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5. Le Front de gauche

  • Le Front de Gauche : le quatrième état qui se lève… le vrai rapport de force à gauche au premier tour des départementales     A la suite du journal Le Monde dont l’influence est grande dans les rédactions, les journaux ont parlé du nouveau tripartisme qui caractériserait la vie politique française aujourd’hui ...
    Publié à 2 avr. 2015 à 00:32 par Jean-Pierre Rissoan
  • Le Front de Gauche et la situation en Irak Les députés Front de Gauche expriment leurs réserves à l’égard d’une intervention de la France en Irak aux côtés des Etats-Unis  Face à la barbarie de Daech ...
    Publié à 21 oct. 2014 à 09:03 par Jean-Pierre Rissoan
  • Peut-on encore sauver la "gauche radicale" ? Un article de Thierry Blin Face au capitalisme global, et à l’incertitude permanente qu’il fait peser sur notre travail et nos vies, pourquoi la gauche radicale, principalement représentée par le Front de gauche ...
    Publié à 15 juil. 2014 à 07:21 par Jean-Pierre Rissoan
  • Communiqué du FDG du 6 avril 2013 SAMEDI 6 AVRILCommuniqué du FRONT DE GAUCHE    L'affaire Cahuzac suscite la colère et la nausée. D’'une gravité extrême, elle ne révèle pas seulement l’'absence de probité ...
    Publié à 7 mai 2013 à 02:03 par Jean-Pierre Rissoan
  • La dépêche d’Ems de l’agence France-Presse     Tout est parti d’un mauvais travail de l’AFP et des journalistes clients de l’AFP qui n’ont pas fait leur travail de vérification des sources. Katell PRIGENT ...
    Publié à 27 mars 2013 à 14:45 par Jean-Pierre Rissoan
  • lettre d'information du groupe FRONT DE GAUCHE à l'Assemblée https://docs.google.com/file/d/0B4Fe2vnvqlt8VHNLSF9lanFkSG8/edit
    Publié à 21 janv. 2013 à 11:27 par Jean-Pierre Rissoan
  • Pierre LAURENT, " refonder la République " ! A Marseille, Pierre Laurent lance un appel à refonder la République« Refonder la République - reconquérir la liberté, reconstruire l'égalité des droits et refonder la fraternité », vous trouverez ci-dessous ...
    Publié à 19 déc. 2012 à 12:10 par Jean-Pierre Rissoan
  • Les dernières heures de la bataille du premier tour... par Jean-Luc Mélenchon         Les dernières heures de la bataille du premier tour de l’élection dans le Pas de Calais sont spécialement glauques. Nous en sommes à six tracts anonymes. Outre les injures ...
    Publié à 1 juin 2013 à 17:02 par Jean-Pierre Rissoan
  • Un Front de Gauche d’ampleur nationale     Les résultats du Front de Gauche (FdG) à la présidentielle diffère beaucoup de la carte habituelle que donnaient les résultats du PCF et de l’extrême-gauche NPA(LCR)-LO ...
    Publié à 8 avr. 2015 à 13:39 par Jean-Pierre Rissoan
  • "Le vote Front de gauche à la loupe" par Jérôme Fourquet (IFOP)     Voici une analyse de Jérôme FOURQUET, un expert de l’analyse politique. Je partage entièrement son point de vue. Je me permettrai parfois un complément d’information. Et -chose importante ...
    Publié à 4 nov. 2012 à 05:44 par Jean-Pierre Rissoan
  • le président de l'Equateur, Rafael Correa Delgado, soutient J.-L. Mélenchon ...     Dans une lettre rendue publique, le président de la république d'Équateur apporte son soutien au candidat du Front de gauche, Jean-Luc Mélenchon. Récemment, on nous disait que les ...
    Publié à 12 avr. 2012 à 03:11 par Jean-Pierre Rissoan
  • Avec le Front de gauche, une autre Europe, une autre mondialisation Je me fais le « passeur » des bonnes nouvelles, celle-ci ayant été trouvée sur le site MEDIAPART. Comme je vous y invite par ailleurs, il faut lire la déclaration de ...
    Publié à 4 avr. 2012 à 03:45 par Jean-Pierre Rissoan
  • Quand les chansons montent au Front ...(de Gauche)... Effectuant un compte-rendu de ma visite au musée de la Révolution à Vizille (38) j’écrivais ceci : "Copie aussi de l’œuvre d’Isidore Pils (1849) est le tableau ...
    Publié à 27 mars 2012 à 08:30 par Jean-Pierre Rissoan
  • Canal+ et Mélenchon Jeudi 9 février Un petit journaliste infatué et superficiel de Canal+ poursuit ses outrances contre J.-L. Mélenchon. Ce dernier, à chacun de ses meetings, cite une page ou un ...
    Publié à 13 févr. 2012 à 02:25 par Jean-Pierre Rissoan
  • Robespierre, Victor Hugo et Jean-Luc Mélenchon...     Lors du meeting du Front de gauche, à Villeurbanne, ce mardi 7 février, Jean-Luc Mélenchon a lu cet extrait des Misérables de notre ancêtre républicain, Victor Hugo.     « En 93 ...
    Publié à 24 juin 2016 à 15:22 par Jean-Pierre Rissoan
  • AAA dernière nouvelle !! J.-L. Mélenchon a bel et bien raison… Depuis qu’il est candidat, Jean-Luc Mélenchon répète à qui veut bien l’entendre - et ils sont de plus en plus nombreux - que l’austérité, la « rigueur » est la ...
    Publié à 16 janv. 2012 à 03:43 par Jean-Pierre Rissoan
  • Paul Jorion, économiste: «Nous vivons un désastre annoncé» Je publie cet entretien accordé par Paul Jorion. Le texte m’a été communiqué par J.- C. Romettino, de la revue L’Improbable. L’analyse de Paul Jorion, pour aller ...
    Publié à 9 janv. 2012 à 03:17 par Jean-Pierre Rissoan
  • Nouveau communiqué de J.-L. Mélenchon Les dirigeants européens contre le peuple !En annonçant qu'il est prêt à retirer sa proposition de référendum, Georges Papandréou trahit une nouvelle fois les promesses faites aux Grecs ...
    Publié à 3 nov. 2011 à 15:49 par Jean-Pierre Rissoan
  • communiqué du candidat du Front de Gauche : J.-L. Mélenchon L'Elysée est consterné quand le peuple est consulté. Au contraire, je me réjouis que douze grèves générales aient contraint M.Papandréou à convoquer un référendum réclamé par le peuple ...
    Publié à 1 nov. 2011 à 12:08 par Jean-Pierre Rissoan
  • la réponse de J.-L. Mélenchon à la lettre d'A. Montebourg J’ai lu la lettre que tu as envoyée à tes compétiteurs de la primaire socialiste. Tu as voulu qu’elle soit « ouverte ». Je me sens concerné. En effet, tu ...
    Publié à 12 oct. 2011 à 14:52 par Jean-Pierre Rissoan
  • Mes primaires socialistes.     Le Monde, qui devient progressivement le journal de campagne du parti socialiste, publie un article sur les « primaires socialistes » : « Malgré les critiques, la primaire est bien une avancée démocratique »…Une ...
    Publié à 30 sept. 2011 à 06:01 par Jean-Pierre Rissoan
  • "La règle d'or" : des engagements bafoués ?     Dans un article d’une lumineuse clarté, Me R. Weyl, nous rappelle que le texte de la constitution n’est qu’une marche dans l’édifice constitutionnel qui structure la ...
    Publié à 6 nov. 2011 à 02:11 par Jean-Pierre Rissoan
  • Mélenchon : "la dette est un prétexte !"... Jean-Luc Mélenchon a répondu à un entretien du Monde (Zappi Sylvia, Le Monde du 24 août 2011). En voici le texte :   « Jean-Luc Mélenchon en est persuadé : face à ...
    Publié à 24 août 2011 à 05:58 par Jean-Pierre Rissoan
  • MELENCHON, PLANTU, LE ROUGE-BRUN, L’IMMONDE… J’ai vu le dessin de Plantu, dans l’Express, qui montre Marine Le Pen avec son brassard type 1933 à l’extrême droite, et J.-L. Mélenchon avec le ...
    Publié à 13 juin 2012 à 14:47 par Jean-Pierre Rissoan
  • Dynamique Front de gauche ! bon, les résultats sont là et bien là : J.L. Mélenchon est le candidat unique de la gauche de la gauche. Comme prévu, c'est à nous tous de faire ...
    Publié à 7 juil. 2011 à 07:56 par Jean-Pierre Rissoan
  • Plantu : le brassard à Stéphane Hessel ? 24 janvier 2011Homme des Lumières ( ?)[1] Plantu ne peut ignorer qu’il lui faut agir selon ce que l’historien Z. Sternhell appelle les « lumières franco-kantiennes ». Kant est ...
    Publié à 7 juil. 2011 à 06:29 par Jean-Pierre Rissoan
  • MELENCHON ET LA RESISTANCE … Hier soir, place des Martyrs de Stalingrad, à Paris, station de métro J. Jaurès, se tenait le premier meeting de campagne du candidat Mélenchon. Les caméras de la chaîne LCP ...
    Publié à 26 juil. 2011 à 13:41 par Jean-Pierre Rissoan
  • CANAL+ : HARO ! SUR MELENCHON, CE PELE, CE GALEUX…   20/04/2011  La semaine dernière, insomniaque, je zappais et je suis tombé sur Canal+ décalé où j’ai eu droit à un pot pourri du "grand journal" avec une ...
    Publié à 2 juil. 2011 à 01:37 par Jean-Pierre Rissoan
  • B. Claude Mazauric, P.C.F., Mélenchon, la matière et l’anti-matière…   27/04/2011  Parlons maintenant de Jean-Luc Mélenchon. Je tiens que Jean-Luc Mélenchon est notre meilleure figure de proue commune dans la première partie, "présidentielle ",  de cette bataille ...
    Publié à 2 juil. 2011 à 01:37 par Jean-Pierre Rissoan
  • Claude Mazauric, P.C.F., Mélenchon, la matière et l’anti-matière…   26/04/2011  Je publie aujourd’hui de larges extraits d’un texte de Claude Mazauric qu’il intitule sobrement : 2012. Claude Mazauric appartient à la lignée des grands historiens ...
    Publié à 6 sept. 2016 à 02:14 par Jean-Pierre Rissoan
  • FRONT DE GAUCHE : 118 – F.N. : 2   31/03/2011  Il est très difficile de savoir encore exactement, à l’unité près, combien le Front de gauche a obtenu de conseillers généraux à l’issue de ce ...
    Publié à 2 juil. 2011 à 01:38 par Jean-Pierre Rissoan
  • 2. Cantonales 2011 : le Front de Gauche a disparu…   21/03/2011  On nous avait prévenus[1] : le ministère de l’Intérieur ne connaît pas le Front de Gauche. Le Monde également, il est vrai, puisque dans un article ...
    Publié à 2 juil. 2011 à 01:38 par Jean-Pierre Rissoan
  • Des orthodoxes du PCF sont aussi pour le Front de Gauche !   28/01/2011  L’Humanité du 26 janvier, publié le 28. Le Monde par la plume de sa journaliste spécialisée qui « suit » le PCF et le Front de Gauche, nous ...
    Publié à 2 juil. 2011 à 01:39 par Jean-Pierre Rissoan
  • Mélenchon dessine sa stratégie…   25/01/2011  Mélenchon a donné une ITW importante au journal l’Humanité (24 janvier). J’en retire ceci qui correspond à ce que j’ai exprimé soit sur ce ...
    Publié à 2 juil. 2011 à 01:39 par Jean-Pierre Rissoan
  • Mélenchon vs Demorand : Le Monde fait-il amende honorable ?   25/01/2011  J’ai publié, en janvier, un article que j’ai intitulé "Mélenchon, Demorand et la formation des journalistes…". C’était après la "prise de bec" entre les ...
    Publié à 2 juil. 2011 à 01:39 par Jean-Pierre Rissoan
  • Mélenchon, Demorand et l’éducation des journalistes…   10/01/2011  J’ai écouté/visionné la vidéo du débat Mélenchon-Demorand sur Europe1. Je dis "débat" parce qu’à l’évidence Demorand ne se contente pas de poser ...
    Publié à 2 juil. 2011 à 01:40 par Jean-Pierre Rissoan
  • Mélenchon, Pujadas, dignité ouvrière…   11/10/2010  Il paraît que les réflexions de Mr. Mélenchon sur le comportement politique de Mr. Pujadas à l’antenne, passent en boucle sur le net. Le portail d ...
    Publié à 2 juil. 2011 à 01:40 par Jean-Pierre Rissoan
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Le Front de Gauche : le quatrième état qui se lève… le vrai rapport de force à gauche au premier tour des départementales

publié le 1 avr. 2015 à 08:34 par Jean-Pierre Rissoan   [ mis à jour : 2 avr. 2015 à 00:32 ]

    A la suite du journal Le Monde dont l’influence est grande dans les rédactions, les journaux ont parlé du nouveau tripartisme qui caractériserait la vie politique française aujourd’hui : la droite, la gauche -sous entendu le PS- et le Front National. Le front de Gauche ? le PCF ? les 11,5% de 2012 ? aux oubliettes. Il est vrai que M. Valls avait donné le la : la gauche est divisée et c’est là les raisons de son échec. Le Monde lui-même donne les résultats électoraux en distinguant les binômes investis par le FDG (PCF + PG), les binômes PCF, les Binômes PG, les binômes PS-UDG (union de la gauche) investis par le PS et au moins un autre parti de gauche (EELV, PRG, PCF, PG) sans oublier les binômes PS, bien sûr, ni les binômes extrême-gauche, ou les binômes divers-gauche : ceux notamment investis par "plusieurs partis de gauche mais pas par le PS" -sic-.

