Au bonheur des riches, 1927 : E. Mercier, Foch, le "Redressement français"

publié le 2 oct. 2013 à 06:17 par Jean-Pierre Rissoan   [ mis à jour : 2 sept. 2016 à 06:31 ]

    J’ai regardé, hier (Mardi 1er octobre 2013) l’excellent film tiré des travaux des Pinçon-Charlot que l’on ne présente plus. J’ai fait "tilt" lorsque j’ai vu les images relatives au Cercle de l’union-interalliée. Ce qui est frappant c’est la permanence de ces institutions http://net.lib.byu.edu/estu/wwi/comment/union/interal.html. Au départ, il s’agissait d’offrir une structure d’accueil et de rencontre aux officiers, supérieurs et généraux, présents à Paris pendant le conflit (année 1917). Même l’armée de la République française n’échappait pas à cette donnée structurelle : beaucoup d’officiers étaient des aristocrates. Oh ! certes, elle comptait aussi des roturiers comme le général Mercier, ministre de la guerre au moment de l’affaire Dreyfus, comme le futur maréchal Ferdinand Foch, présent en 1917, mais ces roturiers avaient adopté l’essentiel : les valeurs du traditionalisme. Le cercle reste marqué par cette tache originelle. Cela dit, la guerre a créé une fraternité de combat et aristocrates et roturiers -comme le colonel Ernest Mercier qui nous intéresse ici et n’a rien à voir avec le précédent - se retrouvent après la fin du conflit pour refaire le monde. Il faut remplir deux conditions pour être accepté au club : avoir été officier durant le conflit, être un chef d’entreprise ensuite. En cherchant bien, il en faut une troisième : être convaincu qu’il faut redresser la France dont nul n’ignore qu’elle est en déclin depuis la Révolution, déclin entretenu/aggravé par les radicaux du Cartel des gauches (1924-1926 : le "mur d'argent"...).

 

    Le Redressement français

    Le Redressement français est un mouvement d’envergure. Il est créé en 1925-1926 par Ernest Mercier, polytechnicien, admirateur et ami de Lyautey, grand patron dans l’électricité et ailleurs, fondateur de la Compagnie française des pétroles, dont l’objectif est de rassembler les élites et d’éduquer les masses.

    1925 ? C’est une année à marquer d’une "pierre noire, une année de déséquilibre, de dépression, de ruines…" selon les dires de Duchemin, du président de la C.G.P.F.[1]. Alors que nous sommes, globalement, en pleine prospérité mais la mauvaise foi est la chose du mode la mieux partagée. Un historien de l'économie parle pour le dire des "six fabuleuses" pour la période 1924-1930… Mais les problèmes du franc sont à la base de tout et la responsabilité du Cartel des gauches est évidente pour ces gens-là. Les ministres des finances succèdent aux ministres de finances. L’un des premiers buts du Redressement français va être, justement, de faire rappeler le bon Poincaré. En décembre 1925, Mercier réunit quelques camarades de l’ X (l'école polytechnique, pour ceux qui débarquent), des hommes d’affaires comme lui, que l’on retrouvera chez Péchiney ou la Lyonnaise des Eaux, un homme des Rothschild, E. Mireaux et Jacques Bardoux, du comité des Forges, le comte de Fels propriétaire de la Revue de Paris, Max Leclerc des éditions Armand Colin, on trouve aussi Germain-Martin, futur ministre, Raphaël Alibert, conseiller d’État, qui vient de quitter l’Action Française. C’est, déjà, la stratégie des réseaux d’influence.

    En même temps que des groupes de travail entreprennent une réflexion sur tous les problèmes du pays, réflexion qui aboutira à une liste de propositions dressée dans les Cahiers du Redressement français, le mouvement de Mercier s’engage dans la bataille du franc, publie un ouvrage du même nom où est dénoncée la responsabilité des gouvernements qui ont semé la panique avec leur politique fiscale agressant le capital et l’épargne, leurs dépenses excessives, avec leurs slogans dévastateurs comme "faire payer les Riches", etc.… Mercier réussit à mobiliser quelque deux cents députés afin qu’ils fassent pression sur le président Doumergue pour que celui-ci désigne l’incontournable Poincaré. Dans les archives Mercier, l’historien américain Kuisel  a trouvé des documents dans lesquels le fondateur du Redressement français se félicite de son entregent qui a permis le retour de Poincaré[2]. Mercier se félicitera également d’avoir financé la campagne d’au moins cent députés, apportant sa contribution à la victoire de l’Union nationale en 1928, R. Poincaré l’ayant d’ailleurs sollicité[3]. Les hommes du Redressement français qui se prétendent sur les nuages de l’élite désintéressée (sic) n’hésitent pas à patauger dans la mare aux canards électorale.


