2ème partie : Les Grecs anciens et la naissance de l’autonomie politique

publié le 11 janv. 2012 à 01:45 par Jean-Pierre Rissoan   [ mis à jour : 16 oct. 2016 à 10:21 ]

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                « Pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, le                         peuple a pris en main son destin ».

                 Pierre Lévêque

                U. de Besançon


    L'histoire d’Athènes est mieux connue que celle des autres cités grecques. On y voit comment le pouvoir passa successivement des rois aux nobles et des nobles au peuple. L'établissement de la démocratie ou gouvernement populaire est la conclusion d'une longue évolution, ou l'on peut distinguer quatre périodes. Dans la première période, l’Attique[1] fut gouvernée par des rois (Grèce achéenne puis Temps homériques). Ces rois eurent à lutter contre les nobles ou Eupatrides, membres des anciennes familles. Au huitième siècle, les Eupatrides dépouillèrent les rois de tous leurs pouvoirs et devinrent les maîtres de la cité. Mais eux-mêmes eurent à lutter contre les riches marchands et la masse du peuple mécontente de son sort. Les septième et sixième siècles (époque archaïque) furent une période de troubles au cours de laquelle le sort du peuple fut amélioré par les réformes de Solon (594) et la tyrannie de Pisistrate (560-527). A la fin du sixième siècle, la chute de la tyrannie (510) et les réformes de Clisthène (507) marquent le début de la quatrième période, caractérisée par le régime démocratique (Grèce classique ou période hellénique)[2].

2.      Évolution du régime politique d’Athènes

a)      Le temps des rois

    Comme tous les régimes de l’Antiquité la cité d’Athènes a d’abord était dirigée par des rois. Le lien entre roi et mythologie -qui leur confère la légitimité- est d’abord fourni par les croyances babyloniennes

    "Le roi est au centre du monde, comme il est au centre de son peuple. Chaque année, il répète l'exploit accompli par Marduk et que célèbre un hymne, l'Enuma elish chanté au quatrième jour de la fête : la victoire du dieu sur Tiamat, monstre femelle, incarnant les puissances de désordre, le retour à l'informe, le chaos. Proclamé roi des dieux, Marduk tue Tiamat, avec l'aide des vents qui s'engouffrent à l'intérieur du monstre. La bête morte, Marduk l'ouvre en deux comme une huître, en jette une moitié en l'air et l'immobilise pour former le ciel. Il règle alors la place et le mouvement des astres, fixe l'année et les mois, crée la race humaine, répartit les privilèges et les destins. A travers rite et mythe babyloniens, s'exprime une pensée qui n'établit pas encore entre l'homme, le monde et les dieux une nette distinction de plan. La puissance divine se concentre dans la personne du roi. La mise en ordre du monde et la régulation du cycle saisonnier apparaissent intégrées à l'activité royale: ce sont des aspects de la fonction de souveraineté. Nature et société sont confondues" (Vernant page 98). Vernant montre ainsi clairement que l’on est en pleine pensée et idéologie hétéronomes.

Puis l’explication de la formation du monde s’effectue avec des concepts grecs.

    A l'origine, se trouve Chaos, gouffre sombre, vide aérien où rien n'est distingué. Il faut que Chaos s’ouvre comme une gueule pour que la Lumière et le Jour, succédant à la Nuit, y pénètrent, illuminant l'espace entre Gaïa (la terre) et Ouranos (le ciel), désormais désunis. L'émergence du monde se poursuit avec l'apparition de Pontos (la mer)[3], issu, à son tour, de Gaïa. Toutes ces naissances successives se sont opérées, souligne Hésiode, sans "Éros (amour)" non par union, mais par ségrégation. Éros est le principe qui rapproche les opposés - comme le mâle et la femelle - et qui les lie ensemble. Tant qu'il n'intervient pas encore, la génésis se fait par séparation d'éléments auparavant unis et confondus (Gaïa enfante Ouranos et Pontos).

    On reconnaîtra, dans cette seconde version du mythe, la structure de pensée qui sert de modèle à toute la physique ionienne. Cornford en donne schématiquement l'analyse suivante : 1. au début, il y a un état d'indistinction où rien n'apparaît ; 2. de cette unité primordiale émergent, par ségrégation, des paires d'opposés, chaud et froid, sec et humide, qui vont différencier dans l'espace quatre provinces : le ciel de feu, l'air froid, la terre sèche, la mer humide ; 3. les opposés s'unissent et interagissent chacun l'emportant tour à tour sur les autres, suivant un cycle indéfiniment renouvelé, dans les phénomènes météoriques, la succession des saisons, la naissance et la mort de tout ce qui vit, plantes, animaux et hommes.