    On a pu voir dans ces conditions et sur ordre du ministère de l’Intérieur, des résultats en bâtonnets où le PS et autres font bonne figure face à la droite et au FN alors que le FDG n’avait que de misérables 5 ou 6%, le PC avec 1,5% etc… Quantité négligeable donc, d’où la fable du tripartisme.

    Le Parti Communiste avait prévenu, dès avant le premier tour, que ce tour de passe-passe de Valls pouvait défigurer la lecture des résultats au soir du 1er tour. Il a effectué ses propres calculs et arrive à un pourcentage de 9,4%.

Le Front de gauche réalise un score de 9,4 % au niveau national. [1] "Dans un communiqué, le PCF annonce un résultat en progrès du Front de gauche aux élections départementales à 9,4% des suffrages exprimés. La totalisation des résultats publiés ce matin par le ministère de l'Intérieur rend volontairement illisibles les scores des candidates et candidats présenté-e-s et soutenu-e-s par le PCF et le Front de gauche, avec dans de nombreux cantons un large rassemblement de forces de gauche et écologistes. La réalité de ces totalisations est la suivante : les listes soutenues par notre rassemblement réalisent un score de 9,4 % au niveau national. Le PCF avec le Front de gauche fait plus que résister, il progresse par rapport aux élections départementales de 2008 et 2011. Ces résultats sont un encouragement à poursuivre le travail de rassemblement et d'espoir pour une autre politique à gauche. (...)".

Mais dira-t-on, c’est de la propagande communiste as usual. Heureusement, l’honnêteté est un bien partagé, pas par tous mais partagé tout de même. Ainsi le quotidien virtuel MEDIAPART publie un dossier intitulé Départementales : le vrai rapport de force à gauche au premier tour où il est dit :

"Un groupe de chercheurs a "recodé" les résultats des départementales pour donner une vision plus détaillée du premier tour. Notamment à gauche, où ce recomptage fait apparaître que les candidats soutenus par le PS ont obtenu 24,7 % des suffrages exprimés, et la "gauche autonome" 10,1 %.Quel est l'état réel des rapports de force à gauche après le premier tour des départementales ? Les résultats officiels communiqués par le ministère de l'intérieur n'ont permis de répondre qu'en partie à la question".

 

Voici la teneur de la substantifique moelle du dossier :

 

    "En cause, la non-mention du nombre de cantons où tel ou tel parti était candidat – les écologistes sont ainsi crédités d'un très modeste 2 % au niveau national, alors qu'ils n'étaient candidats que dans 377 cantons sur 2 000, où ils ont réalisé en moyenne près de 10 % des suffrages exprimés.

    Mais c'est surtout l'étiquetage des binômes candidats choisi par le ministère de l'intérieur pour ces élections, qui est remis en doute. Le PS a ainsi choisi d'additionner à son score (13% des suffrages exprimés) les 8 % d'"union de la gauche", fourre-tout regroupant des binômes soutenus par lui. Le soir du premier tour, le premier secrétaire du PS parlait ainsi de "25 %" pour le PS. Le lendemain, le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, invité de BFM-TV, évoquait même « 28,8 % » pour le "PS et ses alliés" – un résultat très flatteur, qui englobe aussi les "divers gauche". Un bloc crédité de 6,79% qui regroupe en réalité toutes sortes d'alliances, à commencer par les binômes EELV-Front de gauche qui ont réalisé de gros scores dans certains centres urbains. Autant de résultats invisibles dans la nomenclature choisie par le ministère. À Grenoble par exemple, le binôme PS-PRG sans le PCF a été codé "union de la gauche" par le ministère de l'intérieur, tandis que l'alliance EELV-PG-Nouvelle Donne a été estampillée "divers gauche".

    Ces scores ont permis au PS d'affirmer qu'il résistait bien et qu'il n'y avait pas de dynamique sur sa gauche : cumulés, les scores des binômes "Front de gauche" (4,72 %), "Parti de gauche" (0,06 %) et "PCF" (1,32 %) ont à peine dépassé les 6 %. Le Front de gauche a dénoncé un "tripatouillage des étiquettes" destiné à " réduire son score" et à "effacer les rassemblements opérés notamment avec EELV et/ou des citoyens".

    À droite, les problèmes d'étiquetage se posent peu. Pour l'essentiel, l'UMP et l'UDI sont parties unies. Quant au FN, il n'avait pas d'alliés et s'est présenté partout sur son propre nom. À gauche, en revanche, ils masquent les rapports de force réels. Selon plusieurs spécialistes des élections et chercheurs réunis au sein du réseau Futur des études électorales (FEEL) de l’Association française de science politique, le "nuancier" du ministère de l'intérieur, qui "repose sur un ensemble de choix discutables", est "insatisfaisant pour avoir une vision précise des rapports de force électoraux nationaux car il ne permet pas de rendre compte de l’ensemble des stratégies d’alliances entre les partis. Et ce d’autant que l’instauration d’un scrutin binominal offre des possibilités importantes d’alliances"[2]. "Pour ces élections départementales", poursuivent-ils dans une note publiée sur le blog slowpolitix, "la problématique principale concerne la gauche, compte tenu de la forte fragmentation de ses candidats et les logiques différenciées d’alliances entre ses diverses composantes. Or c’est à gauche qu’il existe un enjeu à comparer les résultats des forces politiques puisque de nombreuses organisations (PCF, PG, EELV, etc.) cherchent à concurrencer la position nationale dominante du PS". Sur la base du fichier officiel des résultats, la vingtaine de membres du réseau ont mis leurs efforts en commun pour "recoder" l'ensemble des binômes.

    Leurs conclusions ne bouleversent pas la lecture que l'on peut faire du scrutin. Ainsi, le total toutes gauches-toutes droites reste égal, et le score du FN est le même. Mais ce calcul, qui est accompagné d'une mention de l'offre "réelle" (le nombre de cantons où chacune des différentes combinaisons politiques était proposée), a le mérite de donner une meilleure idée de la dynamique des deux grands blocs de gauche. Il est ainsi possible de mesurer plus objectivement le score de ce que Simon Labouret, un des chercheurs qui a participé à ce travail, nomme le "bloc gouvernemental" [3] : les binômes PS ou d'alliances avec le PS (PS-PRG, PS-PCF, PS-EELV, PS-PCF-EELV). Au total, ce bloc est crédité de 24,7 % des suffrages exprimés, dont 4,6 % pour les binômes constitués par le PS avec EELV et le PCF, deux partis qui ne sont pas au gouvernement. C'est bien moins que les estimations avancées par Stéphane Le Foll. Et moins que le Front national.

    "Le score du PS est meilleur qu'aux européennes et il a résisté à certains endroits, là où les notabilités locales étaient fortes, explique Simon Labouret, membre du FEEL et assistant de recherche au Centre d'études européennes de Sciences Po. On peut penser par ailleurs que la stratégie de la peur du FN adoptée par Manuel Valls a eu pour effet de polariser les voix sur le candidat socialiste, plus que sur d'autres offres". Une tactique payante au premier tour, donc, mais qui risque de l'être beaucoup moins au second. "On peut s'attendre à des reports très mauvais de la droite sur le PS. D'autant que les électeurs du Front national ont été très stigmatisés par le PS et auront du mal à voter pour lui".

    La "gauche autonome" du PS (Front de gauche, Front de gauche-EELV, EELV), elle, peut être évaluée à 10,2% : 5,5% pour les binômes Front de gauche (investis par le PCF ou le PG), présents dans la moitié des cantons ; 2,8% pour l'alliance écologiste-Front de gauche, présente dans moins d'un quart des cantons ; et 1,9% pour EELV, présent dans 32 cantons. Le "recodage" permet de donner d'autres clés de lectures. Ainsi, les binômes soutenus par le PCF, présents dans trois cantons sur quatre, obtiennent 9,4 % des suffrages exprimés. Les binômes soutenus par EELV ne sont présents que dans la moitié des cantons mais réalisent un score presque équivalent, 8 %.

    Pour Simon Labouret, la classification du ministère de l'intérieur a "sa logique" : "produire des résultats rapidement", qui n'est pas celle des commentateurs ou des politologues. Mais le chercheur décèle quand même aussi dans cet étiquetage contesté "un problème de routine administrative". "Il a fallu un ou deux ans au ministère pour prendre en compte la réalité électorale du Front de gauche, c'est la même chose qui se passe aujourd'hui avec les alliances entre, par exemple, le parti de Gauche et EELV" », dit Simon Labouret. Les chercheurs du groupe FEEL "regrettent" aussi certains "choix" opérés. "Par exemple, considérer que l'union de la gauche, c'est le PS et le PRG, cela relève d'une vision assez embuée", poursuit-il. "Nous aimerions qu'il y ait plus de réactivité dans l'évolution de l'offre électorale, parfois moins de conservatisme dans certains choix, et proposons d'intensifier les liens entre les chercheurs et le ministère".

    Fin de citation.  

    Vous pouvez donc vous fier à cette carte électorale du Front-de-gauche qui se présente ainsi - en regrettant que l’unité de base soit le département et non le canton, ce qui eût donné une configuration plus proche du réel -.

 

et les élus :

source : cartes élaborées par l'Humanité.

[2] En effet, chaque membre du binôme ayant droit à un suppléant, pas moins de quatre noms figurent sur le bulletin de vote. Quatre partis peuvent donc être représentés.

[3] Je rejette totalement cette qualification de bloc gouvernemental pour un binôme PS-PCF mis en place exclusivement parce que la menace FN était immédiate. Le candidat PCF n’approuvait en rien la politique de Valls-Hollande en constituant ce bloc républicain avec son voisin socialiste.

Le Front de Gauche et la situation en Irak

publié le 21 oct. 2014 à 09:03 par Jean-Pierre Rissoan

Les députés Front de Gauche expriment leurs réserves à l’égard d’une intervention de la France en Irak aux côtés des Etats-Unis 

Face à la barbarie de Daech, le silence et l’inaction ne peuvent être de mise.

Oui il faut apporter une aide militaire à ceux qui résistent aux djihadistes, ainsi qu’un soutien politique, humanitaire, économique. Mais l’action militaire contre Daech doit prendre la forme d’une coalition internationale, réunissant notamment  les pays musulmans de la région, sous l’égide de l’ONU. La France ne peut en aucun cas agir seule aux côtés des Etats-Unis et sous la tutelle de l’OTAN!

