VŒUX DU NOUVEL AN…

publié le 27 juin 2011 à 08:05 par Jean-Pierre Rissoan   [ mis à jour : 2 juil. 2011 à 02:11 ]
  01/01/2010  

E. Kant donne cette belle définition de l'Aufklarung : « qu'est-ce que les lumières? La sortie de l'homme de sa minorité dont il est lui-même responsable. Minorité c'est-à-dire incapacité de se servir de son entendement sans la direction d'autrui ». « Sapere aude » s'écrit-il, « aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières ».

Cette belle formule annule le principe même des vœux. C’est à chacun de construire son futur.

Cela dit, il faut bien admettre que certains de nos concitoyens ne sont pas à même de suivre le précepte d’Emmanuel Kant. Combien de salariés votent pour le Front national alors que celui-ci propose en ligne de mire à sa réforme des retraites « la retraite par capitalisation » ? Ce que souhaite Mme Parisot du MEDEF. Seuls les riches se paieront la retraite dont ils rêvent. Il faut tout faire pour empêcher une telle hérésie -le vote FN par des salariés- et débusquer ceux qui veulent faire dévier tous les discours politiques vers les problèmes de sécurité/immigration, précisément pour attirer dans leurs filets les gens dépolitisés qui n’ont aucune boussole à leur disposition.

L’année 2011 doit d’abord être celle où se poursuivent les luttes dans la continuité de l’automne 2010, elle doit être aussi celle où "ceux qui luttent" réalisent la jonction avec une issue politique révolutionnaire, ce que doivent démontrer les élections cantonales de mars. Ensuite, l’année 2011 doit être celle où, dans chaque circonscription, tous les intéressés désignent après débats le candidat qui sera présent aux élections législatives de 2012.

Et la présidentielle ? Mais pour nous, les élections les plus importantes sont les législatives. Le pays doit être dirigé par une Convention - comme la grande Convention qui démontra que le pouvoir de l’assemblée n’était pas exclusif d’un pouvoir exécutif vigoureux et respecté-. Il est grand temps de se débarrasser de ce régime présidentiel démobilisateur.

Après les étapes que j’ai citées, nous aurons bien le temps de désigner un candidat fédérateur.

Dans un débat à la Constituante, Robespierre déclara à peu près « prenez garde ! Nous délibérons sous les regards du monde entier ! ». Soyons plus modestes. Mais enfin, après le grand mouvement historique de l’automne, après les plans d’austérité qui pleuvent en rafale sur toute l’Europe, la France doit montrer le chemin. Quand j’écris "la France", je veux dire les Françaises et les Français qui auront le courage de se servir de leur propre entendement, dans le secret de l’isoloir, certes, mais après une mise en oeuvre féconde de la démocratie qu’après tout nous avons initiée et que nous ne devons pas laisser périr.  

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