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Le Front de Gauche et la situation en Irak

publié le 21 oct. 2014 à 09:03 par Jean-Pierre Rissoan

Les députés Front de Gauche expriment leurs réserves à l’égard d’une intervention de la France en Irak aux côtés des Etats-Unis 

Face à la barbarie de Daech, le silence et l’inaction ne peuvent être de mise.

Oui il faut apporter une aide militaire à ceux qui résistent aux djihadistes, ainsi qu’un soutien politique, humanitaire, économique. Mais l’action militaire contre Daech doit prendre la forme d’une coalition internationale, réunissant notamment  les pays musulmans de la région, sous l’égide de l’ONU. La France ne peut en aucun cas agir seule aux côtés des Etats-Unis et sous la tutelle de l’OTAN!

Et n’oublions pas que l’émergence de Daech est aussi la conséquence de l’invasion anglo-américaine de l’Irak de 2003, décidée en violation totale du droit international. Le délitement de l’Irak, marqué par l’exacerbation des fractures ethniques et confessionnelles, résulte pour une grande partie de la politique néocolonialiste américaine.

Retrouvez l’intervention  prononcée le 24 septembre 2014 par François ASENSI à l’Assemblée nationale au nom des députés du Front de Gauche. Le Front de Gauche et la guerre en Irak (septembre 2014) F. Asensi, député du 93.

Les monstres qu’ils ont créés…

Par Jean-Paul Piérot

L’émotion le dispute à l’indignation, mais les mots sont parfois bien faibles pour exprimer l’indicible. En quelques semaines les assassins ont répété à quatre reprises leur sinistre mise en scène. Après deux journalistes américains et un humanitaire britannique décapités quelque part en Syrie, un citoyen français, Hervé Gourdel, a été supplicié loin de là, en Algérie. Sans doute, les ravisseurs qui se réclament de «l’État islamique» ont-ils voulu percuter le débat parlementaire sur l’engagement de la France dans la nouvelle aventure militaire irakienne. Les extrémistes, qui persécutent la population civile des deux côtés de l’Euphrate, ne voulaient pas arrêter l’opération militaire mais ajouter une touche sanglante au tableau d’un Moyen-Orient en plein chaos. Car l’option militaire choisie par les États-Unis, soutenue par les dirigeants français, l’émir du Qatar et le roi d’Arabie saoudite n’est évidemment pas pour déplaire aux intégristes de l’«EI», qui comptent bien prospérer sur les champs de ruines. Hervé Gourdel est victime de cette stratégie d’affrontement et du déferlement de violence qu’elle va provoquer. L’histoire retiendra aussi de ce bien triste jour que le Parlement aura été privé du droit de se prononcer sur l’engagement de la France dans une nouvelle guerre. Pourtant, le monde vit des heures graves et périlleuses, tout particulièrement aux portes de l’Europe. Le mot guerre est aujourd’hui revendiqué, répété presque avec une sorte de gourmandise par ses promoteurs. La guerre est banalisée, elle est devenue une méthode comme une autre, peut-être même la première à laquelle on pense, surtout quand les résultats de la politique intérieure ne donnent guère à l’exécutif des raisons de plastronner. Par leurs interventions militaires successives et le non-règlement équitable des crises, les États-Unis et leurs alliés occidentaux ont créé des monstres, qu’ils prétendent aujourd’hui vouloir réduire en usant des mêmes méthodes que celles qui les ont engendrés. On connaît déjà hélas le résultat.



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