    L'année comprend quatre saisons, comme le cosmos quatre régions (ciel, terre, air, mer). L'été correspond au chaud (ciel de feu), l'hiver au froid (air), le printemps au sec (terre), l'automne à l'humide (mer)[4]. Au cours du cycle annuel, chaque puissance prédomine pendant un moment, puis doit payer, suivant l'ordre du temps, le prix de son injuste agression, en cédant à son tour la place au principe opposé. A travers ce mouvement alterné d'expansion et de retraite, l'année revient périodiquement à son point de départ. - Le corps de l'homme comprend, lui aussi, quatre humeurs qui dominent alternativement, suivant les saisons.

    Le lien avec la politique ? "Aristote prétendra que les quatre tribus ioniennes d’Attique correspondent aux quatre saisons de l’année" nous dit Vernant. Lesquelles saisons ont-elles-mêmes une origine mythologique.

b)      Le temps de l’aristocratie

    Ces quatre tribus[5] - phylès en grec - comprenaient chacune plusieurs phratries qui, elles-mêmes, regroupaient plusieurs genos. A la tête de chaque phratrie on trouvait un chef électif, le phratriarque, et les phylès étaient gouvernés par des phylobasiles - mot à mot : des rois (basileus) de tribus (phylès). L’encyclopédie de Diderot nous définit le rôle de ces derniers. "Les phylobasiles, φυλοϐασιλεις, étaient chez les Athéniens des magistrats qui avaient sur chaque tribu particulière le même emploi, la même dignité, que le basileus (βασιλεὺς) avait par rapport à toute la république ; on choisissait les phylobasiles d’entre la noblesse, ils avaient l’intendance des sacrifices publics, et de tout le culte religieux qui concernait chaque tribu particulière ; ils tenaient leur cour ordinairement dans le grand portique appelé basileion et quelquefois dans celui qu’on nommait Boukoléion (βοκολεῖον)".

On comprend aisément que le roi pouvait avoir maille à partir avec ces rois de tribus et l’on constate que ces derniers avaient encore un pouvoir de type hétéronomique sur leurs sujets : ils étaient réputés en effet avoir un dieu pour ancêtre. La lutte entre le roi d’Athènes et les chefs de tribus aboutit à l’effacement de la royauté et la victoire des nobles ou aristoi. A partir de 750 av. NE, il n’y eut plus de roi héréditaire à Athènes.

On peut préciser l’importance de ces tribus dans la vie politique d’Athènes archaïque véritables "États dans l’Etat". "Avant l'adoption de l'état politique, quatre tribus dominaient l’Attique. Ceux qui en faisaient partie avaient certains droits, privilèges et obligations :

Rites religieux en commun.

Site d'enterrement commun.

Droit d'héritage.

Obligations réciproques d'entraide, défense et réparation de dommages.

Le droit de mariage consanguin en cas de filles et héritières orphelines.

La possession de propriété commune, un archonte et un trésorier.

La limitation de la descendance aux hommes.

L'obligation de ne pas se marier dans la tribu, hors cas spécifiés.

Le droit d'adopter des étrangers aux tribus.

Le droit d'élire et de destituer leurs chefs"[6].

    La justice interne à la tribu était rendue par les phylobasiles. Pour les conflits avec les membres des autres tribus, les gérontes du quatuor formaient une sorte de conseil dans lequel il est facile de voir le futur Aréopage. Les mêmes nommaient des magistrats qui exerçaient une fonction dans laquelle il est tout aussi facile de voir l’ancêtre de celle des Archontes.

    Tout cela fonctionna tant que la société était sommairement composée de nobles, grands et riches propriétaires, et de paysans pauvres, parfois sans terre. Quand la société se complexifia avec l’expansion de l’économie et de la présence d’Athènes sur le pourtour du bassin méditerranéen, une classe moyenne émergea qui réclama des réformes[7]. Son nombre, son importance économique, son action politique firent qu’il n’était pas possible de garder la chose publique en l’état.

c)      Les réformes et la marche vers la démocratie

Dracon (621)

    Il est l’auteur de la première réforme d’importance. Voici d’abord ce qu’écrit Aristote sur l’Aréopage : "Quant à l'Aréopage, il devait veiller à la conservation des lois. Il avait dans l'État les pouvoirs les plus étendus et l'autorité la plus haute, disposant du droit souverain d'infliger des châtiments ou des amendes aux auteurs de tout désordre. Les Aréopagites se recrutaient parmi les archontes, et ceux-ci avaient été pris dans les familles nobles et riches. Aussi cette charge est-elle la seule qui soit restée viagère : elle l'est encore". A l’époque archaïque, les lois n’étaient pas écrites, c’étaient les aréopagites qui avaient pour mission de les conserver dans leur mémoire et de les transmettre de génération en génération. C’était le droit coutumier oral, autorisant, on le devine, tous les abus.

