La prise de la Bastille ... en images

publié le 12 juil. 2014 à 10:57 par Jean-Pierre Rissoan   [ mis à jour : 15 oct. 2016 à 10:11 ]


    Voici quelques documents qui permettent de situer cette fameuse Bastille, ancien château-fort défensif contre des envahisseurs type Normands... devenu prison d’État avec des hôtes illustres comme Diderot ou Voltaire. Symbole de l'absolutisme et de l'arbitraire royaux, elle fut le cible des Parisiens qui voyaient -légitimement - ce château devenir une arme dirigée contre eux.



    Ce plan du Paris de Charles V (fin du XV° siècle) montre que la Bastille n'est qu'un élément d'un ensemble : la muraille qui protège Paris sur 360° - la Seine est protégée par des chaînes énormes que l'on tend le soir d'une rive à l'autre pour barrer la voie aux navires ennemis -. La Bastille est un élément plus important que les autres, son pendant à l'ouest est la forteresse du Louvre. La Bastille est flanquée de la porte St-Antoine.


    Cette gravure (photo Jaunet) montre l'ampleur du Château. Il ne compte pas moins de huit tours. On voit parfaitement la rue saint-Antoine intra-muros qui, hors Paris, se prolonge par la rue du faubourg Saint-Antoine. Pour cela il faut franchir la porte Saint-Antoine : la vieille porte médiévale avec ses échauguettes, puis la porte du XVIII° siècle avec ses colonnes décoratives et, enfin, une troisième porte, également médiévale et fortifiée.
    La vue est orientée vers le Nord. On observe à gauche un pont-levis (à l'opposé de la porte St-Antoine qui est à l'est) : c'est par là que passeront les révolutionnaires. Il porte le numéro 2 sur le croquis ci-dessous.


Sur ce croquis les éléments d’architecture et d'urbanisme construits ultérieurement sont indiqués par des pointillés.
Avec le temps, des éléments d'habitation ou de servitude sont venus s’agréger à la Bastille. Ainsi que le montre cette gravure ci-dessous (photo Jaunet). Là, on voit les assaillants passer par le pont-levis n°1. D'autres, à l'arrière-plan franchissent le second pont-levis et pénètrent dans la cour du château-fort.


"Le peuple crie aux soldats sur les tours « Nous voulons la Bastille ! en bas la troupe ». Deux hommes, Davanc et Denain, prenant appui sur une boutique de parfumeur adossée au chemin de ronde, montent sur ce chemin de ronde, sautent dans une cour intérieure et brisent les chaînes d'un pont-levis qui retombe. La masse des combattants qui n'a pas vu l'escalade croit que les ponts s'abaissent sur les ordres du gouverneur ; elle envahit la cour. De Launay fait alors ouvrir le feu. C'est ainsi que la bataille s'engage vers une heure de l'après-midi. Les assiégeants allument des voitures de paille mouillée poux se protéger du feu de la garnison par un rideau de fumée,..."

extrait du livre Jean Michaud "les États généraux et la 14 juillet 1789", Éditions sociales, collection "pages d'histoire populaire".

Ce ne fut pas une rigolade comme tenta de le faire croire la presse aristocratique. Après quatre heures de combat, il y eut 83 tués du côtés des révolutionnaires plus 15 autres qui ne survécurent pas à leurs blessures.


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