Et n’oublions pas que l’émergence de Daech est aussi la conséquence de l’invasion anglo-américaine de l’Irak de 2003, décidée en violation totale du droit international. Le délitement de l’Irak, marqué par l’exacerbation des fractures ethniques et confessionnelles, résulte pour une grande partie de la politique néocolonialiste américaine.

Retrouvez l’intervention  prononcée le 24 septembre 2014 par François ASENSI à l’Assemblée nationale au nom des députés du Front de Gauche. Le Front de Gauche et la guerre en Irak (septembre 2014) F. Asensi, député du 93.

Les monstres qu’ils ont créés…

Par Jean-Paul Piérot

L’émotion le dispute à l’indignation, mais les mots sont parfois bien faibles pour exprimer l’indicible. En quelques semaines les assassins ont répété à quatre reprises leur sinistre mise en scène. Après deux journalistes américains et un humanitaire britannique décapités quelque part en Syrie, un citoyen français, Hervé Gourdel, a été supplicié loin de là, en Algérie. Sans doute, les ravisseurs qui se réclament de «l’État islamique» ont-ils voulu percuter le débat parlementaire sur l’engagement de la France dans la nouvelle aventure militaire irakienne. Les extrémistes, qui persécutent la population civile des deux côtés de l’Euphrate, ne voulaient pas arrêter l’opération militaire mais ajouter une touche sanglante au tableau d’un Moyen-Orient en plein chaos. Car l’option militaire choisie par les États-Unis, soutenue par les dirigeants français, l’émir du Qatar et le roi d’Arabie saoudite n’est évidemment pas pour déplaire aux intégristes de l’«EI», qui comptent bien prospérer sur les champs de ruines. Hervé Gourdel est victime de cette stratégie d’affrontement et du déferlement de violence qu’elle va provoquer. L’histoire retiendra aussi de ce bien triste jour que le Parlement aura été privé du droit de se prononcer sur l’engagement de la France dans une nouvelle guerre. Pourtant, le monde vit des heures graves et périlleuses, tout particulièrement aux portes de l’Europe. Le mot guerre est aujourd’hui revendiqué, répété presque avec une sorte de gourmandise par ses promoteurs. La guerre est banalisée, elle est devenue une méthode comme une autre, peut-être même la première à laquelle on pense, surtout quand les résultats de la politique intérieure ne donnent guère à l’exécutif des raisons de plastronner. Par leurs interventions militaires successives et le non-règlement équitable des crises, les États-Unis et leurs alliés occidentaux ont créé des monstres, qu’ils prétendent aujourd’hui vouloir réduire en usant des mêmes méthodes que celles qui les ont engendrés. On connaît déjà hélas le résultat.



Peut-on encore sauver la "gauche radicale" ? Un article de Thierry Blin

publié le 15 juil. 2014 à 07:21 par Jean-Pierre Rissoan

Face au capitalisme global, et à l’incertitude permanente qu’il fait peser sur notre travail et nos vies, pourquoi la gauche radicale, principalement représentée par le Front de gauche, n’arrive-t-elle pas à incarner une alternative politique ? Cette gauche a pour l’instant échoué à séduire les abstentionnistes de plus en plus nombreux, ou à enrayer l’ascension du Front national. "Faute d’une révision radicale de ses options idéologiques, on ne la visitera bientôt plus que dans les ossuaires du défunt XXème siècle", estime le sociologue Thierry Blin dans cette tribune.


                PEUT-ON ENCORE SAUVER LA "GAUCHE RADICALE" ?

Un article de Thierry Blin,

maître de conférences en sociologie (Montpellier III),

publié par le Mouvement politique d’émancipation populaire (M’PEP) avec l’autorisation de l’auteur.

Le philosophe Jean-Claude Michéa a récemment avancé, à partir de George Orwell, un théorème à méditer attentivement : "Quand l’extrême droite progresse chez les gens ordinaires, c’est d’abord sur elle-même que la gauche devrait s’interroger". Les récentes larmes électorales de Jean-Luc Mélenchon relèvent de cet axiome. Elles tombèrent comme une analyse des 30 à 35% des chômeurs, des jeunes et des ouvriers qui votèrent Front national, comme un aveu de ce que la Gauche radicale n’était pas, à leurs yeux, un opposant suffisamment fiable au monde actuel.

Ce qui domine en effet aujourd’hui dans de larges couches de la population, celle des classes moyennes confrontées au descenseur social, celle des exclus de la mondialisation, celle des « petits » (ouvriers, employés, retraités issus de ces catégories, celle du chômage de masse, des petits paysans…), c’est le sentiment acerbe d’une friabilité généralisée à laquelle rien ne devait échapper (travail, compétences, savoirs…), l’impression d’être confronté à une société toujours mouvante, immaîtrisable, ne proposant plus pour horizon que l’urgence et l’adaptation. Le PCF d’autrefois en assurait la prise en charge électorale. Il en avait reçu le titre de tribun du Peuple. Pourquoi n’est-ce plus le cas ?

Une société où l’avenir, le niveau de vie, le travail sont incertains

Parce que le Front National porte une analyse terriblement efficace de la mondialisation. Cette dernière conduit à ce que le sociologue Zygmunt Bauman nomme une société liquide, une société où l’avenir, le niveau de vie, le travail sont incertains [1]. Cette société s’est donnée pour âme, les principes et valeurs de la fluidité, de la révolution et de la communication permanentes. Dans la société d’avant cette nouvelle hégémonie, l’État-Nation régulait, régnait, conférait une identité. Un travail pouvait définir une vie. Etc. Le capitalisme de cette ère avait généré un puissant double antagoniste, sous la forme du mouvement ouvrier qui parlait lui aussi le langage « solide » des classes, du destin identitaire lié au travail, de l’État, et même de la Nation, comme ce fut longuement le cas d’un PCF héritier d’une tradition ancrée dans la Révolution française.

Ce que le vote FN manifeste c’est cette nostalgie du solide, de la prise collective sur la vie ordinaire, ce rejet de l’impuissance face à l’inéluctabilité de l’adaptation à « l’économie telle qu’elle va »… Sur ce plan, c’est d’ailleurs tout bénéfice pour lui que d’être éternellement associé au Mal par les gestionnaires de l’adaptation forcenée au nouveau cours du Capitalisme mondial. Le débat est alors réduit à un duo en forme de chaos mental : Global Capitalism ou Le Pen. Avec des ennemis comme ça, le Front National n’a assurément pas besoin d’amis.

La Gauche radicale : un maigre public d’urbains diplômés

Face à cela, il est à craindre que le thème désormais tabou de la Nation, ne soit devenu un symptôme criant de l’inadaptation de la Gauche radicale à son présent. Ainsi, se laisser aller à penser que les références brumeuses à l’Europe sociale, à un hypothétique Smic européen ou à la « subversion » de l’euro impressionneront l’électeur, rameuteront l’abstentionniste, a quelque chose de dérisoire. Entretenir le flou sur le rapport à l’Europe, à la souveraineté, parler, dans le même wagon, de l’horreur des Frontières et des souverainetés populaires, c’est se condamner, à terme, à une fossilisation inéluctable. Phénomène d’autant plus fascinant que jusqu’à l’invention de la Gauche plurielle (2002), il n’était question que du refus de « l’Europe supranationale du Capital » [2].

Que veut-on alors sérieusement opposer à cette vérité du Capital qu’est la tyrannie du trafic universel ? Que dit-on à ceux pour lesquels la mondialisation n’est pas heureuse, et qui interprètent l’obscurité sur ce sujet comme un silence sur leur précarité ? Mesure-t-on la radicalité de la sécession en forme de gouffre politique que constitue l’abstention structurelle ? Elle crie la dépossession, la certitude de l’inutilité démocratique au regard du « cours des choses », « l’à-quoi-bon ».

Écartelée entre une identité ouvrière, populaire, de plus en plus lointaine, une frappante conversion à un gauchisme culturel apôtre de la libération des aspirations individuelles, qui ne parle qu’à ceux qui ont les moyens de les réaliser, et une indécision criante sur ce que l’on doit conserver de l’État-Nation, la Gauche radicale a aujourd’hui des allures de spectre informe. Elle ne touche plus qu’un maigre public d’urbains, diplômés, travailleurs du service public. Faute d’une révision radicale de ses options idéologiques, on ne la visitera bientôt plus que dans les ossuaires du défunt XXème siècle.

Thierry Blin, maître de conférences en sociologie (Montpellier III)

 

[1] Voir, par exemple, La Vie liquide, traduit de l’anglais par Christophe Rosson, Paris, Hachette, « Pluriel », 2006.

[2] Selon l’essayiste Aurélien Bernier (La Gauche radicale et ses tabous. Pourquoi le Front de gauche échoue face au Front national, Paris, Le Seuil, 2014), Lionel Jospin aurait posé comme préalable à la présence de ministres communistes dans son gouvernement, l’abandon de ce type d’analyse apparemment déplacée. Robert Hue, secrétaire national du PCF à l’époque, n’aurait opposé qu’un vigoureux « oui ».

 

 PEUT-ON ENCORE SAUVER LA « GAUCHE RADICALE » ?

Communiqué du FDG du 6 avril 2013

publié le 7 mai 2013 à 02:03 par Jean-Pierre Rissoan

SAMEDI 6 AVRIL

Communiqué du FRONT DE GAUCHE

    L'affaire Cahuzac suscite la colère et la nausée. D’'une gravité extrême, elle ne révèle pas seulement l’'absence de probité et d’'honnêteté d'’un homme. Elle met à jour, une nouvelle fois, un système oligarchique profondément néfaste, une démocratie à bout de souffle, la collusion grandissante entre les hautes sphères financières et celles de l'Etat. Il faut mettre fin au règne de la finance.

L'heure n’'est pas au bricolage mais à la réorientation de la politique du pays et à la refonte du cadre institutionnel. Au moment où le gouvernement demande au plus grand nombre de se serrer la ceinture et après l'’intervention télévisée d'un Président qui confirme son cap visant à ne rien changer, cet épisode misérable précipite la crise politique.

Le Front de Gauche est engagé dans la bataille contre l’'austérité à l'image de sa campagne  « pour une alternative à l'austérité ». Il participera à la manifestation du 9 avril contre l’'ANI, appelle les parlementaires à ne pas retranscrire dans la loi cet accord minoritaire. Dans l'immédiat, il exige la suspension du débat parlementaire sur ce texte pour légiférer en urgence contre le pouvoir de la finance, contre les paradis fiscaux, y compris en Europe, contre les conflits d'’intérêt. Il faut des contrôles, des normes nouvelles, et pas seulement des appels à la morale individuelle, des moyens financiers pour faire face à la fraude fiscale.

La défiance des citoyennes et citoyens à l’'égard des responsables politiques atteint son seuil critique. L'’oligarchie croit en sa toute puissance, en son impunité. C'’est pourquoi la réplique doit être forte et claire. Le Front de Gauche défend la perspective d'un processus constituant pour une nouvelle République. Redéfinir les règles sociales et démocratiques est le moyen pour que le peuple reprenne le pouvoir. La VIe République visera à élargir le socle des droits, à étendre la souveraineté populaire, à favoriser la démocratie sociale.

Face à l'accélération de la crise sociale et politique, le Front de Gauche assumera toutes ses responsabilités pour que la colère légitime débouche sur l’'espoir et la transformation sociale. Le Front de Gauche propose  à toutes les forces et les personnes qui ont voulu le changement en mai dernier et plus largement au peuple, contre la finance et l'austérité, une grande marche citoyenne pour la 6ème République le 5 mai à Paris.

La dépêche d’Ems de l’agence France-Presse

publié le 25 mars 2013 à 07:32 par Jean-Pierre Rissoan   [ mis à jour : 27 mars 2013 à 14:45 ]

    Tout est parti d’un mauvais travail de l’AFP et des journalistes clients de l’AFP qui n’ont pas fait leur travail de vérification des sources.

