2°partie : LES VICTOIRES DE "L'AXE" : 1939-1942

publié le 4 juil. 2011 à 06:15 par Jean-Pierre Rissoan   [ mis à jour : 15 avr. 2015 à 03:05 ]

N.B. les chiffres et numéros de pages font référence au livre coll. BORDAS, direction M.-H. BAYLAC, Terminale, 1998. 

A. LES DÉBUTS DE LA GUERRE EN EUROPE

    C'est la période de septembre 1939 à juin 40.


1.      Les premiers succès allemands (sept.39-juin 40)

    1. la Pologne est écrasée en trois semaines. L'objectif affiché est de réunir les deux morceaux de l'Allemagne. La Blitzkrieg commence le 1er septembre. En application des accords germano-soviétique, l'URSS récupère les territoires à l'Est de la ligne Curzon le 18 septembre 39. Les alliés (France et Angleterre) pensent que "le temps travaillent pour eux" (ils espèrent rattraper leur retard en armement) quant à Hitler, il n'engage pas l'offensive prévue. On a donc un attentisme des deux parties : c'est la "drôle de guerre".

    2. La "Drôle de guerre" eut un effet moral désastreux pour l'armée française. On parlait de "paix de compromis". Par contre, en politique intérieure, le P.C.F. est interdit (26 septembre 1939), ses militants sont pourchassés. La censure s'exerce. La guerre entre l'URSS et la Finlande est l'occasion d'une formidable campagne anti-soviétique (à partir du 30 novembre 39) et un projet d'attaque de l'URSS par la France est même mis au point. L'opinion désorientée et démobilisée ne sait plus quel est l'ennemi : Hitler ou Staline ? Pour nombre de dirigeants c'est clair (Cf. le témoignage du général De Gaulle). Les décrets de l'automne 39 suppriment les conquêtes sociales du F.P. : il n'y aura pas "d'Union sacrée".

    3. Durant l'hiver 39-40, la Scandinavie est l'enjeu du conflit : la Suède fournit son minerai de fer à l'Allemagne via le port maritime de Narvik en Norvège. Le 8 avril 1940, Hitler devance une opération alliée et envahit le Danemark puis la Norvège. (Les alliés "coupent la route du fer" en prenant Narvik mais c'est un succès sans lendemain car le 10 mai Hitler lance sa grande offensive sur la France).

2.      L’effondrement français (mai-juin 1940)

    Les Allemands déclenchent une offensive générale aux Pays-Bas, Belgique, Luxembourg et attaquent la France sur la Meuse à Sedan à travers les Ardennes, massif forestier que l'Etat-major français croyait infranchissable. C’est l'application du plan Manstein, l'effet de surprise est total. Exploitant la percée, les Panzerdivisionen déferlent à travers la brèche et pivotent en direction du nord-ouest : le 21 mai elles sont sur la Manche. (Carte page 39)

    L'offensive allemande se développe dans deux directions :

a. au nord, c'est la poche de Dunkerque (26 mai-4 juin)

b. au sud, c'est la "campagne de France". Weygand est battu sur la Somme. Paris est pris le 14 juin.

    Après un choc très violent où les faits de résistance militaire français ne sont pas rares, c'est la débâcle : ordre de retraite générale le 12 juin. Un parti de l'armistice se constitue autour de Pétain et du généralissime Weygand qui estime, huit jours après l'invasion, que la guerre est perdue. Surtout, il pense qu'il faut "sauver l'armée pour sauver l'ordre".

    A la débâcle s'ajoute l'exode des populations civiles(page 39).

    Le 16 juin Pétain est président du Conseil, le 17 il demande l'armistice qui est signé le 22 à Rethondes et appliqué le 25 avec l'Allemagne et l'Italie (entrée en guerre le 10 juin). Pour les français qui avaient dit "préférer Hitler au Front Populaire", c'est la "divine surprise". Tout est en place pour imposer la "Révolution Nationale".


B.    LA GRANDE-BRETAGNE SEULE CONTRE L'AXE (1940-41)

     L'Allemagne mène la guerre contre l'Angleterre sur trois fronts.

1.      La guerre aérienne (aout-octobre 1940)

    Churchill, Premier Ministre depuis le 10 mai, refuse la paix de compromis de Hitler. L'offensive aérienne de la Luftwaffe se heurte à la R.A.F. dotée de radars. Ce sont des raids de terreurs ( c'est-à-dire visant des objectifs non-militaires, mais la population) qui se brisent contre la ténacité britannique. L'ordre de débarquement allemand est ajourné le 17 septembre. L'objectif d'Hitler est alors une guerre d'usure : réduire le R.U. en paralysant ses approvisionnements (européens et impériaux) d'où la lutte sur les grandes routes maritimes (Méditerranée et Atlantique). Cependant, les Japonais prennent les places fortes coloniales européennes en Asie durant l'été 40).

2.      La guerre en Méditerranée

    Les objectifs des pays de l'Axe sont, outre Gibraltar, Malte et Alexandrie, : Suez, l'Égypte, Le Proche Orient, le Golfe Persique.