    L’année de gloire 1927.

    L’année 1927 fut l’apogée du Redressement français, elle est marquée par la publication des Cahiers du mouvement et par le succès du gouvernement Poincaré qu’il a plus ou moins instigué. C’est en avril de cette année que les Cahiers furent solennellement présentés au public lors d’une manifestation quasi protocolaire dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne. La présidence d’honneur fut attribuée au maréchal Foch lui-même, le gouvernement y délégua A. Tardieu. Foch était président du Cercle de l’union inter-alliée depuis 1920. De nombreux hommes politiques apportaient leur soutien à cette manifestation du Redressement français : Jacques Bardoux, P.-E. Flandin, Louis Loucheur (Mercier fut son proche collaborateur), Jean Goy, ce dernier à la fois député et responsable de l’Union Nationale des Combattants (UNC) pour la région parisienne. L’élite chère à Mercier était dignement représentée : académiciens, prélats, hauts-fonctionnaires. Lyautey était naturellement là, ainsi que l’amiral Lacaze, autre ami proche, le patronat était représenté par Duchemin, par De Peyerimhoff, du Comité des houillères, Edmond Giscard d’Estaing avait participé à la rédaction des Cahiers, le marquis de Vogüé, président, représentait la Société des Agriculteurs de France. Bref, que du beau monde. La présidence de Foch est symptomatique. L’adhérent type du Redressement français est l’industriel ayant atteint la cinquantaine, aussi entreprenant dans son usine qu’il le fut au Front, lorsqu’il était officier. Industriel et ancien combattant, il veut redresser son pays, toujours sur la pente décadente, et empêcher le peuple français de devenir un "peuple de second rang". Tout cela donne comme une connotation militaro-industrielle. D’ailleurs, les principaux sponsors du Redressement français sont les patrons de l’électricité, du pétrole, de l’acier et de la métallurgie. Et Mercier, ancien combattant lui-même, est très favorable aux Croix-de-feu du colonel de La Rocque, très proche aussi de la très extrémiste Union nationale des Combattants (U.N.C.).

    L’élite.

    Tout cela ne nous dit pas trop en quoi le Redressement français relève d’une histoire de l’extrême-droite même si l’on a pu entrevoir son orientation grâce à la qualité de ses membres et sympathisants. L’initiative de Mercier et autres camarades de l’ X est essentiellement élitiste, aristocratique et méprisante à l’égard du peuple. Pas seulement le peuple d’ailleurs car les hommes du Redressement dédaignent profondément les politiciens démagogues et les intellectuels stériles dans leurs éternelles disputes. Mercier n’est pas simplement convaincu de bien représenter l’élite : il est l’élite. Avec ses compagnons des Grandes Écoles, anciens combattants gradés, et aujourd’hui, chefs d’entreprises, qui peut douter qu’il y a là l’élite du pays ? Voici des hommes, des créateurs, qui ne doivent rien à leur naissance ou à leur héritage patrimonial mais tout à "leur intelligence et à leur talent". C’est cela qui les a distingués, et "l’élite est un produit de la sélection naturelle". Tout n’est-il pas dit ? Le patron, parce qu’il est patron, doit donc s’occuper de l’avenir de son pays. Dans un pays d’économie libérale, dit Mercier en substance, le patron doit assumer ce devoir de direction morale qui lui incombe. "Tout pouvoir est une paternité", dit l'Apôtre. Mercier se penche sur la France comme un bon père de famille. On est aux antipodes de la pensée républicaine. Pour des tas de raisons, l’élite patronale doit assumer la direction morale du pays parce qu’elle est plus que quiconque désintéressée. En effet, hors de son entreprise, où il excelle, le patron n’a rien à demander, il n’a pas d’ambition politique, pas de désirs matériels, ce n’est pas lui qui va réclamer des pourboires… non, son point de vue est celui de Sirius.

