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Plantu : le brassard à Stéphane Hessel ?

publié le 7 juil. 2011 à 06:27 par Jean-Pierre Rissoan
24 janvier 2011

Homme des Lumières ( ?)[1] Plantu ne peut ignorer qu’il lui faut agir selon ce que l’historien Z. Sternhell appelle les « lumières franco-kantiennes ». Kant est le créateur du concept d’impératif catégorique qu’il formule de la façon suivante : « Agis uniquement d'après la maxime qui fait que tu puisses vouloir en même temps qu'elle devienne une loi universelle».

Mettre le même brassard que j’appelle pudiquement « 1933 » à M. Le Pen et à Jean-Luc Mélenchon relève d’une démarche, d’une réflexion, d’une action qui deviennent quoi si on en fait une loi universelle ?

Au fond, Mélenchon est accusé d’être un crypto-fasciste, manipulateur des foules, exploiteur de ses bas instincts, il est accusé, comme Poujade naguère, de vouloir mettre tout le monde dehors alors que l’on est - officiellement - sous un régime démocratique et républicain. Tout cela est commun avec le comportement des nationaux-socialistes et, donc, Plantu l’affecte d’un brassard qui témoigne de sa parenté avec ses ancêtres trop illustres.

Mais il faut que cette démarche plantuesque devienne une loi universelle, qu’elle puisse être érigée en loi universelle sinon on n’est plus dans une démarche intellectuelle logique et raisonnée.

L’antisémitisme est essentiel aux nazis, nous le savons tous. Quiconque le manie doit être brassardisé. Or, qu’apprend-on ?

« Stéphane Hessel avoue que, aujourd’hui, sa "principale indignation concerne la Palestine, la bande de Gaza, la Cisjordanie" et il se voit ipso facto traîné dans la boue : « Il y a aussi chez Hessel cette obsession anti-israélienne qui fait songer à la définition donnée jadis de l'antisémite par Pierre Larousse : "Personne qui hait les juifs plus qu'il n'est raisonnable" ». Rappelons qu'en octobre dernier, l'historien Pierre-André Taguieff, directeur de recherche au CNRS, avait paraphrasé un texte de Voltaire pour évoquer, à propos de la Palestine, la figure de Stéphane Hessel: « Quand un serpent venimeux est doté de bonne conscience, comme le nommé Hessel, il est compréhensible qu'on ait envie de lui écraser la tête »[2]. « Hessel a fait de la détestation d'Israël une véritable obsession, (…) ses propos sont un instrument de délégitimation d'Israël » nous informe le président du CFIF.

Bref, aussi inconsciemment que Mr Jourdain faisait de la prose, que J.-L. Mélenchon pratique le populisme fascisant, Mr S. Hessel fait dans l’antisémitisme.

Aussi bien, Plantu soyez cohérent : érigez vos actes en impératifs catégoriques ! brassardisez Stéphane Hessel !

Le ridicule ne tue plus, vous le savez-bien.


 

[1] Je mets un point d’interrogation parce que, maintenant, même les Lumières sont contestées par des courants révisionnistes divers.

 

[2] Tout ce qui précède est tiré du bloc-notes de J.E. Ducoin, L’Humanité du samedi 8 janvier 2011.


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