Katell PRIGENT (AFP) – Il y a 1 jour  (soit le 24 mars, JPR)

BORDEAUX — "Qu'ils dégagent tous", "salopards", "échec du gouvernement"... le vocabulaire utilisé samedi lors du 3e Congrès, à Bordeaux, du Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon a traduit une radicalisation provoquant de vifs débats avec le PS.

Durant ces assises qui s'achèvent dimanche, et qui ont été largement dirigées contre les "politiques d'austérité" du gouvernement et de l'Europe, les dirigeants du PG s'en sont en particulier pris au ministre de l'Economie Pierre Moscovici provocant un échange acerbe avec le PS.

François Delapierre, secrétaire national, a dénoncé "les 17 salopards de l'Europe" faisant référence à l'attitude des 17 gouvernements de la zone euro à l'égard de Chypre. Dans ces 17 salopards, il y a un Français, il a un nom, il a une adresse, il s'appelle Pierre Moscovici et il est membre du Parti socialiste", a-t-il dit vivement applaudi par les 800 délégués.

"Une très belle expression", dit en souriant aux journalistes Jean-Luc Mélenchon, en qualifiant le ministre de "petit intelligent qui a fait l'ENA" et qui "ne pense pas français, qui pense finance internationale".

Ces propos ont été qualifiés "d'inacceptables" par le 1er secrétaire du PS, Harlem Désir, qui a demandé à M. Mélenchon de les "retirer". "C'est un vocabulaire des années 30 que l'on ne pensait plus entendre de la bouche d'un républicain et encore moins d'un dirigeant de gauche", a dit M. Désir à l'AFP.

"Une diversion, à la méthode socialiste habituelle : insulter et insinuer plutôt que de répondre sur le fond", a répondu Jean-Luc Mélenchon. Harlem Désir "ferait bien de nous dire ce que pense le PS du vote des ministres français sur Chypre", a-t-il ajouté. (…).

        Copyright © 2013 AFP. Tous droits réservés [1].

 

    Dans POLITIS du 24 mars 2013,  Michel Soudais donne la "retranscription fidèle (…) des propos de Mélenchon" et donne à entendre la bande sono : http://www.politis.fr/Ce-qu-a-VRAIMENT-dit-Melenchon,21436.html

        JLM : « Le fond de l’affaire est le suivant, qu’a fait le Français dans la réunion ? Il s’est pris pour un petit intelligent, économique, vachement responsable, qu’a fait des études à l’ENA, qui sait comment on doit organiser la rectification des comptes d’une nation, gna gna gnagna gna gna gna… Ben va dans une administration, tu représentes pas le peuple français quand tu fais ça ! Il faut dire : « Non, pas question. Je refuse. Je ne suis pas d’accord. » Pourquoi ? Pas en se disant « les Grecs, je sais pas quoi », mais en se disant « mais demain c’est moi ». Comment le même homme demain à la même table si on lui dit « mais M. Moscovici vous n’avez pas fait ci, vous n’avez pas fait ça, vous avez accepté telles dépenses sociales et tout… » Comment il va pouvoir dire « non » vu qu’il a déjà dit « oui » pour les chypriotes ? Donc il se met dans leurs mains. Donc c’est un comportement irresponsable. Ou plus exactement c’est un comportement de quelqu’un qui ne pense plus en français… qui pense dans la langue de la finance internationale. Voilà. ».

     Voilà comme l’on passe de "c’est un comportement de quelqu’un qui ne pense plus en français… qui pense dans la langue de la finance internationale" à quelqu’un qui "ne pense pas français, qui pense finance internationale". Et c’est journaliste à l’AFP. Et c’est une dépêche de l’AFP. Et c’est la matière première de tous les journalistes qui reprennent en boucle cette affirmation sans la vérifier. Vérifier ses infos ? Allons donc ! Autrefois, oui, mais maintenant…

     Si l’on dit que Barroso ou Mario Draghi ne pensent pas portugais pour l’un, italien pour le suivant mais pensent finance internationale, où est l’insulte ? C’est une opinion et j’ai tendance à penser que c’est même une vérité. Si on dit la même chose pour Moscovici c’est de l’antisémitisme ! Même si on ignore que celui-ci est d’origine juive et semble-t-il de confession juive. Comment savoir ?

    Mais, de toute façon, le problème n’est plus là. Le problème est que Jean-Luc Mélenchon N’A PAS PRONONCE CES PAROLES QUE LUI PRÊTE L’AFP…

    Il y a une différence -selon moi minime - entre ne plus penser en français et ne plus penser français. les esprits les plus tordus exagèrent cette différence en interprétant de la façon suivante : Dans le premier cas, on n’utilise plus l’ensemble de codes que représente la langue française, on utilise une autre langue, un autre langage : celui de la finance internationale, langage qui véhicule un autre esprit, une autre mentalité. Dans le second cas, on ne pense plus en tant que Français, on ne pense plus comme devrait penser un Français banal, un Français comme tout le monde, on pense en étranger… C’est ce qu’a compris Harlem Désir dont l’intelligence a frappé tous les esprits depuis qu’il sévit au PS. Et c’est ce qu’on comprit tous les malfaiteurs dont Moscovici lui-même, Valls, Copé, Nathalie Kosciusko-Morizet, l’inévitable Elkabbach et tant d’autres dont l’inévitable PROGRÈS de Lyon qui, dans son édition du 25 mars publie un article non signé -donc issu du texte des agences- alors que depuis le 24, il avait le temps de vérifier ses sources. Même la page d’accueil d’Orange -chef-d’œuvre perpétuel d’âneries et de turpitudes politiques - y est allé d’abondance mais, à l’heure où j’écris ces lignes, tout a disparu. La vérité a éclaté, et tous ces gens sont ridiculisés et devraient porter un bonnet d’âne. Même l’horrible Apathie.  

    Tout fut bon pour accuser Jean-Luc Mélenchon d’antisémitisme. Union sacré UMPS contre le leader du Front de Gauche.   

    Tout cela confirme à quel point le Front de Gauche fait peur. Tous les moyens sont bons, comme disait Maurras de l’Action français, pour l’abattre…

 

La dépêche d’Ems, facteur déclenchant de la guerre de 1870

 

    Cela se passe en juillet 1870. Il est fortement question qu’un prince Hohenzollern se pose sur le trône d’Espagne, si bien que la France serait prise en tenaille puisque la Prusse est déjà frontalière au niveau de la Moselle. La France exige que cette candidature soit retirée. Ce qui fut. Mais elle veut plus. Elle veut que le roi de Prusse en personne écrive qu’à tout jamais il n’y aura plus de candidature Hohenzollern au trône d’Espagne. Notre ambassadeur va voir Guillaume 1er en cure à Ems près de Coblence. Et manifestement se montre un peu trop insistant. Le roi écrit à Bismarck et celui-ci s’adresse à la presse.

Voici les deux textes, le texte reçu et le texte publié par Bismarck

    1. - Dépêche reçue par Bismarck (envoyée de la part du roi par son confident Abeken) "Sa Majesté le roi m'écrit : "Le comte Benedetti -ambassadeur de France) s'est cramponné à moi à la promenade et m'a demandé, d'un ton à la fin très insistant que je lui donnasse l'autorisation de télégraphier immédiatement que je prenais à tout jamais l'engagement de ne plus consentir à la candidature Hohenzollern, si elle venait à se reproduire. Je finis par le rembarrer avec quelque sévérité. Je lui dis qu'on ne pouvait ni ne devait prendre de tels engagement à tout jamais. Naturellement je lui fis savoir que je n'avais encore aucune nouvelle et qu'étant plus rapidement informé que moi, par la voie de Paris et de Madrid, il voyait bien que mon gouvernement était une fois de plus hors de cause". Sa Majesté a reçu depuis une lettre du prince [Antoine de Hohenzollern, père du candidat au trône vacant d’Espagne, qui annonce que son fils renonce au trône espagnol, JPR]. Or, ayant dit au comte Benedetti qu'elle attendait des nouvelles du prince, elle a pris deux décisions : 1° sur mon rapport et celui du comte Eulenbourg, S. M. a décidé de ne plus recevoir le comte Benedetti, touchant la question de l'engagement précité ; mais, 2° de lui faire savoir par un aide de camp qu'elle avait reçu confirmation par le prince, de la nouvelle que Benedetti tenait de Paris que S. M. n'avait rien à lui dire de plus. - S. M. fait Votre Excellence juge de la question de savoir si la nouvelle exigence de Benedetti et le refus qui y a été opposé ne devraient pas être immédiatement communiqués à nos ambassadeurs et à la presse". (Trad. dans ANDLER, Le prince de Bismarck).

 

    2. - Dépêche publiée par Bismarck : "La nouvelle du renoncement du prince héritier de Hohenzollern a été officiellement communiquée au gouvernement impérial français par le gouvernement royal espagnol. Depuis, l'ambassadeur français a encore adressé à Ems, à S. M. le Roi, la demande de l'autoriser à télégraphier à Paris que S. M. le Roi, à tout jamais, s'engageait à ne plus donner son consentement, si les Hohenzollern devaient revenir à leur candidature. S. M. le Roi là-dessus a refusé de recevoir encore l'ambassadeur français et lui a fait dire par l'aide de camp de service que S. M. n'avait plus rien à communiquer à l'ambassadeur". (Trad. dans MATTER, ouvr. cité, t. I).

On notera que le roi n'avait nullement permis de divulguer son refus de recevoir l’ambassadeur. Mais "ce texte", dit Bismarck à von Moltke, "produira sur le taureau gaulois l’effet du chiffon rouge".

Mais les journalistes de l’AFP ne savent plus ce qu’est la dépêche d’Ems. Cela n’empêche pas Katell Prigent de jouer à Bismarck. Si elle le connaît bien sûr.

Le chiffon rouge a fait réagir tous les anti-Front de Gauche de France et de Navarre, taureaux sauvages dès que se lève le quatrième état.  

 

lettre d'information du groupe FRONT DE GAUCHE à l'Assemblée

publié le 21 janv. 2013 à 11:26 par Jean-Pierre Rissoan   [ mis à jour : 21 janv. 2013 à 11:27 ]

Pierre LAURENT, " refonder la République " !

publié le 18 déc. 2012 à 14:24 par Jean-Pierre Rissoan   [ mis à jour : 19 déc. 2012 à 12:10 ]

A Marseille, Pierre Laurent lance un appel à refonder la République

« Refonder la République - reconquérir la liberté, reconstruire l'égalité des droits et refonder la fraternité »,

vous trouverez ci-dessous le discours prononcé par Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, à Marseille le 15 décembre 2012 à l'occasion de l'initiative du PCF sur la République.

 

 

Seul le prononcé fait foi

 

 

Mesdames et messieurs,

Chers amis, chers camarades,

Nous sommes réunis ici, dans cette belle et grande ville populaire de Marseille, pour lancer un appel.

Oui, ici en 2012, 220 ans après la proclamation de la République, nous le clamons haut et fort : la République, notre République, est à refonder. Oui, la République, celle qui clame sur ses frontons « Liberté, Egalité, Fraternité », celle qui ne reconnaît que la souveraineté populaire, doit reprendre le combat. Parce qu'elle est abîmée, défigurée, salie. Abîmée par l'indécence des inégalités et la violence des discriminations ; défigurée par l'arrogance des pouvoirs de l'argent, le poison des divisions et des concurrences à outrance ; salie par le racisme banalisé du Front national et d'une partie grandissante de l'UMP. Les mots ne suffisent plus. La République n'est pas un drapeau dans lequel il fait bon se blottir si c'est pour, aussitôt après, s'essuyer les pieds sur ses valeurs comme sur un paillasson. La République a toujours été un combat. La France a progressé et rayonné dans le monde chaque fois qu'elle s'est hissée au devant de ses valeurs fondatrices. Elle s'est déshonorée chaque fois qu'en son nom, ces valeurs ont été trahies. La République n'est elle-même que quand elle fait vivre au quotidien, concrètement, ses principes de liberté, d'égalité et de fraternité. Et aujourd'hui, en 2012, nous le disons, le combat doit reprendre, vite et fort, avant que la République ne s'abîme un peu plus encore. Une nouvelle page doit s'écrire, que nous baptisons VIe République.