    Forts de cette certitude, les hommes du Redressement français sont résolument antiparlementaires, hostiles au suffrage universel, et "technocrates" au sens où ils pensent effectivement que ce sont les experts qui doivent avoir le rôle prééminent. Ainsi, le gouvernement devrait compter des secrétaires d’État apolitiques (sic), inamovibles, des techniciens devraient participer avec voix délibérative aux travaux des parlementaires dont certains ne seraient pas élus mais nommés du fait de leur compétence (ce que souhaite l'ami Macron). Favorables au renforcement de l’exécutif, Mercier et ses adeptes sont en revanche contre l’élection du Président au suffrage universel car le peuple pourrait élire n’importe qui, quelqu’un hors de l’élite. C’est le Premier ministre dont il faut renforcer les pouvoirs en réduisant d’autant ceux des députés qui n’auraient plus l’initiative des dépenses (influence de Déroulède sur ce dernier point). Le Redressement français méprise les partis politiques qui reposent sur "des comités électoraux irresponsables" (l'emploi du mot "comité" renvoie directement au parti radical-socialiste). Il va jusqu’à imaginer la nomination de parlementaires parmi des hommes d’élites "qui n’ont ni le loisir, ni le goût de se soumettre au suffrage universel" mais dont la présence au Palais Bourbon redresserait le prestige de ce dernier. Le Redressement français assume la fracture sociale… Par sa détestation du fonctionnement démocratique de la République, par sa hantise de la soi-disant décadence, par sa politique résolument colonialiste, par son anti-marxisme systémique, par sa volonté de placer l’État sous la coupe réglée du grand patronat, le Redressement français peut relever de l'extrême-droite. D'ailleurs, en janvier 1934, Mercier apportera publiquement son soutien aux manifestations brutales des ligueurs.

    Petit et grand capital.

    En réalité, il s’agit davantage de la droite extrême. Ce que vont démontrer ses démêlées avec le fasciste François Coty. Un différend important va, en effet, opposer Coty et Mercier, deux éminents patrons, et sur la place publique, comprendre : la presse. On pourra en lire les détails dans le chapitre 5 de Kuisel.

    On connaît les excès de F. Coty qui incarne, lui à l’évidence, l’extrême-droite. Dans le Figaro dont il est propriétaire, il accuse carrément Mercier d’être entourés d’herriotistes (sic) c’est-à-dire d’hommes qui veulent amener progressivement des éléments de la Droite et du patronat vers le Cartel des gauches… Mercier serait un "étatiste", un partisan de l’économie dirigée, contraire à l’initiative privée. Coty condamne la "littérature" des cahiers du Redressement français. Coty obtient le soutien de l’Action Française. L’essence du débat tient dans une conception différente du capitalisme. Mercier, après un voyage aux États-Unis, après également l’expérience de l’économie dirigée durant la période 1914-1918 (il rencontre, alors, Loucheur), a une conception résolument productiviste, pour tout dire fordiste. Son maître mot est rationalisation. Le président du Redressement français n’a pas de mots assez durs pour dire l’archaïsme du capitalisme de papa. Il faut augmenter massivement la productivité, l’organisation scientifique du travail, qui permettront à la fois la production de masse, et, par la distribution de hauts salaires, la consommation de masse. Le patronat du Redressement français c’est le patronat de la seconde révolution industrielle, où, on le sait, la France fait bonne figure, le patronat d’une nouvelle vague d’innovations schumpetériennes : électricité, aluminium, pétrole, automobile, etc.… Le capitalisme rationalisé permettra "un programme social minimum" comme la construction d’habitations à bon marché, assurances sociales, scolarisation… Loucheur et Tardieu seront les hommes de cette politique. Politique qui n’est pas de gauche, mais qui permettra justement d’éradiquer les causes du vote communiste dans les banlieues rouges. Dans sa stupidité agressive, Coty ne voit rien de tout cela… Coty est tout prêt de penser que Mercier, c’est le capital qui spécule ! alors que lui, représente le capital qui travaille[4]. Coty, l’Action Française, c’est effectivement le capitalisme familial et vieillot. Hexagonal, alors que Mercier pense déjà Europe avec l'association Pan-Europe de De Coudenhove-Kalergi. Il pense aussi à une collaboration avec l’ennemie d’hier et anime le Comité économique franco-allemand. Il y a donc de réelles divergences. Et la C.G.P.F., obligée par sa fonction officielle de représenter tous les capitalismes, prend ses distances avec Mercier et le Redressement français. On sait que le maréchal Lyautey, autre extrême-droite, sous sa tente coloniale, écrivait qu’il fallait rompre avec le traditionalisme d’Ancien régime et "gérer la France comme une entreprise". Mercier a retenu la leçon. Bardoux aussi. Pas Coty. Encore moins Maurras. Mais tous se retrouveront le 6 février 34…

