2012 : l'année jean-jacques ROUSSEAU !

publié le 27 juin 2013 à 02:43 par Jean-Pierre Rissoan
        

    Dans son numéro du 4ème trimestre 2011, la société des amis de Robespierre annonce la grande année 2012 qui sera celle du tricentenaire de Jean-Jacques ROUSSEAU. Les lecteurs de ce site savent que 2012 sera aussi l’année d’élections décisives. Jean-Jacques sera parmi nous, lui qui annonçait, il y a plus de deux siècle déjà : "le trésor des millionnaires augmentent la misère des citoyens". Quelle lucidité et, en même temps, quelle résistance des millionnaires ! La connaissance est une arme, répétait mon ami Maurice Moissonnier, l’étude des travaux de J.-J. Rousseau nous armera pour cette lutte permanente que Robespierre et ses amis ont su mener afin que chaque citoyen puisse simplement faire valoir son droit à la vie.  

    Vive 2012 !

    J.-P. Rissoan.

 

Jean-Jacques ROUSSEAU 1712 - 2012

 

    En France comme-en Suisse et probablement dans de nombreux autres pays au monde, on célèbrera en 2012 le tricentenaire de la naissance d'un des plus illustres écrivains et philosophes des siècles passés, Jean- Jacques ROUSSEAU.

    Quand on mesure ce que doit ROBESPIERRE au célèbre Genevois, (ce que rappelait récemment notre ami Jean-Claude Martinage) on devine que notre association accordera cette année une place prépondérante à cet anniversaire. Publications, conférences et autres initiatives seront consacrées à faire mieux connaître l'auteur du "Discours sur l'origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes" et qui a tant inspiré les plus authentiques révolutionnaires.

    Qu'il nous suffise dès maintenant de rappeler ces quelques lignes (extraites de l'ouvrage de Guy Besse sur Jean-Jacques ROUSSEAU[1]) pour découvrir à quel point celui-ci a pu inspirer les combats de ROBESPIERRE, contre le pouvoir de l'argent, pour la limitation du droit de propriété ou contre le libéralisme économique.

    « Suffira-t-il de mettre le pied sur un terrain commun pour s'en prétendre aussitôt le maître ? Suffira-t-il d'avoir la force d'en écarter un moment les autres hommes pour leur ôter le droit d’y jamais revenir ? Comment un homme ou un peuple peut-il s'emparer d’un territoire immense et en priver tout le genre humain autrement que par une usurpation punissable, puisqu'elle ôte au reste des hommes le séjour et les aliments que la nature leur donne en commun ? ».

    C'est la problématique du «nécessaire » et de « l'utile réel » qui donne support et finalité aux énoncés de Rousseau sur le droit d'individuelle appropriation et ses limites. L'impératif humain d'un partage égal, indispensable à la survie de chacun, à l'exercice de sa liberté d'homme social place le Genevois aux antipodes des doctrines de l'accumulation et des précurseurs du libéralisme.

    On a marqué l'hostilité de Rousseau au pouvoir de l'argent. Un des « vices de Sociétés établies» écrit-il dans le "Fragments sur le luxe, le commerce et les arts", c'est que "la difficulté d'acquérir croît toujours en fonction des besoins et que c'est le superflu même des riches qui les met en état de dépouiller le pauvre de son nécessaire. C'est un axiome dans les affaires ainsi qu’en physique qu'on ne fait rien avec rien. L'argent est la véritable semence de l'argent et le premier écu est infiniment plus difficile à gagner que le premier million", Rousseau use de la même expression dans "l'Économie politique" « Les friponneries ne sont jamais punies que quand la nécessité les rend pardonnables, elles coûtent l'honneur et la vie à l'indigent et font la gloire et la fortune du riche. Un misérable qui pour avoir du pain prend un écu à un homme dur qui regorge d'or est un coquin qu'on mène au gibet, tandis que les citoyens honorés s'abreuvent paisiblement du sang de l'artisan et du laboureur, tandis que dans les monopoles du commerçant et les concussions du publicain portent le nom de talents utiles et assurent à ceux qui les exercent la faveur du prince et la considération du public.

    C'est ainsi que la richesse de toute une nation fait l'opulence de quelques particuliers au préjudice du public et que les trésors des millionnaires augmentent la misère des citoyens. Car dans cette égalité monstrueuse et forcée il arrive nécessairement que la sensualité des riches dévore en délice la substance du peuple et ne lui vend qu’à peine un pain sec et noir au poids de la sueur et au prix de la servitude ».

    Le règne du marchand fait la misère du paysan. Le rapport de « commerce » asservit les hommes et les âmes, enlève à l'Etat tout ressort, condamne un peuple à la pauvreté généralisée pour garantir l'opulence à quelques uns. Hospice et mendicité, voilà ce qu'apporte aux simples gens la pratique du "laisser faire et du laisser passer". Si l'Etat ne discipline pas les échanges il manque au premier devoir d'humanité.

 

                L'A.R.B.R.

 

    LES AMIS DE ROBESPIERRE (A.R.B.R.)

    Maison des Sociétés, rue Aristide Briand

    62000 ARRAS

    Mel : amisderobespierre@orange.fr

    www.amis-robespierre.org



[1] Guy Besse, agrégé de philosophie, CNRS, chargé de cours à la Sorbonne, auteur de «Jean-Jacques Rousseau, l'apprentissage de l'Humanité» (Edit. Terrains-Éditions Sociales 1988).

    


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