 

*

 

C'est aux volontaires marseillais, partis en juillet 1792 de la rue Thubaneau à Marseille pour marcher sur Paris, que fut distribué un tiré-à-part avec les paroles de l'hymne écrit par Rouget de l'Isle. Cela faisait deux ans déjà que les révolutionnaires diffusaient la devise « Liberté, Egalité, Fraternité » depuis que Robespierre en avait fait la proposition dans son Discours sur l'organisation des gardes nationales. « Liberté, égalité, fraternité », la devise nationale mettrait encore du temps à s'imposer officiellement définitivement mais depuis lors, elle n'a jamais plus quitté l'imaginaire républicain de notre nation. On n'a rien fait de plus révolutionnaire depuis. Qu'un peuple, qu'une nation décrète l'abolition des privilèges, proclame que « tous les hommes naissent libres et égaux en droits », et en fasse sa loi suprême, on n'a rien fait de plus révolutionnaire depuis. Ces trois mots, inscrits au fronton de nos mairies, de nos écoles, ces trois mots sont les piliers de la France, du pays qui nous unit, de chaque femme, de chaque homme, né ici, et de chaque femme, de chaque homme qui choisit notre pays pour y vivre, qui le choisit pour nation. On n'a rien fait de plus révolutionnaire depuis. Il n'est pas donc étonnant qu'il ait toujours fallu se battre pour que ces mots passent de nos frontons à la réalité. Les privilégiés, hier ceux de l'Ancien régime, aujourd'hui les nouveaux aristocrates de la finance, ne s'y sont jamais résolus. Ils n'ont jamais cessé, pour entraver ces principes, d'en limiter la portée, de diviser, d'opposer, de discriminer, de séparer, de hiérarchiser, de mettre en concurrence les individus entre eux.

Nous voulons une société d'individus librement associés, solidaires et égaux en droits. Eux défendent une société d'exploitation de l'homme par l'homme. Jean Jaurès ne s'était pas trompé sur la portée historique de l'invention républicaine, lui qui qualifiait la République proclamée en 1792 de « sublime nouveauté du monde ». « Que ce peuple, écrit le fondateur de l'Humanité, où il n'y avait pas d'esclaves, où il n'y avait pas de serfs et où, depuis le 10 août, tous les citoyens étaient égaux, s'élevât à la République, et qu'il devînt, vraiment, tout entier, dans tous ses éléments, un peuple de rois, voilà [...] la grande nouveauté et la grande audace ». Aujourd'hui à nouveau, mes amis, mes camarades, il faut pousser les privilégiés vers la porte. Notre République souffre trop. L'heure de l'audace, celle de l'égalité, a de nouveau sonné. Car à toutes celles et à tous ceux qui s'interrogent, et qui devant ce spectacle d'injustices qui n'en finit pas, se demandent : « Sommes nous impuissants ? » Je réponds avec conviction : « Non, nous ne sommes pas impuissants mais divisés ». Ce n'est pas du tout la même chose. Et tant que nous sommes divisés, les privilégiés règnent. Ils nous isolent, ils nous opposent. Et la division des exploités, des dominés c'est leur force. Comment s'y prennent-ils pour entretenir et développer ce climat de division ? Tout est fait pour que chaque être humain se sente plongé dans un climat permanent d'insécurité sociale, culturelle, existentielle.

 

Chacun de nous se sent menacé. Désormais, un Français sur deux se déclare pauvre ou pense qu'il peut le devenir.Il y a des milliards qui vont et viennent d'un bout de la planète à l'autre par de simples clics informatiques comme si le monde se réduisait à une gigantesque caisse enregistreuse. C'est nous, par notre travail, qui mettons cet argent en caisse, mais nous n'en tirons aucun bénéfice. Des millions d'entre nous, de plus en plus nombreux, ont le sentiment de vivre en sursis. Qui n'a ressenti au moins une fois qu'à tout moment, qu'au moindre coup dur, tout est compromis, qu'on peut tout perdre, que l'avenir est bouché, que la situation nous échappe. Certains en viennent à se dire qu'ils s'en tireraient bien mieux tout seuls en la « jouant perso » puisque, maintenant, dans la vie comme dans le commerce, on dirait qu'il faut éliminer les concurrents pour s'en tirer, car il n'y a pas de place pour tous. Le matraquage sur l'austérité, sur la compétitivité, qui ignorent toutes ces fortunes capitalistes qui se gavent sur notre travail, est leur arme de division massive. Chacun est renvoyé à lui-même. Eduquer ses enfants, se soigner, se loger, si vous n'en avez pas les moyens, c'est tant pis pour vous, c'est chacun pour soi. Chaque jour, chacun pense devoir, pour s'en sortir, affronter l'humanité entière et croit que personne ne sait qu'il existe, que personne ne se soucie de lui.

Divisés, nous sommes dominés. Dominés parce qu'empêchés de décider par nous-mêmes, dominés parce que soumis au chantage, réduits au silence le jour un plan « social » s'abat. Dominés parce qu'entravés en permanence de choisir sa vie, ses études, son lieu d'habitation, le sens de son travail. Dominés parce que sous-payés parce qu'on est une femme, un jeune, un immigré, et qu'en 2012, cela suffit encore pour nous traiter en salarié ou en citoyen de seconde zone. Oui, tant que nous sommes divisés, ils règnent.

La violence de cette société est partout. Celles et ceux eux qui souffrent le plus, ont honte, se taisent, rasent les murs. Quand on n'est pas encore tombé, on préfère prendre ses distances pour se protéger, dès que possible aller vivre ailleurs, un peu plus loin, pour échapper au malheur, quitter la grande ville et ses solitudes, quitter la banlieue et la stigmatisation. On en vient à avoir peur de ses semblables en croyant se protéger des difficultés qui nous frappent tous. En vérité, la République est malade de la violence du fric, malade de la loi du plus fort, malade de la précarité généralisée et du chacun pour soi. Tous les jours, on assigne les gens à leurs difficultés quotidiennes comme si la violence du monde leur tombait dessus sans que personne ne puisse lui faire face. Mais c'est le système du fric, et ses valeurs de compétition et de concurrence qui opposent et tuent nos solidarités. Au royaume du capitalisme, l'égoïsme des intérêts est roi.

Quand Mittal, le financier de l'acier, dispose à lui seul du pouvoir de vie ou de mort sur la sidérurgie nationale, à Fos, à Florange ou ailleurs, et qu'il continue sans vergogne d'empocher crédits d'impôts et aides publiques, qu'il impose sa loi au nouveau gouvernement, c'est que quelque chose ne tourne plus rond dans la République. Quand les actionnaires et les marchés financiers nous font la leçon tous les jours sur les dépenses publiques, et qu'en réalité le taux de perception réel de l'impôt sur les sociétés est constaté à 28 % pour la moyenne des entreprises, mais à seulement à 13 % pour les grandes entreprises et à 8 % pour celles du CAC 40, la République n'est plus tout à fait la République. Car en République, ce n'est pas à celui qui a le moins de contribuer le plus au pot commun, ce n'est pas au travail de payer pour le capital, c'est à l'économie et aux finances d'être au service de l'intérêt général. Quand les dividendes s'envolent, et que les files des Resto du cœur s'allongent, quand la Commission européenne veut mettre fin à l'aide européenne versée aux associations de lutte contre la pauvreté et la précarité qui aident au quotidien des millions de Français et d'Européens et que notre gouvernement ne résiste pas, la République n'est plus tout à fait la République. Car en République, ce n'est pas au précaire de se débrouiller tout seul, c'est à la société d'éradiquer la pauvreté en développant la solidarité et en garantissant le droit à l'emploi pour tous... Quand les meurtres se multiplient en Corse et à Marseille, que les causes (le fric, la spéculation immobilière, les trafics mafieux) sont parfaitement identifiées, et que l'Etat ne trouve jamais aucun coupable, oui la République est malade et n'est plus tout à fait la République. Car en République, ce n'est pas en privatisant les services publics, ce n'est pas en abdiquant devant la violence qu'on s'en débarrasse, mais c'est en faisant jouer son vrai rôle à l'État, garant des lois, garant des droits, qu'on fait reculer l'impunité. Quand à la tête de l'UMP, on se déchire sur fond de fraudes électorales, que seules comptent les ambitions personnelles des belligérants alors qu'on prétend vouloir gouverner la France, la République n'est plus tout à fait la République. Car en République, ce ne sont pas les calculs égoïstes et égocentriques qui font l'homme d'État, c'est le sens de l'intérêt de la France, c'est l'attention constante portée au débat et à la décision démocratique, c'est le respect des engagements pris qui font la femme ou l'homme de gouvernement. Quand des millions de Français sont montrés du doigt en raison de leur religion, qu'un président pour rester au pouvoir se lance dans une compétition raciste et xénophobe, ou qu'un député pour prendre la tête de son parti attise la haine dans les cours d'école avec des provocations imbéciles et humiliantes, la République n'est plus tout à fait la République. Quand on multiplie les contrôles de police « à la gueule du client », et que des centaines de jeunes Français sont harcelés, non pas parce que leurs comportements sont suspects ou leurs agissements criminels mais parce qu'ils sont considérés a priori, à cause de leur apparence, comme suspects, la République n'est plus tout à fait la République. Voilà la société dont nous ne voulons plus. Les puissants attisent la méfiance et les peurs. Nous y perdons tous et eux seuls y gagnent.

Nous, notre force, c'est notre unité. Unité dans l'égalité des droits. Unité dans le refus de toutes les discriminations sociales, ethniques, religieuses, sexuelles ou territoriales. Nous concevons toutes nos diversités comme le patrimoine commun de toute l'humanité, de chacune et chacun d'entre nous. Nous combattons toutes les aliénations. Nous ne voulons pas nous enfermer dans des identités étriquées et figées. Nous sommes des humains uniques et complexes, d'influences et d'appartenances multiples. Nous voulons construire ensemble un nouveau monde de partage et d'humanité. Face à toutes les divisions, nous avons donc la solution. Rien n'est plus urgent pour sortir ensemble de la crise que de reconquérir notre liberté, de reconstruire l'égalité des droits pour tous, de refonder la fraternité.

 

*

 

Oui, la République que nous voulons vivre pleinement aujourd'hui, c'est la République de l'égalité sociale.« La liberté n'est qu'un vain fantôme quand une classe d'hommes peut affamer l'autre impunément », déclamait Jacques Roux l'Enragé à la tribune de la Convention en juin 1793. Face aux féodalités financières, cela demeure d'actualité. On nous dit : « l'égalité sociale, ce n'est pas possible ». Je réponds que ce n'est pas l'égalité sociale qui est impossible, c'est de laisser les inégalités et les injustices se creuser qui rend la vie en société impossible. La République de l'égalité sociale dans notre France du XXIe siècle n'adviendra pas sans une nouvelle abolition des privilèges de l'argent. Si nous voulons l'abolition des privilèges, si nous voulons l'interdiction des licenciements boursiers, la fin des mises en concurrence systématiques, l'éradication des emplois précaires, des temps partiels imposés, c'est pour construire un nouvel âge du partage, un nouvel âge social, celui de la sécurisation sociale et professionnelle de tous, celui de la sécurisation du droit à la santé, au logement, à l'éducation. Voilà ce qui à nos yeux devrait être le cœur des priorités gouvernementales, et non la course à la compétitivité.