    Dracon, en 621 av. NE, fit mettre par écrit les lois. Celles-ci gravées sur des tables de pierre étaient exposées sur l’Agora, au vu de tous, ce qui ouvrait la voie à un contrôle populaire. Les décisions de justice, privilège des Eupatrides, sont rédigées et publiées. La mise par écrit des lois illustre ce qu’expliquait J.-P. Vernant sur l’abstraction de la pensée grecque. Passer de l’oral à l’écrit exige une précision de la pensée, le choix du mot juste, une conceptualisation, "la recherche de ce qu’il y a de commun chez les hommes, cet universel sur quoi ils doivent tous également s’appuyer"[8]. Cette réforme est une première atteinte à la toute puissance des Eupatrides.

    Les réformes de Dracon permirent aussi aux citoyens de former des recours auprès de l'Aréopage à l'encontre de magistrats les ayant lésés dans l'exercice de leurs fonctions. Démarche vers l’autonomie politique.

Solon (592)

    Cet homme a joué un rôle historique très important. C’est un Eupatride mais pauvre, et c’est en exerçant des activités commerciales et maritimes qu’il a prospéré. Il connaissait donc bien et la classe des nobles et celle du démos. On fit appel à lui pour apaiser les tensions dans l’Attique au bord de la guerre civile.

    Si l’on ne retient que les initiatives de Solon qui vont dans le sens de l’autonomie du peuple athénien, il faut citer la Boulê et l’ Héliée.

    L’ Héliée est un tribunal de droit commun qui reçoit les compétences en matière de droit civil, cela au détriment de l’Aréopage. Les jurés sont des citoyens tirés au sort. La Boulê est un conseil de 400 membres institué pour préparer les travaux de l’ Ecclésia, assemblée générale des citoyens d’Athènes dont les pouvoirs sont étendus au détriment, là encore, de l’Aréopage. Ce dernier, jusqu’à Solon, nommait les Archontes, la réforme donne ce pouvoir à l’ Ecclésia qui tire au sort les citoyens volontaires pour assumer cette tâche. Ces citoyens doivent être riches. Néanmoins, on passe du privilège de la naissance à celui de la fortune : si l’on ne peut modifier ses origines familiales, on peut en revanche par son travail devenir plus riche et gagner la possibilité d’accéder aux hautes fonctions. C’est un nouveau coup porté à la toute puissance des Eupatrides.

Clisthène (507)

    Ses réformes tout à fait fondamentales ont été précédées par une période difficile de l’histoire athénienne qui suivit la mort du tyran Pisistrate.

 sources de la carte ci-dessous: histoire de l'Antiquité; Académie des Sciences de l'URSS (V. Diakov)


    Trois partis selon Aristote (constitution, XIII) avaient vu le jour dans l’Attique. Chacun s’appuyant sur une base géographique distincte (voir la carte). Ces trois zones sont le littoral ou Paralie, l’intérieur montagneux ou Mésogée connu aussi sous le nom de sa partie la plus au nord : Diacrie et enfin, la plaine d’Athènes-ville et de son port du Pirée : Pédion (ou Astu). Le parti aristocratique d’où émerge la figure de Lycurgue était basé à Athènes : les Pédiens. Le parti des Paraliens avait pour leaders les Alcméonides, illustre famille. Le parti le plus nombreux était celui dirigé par Pisistrate : les Diacriens, parti des plus pauvres. Ces divisions qui méritent amplement la qualification de géo-politiques étaient à la longue mortelles pour l’unité de la Cité d’Athènes.

Clisthène, pour « casser » cet enracinement politique dans la géographie, mena à bout une réforme administrative d’envergure. Il « éclata » chaque région - Paralie, Pédion et Mésogée- en trittyes, dix pour chaque région. NB. : les numéros figurant dans chacune des trois régions de la carte n°1 permettent de reconstituer les 10 tribus. Une trittye de Paralie, une de Pédion et une de la Mésogée formaient une tribu, radicalement différente des quatre tribus primitives reposant sur le sang, la parenté, la croyance en un ancêtre mythique commun. Il y eut 10 nouvelles tribus créées par Clisthène, par conséquent 10 trittyes par région d’Attique. (voir la carte n°2).