    Deux foyers de guerre en Méditerranée :

    a. La péninsule balkanique : outre un échec des italiens contre les Grecs soutenus par la R.A.F., il y a là une tête de pont possible pour les anglais. La Yougoslavie puis la Grèce sont envahies en avril 41, Les Allemands effectuent la première opération aéroportée de la guerre sur la Crète.

    b. En Libye où les Italiens étaient présents avant 1939. Après une offensive en direction de l’Égypte anglaise c'est la défaite durant l'hiver 40/41 ce qui obligent les allemands a envoyé l'Afrika Korps, lequel arrive en Égypte.

    Toute la rive sud de la mer est aux mains des Allemands ou de leurs alliés (autrement dit, la Méditerranée est, à cette date, une mer allemande) et les convois qui alimentent l'Angleterre sont obligés de passer par le cap de Bonne Espérance., au sud de l'Afrique. Cependant, les Allemands ont échoué en Irak et en Syrie-Liban qui sont occupés par les Anglais et la France Libre (mars juillet 41).

3.      La question de l'Atlantique

    La survie de l'Angleterre est donc liée au maintien de la navigation sur l'Océan où le conflit prend surtout l'aspect d'une guerre sous-marine. Mais se pose alors la question de la politique américaine. L'opinion américaine se partage entre isolationnistes et interventionnistes. En mars 41, Roosevelt fait adopter la loi Prêt-bail (qui met fin à la loi cash & carry de neutralité), faveur accordée "aux pays dont la protection offrait un intérêt vital pour la sécurité des USA".

    En août 41, Churchill et Roosevelt signent la "charte de l'Atlantique" qui ne reconnaît pas les conquêtes de l'Axe et qui énonce les principes selon lesquels devraient être réorganisé le monde après la fin du conflit.


C. L'EXTENSION MONDIALE DU CONFLIT (1941-1942)   

    La guerre devient mondiale en 1941 avec l'agression allemande contre l'URSS et l'agression japonaise contre les USA.

1.      L’invasion de l'U.R.S.S. par l'Allemagne

    Depuis juin 41, la G.Bretagne n'est plus seule en guerre.

    L'URSS présente de graves faiblesses : son armée a été décapitée par les purges staliniennes (1937-38), Staline analyse le conflit comme une guerre impérialiste qui ne concerne que les Occidentaux et il sous-estime la détermination des nazis a détruite les grands États européens. Son pouvoir dictatorial le rend insensible aux critiques et aux mises en garde.

    En Allemagne, le plan BARBEROUSSE est conçu dès 1940. Pour les nazis, l'URSS c'est le bolchevisme judéo-marxiste, l'ennemi essentiel, c'est aussi "l'espace vital" dont les Germains ont besoin dans le cadre de la politique du DRANG NACH OSTEN, c'est enfin le pétrole et le blé qui manquent par nature à l'économie allemande.

    Sans déclaration de guerre, le 21 juin 41, l'armée allemande et ses vassaux envahissent le pays selon trois directions majeures : Leningrad, Moscou et le Caucase. Fin septembre, l'Armée Rouge a perdu 2.500.000 hommes, Leningrad est encerclée, Kiev est prise, Moscou est menacée. Mais ce n'est pas la débâcle, loin de là. "On ne peut en aucune façon parler de promenade" écrit Goebbels dans son journal à la date du 2 juillet 1941. En décembre 41, la bataille de Moscou fait même reculer les allemands de 200 km : la guerre-éclair se transforme en guerre d'usure. En URSS, c'est l'union sacrée pour la "guerre patriotique, révolutionnaire et libératrice" (Staline, le 3 juillet 1941). Sur les ondes de la radio de Londres, le Général De Gaulle se félicite de l'entrée en guerre de l'URSS.

2.      La guerre du Pacifique et l'entrée en guerre des États-Unis

    Pour nombre d'historiens asiatiques, la WWII a commencé non pas en 1939 mais en 1937 avec l'accident du "triple 7" [1] et l'agression de la Chine par le Japon. « John RABE, le juste de Nankin », 2009, Florian Gallenberger  et aussi LES R.I. DE 1936 à 1939. C. "LES GRANDES MANOEUVRES"

    Le Japon des militaires profite dès 1940 de l'effacement de la France et des Pays-Bas en Asie. L’Indochine française est occupée en juillet 1941 en totalité puis c'est l'Indonésie hollandaise (où le Japon met en place Soekarno). Les Japonais menacent Hong Kong et Singapour. Les Japonais jouent habilement sur la lutte de libération des peuples "jaunes" contre les "blancs" (en Birmanie, par ex.). Seuls les USA peuvent s'opposer au plan TANAKA de création d'une "sphère de coprospérité asiatique" (2). Les Japonais attaquent par surprise PEARL-HARBOUR, le 7 décembre 1941. Ils conquièrent rapidement Guam et Wake, débarquent aux Philippines (à qui ils accordent l'indépendance car c'était une colonie américaine), Singapour est prise. L’ Australie est menacée au printemps 42.

    Cependant, rien de décisif n'est réalisé. Leur agression va créer aux USA un véritable unanimisme national, derrière Roosevelt, et ce pays va devenir "l'arsenal de la démocratie".

suite : 3°partie : LA VICTOIRE DES ALLIES (1942-45)



[1] Parce qu’il eut lieu le 7 juillet 1937.

(2) Pour les experts : http://www.stratisc.org/Strategique_81_10.htm (La politique de la sphère de coprospérité de la grande Asie orientale au Japon);


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