L'idéologie de N. Sarkozy : un homme perturbé.

publié le 24 nov. 2011 à 03:17 par Jean-Pierre Rissoan

Dans sa vindicte contre les abuseurs sociaux, Nicolas n’y est pas allé de mainmorte. « La fraude (contre la sécu, JPR) … mine le fondement même de la République sociale » ! Le président de la République s’est à cette occasion souvenu qu’il est écrit, en effet, dans le texte de notre constitution que « la France est une république sociale ». Pourtant dans sa campagne de 2007, volontairement très à droite pour ramasser tout ce que la France compte de conservateurs et de patrimoniaux, d’adorateurs du « veau d’or », il disait "je ne vous cache pas mon exaspération devant ces discours interminables qui évoquent invariablement les mots justice sociale, progrès social, politique sociale (…) la réussite sociale et la promotion sociale ne sont pas un dû que chacun peut réclamer en faisant la queue à un guichet. C'est mieux : c'est un droit, un droit que l'on mérite à la sueur de son front". Nul doute que les patrons voyous qui ne déclarent pas leurs employés à la Sécu (coût : 55 milliards €) s’enrichissent à la sueur de leur front.

«La fraude, c’est la plus terrible et la plus insidieuse des trahisons de l’esprit de 1945 » est-il allé jusqu’à dire ! Comme si Sarkozy appréciait l’esprit de la Libération lui qui fustige « l’esprit de mai 68 »… «L'idéologie de mai 68 sera morte le jour où, dans la politique française, on osera proclamer que dans la République les devoirs sont la contrepartie des droits. Ce jour-là sera enfin accomplie la grande réforme intellectuelle et morale dont la France a une nouvelle fois besoin». La Libération marquée par la participation des Communistes au gouvernement est une étape importante, essentielle, dans la proclamation des DROITS. La Libération a fondé le principe des droits économiques et sociaux comme 1789 a fondé le principe des droits civils et politiques. En déclarant que la France a « une nouvelle fois besoin d’une grande réforme intellectuelle et morale » N. Sarkozy s’inscrit dans une lignée, celle qui déconstruit - et l’historien Zeev Sternhell l’a bien montré- toute notre tradition révolutionnaire, d’Ernest Renan (auteur de la formule) à Jean-Marie Le Pen en passant par Philippe Pétain. lire LA REFORME INTELLECTUELLE ET MORALE

Mai 68 a été un sursaut de l'esprit de Révolution contre le traditionalisme. On ne peut pas condamner Mai 68 et magnifier l'esprit de la Libération. Au demeurant, à la Libération, le parti des patrons, ceux du Fouquet's, était refoulé dans un coin. On sait que lorsque les représentants du patronat sont allés rencontrer le général De Gaulle, celui-ci les accueillit par un ironique et glacé "eh ! bien messieurs, vous voici !"... Le patronat français ayant en effet largement collaboré avec l'ennemi.

L’idéologie de Nicolas Sarkozy est en réalité bien délimitée mais l’Elysée vaut bien le n’importe quoi. Le N’importe quoi pour être réélu.
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