Chaque trittye était subdivisé en dèmes, circonscription ultime où était inscrit chaque citoyen athénien lequel devait ajouter à son nom le nom du dème où il habitait. C'est l'inscription au dème qui fait du jeune homme un citoyen.

    Chaque tribu assure donc le « brassage » des populations de l’Attique, élément d’unification, et afin de satisfaire à l'habitude grecque de choisir un fondateur mythique, Clisthène demanda à la Pythie de Delphes de choisir un héros éponyme pour chacune. Une statue de ces dix héros[9] est installée sur l’agora.

    Le chiffre dix devient la base de l’organisation politique : les 10 tribus envoie 50 bouleutes dont l’effectif passe à 500, les archontes passent à dix (un par tribu et tirage au sort), on élit 10 stratèges. L’année solaire est divisée en 10 mois de 36 jours et chaque tribu voit ses bouleutes administrer la Cité pendant un mois : une prytanie. Tout cela est couronné par l’assemblée générale des citoyens - l’ ecclésia- alors que l’aréopage n’a plus que des fonctions religieuses et judiciaires (crimes de sang).

    Ce n’est toutefois qu’avec la primauté de Périclès que l’Aréopage perdit tous ses pouvoirs politiques. Les institutions démocratiques l’emportèrent définitivement sur les institutions héritées de la mythologie et du traditionalisme.

 *

*     *

     L’histoire d’Athènes est donc celle d’une longue marche vers la démocratie. Il fallut sortir progressivement de la gangue des mythes, de la religion, des traditions qui, tous et toutes, justifiaient le pouvoir de la noblesse des Eupatrides, grands propriétaires fonciers. Mais, l’énumération des réformes pourrait laisser croire -comme cela est dit par-ci par-là- qu’elles ont été octroyées par les eupatrides pour satisfaire le démos qui émergeait avec l’intense activité mercantile et manufacturière d’Athènes. En réalité, il y eut une intense lutte de classes pour arriver à cette étape de la démocratie.

    Mais, au total, surtout avec les réformes de Clisthène, la vie politique athénienne est organisée comme « une admirable construction mathématique qui manifeste des affinités certaines avec le mouvement pythagoricien contemporain » écrit l’helléniste P. Lévêque (U. de Besançon). Jean Rancière (Paris VIII) quant à lui parle de "redistribution territoriale abstraite" (souligné par moi, JPR). Cela nous ramène au texte de Vernant.

La conclusion de J.P. Vernant.

    Il revient à feu J.P. Vernant de conclure cette petite étude.

    "Par leur cohérence et la netteté de leur dessin, les réformes de Clisthène accusent les traits caractéristiques du nouveau type de pensée qui s'exprime dans la structure politique de la Cité. Sur un autre plan, ils sont comparables à ceux qui nous ont paru définir, avec l'avènement de la philosophie, la transformation du mythe en raison. La promulgation d'un calendrier civil répondant aux exigences de l'administration humaine et entièrement distinct du temps lunaire, l'abandon de la correspondance entre le nombre des tribus dans le groupe social et celui des saisons dans le cosmos, autant de faits qui supposent et qui renforcent à la fois la séparation de la société et de la nature. Un nouvel esprit positif inspire des réformes qui cherchent moins à mettre la Cité en harmonie avec l'ordre sacré de l'univers qu'à atteindre des objectifs politiques précis. L'effort d'abstraction se marque sur tous les plans : dans la division administrative fondée sur des secteurs territoriaux délimités et définis, non plus sur des liens de consanguinité ; dans le système des nombres arbitrairement choisis pour répartir de façon équitable, grâce à une correspondance mathématique, les responsabilités sociales, les groupes d'hommes, les périodes de temps ; dans la définition même de la Cité et du citoyen : la Cité ne s'identifie plus avec un personnage privilégié ; elle n'est solidaire d'aucune activité, d'aucune famille particulières ; elle est la forme que prend le groupe uni de tous les citoyens envisagés indépendamment de leur personne, de leur ascendance, de leur profession. L'ordre de la Cité, c'est celui dans lequel le rapport social, pensé abstraitement et dégagé des liens personnels ou familiaux, se définit en termes d'égalité, d'identité" (page 116).

 Addendum : voici le texte de P. Lévêque (Ency. Univ.) dans lequel il parle de l'admirable construction mathématique. Il va de soi que cette construction de Clisthène acceptée et mise en œuvre par les Athéniens ne relève en rien d'une parole divine révélée, d'une transcendance, non, elle est purement autonome, c'est-à-dire issue des réflexions des Athéniens à partir de leurs expériences, histoire et réflexions rationnelles. Là est le vrai "miracle grec" qui, pour ces raisons, ne mérite pas l’appellation "miracle".

