LA CHANSON DE CRAONNE

publié le 8 nov. 2018 à 05:21 par Jean-Pierre Rissoan   [ mis à jour : 8 nov. 2018 à 05:31 ]
 

    Craonne est un village du Chemin des dames. Bataille illustre de la Guerre qui eut lieu en 1917. Je l’évoque dans l’analyse du roman autobiographique de Gabriel Chevallier "LA PEUR", roman autobiographique de Gabriel CHEVALLIER. "LA PEUR", roman autobiographique de Gabriel CHEVALLIER  La carte qui y figure permet de le localiser. J’ai publié dans le même article une photo de ce qui reste de l’église Saint-Martin de Craonne : rien. L’église a disparu sous l’effet des trommelfeuers : ces bombardements massifs et ravageurs qui ne laissent plus rien. Craonne de 1914 est un des "villages disparus" de l’après-guerre. C’est dans ces conditions que les Poilus – certains en tout cas, mais très nombreux – décident de ne plus repartir au combat.
   La Chanson de Craonne, dont le nom fut donné lors des mutineries de 1917 - la musique était reprise d'une chanson d'avant la guerre -, à la suite des pertes militaires, fait partie des répertoires antimilitariste et révolutionnaire, elle fut censurée sur les radios jusqu'en 1976
    Ci-contre : ce qu'il reste de l'église du village de Craonne : on peut deviner l'importance des bombardements quotidiens. Six villages de la Meuse ont été rayés de la carte.





LA CHANSON DE CRAONNE

Quand, au bout de huit jours, le repos terminé
On va reprendre les tranchées
Notre place est si utile
Que sans nous on prend la pile.
Mais cʼest bien fini on en a assez
Personne ne peut plus marcher
Et le cœur bien gros commʼ dans un sanglot
On dit adieu aux civelots.
Même sans tambour, même sans trompette
On sʼen va là-haut en baissant la tête.

Adieu la vie, adieu l’amour
Adieu toutes les femmes
C’est bien fini, c’est pour toujours
De cette guerre infâme.
C’est à Craonne, sur le plateau
Qu’on doit laisser sa peau,
Car nous sommes tous condamnés
Nous sommes les sacrifiés.

Huit jours de tranchées, huit jours de souffrance
Pourtant on a lʼespérance
Que ce soir viendra la relève
Que nous attendons sans trêve.
Soudain dans la nuit et dans le silence
On voit quelquʼun qui sʼavance
Cʼest un officier de chasseurs à pied
Qui vient pour nous remplacer,
Doucement dans lʼombre sous la pluie qui tombe
Les petits chasseurs vont chercher leurs tombes.

Adieu la vie, adieu l’amour
Adieu toutes les femmes
C’est bien fini, c’est pour toujours
De cette guerre infâme.
C’est à Craonne, sur le plateau
Qu’on doit laisser sa peau,
Car nous sommes tous condamnés
Nous sommes les sacrifiés.

Cʼest malheureux de voir sur les grands boulevards
Tous ces gros qui font la foire
Si pour eux la vie est rose
Pour nous, cʼest pas la même chose,
Au lieu de sʼcacher tous ces embusqués
Feraient mieux dʼmonter aux tranchées
Pour défendre leurs biens, car nous nʼ avons rien
Nous autres les pauvres purotins.
Tous les camarades sont étendus là
Pour défendrʼ les biens de ces messieurs-là.

Ceux quʼont le pognon, ceux-là reviendront
Car cʼest pour eux quʼon crève
Mais cʼest fini car les trouffions
Vont tous se mettre en grève,
Ce sera votre tour messieurs les gros
De monter sur lʼplateau
Car si vous voulez la guerre
Payez la de votre peau.

Parmi les nombreuses interprétations, j'ai choisi celle de Marc Orgeret : 

https://www.youtube.com/watch?v=wGrdG85mmL0

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