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AAA dernière nouvelle !! J.-L. Mélenchon a bel et bien raison…

publié le 16 janv. 2012 à 03:40 par Jean-Pierre Rissoan   [ mis à jour : 16 janv. 2012 à 03:43 ]
Depuis qu’il est candidat, Jean-Luc Mélenchon répète à qui veut bien l’entendre - et ils sont de plus en plus nombreux - que l’austérité, la « rigueur » est la cause de la crise. Son raisonnement est d’une simplicité presque naïve : en serrant la ceinture des autres, la bande du Fouquet’s et Sarkozy diminuent la demande de biens de consommation, donc les rentrées de taxes comme la TVA donc cela diminue les recettes du Trésor public qui s’endette chaque jour davantage.

Or, que dit l’affreuse agence de notation Standard & Poor’s ? Elle dit ceci dans son communiqué explicatif sur la dégradation du AAA :

« A cet égard, nous estimons qu’une réforme reposant sur le seul pilier de l’austérité budgétaire pourrait avoir un effet contraire à ses intentions, avec une chute de la demande intérieure résultant de la montée des préoccupations des consommateurs sur l’emploi et leurs revenus disponibles, avec pour conséquence une érosion des recettes fiscales nationales ». Donc elle dit la même chose… C’est stupéfiant !

Je viens d’apprendre que Michel-Edouard LECLERC est d’accord avec Jean-Louis Mélenchon. Voilà quelqu’un qui a compris où est son intérêt. Plus sérieusement, Paul Jorion déclarait -avant la dégradation de la note de la France - que « La mesure la plus importante à prendre serait, au lieu de prendre des mesures qui impactent négativement les salaires, d’augmenter le pouvoir d’achat pour reconstruire une demande sur le marché…La rigueur est la pire des choses. Elle ne se justifie que par rapport au pacte financier européen, mis en forme sous le nom de «règle d’or», et qui est fondé sur une erreur de logique économique élémentaire ». De plus en plus nombreuses sont les voix qui se font entendre pour affirmer la même vérité.

La relance n’est cependant pas simplement un nécessaire besoin conjoncturel. Allemagne et France sont dans des situations démographiques radicalement différentes. La structure de leur démographie est à l’opposé l’une de l’autre.

Depuis des décennies, l’Allemagne perd de sa population : environ 180.000 personnes/an. Il y a toujours plus de décès que de naissances ce que l’Allemagne compense par des flux d’immigration. Mais ces immigrés sont des jeunes adultes prêts à l’emploi, si j’ose dire.

La France tout au contraire gagne chaque année près de 200.000 nouveaux habitants. Ce sont des bébés, des jeunes enfants, des adolescents, de jeunes adultes qu’il faut encadrer et soigner, qu’il faut éduquer puis former professionnellement et, enfin, auxquels il faut trouver un emploi.

Chacun voit bien que les besoins des deux pays ne sont pas les mêmes. Nos besoins en investissements sont massifs. La rigueur, l’austérité, tout ce que l’on voudra sont aux antipodes des besoins de notre pays. Et cela, Jean-Luc Mélenchon et le Front de Gauche ne cessent de le répéter. L’Allemagne vieillissante « défend la rente », c’est-à-dire les pensions de ses retraités, nous, nous avons besoin de dépenses productives à court, moyen et long termes.

Même si nous avons besoin de rapports économiques et monétaires stables avec l’Allemagne - qui est de loin notre premier partenaire économique[1] - il est absurde de se lier pieds et mains avec elle.

PS. Voici le communiqué de Jean-Luc Mélenchon publié hier au soir : Communiqué du 13 janvier 2012. L’agence de notation Standard & Poor's déclare la guerre de la finance contre la France. Il faut résister. Se coucher devant la finance aiguise son appétit. La capitulation grecque l'a prouvé. Il faut rendre les coups. La Banque Centrale doit annoncer immédiatement qu’elle prêtera à la France à un taux très bas. Faute de quoi il faut suspendre les versements français au budget de l'Union européenne et couvrir les prochaines tranches avec un emprunt forcé sur les banques françaises qui viennent d'être gavées par la BCE. La guerre entre la finance et le peuple est déclarée. Chacun doit choisir son camp, sans tergiverser.

à lire :
Paul Jorion, économiste: «Nous vivons un désastre annoncé»
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[1] Mais nous sommes aussi, et de loin, son premier partenaire.
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