.S.S, Staline -qui savait que l’O.N.U. allait être dominée par les USA et leurs alliés- réclama 15 sièges, un par république soviétique ! on lui a dit de ne pas exagérer.

[3] En Europe orientale, le mélange géographique des populations est extrême. Après la victoire de 1918, les Alliés mirent sur pieds une commission présidée par un Anglais, Lord Curzon. Cette commission délimita la frontière entre la nouvelle Russie et la Pologne ressuscitée (1921) : ce fut la « ligne Curzon ». Mais les Alliés, effrayés par la victoire du communisme en Russie ne respectèrent pas ces conclusions et la frontière polonaise alla très à l’Est, sur des territoires biélorusses. Ce sont ces territoires que l’U.R.S.S. récupéra en 1939, après l’invasion allemande en Pologne. Geste inélégant mais fondé en droit.  

[4] Sur le thème : « vous voyez nous ne sommes pas des impérialistes, puisque nous chassons les Hollandais et mettons un Indonésien à la tête de l’Indonésie ». En fait, l’Indonésie fut exploitée comme une colonie comme partout où débarquèrent les Japonais

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