La guerre de 1914-1918, l'horreur, Reims ville martyre.

publié le 1 avr. 2014 à 10:27 par Jean-Pierre Rissoan   [ mis à jour : 3 déc. 2016 à 16:10 ]

    Avec ARRAS La guerre, l'horreur, Arras, ville martyre.et YPRES, REIMS est la troisième ville-martyre de la Première guerre. Cela est dû à sa position dramatique : là où le front s'est stabilisé après la "course à la mer" qui a suivi le bataille de la Marne. Les canonniers allemands avaient les tours de la cathédrale en ligne de mire et ne se privèrent pas d'effectuer quelques exercices. Et que l'on ne parle pas de "bavures" ! Les Allemands visèrent sciemment des objectifs non militaires, chers au cœur des Français. Voici ce qu'écrit l'historienne Danièle Voldman :
        "Paris peut servir d'exemple pour suivre la progression des nouvelles armes et leur utilisation contre les civils. A l'automne 1915, la ville avait reçu 58 bombes explosives et incendiaires, qui avaient fait 34 blessés et 6 tués. Les endroits particulièrement visés avaient été la tour Eiffel, Notre-Dame, les gares du Nord et de l'Est, mêlant cibles symboliques et cibles militaires. Reims, à cause de sa proximité avec le front, subit le même type d'attaques tout au long du conflit. Bombes et obus allemands y ravagèrent les quartiers ouvriers mais aussi la cathédrale, haut lieu de l'identité française. En janvier 1918, tous les arrondissements (de Paris) avaient été touchés ; on déplorait 30 morts. L'intensité des attaques et des dégâts suivit les perfectionnements de la technique : en mars 1918, après une vingtaine de bombardements par des obus de 210 tirés d'une batterie éloignée de 110 km, on dénombra 118 tués et 236 blessés. Les attaques du printemps culminèrent avec un impressionnant bombardement de l'église Saint-Gervais, qui sembla un temps déstabiliser les Parisiens. (…).
"



    (photo prise avant 1914 -observer le véhicule automobile, futur "taxi de la Marne"-)
    La cathédrale pendant la guerre...
et
après

Cathédrale de Reims en ruinesPHOTO DE PRESSE PRISE EN 1919



File:Statues de la cathédrale de Reims après le bombardement.jpeg      
 
Cette catastrophe artistique peut être focalisé sur un point singulier de la cathédrale, une de ses sculptures les plus légitimement célèbres, je veux dire "l'ange au sourire". Je reprends sans vergogne l’article de Wikipaedia auquel je vous renvoie pour une lecture complète.    
        L'Ange au Sourire
, dénommé aussi Sourire de Reims, est une statue dont l'original avait été sculpté entre 1236 et 1245. Cette statue se trouve au portail nord de la façade occidentale de la cathédrale de Reims. Son nom est une appellation de la Première Guerre mondiale. Les anges de la cathédrale de Reims sont bien connus des érudits du XIXe et du début XXe siècle pour leur gracieux sourire. Eugène Viollet-le-Duc (1814-1879) ne s’est pas intéressé à cette figure en particulier mais à l’ensemble des anges rémois. Émile Mâle, dans son ouvrage L’Art religieux au XIIIe siècle en France, paru en 1898, se contente de noter qu’à Reims, « saint Nicaise, le haut du crâne enlevé, marche avec une sérénité héroïque entre deux anges qui lui sourient ». C’est son alter ego, l’Ange de l’Annonciation, que remarque pour sa part André Michel dans son œuvre encyclopédique publiée en 1906. Il s’intéresse notamment à la qualité du sourire des anges de Reims : « La cathédrale de Reims est par excellence la cathédrale des anges. Et de ceux de l’abside à celui de l’Annonciation, on peut suivre dans l’expression de plus en plus aiguë du sourire, dans les particularités de la facture de plus en plus libre et dans le style de la draperie, l’évolution de la sculpture elle-même ».
        Voici dans quel état était cet ange avant et après l'incendie criminel (source : manuel de A. Roubaud, 1927).


    File:Ange au sourire.jpg


Reprise de l’article Wiki : L'Ange est décapité par une poutre de l'échafaudage en flammes, lors de l'incendie de la cathédrale de Reims, le 19 septembre 1914. Après une chute de quatre mètres cinquante, sa tête se brise au sol en plus d’une vingtaine de morceaux. La tête de l’Ange au Sourire est ramassée par l’abbé Thinot dès le lendemain de l’incendie, et mise en sûreté dans les caves de l'archevêché de Reims. C'est là qu'elle est découverte par l'architecte Max Sainsaulieu, le 30 novembre 1915. Elle sert alors de support pour la propagande française, devenant le symbole du génie français et du patrimoine détruit par l'armée allemande. Après la guerre et à partir des fragments d’origine et d’un moulage conservé au musée des monuments français (ancien Palais du Trocadéro), cette célèbre figure est reconstituée et remise à sa place, le 13 février 1926

    Ci-contre, l'ange reconstitué. Merveille de l'art gothique, incarnation de la "sérénité gothique", sublimation de la civilisation médiévale à son apogée (XIII° siècle). 








Bibliographie :

- Danièle Voldman, Les populations civiles, enjeux du bombardement des villes (1914-1945), dans l'ouvrage collectif "La violence de guerre", Éditions COMPLEXE, 2002

- L'ART GOTHIQUE, chez Flammarion, collection "la grammaire des styles", sous la direction de Henry MARTIN, copyright 1930, réédition 1974.


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