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La dépêche d’Ems de l’agence France-Presse

publié le 25 mars 2013 à 07:32 par Jean-Pierre Rissoan   [ mis à jour : 27 mars 2013 à 14:45 ]

    Tout est parti d’un mauvais travail de l’AFP et des journalistes clients de l’AFP qui n’ont pas fait leur travail de vérification des sources.

Katell PRIGENT (AFP) – Il y a 1 jour  (soit le 24 mars, JPR)

BORDEAUX — "Qu'ils dégagent tous", "salopards", "échec du gouvernement"... le vocabulaire utilisé samedi lors du 3e Congrès, à Bordeaux, du Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon a traduit une radicalisation provoquant de vifs débats avec le PS.

Durant ces assises qui s'achèvent dimanche, et qui ont été largement dirigées contre les "politiques d'austérité" du gouvernement et de l'Europe, les dirigeants du PG s'en sont en particulier pris au ministre de l'Economie Pierre Moscovici provocant un échange acerbe avec le PS.

François Delapierre, secrétaire national, a dénoncé "les 17 salopards de l'Europe" faisant référence à l'attitude des 17 gouvernements de la zone euro à l'égard de Chypre. Dans ces 17 salopards, il y a un Français, il a un nom, il a une adresse, il s'appelle Pierre Moscovici et il est membre du Parti socialiste", a-t-il dit vivement applaudi par les 800 délégués.

"Une très belle expression", dit en souriant aux journalistes Jean-Luc Mélenchon, en qualifiant le ministre de "petit intelligent qui a fait l'ENA" et qui "ne pense pas français, qui pense finance internationale".

Ces propos ont été qualifiés "d'inacceptables" par le 1er secrétaire du PS, Harlem Désir, qui a demandé à M. Mélenchon de les "retirer". "C'est un vocabulaire des années 30 que l'on ne pensait plus entendre de la bouche d'un républicain et encore moins d'un dirigeant de gauche", a dit M. Désir à l'AFP.

"Une diversion, à la méthode socialiste habituelle : insulter et insinuer plutôt que de répondre sur le fond", a répondu Jean-Luc Mélenchon. Harlem Désir "ferait bien de nous dire ce que pense le PS du vote des ministres français sur Chypre", a-t-il ajouté. (…).

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    Dans POLITIS du 24 mars 2013,  Michel Soudais donne la "retranscription fidèle (…) des propos de Mélenchon" et donne à entendre la bande sono : http://www.politis.fr/Ce-qu-a-VRAIMENT-dit-Melenchon,21436.html

        JLM : « Le fond de l’affaire est le suivant, qu’a fait le Français dans la réunion ? Il s’est pris pour un petit intelligent, économique, vachement responsable, qu’a fait des études à l’ENA, qui sait comment on doit organiser la rectification des comptes d’une nation, gna gna gnagna gna gna gna… Ben va dans une administration, tu représentes pas le peuple français quand tu fais ça ! Il faut dire : « Non, pas question. Je refuse. Je ne suis pas d’accord. » Pourquoi ? Pas en se disant « les Grecs, je sais pas quoi », mais en se disant « mais demain c’est moi ». Comment le même homme demain à la même table si on lui dit « mais M. Moscovici vous n’avez pas fait ci, vous n’avez pas fait ça, vous avez accepté telles dépenses sociales et tout… » Comment il va pouvoir dire « non » vu qu’il a déjà dit « oui » pour les chypriotes ? Donc il se met dans leurs mains. Donc c’est un comportement irresponsable. Ou plus exactement c’est un comportement de quelqu’un qui ne pense plus en français… qui pense dans la langue de la finance internationale. Voilà. ».

     Voilà comme l’on passe de "c’est un comportement de quelqu’un qui ne pense plus en français… qui pense dans la langue de la finance internationale" à quelqu’un qui "ne pense pas français, qui pense finance internationale". Et c’est journaliste à l’AFP. Et c’est une dépêche de l’AFP. Et c’est la matière première de tous les journalistes qui reprennent en boucle cette affirmation sans la vérifier. Vérifier ses infos ? Allons donc ! Autrefois, oui, mais maintenant…

     Si l’on dit que Barroso ou Mario Draghi ne pensent pas portugais pour l’un, italien pour le suivant mais pensent finance internationale, où est l’insulte ? C’est une opinion et j’ai tendance à penser que c’est même une vérité. Si on dit la même chose pour Moscovici c’est de l’antisémitisme ! Même si on ignore que celui-ci est d’origine juive et semble-t-il de confession juive. Comment savoir ?

