GCA. La chevalerie du roi de France (seconde partie)

publié le 23 janv. 2020, 03:53 par Jean-Pierre Rissoan   [ mis à jour : 1 juin 2021, 05:29 ]
    Cette partie présente l'armement du chevalier au XIV° siècle puis au XV°. L'exemple de Du Guesclin illustre bien le cas général du combattant du XIV° siècle. Mais, peu à peu, tout devient plus compliqué jusqu'à l'absurde...




 - L’épée de connétable de France, d’une longueur totale de 1,20 m (la lame seule atteignant 0,91 m) et d’un poids de 3,7 kg avec son fourreau est celle que le roi de France remet rituellement au connétable, garde vers le bas, pour lui rappeler qu’il lui confie le commandement de l’armée ; source : "Signes du pouvoir militaire : de l’épée de connétable au bâton de maréchal",     https://journals.openedition.org/crcv/11815#tocto2n1
- bassinet ou bacinet : casque enveloppant la tête, le mézail, également nommé ventaille, carnet ou viaire est la partie mobile (grâce à       des charnières) qui se rabat sur le visage à l'avant du casque. le bassinet présenté ici est du type "à bec de passereau".
- camail : capuchon ou pèlerine de mailles protégeant le cou et les épaules.
- mailles : enchaînement de petits anneaux de fer ou d'acier, rivés ou soudés.
- cote de mailles : c'est l'armure de mailles, souple, dite aussi haubergeon
    citation relative à l'armement de Du Guesclin : "Un bon gippon ouvré vêtit et boutonna,
                                                                    Un haubergeon dessus vêtit et endossa
                                                                    Dessus ce haubergeon, un grand jaque posa". [1]
- grand jaque : vêtement comportant plusieurs épaisseurs d'étoffe
- écu armorié : petit bouclier triangulaire dit aussi "targe" et portant les armoiries du chevalier.
- guiche : courroie passant par le cou à laquelle est attachée l'écu et qui libère les bras du combattant.
- grève ou jambière : pièce métallique protégeant la jambe du genou au cou-de-pied.
-soleret : lames métalliques articulées protégeant la chaussure du pied.
Ce petit dessin montre - outre le bassinet en tête de passereau - l'utilisation des plaques de cuir bouilli et surtout des plaques métalliques aux dimensions variées qui recouvrent les parties du corps exposées et se "superposent l'une l'autre comme des écailles de poisson", telle est l'armure de plates [2].







Texte de Marcel PACAUT : Les complications de l'armement :

- le costume militaire évolue très rapidement à partir de 1340 : ceci dû à l'efficacité du tir des archers anglais armés du long-bow à la portée utile de 200 mètres. L'arbalète moins rapide, obtient les mêmes résultats sur un armement défensif. Le tir nourri des archers oblige la chevalerie à combattre à pied, d'où la nécessité d’adapter l'équipement (au plus près du corps). Dès le règne de Charles V l'armure est faite de plaques de fer battu articulées (gantelets, avant-bras, coudières, bras, épaulières, cuissots, genouillères, jambières, solerets), sur le haubergeon, brigandine ou cuirassine, bassinet, gorgerin et visière mobile.

- l’équipement d’apparat : sur la brigandine, un pourpoint collant sans manche orné d'armoiries ; sur le casque, un cimier munificent (dès le milieu du XIVème) orné de branches latérales, queues de paon, aigles, dragons, griffons, panaches plumes d'autruche. Aux solerets sont fixées des pointes interminables et recourbées avec chaînettes ; les éperons peuvent être énormes.

-les ornements des chevaux comptent : on y emploie le velours, les brocarts, le satin, la soie et les fourrures, l’or et l’argent, des plumes en toutes sortes de combinaisons. On utilise également des grelots et des clochettes, certaines grosses comme la tête d’un enfant, certaines imitant des fruits et/ou des fleurs. Fin de citation.


Au XV° siècle, l'armure est de plus en plus sophistiquée.


  
A l'instar au demeurant du vêtement civil : ainsi le soleret se prolonge par la poulaine parfaitement inutile et même gênante. le haubergeon, modèle de mailles et de plates du siècle précédent, est remplacé par des protections métalliques individuelles qui recouvrent désormais la quasi-totalité du corps de l’homme d’armes. Le terme de "harnois blanc" désigne cette protection complète de corps utilisée dans l’ensemble de l’Europe au cours du XVe siècle [3].
TIMBRE : Le timbre est la partie arrondie formant la calotte du casque et portant la fioriture telle ici le panache emplumé : "Un cimier important avec parfois couronnes ou tortils complétés de lambrequins coiffait le timbre du casque" [4]
BRACONNIÈRE : Lames articulées qui, dans les armures à plates, défendent le ventre et le haut des cuisses.
FAUCRE : Pièce de fer ou d'osier, qu'on plaçait sur le côté droit des cuirasses, au moyen âge, pour tenir la lance en arrêt.
TASSETTE : plaque de forme triangulaire ou trapézoïdale dont le but était de pallier le défaut de l'armure au niveau de l'aine, sans affecter la mobilité du chevalier.







 


     [1] cité par Ph. Contamine, Azincourt, Julliard coll. Archives.
    [2] ibidem
    [3] https://www.musee-armee.fr/fileadmin/user_upload/Documents/Support-Visite-Fiches-Objets/Fiches-departement-ancien/MA_fiche-harnois-blanc.pdf
   

CHEVALIERS DU XVe SIÈCLE. La fin du Moyen Age est une époque de fêtes et d'extravagances pour la classe chevaleresque. On voit ici le duc de Bretagne (à gauche) et le duc de Bourbon s'affronter en un duel qui n'est plus qu'un jeu. Casques, vêtements des hommes et des chevaux manifestent un goût délirant pour le faste et les formes bizarres (miniature du Livre des Tournois du roi René d'Anjou). Extrait de BORDAS 68, L.GIRARD – J. LE GOFF.


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