*

La République que nous voulons vivre, c'est celle de la reconquête d'une véritable souveraineté populaire. À l'heure de la mondialisation, de l'Europe austéritaire, des actionnaires financiers, de la présidentialisation qui concentre et confisque les pouvoirs, tout doit être reconstruit. Nous voulons le pouvoir partagé des citoyens, et non le présidentialisme qui concentre tous les pouvoirs ; nous voulons la démocratie sociale, les droits des travailleurs et l'appropriation sociale de nos métiers, de notre travail, des richesses créées ; nous voulons la mondialisation de la coopération, l'Europe de la solidarité et de la mise en commun, et non plus de la concurrence. Le respect de la parole donnée devient une grande question politique – qu'il s'agisse de la renégociation du traité européen promise par le candidat du Parti socialiste, et abandonnée par le président élu ; qu'il s'agisse de l'annonce à l'Assemblée nationale d'un repreneur pour Florange et de sa nationalisation, abandonnée en moins de deux jours sans qu'aucune explication ne soit donnée aux salariés, ni au pays, ni à la représentation nationale. La République que nous voulons vivre, c'est celle d'une citoyenneté pleine et entière. C'est celle qui accorde le droit de vote des étrangers. On nous dit : « Les Français n'en veulent pas. » Je récuse cette affirmation. De quoi parle-t-on ? Les étrangers votent aux élections locales en France quand ils sont issus de pays de l'Union européenne et cela ne choque aucun Français. Dans de très nombreux pays européens, étrangers communautaires et non-communautaires votent sans problème. Alors, quel est donc le problème ? Notre système institue une discrimination entre étrangers. Et ceux qui sont discriminés sont « les plus Français » de tous, si l'on peut dire, car ils sont issus de pays colonisés par la France, travaillant depuis des années pour notre pays, des parents d'enfants et de petits-enfants français. Autrement dit, l'absence de droit de vote des étrangers non-communautaires organise une insupportable discrimination à l'égard de citoyens actifs et résidents de notre pays. Et cela n'est plus supportable. De quelle égalité parle-t-on quand des étrangers contribuant à produire les richesses de notre pays se voient refuser ce droit mais qu'un citoyen français comme Gérard Depardieu garde la jouissance de ses droits civiques alors qu'il déménage pour ne pas avoir à payer d'impôts en France ? La République, ce n'est pas cela. Alors oui, il faut adopter cette loi, maintenant. La République que nous voulons vivre, c'est celle qui bannit le contrôle au faciès. Ces contrôles sont injustes et discriminatoires, et ne sont d'aucune efficacité dans la lutte contre l'insécurité ou la criminalité qui sont présentés comme leur raison d'être. Rien ne rend acceptable de telles pratiques en République. Voilà pourquoi le PCF mettra toutes ses forces dans la campagne pour le droit de vote des étrangers que viennent de lancer plus de 50 associations et organisations avant les élections municipales de 2014, et dans la campagne pour la mise en place de récépissés lors des contrôles d'identité. La République que nous voulons vivre, c'est celle qui refuse le discours : « La France ne peut plus être unie, parce qu'elle est devenue trop multiculturelle ». L'identité de chacun est une alchimie toujours en mouvement. L'autre est toujours en nous. Le métissage est en chacun de nous. Nous refusons l'assignation des identités figées. La culture est une construction partagée que nous voulons en toutes circonstances mettre au cœur de notre combat émancipateur. Montaigne le disait déjà dans cette France du XVIe siècle où l'Église catholique cherchait à exclure les protestants : «Un honnête homme est un homme mêlé».  Quand on nous dit aujourd'hui : « L'islam en France, ce n'est pas notre histoire », nous récusons cette réécriture de notre histoire nationale, européenne, méditerranéenne qui est l'histoire d'un brassage ininterrompu. Nous combattons l'islamophobie du FN et de l'UMP qui cache mal les mentalités coloniales et néo-coloniales revendiquées par ces droites revanchardes et nostalgiques.

Et c'est parce que la République dans laquelle nous voulons vivre, c'est plus que jamais la République laïque. La laïcité, redisons-le, haut et fort, ce n'est pas l'uniforme d'une pensée quelle qu'elle soit. C'est au contraire la liberté de conscience pour tous, et donc la liberté de culte et de le pratiquer, c'est en même temps et indissociablement, le refus de la domination sur l'État et ses lois d'une religion quelle qu'elle soit. Finissons-en avec l'instrumentalisation de la laïcité pour mieux en trahir l'esprit. Sachons au contraire faire vivre la laïcité dans la France telle qu'elle est réellement aujourd'hui. La République dans laquelle nous voulons vivre, c'est au fond celle qui place par-dessus tout le respect de la dignité, de la dignité de chaque femme, de chaque homme, de chaque membre de notre société.

Aucun argument, aucune situation, aucune contrainte, aucune crise ne justifiera jamais à mes yeux l'acceptation que certains doivent se voir déclassés, niés dans leur dignité d'homme, comme les familles Roms rencontrées ce matin dans le quartier de la Belle de Mai et les habitants de Maison-Blanche qui sont en butte aux marchands de sommeil depuis tant d'années. La République s'élèvera et nous nous élèverons tous en cherchant à répondre toujours par le haut à cette ambition d'égalité et de dignité.

Alors, sommes-nous impuissants ? Je le répète, nous sommes en réalité divisés. En reconstruisant une société solidaire, nous serons plus forts tous ensemble. Nous pouvons mettre fin aux divisions et, si nous y arrivons, il n'y aura ni maîtres, ni esclaves mais une société d'hommes et de femmes libres et égaux. La République est notre bien commun, c'est pour la refonder que nous voulons refonder l'égalité, sans laquelle il ne peut y avoir ni liberté, ni fraternité. Ce qui nous rassemble est plus fort que ce qui nous différencie. Il est temps de décréter à nouveau le salut commun. Oui, le temps est venu de mettre l'égalité au pouvoir, le temps est venu de proclamer à nouveau la Conjuration des Égaux en marche.

 

Vive la Liberté, vive l'Égalité, vive la Fraternité ! Vive la République, vive la France !

Et vive le Parti communiste français !

 

Les dernières heures de la bataille du premier tour... par Jean-Luc Mélenchon

publié le 8 juin 2012 à 03:10 par Jean-Pierre Rissoan   [ mis à jour : 1 juin 2013 à 17:02 ]

        Les dernières heures de la bataille du premier tour de l’élection dans le Pas de Calais sont spécialement glauques. Nous en sommes à six tracts anonymes. Outre les injures connues et les fantasmes sur mes revenus, on en arrive par-dessus le marché aux montages vraiment nauséabonds. Notre protection est voisine de zéro. Nous sommes seuls face à cette déferlante. Les socialistes, les associations proches d’eux, personne ne trouve rien à dire. Trop heureux ! Jusqu’au jour où se sera leur tour et alors qui les défendra ? La campagne est donc totalement pervertie. Quels sont mes véritables tracts, lesquels sont des faux ? Et quand je dois voir au journal de vingt heures sur France 2 un de ces tracts où ma photo a été montée pour faire de moi un Adolf Hitler devant la porte d’un camp de concentration je me demande où je vis.

     La dessus arrive une offensive de sondages! Faute de présence et même de campagne, le socialiste Philippe Kemel, mon concurrent à gauche dans la 11 ème circonscription du Pas de Calais  en fait son principal  argument. Les sondages le décrivent meilleur candidat de second tour que moi ? Quel miracle ! Il s’agit de démontrer que la stratégie « Front contre Front » fait monter le FN. Que les progrès du FN se fassent au détriment du candidat de l’UMP n’atteint pas le cerveau du socialiste. Pour lui la cible c’est moi. Pas le FN, pas la droite : moi. Revoilà donc le refrain du « vote utile » qui nous est servi en boucle. Puis jeudi, deuxième miracle, pour la première fois un sondage, commandé par le Figaro et TF1, le place en tête de la gauche. Il me devancerait d’un point. Joie, joie sans bornes ! Évidemment le sens critique déjà peu développé de certains commentateurs finit de s’effondrer. Que la différence d’un point n’ait pas de sens statistique, même dans le bidon habituel, n’est pas interpellé. Pourtant si l’écart est d’un point, compte tenu de la marge d’erreur le sondeur aurait pu aussi bien me placer moi devant. Devinez pourquoi il a choisi le contraire ? Pourtant je suis prié de commenter « rapidement » ces merveilles d’études scientifiques qui prouvent scientifiquement qu’il faut voter pour un socialiste. J’avoue ma consternation. Toutes les lois de la physique politique sont défiées. La semaine où le socialiste reconnait dans le « Canard Enchainé » avoir triché aux élections internes pour se faire investir, il serait plébiscité. La semaine où  l’infâme d’Allongeville l’ancien maire socialiste d’Hénin Beaumont par qui tous les scandales sont arrivés lui apporte son soutien, le sondé hurle de plaisir ! La semaine où parait le tome deux du livre « rose maffia » qui l’inscrit dans le paysage des connexions que ce livre dénonce, le sondé s’enthousiasme. A l’inverse, trois jours après la plus importante manifestation politique des trente dernières années sur place je reculerai ? Après quatre meetings bondés, je peinerai face à quelqu’un qui vient de mettre quarante personnes dans une salle pour la visite de Jean-Marc Ayrault ! Si c’est le cas je n’y comprends rien.  Car en plus de Martine Aubry il y a aussi le premier ministre qui est venu sur place soutenir l’impétrant. Chez les dirigeants socialiste, pour me battre, rien n’est trop beau. Et pourquoi ? La clef est révélée dans le Canard Enchainé : la hantise des socialistes est que le groupe du Front de gauche soit le groupe charnière de l’assemblée et de la majorité. Et ma présence ajouterait à leur cauchemar. L’indépassable Alain Duhamel, récitant social libéral en chef, a même décrit en détail le désastre à redouter. D’après lui, si la majorité dépend des députés communistes (notez le distinguo subtil) alors le système sera bloqué et la dissolution sera nécessaire ! Rien de moins. On n’a pas élu l'assemblée que Duhamel prévoit sa dissolution … à cause des « rouges » ! Comme c’est moderne et neuf que cette vieille peur aigre des bien pensant !

         Bon, je reviens aux sondages parus ces temps-ci sur ma circonscription! Il y en a eu trois : IFOP 18 Mai – IFOP 5 Juin – OpinionWay 7 Juin. Deux m’ont placé en tête de la gauche. Le dernier paru me place derrière le socialiste. Mais les trois sont plus proches du boniment que de quoique ce soit d’autre. Qu’on en juge. Ces sondages se basent sur un échantillon entre 550 pour le dernier et 600 personnes pour les deux précédents. La marge d’erreur est alors de +2% à +4% ou -2% à -4%, ce qui fait une étendue d’erreur de 8% maximum. Ainsi, concernant les deux candidats de gauche, ces sondages ne peuvent en rien prédire qui des deux sera devant l’autre. Ils ne veulent donc rien dire. Plus précisément, étant donné que les scores de ces candidats sont situés entre 20% et 30%, la marge d’erreur sur ces scores est d’environ +3,3% ou -3,3%. Autrement dit, concernant cette élection, selon les méthodes des sondeurs eux-mêmes, tout ce que nous savons c’est que nous ne savons rien. Mais nous savons cependant au moins une chose qui finit de tout décrédibiliser. C’est qu’une « intention de vote » ne peut pas évidemment se décrire sur la seule base des inscrits sur les listes électorales. On ne peut à la limite compter que les répondants qui se déclarent certains d’aller voter. Combien sont-ils ? Devinez pourquoi, cette information n’est pas communiquée par les instituts de sondage ! Pourtant c’est en réalité à partir de cette proportion que la marge d’erreur doit être calculée. Compris ? Démonstration. Quand on sait que le taux d’abstention aux élections législatives est de plus de 40%, cela voudrait dire que seulement 350 personnes parmi l’échantillon interrogé iront réellement se déplacer pour voter. A ce niveau-là, la marge d’erreur peut atteindre +6% ou -6%… 

        Nous avons une bonne preuve de l’ineptie de ces sondages par le simple fait que les deux derniers, dont les dates de terrain sont, à deux jours près, les mêmes, présentent des résultats aussi différents : un écart de 5 % sur Le Pen, 3,5% sur Kemel, 2% sur Urbaniak, et ainsi de suite. Cela suffit à prouver que la méthode est biaisée. Car logiquement, au moins l’un des deux est dans l’erreur. Donc la méthode du sondage qui se trompe ne peut être dite fiable. Or non seulement nous ne savons pas lequel des deux se trompe, mais surtout ils ont la même méthodologie d’enquête… Voila le comique de situation : c’est parce qu’il ya deux sondages qu’il est prouvé que les sondages se trompent ! Trop drôle !   