    L'entente ne dure pas entre les vainqueurs. Après une lutte acharnée où Sparte intervient en faveur de l'oligarchie, le démos porte au pouvoir un Alcméonide, Clisthène, qui effectue une réforme radicale de la constitution. IL regroupe les citoyens en dèmes, trittyes et tribus, ces nouvelles tribus (au nombre de dix) réunissant chacune trois trittyes prises dans les trois zones de l'Attique (ville, côte, intérieur). Ainsi il opère un brassage des citoyens, qui en outre sont désormais désignés par le nom de leur dème et non plus par celui de leur père, et il diminue considérablement l'influence des Eupatrides. Ce cadre des dix tribus sert à la réorganisation générale des rouages politiques : il ajoute un secrétaire aux neuf archontes (ce qui permet de prendre un membre du collège dans chaque tribu) ; il porte la boulé solonienne de quatre cents à cinq cents membres (soit cinquante par tribu); il divise l'année en dix périodes (durant chacune d'elles, les bouleutes d'une tribu exercent la prytanie , c'est-à-dire expédient les affaires courantes) ; bientôt, il y aura dix stratèges, c'est-à-dire dix officiers généraux, commandant chacun le contingent d'une tribu. Grâce à cette admirable construction mathématique, qui manifeste des affinités certaines avec le mouvement pythagoricien contemporain, Athènes est dotée d'institutions vraiment démocratiques.

Consulter également : (les articles de Wikipaedia fournissent une bibliographie abondante et récente)

- "La constitution d’Athènes", d’Aristote :

http://remacle.org/bloodwolf/philosophes/Aristote/constitution.htm

 - L’article Athènes de Pierre Lévêque (Encyclopaedia Universalis)

- « Du mythe, de la religion grecque et de la compréhension d'autrui »,  Par Jean Rudhardt, revue européenne des sciences sociales. En ligne.

 - Et je rappelle : J.-P. Vernant "Mythe et pensée chez les Grecs", deux volumes, Petite collection Maspero (PCM), Paris, 1981. Le chapitre 7 du tome II est la reproduction intégrale de l’article que Jean Pierre Vernant avait publié dans les Annales ESC et qui est disponible en ligne : "Du mythe à la raison. La formation de la pensée positive dans la Grèce archaïque", dans : Annales. Économies, Sociétés, Civilisations. 12e année, Numéro 2, 1957, pages 183 - 206.

lien : http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/ahess_0395-2649_1957_num_12_2_2623



[1] L’ Attique est la presqu’île qui porte la Cité d’Athènes. On l’emploie pour éviter les répétitions avec « Athènes ». Ne pas confondre la Cité d’Athènes qui est un État avec la ville d’Athènes qui est le centre politique et administratif de cet État.

[2] La période hellénistique commence avec Alexandre le Grand. Plus tard…

[3] C’est l’origine de l’expression Pont-Euxin qui signifie mot-à-mot mer Noire. L’ euxinisation est la production de matière organique noire dans un milieu privé d’oxygène.

[4] On peut constater un premier rapport positif entre cette cosmogonie et la réalité du climat méditerranéen : le ciel de feu correspond au soleil écrasant d’été (les 40° sous abri sont courants à Athènes au mois d’août), l’air froid est amené par les vents du nord provoqués par l’anticyclone de Sibérie en hiver, l’humidité de l’automne vient des averses méditerranéennes dont le caractère parfois catastrophique est dû à la surchauffe des eaux de la mer durant l’été).

[5] Voir leur nom dans l’article « Tribus (Grèce antique) », de Wikipaedia.

[6] Wikipaedia, article "Histoire d’Athènes".

[7] "Classe moyenne" au sens tocquevillien, c’est-à-dire tout ce qui se trouve entre l’aristocratie et les paysans pauvres et sans terre. Il s’agit essentiellement de toutes les catégories qui travaillent de près ou de loin dans le secteur maritime (construction navale, armement des navires, chefs d’équipage, …) et dans le commerce d’importation (blés) et d’exportation (huiles d’olives, vins) ainsi que les poteries (formidable extension du quartier de Céramique). 

[8] Citation de J.-P. Vernant qui cite lui-même ce mot d’Héraclite : "pour parler avec intelligence, il faut se prévaloir de ce qui est universel, comme la Cité s’appuie sur la loi".

[9] On peut consulter leur nom sur l’article « Tribus d’Athènes » de Wikipaedia.

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