    Mais, de toute façon, le problème n’est plus là. Le problème est que Jean-Luc Mélenchon N’A PAS PRONONCE CES PAROLES QUE LUI PRÊTE L’AFP…

    Il y a une différence -selon moi minime - entre ne plus penser en français et ne plus penser français. les esprits les plus tordus exagèrent cette différence en interprétant de la façon suivante : Dans le premier cas, on n’utilise plus l’ensemble de codes que représente la langue française, on utilise une autre langue, un autre langage : celui de la finance internationale, langage qui véhicule un autre esprit, une autre mentalité. Dans le second cas, on ne pense plus en tant que Français, on ne pense plus comme devrait penser un Français banal, un Français comme tout le monde, on pense en étranger… C’est ce qu’a compris Harlem Désir dont l’intelligence a frappé tous les esprits depuis qu’il sévit au PS. Et c’est ce qu’on comprit tous les malfaiteurs dont Moscovici lui-même, Valls, Copé, Nathalie Kosciusko-Morizet, l’inévitable Elkabbach et tant d’autres dont l’inévitable PROGRÈS de Lyon qui, dans son édition du 25 mars publie un article non signé -donc issu du texte des agences- alors que depuis le 24, il avait le temps de vérifier ses sources. Même la page d’accueil d’Orange -chef-d’œuvre perpétuel d’âneries et de turpitudes politiques - y est allé d’abondance mais, à l’heure où j’écris ces lignes, tout a disparu. La vérité a éclaté, et tous ces gens sont ridiculisés et devraient porter un bonnet d’âne. Même l’horrible Apathie.  

    Tout fut bon pour accuser Jean-Luc Mélenchon d’antisémitisme. Union sacré UMPS contre le leader du Front de Gauche.   

    Tout cela confirme à quel point le Front de Gauche fait peur. Tous les moyens sont bons, comme disait Maurras de l’Action français, pour l’abattre…

 

La dépêche d’Ems, facteur déclenchant de la guerre de 1870

 

    Cela se passe en juillet 1870. Il est fortement question qu’un prince Hohenzollern se pose sur le trône d’Espagne, si bien que la France serait prise en tenaille puisque la Prusse est déjà frontalière au niveau de la Moselle. La France exige que cette candidature soit retirée. Ce qui fut. Mais elle veut plus. Elle veut que le roi de Prusse en personne écrive qu’à tout jamais il n’y aura plus de candidature Hohenzollern au trône d’Espagne. Notre ambassadeur va voir Guillaume 1er en cure à Ems près de Coblence. Et manifestement se montre un peu trop insistant. Le roi écrit à Bismarck et celui-ci s’adresse à la presse.

Voici les deux textes, le texte reçu et le texte publié par Bismarck

    1. - Dépêche reçue par Bismarck (envoyée de la part du roi par son confident Abeken) "Sa Majesté le roi m'écrit : "Le comte Benedetti -ambassadeur de France) s'est cramponné à moi à la promenade et m'a demandé, d'un ton à la fin très insistant que je lui donnasse l'autorisation de télégraphier immédiatement que je prenais à tout jamais l'engagement de ne plus consentir à la candidature Hohenzollern, si elle venait à se reproduire. Je finis par le rembarrer avec quelque sévérité. Je lui dis qu'on ne pouvait ni ne devait prendre de tels engagement à tout jamais. Naturellement je lui fis savoir que je n'avais encore aucune nouvelle et qu'étant plus rapidement informé que moi, par la voie de Paris et de Madrid, il voyait bien que mon gouvernement était une fois de plus hors de cause". Sa Majesté a reçu depuis une lettre du prince [Antoine de Hohenzollern, père du candidat au trône vacant d’Espagne, qui annonce que son fils renonce au trône espagnol, JPR]. Or, ayant dit au comte Benedetti qu'elle attendait des nouvelles du prince, elle a pris deux décisions : 1° sur mon rapport et celui du comte Eulenbourg, S. M. a décidé de ne plus recevoir le comte Benedetti, touchant la question de l'engagement précité ; mais, 2° de lui faire savoir par un aide de camp qu'elle avait reçu confirmation par le prince, de la nouvelle que Benedetti tenait de Paris que S. M. n'avait rien à lui dire de plus. - S. M. fait Votre Excellence juge de la question de savoir si la nouvelle exigence de Benedetti et le refus qui y a été opposé ne devraient pas être immédiatement communiqués à nos ambassadeurs et à la presse". (Trad. dans ANDLER, Le prince de Bismarck).

 

    2. - Dépêche publiée par Bismarck : "La nouvelle du renoncement du prince héritier de Hohenzollern a été officiellement communiquée au gouvernement impérial français par le gouvernement royal espagnol. Depuis, l'ambassadeur français a encore adressé à Ems, à S. M. le Roi, la demande de l'autoriser à télégraphier à Paris que S. M. le Roi, à tout jamais, s'engageait à ne plus donner son consentement, si les Hohenzollern devaient revenir à leur candidature. S. M. le Roi là-dessus a refusé de recevoir encore l'ambassadeur français et lui a fait dire par l'aide de camp de service que S. M. n'avait plus rien à communiquer à l'ambassadeur". (Trad. dans MATTER, ouvr. cité, t. I).

On notera que le roi n'avait nullement permis de divulguer son refus de recevoir l’ambassadeur. Mais "ce texte", dit Bismarck à von Moltke, "produira sur le taureau gaulois l’effet du chiffon rouge".

Mais les journalistes de l’AFP ne savent plus ce qu’est la dépêche d’Ems. Cela n’empêche pas Katell Prigent de jouer à Bismarck. Si elle le connaît bien sûr.

Le chiffon rouge a fait réagir tous les anti-Front de Gauche de France et de Navarre, taureaux sauvages dès que se lève le quatrième état.  

 

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