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Mélenchon, Pujadas, dignité ouvrière…

publié le 27 juin 2011 à 03:29 par Jean-Pierre Rissoan   [ mis à jour : 2 juil. 2011 à 01:40 ]
  11/10/2010  

Il paraît que les réflexions de Mr. Mélenchon sur le comportement politique de Mr. Pujadas à l’antenne, passent en boucle sur le net.

Le portail d’Orange qui croit avoir trouvé là un filon à exploiter écrit :

« Dans cet extrait du documentaire "Fin de concession" de Pierre Carles dont la sortie est prévue prochainement, M. Mélenchon réagit à une séquence du journal de 20 heures de France 2 datant de 2009 dans laquelle M. Pujadas interroge Xavier Mathieu, leader CGT des "Conti" de Clairoix (Oise). Une usine qui a fermé début 2010 après des mois de conflit social mouvementé.

Ecoutant les questions posées "Est-ce que vous regrettez ces violences ?", "Pour vous la fin justifie les moyens ?", le président du PG lâche: "Salaud, va!", suivi de "larbin. Arrête, ça me dégoûte!". L'eurodéputé qui a fait de la critique des médias un de ses thèmes de prédilection, assume ses propos. "Ce jour-là, cet homme (M. Mathieu) apprend qu'ils ont perdu la partie et que leur vie sociale est brisée", et "que fait Pujadas ? Lui parle-t-il de la misère?", non "le petit bonhomme qui est là lui dit ‘baisse la tête’ ". "Je considère que dans cette scène le plus gravement insulté, c'est Xavier Mathieu", poursuit-il, souhaitant "porter la parole" des "humiliés".

Cette culpabilisation de la revendication, de la rébellion, du simple redressement de tête est ancienne. Mr Pujadas ne fait que perpétuer le comportement traditionaliste. Travaille et tais-toi... .

Voici comment on effectuait la formation professionnelle des prêtres au début du second Empire :

« Pour comprendre le point de vue des curés de paroisse devant ce que nous appellerions le mouvement revendicatif, il faut relire les conférences pour l'examen des "cas de conscience". En l'église des Carmes à Paris, est posé par l'archevêque le cas de conscience suivant : "Un ouvrier déclare dans sa confession, qu'il a organisé une coalition (lire : syndicat, JPR) parmi ses compagnons d'atelier et, par là, forcé le patron à augmenter les salaires. Décider 1°) si l'ouvrier est obligé à quelque restitution, et si même il ne serait pas tenu solidairement du dommage que ses compagnons ont pu occasionner au patron par cette augmentation forcée ; 2°) si, en tous cas, le confesseur ne doit pas exiger de l'ouvrier en question la promesse formelle de s'abstenir désormais de toute coalition".

Ne reste-t-on pas abasourdi ? L'Eglise envisageait de demander aux ouvriers grévistes de rembourser au patron leur augmentation de salaire… On revient vraiment de loin.

Une coalition c'est une atteinte à la liberté de travail du patron. Et imagine-t-on la culpabilisation de cet ouvrier, obligé de se confesser parce qu'il a entraîné ses camarades dans une lutte pour une augmentation de salaire ? Tout cela, rappelons-le, sur un fond de misère noire, très noire dans la population salariée ».

Qu’un journaliste du service public se comporte de la sorte est indigne effectivement du service public. Mais Mr. Pujadas est hostile au mouvement ouvrier. Il se délecte à parler de la Corée du Nord comme d’un pays « communiste » preuve qu’il n’a aucune formation professionnelle sur ce point. Ou alors qu’il nous explique où et quand Marx s’est prononcé en faveur de la transmission héréditaire du pouvoir ?

[1] Abréviation de Continental, fabricant de pneumatiques.

[2] LE MONDE, 24 août 2010, article de Virginie Malingre, « le pays où il n’est pas facile de faire grève »…  |

[3] Extrait de mon livre « Traditionalisme et Révolution », chapitre VIII (le bien nommé) « Silence aux pauvres ».

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