    Mercier et le 6 février 1934

Dès le 9 janvier, l’Action française avait organisé une manifestation, "à bas les députés ! Voleurs ! Assassins !", où 132 arrestations sont opérées. Nouvelle manifestation le 11 janvier, Action Française et Jeunesses Patriotes, bras dessus, bras dessous, avec "destruction des objets d’utilité publique qui apparaît pour la première fois"[5], 238 arrestations, 27 gardiens de la paix blessés et une violence effrayante : "au cours des charges auxquelles dut se livrer le service d'ordre se produisit un incident atroce. Un reporter du Jour, M. Vertex, qui s'entretenait, dans l'exercice de sa profession, avec le commissaire Caulet, au moment où celui-ci commande une charge à deux cents agents, est frappé dans des conditions de brutalité inqualifiables. Sa qualité de journaliste connue, il reçoit derrière la tête un premier coup de matraque, puis deux autres sur le crâne. Il s'agrippe à un des bâtons qui le frappent et tombe assis... On lui assène sur l'orbite droit un coup de talon qui sort l'œil, enfonce le sinus, lui casse toutes les dents... une deuxième charge a lieu, il reçoit un coup de pied si violent dans le bas-ventre, que le canal de l'urètre éclate et provoque une hémorragie..., par terre, nouveau coup de pied dans les reins qui fait éclater le rein droit. Six mois après, il urinait encore le sang. Invalidité définitive 85 % et d'indicibles souffrances qui persistent. Aucune sanction n'a pu être obtenue contre les coupables"[6]. Voilà qui donne une idée de la violence de la "grande manifestation" de la nuit du 6 février. Autre manifestation le 22 janvier, avec 261 arrestations et 20 agents blessés.

Le 24, à l'assemblée annuelle du Redressement français, Ernest Mercier menace : "la seule solution que les circonstances imposeront bientôt est celle d'un gouvernement d'autorité, appuyé par une force morale populaire irrésistible". Mercier prononce donc ces paroles après les manifestations meurtrières des 9, 11 et 22 janvier….

Le 27 janvier est comme une répétition générale : les fascistes de Solidarité française se joignent aux précédents. 317 arrestations, 80 blessés du côté des forces de l’ordre et premiers incendies volontaires. Mais les émeutiers obtiennent la démission de Chautemps, président du Conseil radical qui a pourtant bénéficié d’un vote de confiance.

    Le ministère du 9 février 1934

C’est alors que se met en place le processus constitutionnel banal : désignation d’un nouveau président du Conseil –Daladier- par le président de la République, formation du cabinet, premières décisions, dont celle de remplacer le préfet de police de Paris, Chiappe, débat d’investiture devant le Parlement, c’est alors que les factieux décident de s’opposer au fonctionnement normal des pouvoirs publics. Ce sera le 6 février 1934…

La conséquence quasi immédiate de cette nuit d’émeute est la formation du gouvernement Doumergue, alors que Daladier avait été régulièrement investi lors de la séance dramatique du 6 février (343 voix contre 247). Cela en dit long sur la crise de la République.

    Doumergue forme un gouvernement qui crée des espoirs à droite et à l’extrême-droite. C'est, en effet, le ministère de l'ultra-droite, c’est "le ministère du Redressement français" nous dit Kuisel, "celui où il compte le plus d’amis et celui qui lui est le plus proche". Il est significatif que, dès l’annonce de sa composition, Mercier demande de cesser toute manifestation et de le laisser travailler.

    Quelques éléments sur ce gouvernement. Présidence du Conseil, sans portefeuille : Gaston Doumergue, ancien président de la République[7], qui a fait de la réforme de l’État son cheval de bataille. Guerre : Maréchal Pétain, inspecteur général de l'Armée. Colonies : Pierre Laval, sénateur (non inscrit). Travail : Adrien Marquet, député (parti socialiste de France). Pensions : Georges Rivollet, secrétaire général de la Confédération Générale des Anciens Combattants (C.G.A.C.).

