DECLARATION DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE A PROPOS DE L'AFFAIRE MAURICE AUDIN. Suivie de la déclaration de Pierre LAURENT

publié le 13 sept. 2018 à 10:55 par Jean-Pierre Rissoan   [ mis à jour : 13 sept. 2018 à 11:02 ]
Le Président de la République, Emmanuel Macron, reconnaît, au nom de la République française, que Maurice Audin a été torturé puis exécuté ou torturé à mort par des militaires qui l’avaient arrêté à son domicile.
       
            Journal l'Humanité du 13 septembre 2018
Synthèse de la déclaration d'Emmanuelle Macron : "Depuis soixante et un ans, la « disparition » de Maurice Audin, jeune mathématicien qui travaillait à l’université d’Alger et militait pour l'indépendance algérienne, reste une zone d’ombre de l’histoire de la guerre d’Algérie. Ceux qui, dans la lignée de Pierre Vidal-Naquet, ont enquêté sur l’affaire – historiens, journalistes, documentaristes, etc. – ont minutieusement recoupé les témoignages, les documents, les vraisemblances pour établir un faisceau d’indices concordants. Leurs travaux s’accordent tous à reconnaître que la mort de Maurice Audin a été rendue possible par un système légalement institué qui a favorisé les disparitions et permis la torture à des fins politiques.
 
Le Président de la République, Emmanuel Macron, a par conséquent décidé qu’il était temps que la Nation accomplisse un travail de vérité sur ce sujet. Il reconnaît, au nom de la République française, que Maurice Audin a été torturé puis exécuté ou torturé à mort par des militaires qui l’avaient arrêté à son domicile. Il reconnaît aussi que si sa mort est, en dernier ressort, le fait de quelques-uns, elle a néanmoins été rendue possible par un système légalement institué : le système « arrestation-détention », mis en place à la faveur des pouvoirs spéciaux qui avaient été confiés par voie légale aux forces armées à cette période.
 
Le Président de la République souhaite que toutes les archives de l’Etat qui concernent les disparus de la guerre d’Algérie puissent être librement consultées et qu’une dérogation générale soit instituée en ce sens.
Enfin, le Président de la République estime que les actes de certains individus ne sauraient peser sur la conscience de tous ceux qui n’en ont pas commis et n’y ont pas souscrit. C’est pourquoi les personnes qui ont pu connaître les circonstances de la mort de Maurice Audin sont appelées à s’exprimer librement afin d’apporter leur témoignage et conforter ainsi la vérité."

La déclaration complète est à consulter sur le lien suivant:


Pierre Laurent. Maurice Audin : une victoire pour la justice, la démocratie, la vérité

Jeudi, 13 Septembre, 2018

La reconnaissance imminente par le Président de la République de  l’assassinat, sous la torture de l’armée française, du mathématicien communiste Maurice Audin est une victoire historique de la vérité et de la justice. Le mensonge d’État qui durait depuis 61 ans tombe. C’est une grande émotion pour Josette Audin et sa famille, pour le Parti communiste français qui a tant donné dans la lutte anticoloniale, pour tous les communistes et tous les militants anticolonialistes.

Maurice Audin fut arrêté en 1957, à son domicile à Alger, par l’armée française.
 
Retenu dans une villa du quartier d’El Biar, il est alors torturé, comme en témoignera plus tard Henri Alleg, qui fut aux mains des militaires en même temps que lui. Henri Alleg sera le dernier à voir Maurice Audin vivant. Son corps ne sera jamais retrouvé.
 
Plusieurs jours après l'arrestation, des militaires informent Josette Audin, son épouse, de la prétendue évasion de son mari lors d’un transfert. C'est la version officielle que tiendra l’État français  jusqu'en 2014.
 
C’est à cette version que le chef de l’État vient de mettre  officiellement un terme en rétablissant et en reconnaissant enfin, au nom de la France, la responsabilité de l’État français et du système de  répression et de torture coloniale qu’il avait mis en place.
 
Avec beaucoup d’autres, dont les plus illustres mathématiciens, les  communistes ont mené ce combat, de façon tenace et déterminée, comme l’a prouvé tout récemment l’appel que j’ai co-signé avec de très nombreuses personnalités et parlementaires. Ce sont des valeurs et une image de la 
grandeur de la France qui nous ont guidés.
 
Aujourd’hui, la reconnaissance des responsabilités de l’État français  dans la mort de Maurice est un acte de justice pour lui, sa famille, ses  proches, ses camarades. C’est aussi une victoire pour la démocratie,  pour la vérité. C’est une victoire pour notre pays, qui ne peut progresser qu’en assumant et en reconnaissant son passé. Une nouvelle époque de vérité peut commencer sur la période coloniale, pour toutes celles et ceux qui la ressentent comme une blessure toujours vive.
 
Ce week-end s’ouvre la Fête de l’Humanité. Une place de la Fête portera  le nom de Maurice Audin. Je vous invite très nombreux à être présents  vendredi à 16h pour l’inauguration de cette place et partager tous ensemble cette victoire de la vérité enfin assumée.
 
Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, 

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