        Le plus grotesque dans sa construction est évidemment le sondage OpinionWay réalisé sur un échantillon de 5OO personnes. Il annonce un taux d’abstention au premier tour de 14%. Or aux élections législatives de 2007, l’abstention était d’environ 42% dans les communes de cette circonscription du Pas-de-Calais ! Il y a donc un nombre très important de personnes ayant donné une intention de vote alors qu’ils n’iront certainement pas voter dimanche. Tandis que, inversement, comme pour tous les enquêtes par téléphone, on sait qu’il y a de nombreuses personnes qui ont refusé de répondre à ce sondage (l’ordre est habituellement de 9 personnes appelées sur 10 qui refusent de répondre) alors même qu’elles iront voter… L’IFOP, quant à lui, préfère cacher ce gouffre méthodologique en ne donnant pas une estimation de l’abstention. Il donne seulement les résultats en suffrages exprimés. Il suffit de faire confiance. Mais avons-nous des raisons de le faire ?   

On aurait pourtant tort de croire qu' OpinionWay publie son chiffre estimé d’abstention dans un souci de transparence méthodologique. Ca sent fort la combine. En effet, après avoir annoncé le chiffre absurde d’une abstention à 14% au premier tour, l’institut annonce une abstention à 27% en cas de second tour entre le PS et le FN et à 38% en cas de second tour entre le front de gauche et le FN ! Or, l’abstention au second tour de l’élection législative de 2007 dans cette circonscription était aussi d’environ 42% : elle était donc non seulement très élevée, mais elle était aussi strictement égale à l’abstention du premier tour. Ainsi OpinionWay veut prétendre que l’abstention ferait un bond de 24% si j’étais présent au second tour ! Une manière de dire – en cœur avec le message médiatique du moment – qu’un duel entre ce dernier et Marine Le Pen « ennuierait » les habitants de cette circonscription. Une manière aussi d’expliquer pourquoi il y aurait un écart beaucoup plus serré entre Le Pen et moi qu’entre elle et le Kemel socialiste. Et pourquoi le sondeur annonce en dépit de la faiblesse de l’échantillon que la moitié des élécteurs du centre préfère voter Le Pen que Mélenchon ? Ou que quatre-vingt-dix pour cent des élécteurs communistes voteraient pour ce Kemel qui leur a pris une mairie avec la droite ! Surtout quand on sait que les dits communistes siègent dans l’opposition de son conseil municipal ! Mais ces petits détails sont inconnus des manieurs de coefficient correcteur. Et la taille et la localisation de leur échantillon ne leur permet pas de l’apprendre ! Tous ces biais ne seront naturellement jamais signalés. TF1 a fait son boulot. Au journal de 20 heures la conclusion a été servie sans autre indication et précédée d’une information décisive : dimanche je voterai par procuration afin de cacher que je n’habite pas Hénin Beaumont. Subtil et délicat comme les bottes des petits camarades de madame Le Pen.

Un Front de Gauche d’ampleur nationale

publié le 29 mai 2012 à 10:51 par Jean-Pierre Rissoan   [ mis à jour : 8 avr. 2015 à 13:39 ]


    Les résultats du Front de Gauche (FdG) à la présidentielle diffère beaucoup de la carte habituelle que donnaient les résultats du PCF et de l’extrême-gauche NPA(LCR)-LO. Je rappelle que le Front de Gauche est constitué de trois forces rassemblées : le PCF, la Gauche unitaire -créée à partir des adhérents du NPA qui ont suivi le dirigeant national Ch. Piquet qui quitta son parti pour faire l’union, et le PG -parti de Gauche- constitué, lui, par les adhérents du PS-Solferino qui suivirent J.-L. Mélenchon qui fit scission avec son parti d’origine après la campagne pour le « non » au TCE (traité constitutionnel européen). Ce sont donc trois formations de "la gauche de la gauche", de la gauche révolutionnaire, de la gauche radicale. Ces trois partis fondateurs ont été rejoints par quatre autres organisations dont une issue du courant chevènementiste, deux autres du NPA et last but not least la FASE (alternative, socialisme, écologie). On ne peut pas dire que ce soit "l’extrême-gauche" dans la mesure où le FdG envisage parfaitement la possibilité de gouverner en cas de victoire électorale. Selon nous, le vocable "extrême-gauche" doit être réservé à ce qu’il reste du NPA et à Lutte ouvrière (LO).

    Le FdG est donc le successeur électoral du PCF et d’une partie du NPA qui obtint derrière son leader médiatique Besancenot des scores non négligeables -explicables le plus souvent par le vote d’électeurs communistes déçus par l’attitude de la direction de leur parti trop liée selon eux au PS-Solférino-. Le journal Le Monde publia cette carte, le 24 avril 2007, qui montre bien, selon moi, les zones de force de ce qu’il appelle négativement "la gauche hors PS".


 




  Cette carte est fort semblable à celle des résultats PCF de 1978, année où il obtient pour la dernière fois, le score supérieur à 20% des suffrages exprimés (élections législatives).


 










1. Les bastions

    Fussent-ils détériorés par les désastres électoraux successifs du PCF, les départements-bastions demeuraient les suivants :

Le Nord lato sensu : région Nord-Pas de Calais bordée au sud par la Somme, l’Aisne et les Ardennes plus la Seine-Maritime à l’ouest ;

Les Côtes d’Armor et la Sarthe dans l’ouest

La Meurthe&Moselle pour le Grand Est

Le croissant nord-ouest qui enveloppe le Massif central de la Nièvre à la Dordogne.

Dans les Pyrénées : l’Ariège et le département des Hautes-Pyrénées.

    Enfin tous les départements du littoral méditerranéen, y compris le Var et les Alpes-Maritimes en 1978, mais sans ces deux départements en 2007. Les Alpes de haute-Provence et le Vaucluse ont été des bastions du PCF, ce n’est plus le cas du Vaucluse en 2007.

 

2. Les zones de faiblesses

    Les lecteurs les plus assidus ont remarqué comment la carte du chanoine Boulard s’insérait presque parfaitement dans celle du PCF 1978. lien. CHANOINE BOULARD : LA RELIGION, VARIABLE POLITIQUE MAJEURE.(atlas) La Haute-Savoie donnait au PCF un score inférieur à sa moyenne nationale. Seule les Alpes-Maritimes avaient un comportement différent de celui que l’on pouvait attendre.

Autrement, sans surprise, on trouve comme départements peu favorables au PCF :

L’ouest armoricain et sa bordure orientale élargie aux Deux-Sèvres, à l’Orne et au Calvados

L’est alsacien, lorrain et franc-comtois.

La Côte d’or

Les quatre compères catholiques du cœur du Massif-central : Cantal, Haute-Loire, Aveyron et Lozère.

Les Pyrénées-Atlantiques, la Corse, les deux départements savoyards.

    De cette inégalité d’influence ressort un écart très fort entre les départements les plus "rouges" et ceux qui le sont le moins. En 1978, de nombreux départements donnaient entre 30 et 35% de leurs voix au PCF (38% en Seine-St-Denis) alors que ce parti dépassait timidement les 6% dans d’autres départements, soit une distorsion de 1 à 6 à peu près. Même en 2007, où quelques lignes ont bougé, on peut parler d’une régionalisation, et pourquoi pas d’une "régionalité" de l’influence de la gauche révolutionnaire. L’historien Martelli a écrit un livre qu’il a intitulé "l’archipel communiste" voulant signifier par là que la carte électorale du PCF ressemble aujourd’hui à un semis d’îles et îlots au milieu d’un océan déserté par les révolutionnaires.

 

3. La carte électorale du Front de Gauche

    Je publie ici la carte des résultats du Front de gauche en avril 2012.


Vous avez pris connaissance de son analyse détaillée par Jérôme Fourquet LIEN "Le vote Front de gauche à la loupe" par Jérôme Fourquet (IFOP). Évidemment, l’élaboration de la carte vise à amplifier les écarts afin de lui donner une lisibilité plus grande. De plus, la cellule de base choisie est le canton et non pas le département, ce qui donne des résultats plus fins et aiguise les amplitudes : ainsi un canton a donné un score de 2,11% à J.-L. Mélenchon et un autre 31,74%. Je vais en rester au niveau du département. 

    Le fait marquant est celui-ci : aucun département ne donne un score -en suffrages exprimés- inférieur à 7,22% (cas du Bas-Rhin). Et le département le plus "mélenchoniste" est la Seine-St-Denis avec presque 17%. Autrement dit, la fourchette des résultats oscille de 1 à 2,5 environ. Il y a comme une homogénéisation nationale de l’influence du FdG. Il est certain que le damné "vote utile" a écrêté les résultats dans les départements les plus ancrés à gauche. En revanche, dans nombre de départements réfractaires au PCF de naguère, les scores sont -relativement- très élevés.

  






 Le Front de Gauche a élaboré un tableau des résultats lisible par le lien suivant :

http://issuu.com/placeaupeuple_2012/docs/evolution_des_scores_du_front_de_gauche_par_d_part

    Parfois, les résultats sont meilleurs que ceux obtenus par le PCF en 1978 lorsqu’il obtenait plus de 20% au plan national, alors que le FdG de 2012 dépasse à peine les 11%. C’est le cas de la Manche, de la Mayenne et des deux départements alsaciens (liste non exhaustive).

 

 

% exprimés

Indice national

 

Départmt.

FdG

PC/78

2012

1978

NDA

France

11,1

20,6

100

100

1,8

Manche

9,9

8,3

89,2

40,3

2,3

Mayenne

8,3

6,1

74,8

29,6

2,1

Maine&Loir

9,4

10,2

84,7

49,5

2,2

Vendée

8,5

9,5

76,6

46,1

2,3

Bas-Rhin

7,2

6,6

64,9

32,0

1,7

Haut-Rhin

7,4

6,7

66,7

32,5

2,1

 NB. : NDA = votes exprimés en faveur de Nicolas Dupont-Aignan.

    Il est intéressant de relever que ces départements rétifs à la gauche révolutionnaire en 1978 se rapprochent de la moyenne nationale en 2012. Grosso modo, ces départements n’atteignaient guère que le tiers ou la moitié de l’influence nationale du PCF en 1978. Aujourd’hui, en progressant en voix et en pourcentage, ils se situent entre les 66% et 90% du score national FdG. D’où le choix du mot homogénéisation pour qualifier le développement de l’influence du FdG en France.

    De cela il résulte que l’influence du FdG ne saurait être réduite à celle d’un PCF ragaillardi. J.-L. Mélenchon a obtenu des voix qui ne se seraient pas portées sur un candidat affichant la seule étiquette PCF. Les départements où l’apport personnel -via son parti néophyte- de J.-L. Mélenchon est le plus évident sont, à mon avis, les départements "droitiers" : ceux du tableau ci-dessus plus le Morbihan, l’Ille-et-Vilaine et l’Orne ainsi que les départements "socialistes" c’est-à-dire où le PS -y compris la SFIO autrefois- est puissant avec un PC relativement faible : Aude, Nièvre, Gers, Haute-Garonne…

    Il n’est pas interdit également -litote- de voir dans les bons résultats du FdG dans certains départements, un retour au bercail de l’électorat communiste qui avait suivi un temps l’étoile du berger socialiste (après 1983 notamment)[1].

    Il est difficile, au jour d’aujourd’hui, de donner une explication à ces bons résultats dans les départements "droitiers". Il m’est apparu que ces départements ont également donné un bon résultat -tout est relatif- à Nicolas Dupont-Aignan. Ses résultats figurent dans une des colonnes du tableau[2]. Dupont-Aignan représente la droite dite souverainiste, il est le dernier représentant de la tendance gaulliste. Est-ce que les électeurs de ces départements ont été sensibles au discours patriotique de Jean-Luc Mélenchon ? C’est une hypothèse.

 

    Je termine provisoirement en disant que la géographie électorale change profondément. La France électorale d’aujourd’hui n’est plus celle de 1978. Ce sera l’objet d’un prochain article : FRANCE 2012, géographie électorale : ça bouge ! (atlas)

 


[1] En réalité, ce transfert a eu lieu dès 1981 où, grosso modo, 5% de l’électorat est passé du PCF (Marchais) au PS (Mitterrand).