    À l'exception du ministère de l'Air, tenu par le Général Denain, chef d'état-major général de l'Armée de l'Air, ministre "technique", tous les autres sont tenus par des hommes de droite voire extrême-droite. On ne présentera ni Pétain, ni Laval. Le parti socialiste de France est une scission de la S.F.I.O., tendance Marcel Déat, autrement dit fascisante. Quant à la nomination du secrétaire général de la C.G.A.C. "qui en imposait à tous les partis", nous dit F. Goguel [8] c'est un remerciement pour services rendus la nuit du 6 février. Plus exactement, c’est un satisfecit donné à la Confédération venue demander à Doumergue, au moment où celui-ci faisait ses consultations pour le choix des ministres, "de procéder à une épuration rapide des éléments malsains qui avaient envahi le monde politique et administratif"[9]. Gaston Doumergue s’était distingué en 1924 en acceptant, lui qui était d’origine radicale, d’être le candidat de la droite à l’élection présidentielle alors que le Cartel des gauches venait de remporter les élections législatives et avait son propre candidat (Painlevé, qui fut battu). Son hostilité à la gauche socialiste et communiste est connue et il s’est prononcé pour une réforme de l’État. Vœu qui rencontre celui du grand patronat, Mercier en tête.

    Ce gouvernement de droite-droite extrême dure jusqu’en novembre 1934 relayé par celui de Flandin. Puis les partis de gauche et d’extrême-gauche (P.C.F.) vont prendre langue et s’orienter vers la constitution du Front Populaire pour "barrer la route au fascisme". Sans doute pour services rendus, Gaston Doumergue est coopté président du Cercle de l’Union inter-alliée en 1935. Il le restera jusqu’en 1937.

    Une fin plus glorieuse.

    Ernest Mercier, son réseau du Redressement français sur lequel se branchèrent d’autres réseaux, relèvent de cette vie politique française de l’Entre-deux-guerres qui permet à Maurras d’affirmer que l’arrivée au pouvoir de Pétain, en 1940, est due, non pas à des causes extérieures, mais à la contre-révolution spontanée -c’est-le-titre d’une de ses livres paru sous l’Occupation-. Ce n’est pas inexact.

    Confronté au nazisme, Mercier qui était marié à une juive, effectua une prise de conscience salutaire et bascula du bon côté. Il rejoint un réseau de résistants.

 

http://www.annales.org/archives/x/mercier.html

http://divergences.be/spip.php?article2787

 



[1] Confédération générale de la production française. Ancêtre du C.N.P.F. et du MEDEF.

[2] Richard F. KUISEL, "Ernest Mercier, French technocrat", University of California press, Berkeley & Los Angeles, 1967, 186 pages. Page 62.

[3] KUISEL, page 81.

[4] Dans sa démagogie, l’extrême-droite doit se justifier d’avoir en son sein et surtout à sa tête de nombreux capitalistes, d’être favorable à l’argent et au patrimoine. L’esprit humain étant capable de tout, elle invente le thème des deux capitalismes. Celui des patrons qui travaillent et celui de la spéculation mondialiste au sein duquel se promènent les juifs et bien d‘autres… Même les bolcheviques selon Coty.

[5] L. BONNEVAY, "Les journées sanglantes de févier 1934", Flammarion, Paris, 1935, 250 pages. Page 36. Bonnevay présidait la commission parlementaire sur la journée du 6 février 1934.

[6] L. BONNEVAY, page 39-40.

[7] C’est à cette occasion que Henri de Kerillis eut ce mot fameux, dans son journal l’Écho de Paris, "c’est devenu chez nous une sorte de rite que l’appel à un vieillard, à un père de la patrie". Et René REMOND de préciser "qu’il songe évidemment aux précédents de Thiers en 1871, de Clemenceau en 1917 et de Poincaré en 1926. (…). Il ne pouvait prévoir 1940 et 1958". Dans "Les droites en France".

[8] La C.G.A.C. regroupait l’Union Fédérale des A.C. et l’Union Nationale des A.C., "celle-ci nettement orientée à droite" écrit sobrement F. GOGUEL (sous sa plume, cela signifie "extrême-droite").

[9] Cité par L. BONNEVAY, page 241.

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