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métro, boulot, caveau ? (bis…)

publié le 8 juil. 2011 à 09:31 par Jean-Pierre Rissoan
15 octobre 2010

Je fais un bis pour cet article parce que je voudrais le compléter par une opinion de Stéphane HAAR, président national de la JOC (jeunesse ouvrière chrétienne) parue dans l’Humanité de ce vendredi.

 

« Je le disais dans un précédent article, et je n’ai rien découvert, le peuple sait parfaitement manier l’humour révolutionnaire.

En 1869, à l’occasion de la mort du demi-frère de l’empereur, les gens rassemblés sur les trottoirs, voyant passer le convoi funéraire, criaient : « bis ! bis ! »… 

Tout à l’heure j’ai vu cette affiche, non identifiée, appelant à la manifestation du samedi 16 octobre, qui transformait le célèbre slogan de mai 68, « métro, bouleau, caveau ? »…Il s’agit, en l’occurrence, d’un humour grinçant. Mais s’il est vrai comme le dit la C.G.T. que l’espérance de vie à 50 ans d’un ouvrier est de 14 ans, cela signifie très concrètement qu’avec la contre-réforme Woerth-Sarkozy, la durée de vie de la retraite est réduite en moyenne à deux ans…64 moins 62 égalent 2…

On nous rabâche que l’espérance de vie s’allonge, mais les statistiques sont à manier avec prudence. L’espérance de vie générale toute générations confondues et à la naissance s’allonge certes. Mais, il faut s’intéresser - ce que ne peut faire l’élite golfeuse et hippique sarko-woerthienne - à l’espérance de vie en fin de carrière et pour chaque catégorie socio-professionnelle.

Deux années de cotisations supplémentaires, pour les 33% de Français qui n’obtiennent pas le baccalauréat et s’embauchent -quand ils trouvent un job ! - vers 18 ans c’est beaucoup. Beaucoup trop ! ».

Voici l’article de S. Haar :

« L’emballement de la mobilisation des jeunes de ces derniers jours n’a pas empêché les premières victimes de la réforme de rester invisibles Ils sont pourtant des millions apprentis, jeunes travailleurs en contrats précaires, en formation professionnelle et ceux qui ont commence à travailler tôt sans faire de longues études.

Pour eux faire grève est synonyme de licenciement ou de fin de contrat, de fin de mission d'intérim. Pour les jeunes de milieux populaires, le droit de grève n'existe pas ! Pourtant ils seront les plus touchés par la réforme du gouvernement. Ils devront travailler plus vieux comme les autres mais aussi plus longtemps jusqu'à quarante-quatre années pour ceux qui auront commencé à travailler à dix-huit ans. Le sentiment de révolte qui agite ces jeunes s'explique aussi par la difficulté des métiers qu'ils exercent. Les conditions de travail sont souvent pénibles et usantes. Il n'est pas normal que des jeunes déjà brisés physiquement à vingt ans soient contraints de travailler encore quarante-deux ans. La prise en compte des carrières longues, de la pénibilité est incontournable ce qui rend l'actuelle réforme inacceptable.

Ces jeunes sont conscients de la réalité du monde du travail, ils la vivent au quotidien. Pour une partie d'entre eux, le passage dans la vie active est difficile : petits boulots, longues périodes de chômage, instabilité... Pour eux, ce n'est pas quarante deux ans ni quarante-cinq ans qu'il va falloir passer sur le marché du travail mais jusqu'à cinquante et un ans ! C'est une injustice terrible. Les jeunes travailleurs osent se mobiliser au péril de leur emploi, pour sauver nos retraites. Mardi, ils étaient des dizaines de milliers à défiler, notamment derrière les banderoles de la JOC. Et samedi ils seront encore plus nombreux ! ».

 


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