MANIF : COMBIEN ETIONS-NOUS ?

publié le 8 juil. 2011 à 08:58 par Jean-Pierre Rissoan
6 novembre 2010

Je me demande quel est l’intérêt de ces querelles perpétuelles d’après-manif sur le nombre de manifestants. A supposer que ce nombre soit en baisse, quelle conclusion faut-il en tirer ? Que la contre-réforme des retraites est acceptée par le peuple français ? Quel est le journaliste qui oserait avancer une telle proposition sans se ridiculiser ?

Pour ce qui me concerne et manifestement a contrario des journalistes qui ne se sentent pas concernés, je me fie à mon intime conviction. En militant conséquent, quel intérêt aurais-je à me mentir ? Si la manif est ratée, il faut se le dire et en tirer des conclusions pour le prolongement de l’action.

Aujourd’hui, mon intime conviction est que la manif de Lyon est une belle réussite. Autant de monde, et quelle diversité ! diversité professionnelle (aujourd’hui j’ai vu le syndicat des arts du spectacle), diversité syndicale, diversité des générations : les soixante-huitards fidèles sont tous là : là preuve : j’en suis ! et beaucoup de jeunes à qui nous transmettons notre foi, ils reprendrons le flambeau …

Non ! la Commune n’est pas morte !  

Et de l’enthousiasme ; des chansons satiriques, de la musique, des caricatures cinglantes. Ah ! le « casse-toi pov’con’ va entrer dans l’histoire, cela est sûr. Et tout le monde connaîtra le Fouquet’s à défaut de pouvoir y aller…

 

Autant de monde, depuis plus de deux mois, sans compter les milliers d’initiatives prises au niveau des usines, des quartiers, des communes rurales …et pourtant le président ne dit rien ! toujours pas d’allocution radiotélévisée pour s’adresser à « ses chers compatriotes ». Le système est bloqué.

A-t-on élu les députés pour qu’ils votent cette loi ? alors que les législatives se tiennent dans la foulée de la présidentielle et ne sont guère qu’un ‘bon à gouverner’ attribué au président qui vient d’être élu. Mais dans son programme - qui vaut contrat - où se trouve la remis en cause de la retraite à 60 ans ?

Il y a là un coup de force.

On se moquait souvent de la république parlementaire, mais celle-ci avait une souplesse que la V° n’a pas. Sous la IV° il y a lurette que l’on aurait changé de gouvernement. Les motions de censure mettaient chaque député devant ses responsabilités.

Le système actuel est devenu trop rigide, cadenassé, incapable de s’adapter à la respiration populaire.

Il est temps de changer de république !  


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