[2] Le cas du Bas-Rhin s’explique par le vote de l’agglomération de Strasbourg où le vote NDA n’a pas convaincu.        

"Le vote Front de gauche à la loupe" par Jérôme Fourquet (IFOP)

publié le 9 mai 2012 à 03:55 par Jean-Pierre Rissoan   [ mis à jour : 4 nov. 2012 à 05:44 ]

    Voici une analyse de Jérôme FOURQUET, un expert de l’analyse politique. Je partage entièrement son point de vue. Je me permettrai parfois un complément d’information. Et -chose importante - les intertitres sont de moi, intercalés pour aérer le texte et faciliter la lecture.

JPR.


Par Jérôme FOURQUET

directeur du Département Opinion et Stratégies d’Entreprise

IFOP.

 

    Avec 11,1% des voix et près de 4 millions d’électeurs qui se sont portés sur sa candidature, Jean-Luc Mélenchon a solidement installé la construction inédite qu’est le Front de gauche dans le paysage politique français. Les cartes présentées ici, effectuées à l’échelle cantonale 
sur la base des données du ministère 
de l’Intérieur, permettent une analyse 
fine de la géographie de ce vote.

 

A. Le Front de Gauche : une approche géographique

 

    Le premier constat qui frappe à la lecture de la carte 1, c’est qu’elle présente de nombreuses similitudes avec la géographie historique et traditionnelle du vote communiste.



Les bastions historiques du PCF

    La plupart des zones de force du candidat du Front de gauche, qui ressortent en rouge foncé sur cette carte, correspondent à des bastions communistes. C’est le cas dans la région Nord-Pas-de-Calais, avec le bassin minier, et le Valenciennois, en Seine-Maritime, en Île-de-France, avec les communes de la banlieue rouge, dans l’Est, avec la région de Longwy, mais aussi dans le Gard ou bien encore avec les fiefs communistes des Bouches-du-Rhône. Les campagnes irriguées par le communisme rural n’ont pas manqué non plus à l’appel avec un vote Mélenchon important dans le centre de la Bretagne (les monts d’Arrée), en Brière, dans le Cher, dans le bocage bourbonnais dans l’Allier, en Haute-Vienne, dans une partie de la Creuse, de la Dordogne ou bien encore dans le Lot-et-Garonne. 
Les quelques exemples présentés sur le graphique 
suivant illustrent très clairement ce constat d’un "survote" important des communes à direction 
communiste ou anciennement communiste en faveur du candidat du Front de gauche.


L’apport du courant socialiste révolutionnaire

    Mais le succès de la candidature de Jean-Luc Mélenchon a également résidé dans sa capacité à aller chercher des électeurs de gauche au-delà des rangs des seuls sympathisants communistes. La carte est éloquente de ce point de vue, avec un vote Front de gauche supérieur à la moyenne dans de nombreux cantons situés dans les départements socialistes ou radicaux du Sud-Ouest : Landes, Gers, Hautes-Pyrénées, Lot et Haute-Garonne. Le basculement d’une partie de l’électorat socialiste (d’après une enquête IFOP réalisée le jour du premier tour, 12% des électeurs de Ségolène Royal ont voté pour Jean-Luc Mélenchon)[1] s’est également produit dans la plupart de la région Languedoc-Roussillon, mais aussi dans une bonne partie de l’Ardèche, de la Drôme, des Hautes-Alpes et des Alpes-de-Haute-Provence. Dans ces régions rurales et/ou de montagne, très sensibles notamment à la question du maintien des services publics (et où, pour ce qui est du Sud-Est, Arnaud Montebourg avait obtenu de bons résultats lors de la primaire socialiste), l’écho significatif rencontré par le discours de Jean-Luc Mélenchon est venu concurrencer celui de François Hollande.

Distinguo France du nord, France du sud.

    Si le vote Front de gauche est donc assez élevé et homogène dans toute la moitié sud de la France (à l’exception de quelques isolats très ancrés à droite : Cantal-Aubrac, littoral varois, Beaujolais et sud de la Bresse), la situation est beaucoup plus contrastée au nord de la Loire. À l’instar de ce que l’on constatait lors des précédents scrutins pour le Parti communiste, de nombreux territoires ont été très réfractaires au vote Mélenchon. C’est le cas de Champagne-Ardenne et d’une bonne partie de la Meuse, de l’Alsace et de la partie orientale de la Moselle ainsi que des hauts cantons jurassiens[2]. À ces places fortes conservatrices de l’est de la France s’ajoutent d’autres zones de droite traditionnelles (Beauce, Perche, bocages normand et vendéen) dans la partie ouest du pays. Dans cette dernière, le Front de gauche a néanmoins su trouver des points d’appui dans la plupart des grandes agglomérations : à Cherbourg, à Caen, au Mans, à Angers, à Nantes ou bien encore à Rennes. Jean-Luc Mélenchon a obtenu dans ces villes-centres[3] et dans leurs immédiates périphéries des scores non négligeables et en tout cas sensiblement supérieurs à ceux enregistrés dans les espaces péri-urbains et ruraux les entourant. Ces villes de l’Ouest constituent les principales places fortes du PS dans cette région. Le développement du vote Front de gauche s’est donc effectué ici aussi (comme dans le Sud-Ouest et la vallée du Rhône) sur la base d’un électorat majoritairement socialiste (et également d’un apport de voix d’extrême gauche), le Parti communiste étant très peu implanté dans ces villes, à l’exception du Mans. La différence avec la poussée observée dans le Sud réside dans le fait qu’elle s’est principalement concentrée dans l’électorat socialiste urbain alors qu’elle a concerné les cantons ruraux comme les villes dans le Sud-Est et le Sud-Ouest.

     Au regard de cette implantation en milieu urbain, certains commentateurs ont d’ailleurs qualifié le vote Mélenchon d’un vote de «bobos». Le candidat du Front de gauche enregistre certes des résultats élevés dans des territoires hyper-urbains où le mode de vie «bourgeois bohème» est très répandu. C’est le cas des arrondissements de l’Est parisien : 17, 4% dans le 20e arrondissement, 15,7% dans le 19e, 15,3% dans le 18e et 14,9% dans le 10e, le long du canal Saint-Martin.  Lien à Paris, en avril 2012...  On retrouve le même phénomène dans le 1er arrondissement de Lyon[4] (19,9%) ou bien encore à Grenoble (15,4%), ville où les Verts réalisent régulièrement des scores élevés. Les sondages réalisés le jour du vote confirment d’ailleurs que Jean-Luc Mélenchon a su capter une fraction (14%) du vote écologiste. Mais, à la lecture de la carte, on voit que ces espaces de centre-ville gentrifiés[5] ne représentent somme toute qu’une très faible proportion des zones de force du Front de gauche, au sein desquelles les communes urbaines populaires, à tradition communiste notamment, et les cantons ruraux pèsent bien plus lourd. L’analyse 
de la sociologie de l’électorat du Front de gauche va d’ailleurs dans le même sens. Jean-Luc Mélenchon a ainsi obtenu 18% des voix des ouvriers s’étant déplacés aux urnes, 14% auprès des professions intermédiaires contre 9% parmi les cadres supérieurs.

 

B. Le FDG : évolution relative 1995 - 2008

 

    Pour compléter cette analyse, nous avons dans un second temps comparé le vote Mélenchon avec le vote en faveur de Robert Hue en 1995 (carte 2) . À l’époque, le représentant du Parti communiste avait obtenu 8,6% des voix et il nous semblait intéressant de pouvoir observer la structuration spatiale de ces deux votes à dix-sept ans d’intervalle.


    Si, comme on l’a dit précédemment, la géographie du vote Front de gauche, dans ses creux et dans ses pleins, rappelle assez fortement la géographie traditionnelle du vote communiste, un phénomène assez marquant apparaît néanmoins à la lecture de cette seconde carte. Le Front de gauche est aujourd’hui en dessous des niveaux qu’avait atteints Robert Hue en 1995 dans quasiment toutes les zones de force du PC et il progresse en revanche, parfois de manière significative, dans des terres où l’influence communiste était très faible. Ce mouvement avait déjà été observé lors des dernières élections cantonales où la «plus-value» de l’appellation Front de gauche s’était surtout fait sentir dans des «terres de mission» du PC à forte tradition socialiste.


L’élargissement du vote aux terres socialistes

    Cette année Jean-Luc Mélenchon améliore très nettement le score du communiste Robert Hue en 1995 dans des terres comme les Hautes-Pyrénées (+ 9,9 points dans le canton de Luz-Saint-Sauveur, + 8,4 dans celui de Campan), l’Ariège (+ 16,5 points dans le canton de Massat, + 9,6 dans celui de La Bastide-de-Sérou, + 9,1 dans celui d’Oust), la Haute-Garonne (+ 9 points dans le canton Montesquieu-Volvestre et + 7,5 dans celui de Cintegabelle, ancien fief de Lionel Jospin). On retrouve la même logique d’une progression dans les terres socialistes de l’Aude (+ 12,7 points dans le canton de Mouthoumet, + 9,1 dans celui de Tuchan), de l’Hérault (+ 8,9 points dans le canton de Claret, + 8,6 dans celui de La Salvetat par exemple) ou bien encore de la Drôme : + 11,7 points dans le canton de La Chapelle-en-Vercors, + 10,3 dans celui du Luc-en-Diois ou + 9,4 dans celui de Die.


L’écrêtement du vote PCF

    À l’inverse, le mouvement d’érosion (par rapport au niveau de 1995) a concerné tous les types de fiefs communistes. C’est le cas dans les campagnes rouges de l’Allier (-7,8 points dans le canton de Montet, -6,7 dans celui de Bourbon-l’Archambault), du Lot-et-Garonne (-6,2 points dans le canton d’Houeillès, -5,3 dans celui de Meilhan-sur-Garonne) ou des Côtes-d’Armor : -7,1 points dans le canton de Callac et -5,6 dans celui de Plestin-les-Grèves par exemple. Les cantons ouvriers du Pas-de-Calais (-12,1 dans le canton de Douvrin, -11,9 dans celui de Rouvroy, -11 dans celui d’Auchel), du Nord (-9,6 points dans celui de Marchiennes et -7,1 dans celui de Carnières) ou de la Somme (-9 points dans le canton de Friville-Escarbotin, -8,7 dans celui d’Ault) confirment cette tendance. Cette dernière se vérifie, mais de manière plus contrastée, dans la banlieue parisienne : -12 points à Ivry, -4,7 à Bobigny,- 4,3 à La Courneuve, mais +2,1 à Saint-Denis et à Saint-Ouen.

 

    Il sera intéressant d’observer lors des prochaines élections législatives si ces tendances se confirment et si la géographie du vote Front de gauche se structure bien sur les bases de cette carte apparue au soir du premier tour de l’élection présidentielle.


L’Humanité, numéro du 30 avril 2012
à compléter par Un Front de Gauche d’ampleur nationale

[1] S. Royal avait obtenu 25% des voix exprimées. Soit 25 x 12% = 3%. Le FdG a obtenu 11,1%.

[2] Un mien article complètera ce point de vue, car si le score du FDG est en effet relativement faible dans ces régions, il est TRÈS ÉLEVÉ par rapport au score obtenu naguère par le PCF y compris lors de son apogée.

[3] La « ville-centre » est la commune qui donne son nom à l’agglomération. Ne pas confondre avec « l’ hyper-centre » qui est une partie de la ville-centre où se trouve les quartiers d’affaires, les bureaux, le grande commerce, and so on…

[4] Ce sont les « pentes » de la Croix-Rousse, l’ancien quartier des canuts.

[5] C’est-à-dire transformé par la gentryfication, mot forgé par les géographes-urbanistes pour dire la mutation sociale vécue par ces quartiers qui -abandonnés peu à peu au cours du XX° par la bourgeoisie et laissé au prolétariat et aux immigrés- ont été réhabilités, restaurés et vendus à ces CSP « supérieures » appelées « gentry » par allusion à la petite noblesse anglaise.  

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