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2. Idéologie du F.N. et Identitaires / Traditionalisme

  • EXTRÊME-DROITE : le vide-grenier… La création de nouveaux concepts idéologiques pour édifier les masses à la veille d’échéances importantes voire essentielles n’est pas chose facile même pour les conservateurs, surtout pour eux ...
    Publié à 6 janv. 2017 à 03:41 par Jean-Pierre Rissoan
  • Association Nationale des Anciens Combattants et Ami-e-s de la Résistance dénonce la tenue du congrès FN à Lyon... Association Nationale des Anciens Combattants et Ami-e-s de la Résistance Comité du Rhône - 7 rue Major Martin 69001 Lyon   Déclaration de l’ ANACR du Rhône Ne pas se ...
    Publié à 17 nov. 2014 à 07:02 par Jean-Pierre Rissoan
  • compte-rendu de lecture : "l'extrême-droite d'en haut" (les beaux quartiers de l'extrême-droite)     C'est un fait, semble-t-il, acquis. L'ascension de l'extrême droite en France reposerait sur la haine du « système, le ressentiment des petits contre les nantis. Le ...
    Publié à 5 août 2016 à 10:02 par Jean-Pierre Rissoan
  • Lot & Garonne, attention danger !     Dans le journal Sud Ouest daté de ce mercredi 19 juin 2013, entre les deux tours de la législative partielle de Villeneuve-sur-Lot, on peut lire ce propos plein ...
    Publié à 21 juin 2013 à 07:01 par Jean-Pierre Rissoan
  • Pour qui votent les intégristes ?     Dans mon article sur le monastère intégriste du BARROUX (84) je donne des informations très utiles sur ce que peut être le traditionalisme. je vois y renvoie : Pour qui votent ...
    Publié à 11 juin 2013 à 23:27 par Jean-Pierre Rissoan
  • 8 décembre à Lyon : l’escroquerie des Identitaires Les soi-disant identitaires poursuivent leur sale besogne anti-arabe, anti-intégration des immigrés. Avec une absence totale de l’appréhension du sens des mots, ils appellent à une marche ...
    Publié à 3 déc. 2012 à 12:53 par Jean-Pierre Rissoan
  • Les fantômes du Front national... Le F.N. balance un gros effet d’annonce en bombardant que, pour les Municipales-2014, on va voir ce qu’on va voir ! Autrement dit, un raz-de-marée ...
    Publié à 4 oct. 2012 à 03:32 par Jean-Pierre Rissoan
  • La 'droite forte' : à mourir de rire (façon de parler...)     Le portail ORANGE -bien orienté à droite- se fait le passeur apparemment passif des énormités de la Droite forte, une des tendances FNisée de l’UMP.     Celle-ci réclame plus ...
    Publié à 30 nov. 2012 à 01:16 par Jean-Pierre Rissoan
  • L’extrême-droite et l’arrière-cour Il est difficile d’y voir clair dans les moments présents. Mais enfin, on se doute quand même que la crise économique de 2007-2008 qui a fait se réunir ...
    Publié à 28 sept. 2012 à 07:40 par Jean-Pierre Rissoan
  • "Le FN a une sociologie de gôche" ...un article du Nouvel Observateur     Le Nouvel Observateur publie un entretien avec Christophe Guilly[1]. C’est intitulé : "Le FN a une sociologie de gauche" or cet hebdomadaire a -comme chacun sait- des lecteurs de ...
    Publié à 25 juil. 2013 à 13:00 par Jean-Pierre Rissoan
  • Le FN vu derrière les lignes du Front… (J.-B. Malet) Je publie une ITW de J.B. Malet qui vient de sortir un livre sur le F.N. "Derrière les lignes du Front." Je l'ai annoté - sans toucher au ...
    Publié à 12 janv. 2012 à 09:22 par Jean-Pierre Rissoan
  • (2°partie) Marine Le Pen ou l’extrême-droite toujours recommencée… Les vieilles recettes de Marine LePen : petite anthologie. 1.      La crise boulangiste. Rochefort, patron de l'Intransigeant, passé à l’extrême-droite, soutient le général Boulanger et souhaite que "vingt ...
    Publié à 11 déc. 2011 à 10:38 par Jean-Pierre Rissoan
  • Marine LePen ou l'extrême-droite toujours recommencée...     Dans son entretien avec le JDD de ce 11 décembre, Marine Le Pen (MLP) développe un discours ouvriériste, démago et très « fille de son père ». Elle déclare vouloir, je cite ...
    Publié à 12 déc. 2011 à 09:17 par Jean-Pierre Rissoan
  • 8 DECEMBRE : LES "IDENTITAIRES" LYONNAIS SACRILEGES… Pour les Gones, le 8 décembre est une fête. Elle a certes une signification religieuse que les croyants sincères ont parfaitement et légitimement le droit de célébrer. Mais, enfant, quand ...
    Publié à 11 juil. 2013 à 14:47 par Jean-Pierre Rissoan
  • approche possible du mot "traditionalisme" 12 août 2011Le fou criminel norvégien déplore dans son "manifeste", à travers les idées véhiculées par ce qu’il appelle -appellation non contrôlée- le « marxisme culturel » " une idéologie de ...
    Publié à 12 août 2011 à 04:28 par Jean-Pierre Rissoan
  • UN NOUVEAU LEVIATHAN : L’ISLAMO-COMMUNISME ? 30.07.2011     Le drame de Norvège a encore mis en avant ces hurluberlus criminels qui veulent à tout prix défendre l’Occident de ses ennemis. Durant la Guerre froide ...
    Publié à 12 août 2016 à 10:53 par Jean-Pierre Rissoan
  • OUI, STRAUSS-KAHN, bien sûr…   15/05/2011  Cette scabreuse affaire est évidemment pain béni pour les médias qui vont décupler leurs ventes. N’étant pas détective, je me garderais bien de tout commentaire. Wait ...
    Publié à 4 juil. 2011 à 04:51 par Jean-Pierre Rissoan
  • en direct de LYON : MANIF DES IDENTITAIRES …   14/05/2011  Aujourd’hui, à Lyon, se tient une manifestation du Bloc identitaire et de Rebène. Rebène ? oui, l’orthographe est défectueuse mais je ne peux laisser ce mot ...
    Publié à 1 juil. 2011 à 06:06 par Jean-Pierre Rissoan
  • Extrême droite : Derrière le masque identitaire, le racisme et la violence…   01/06/2011  Dans le cadre de ma série d’articles sur les Identitaires lyonnais, je publie ce reportage paru dans l’Humanité du 31 mai 2011. Dans l’ombre ...
    Publié à 1 juil. 2011 à 06:07 par Jean-Pierre Rissoan
  • C.G.T., Engelmann, ALGRANGE : la réponse démocratique   avril 2011  Le candidat FN du canton d’Algrange a bénéficié, c’est le moins que l’on puisse dire, d’une large couverture médiatique pour sa campagne des cantonales ...
    Publié à 1 juil. 2011 à 08:18 par Jean-Pierre Rissoan
  • LA CGT et LE FN : Une lettre de Bernard THIBAULT   avril 2011  Bernard Thibault, Secrétaire général de la CGT, s’adresse aux secrétaires généraux des organisations de la CGT[1].   Cher(e)s camarades, À circonstance exceptionnelle, démarche exceptionnelle, je ...
    Publié à 1 juil. 2011 à 08:18 par Jean-Pierre Rissoan
  • LE F.N., LES RICHES ET LES AUTRES, LA CLEPSYDRE LE PEN   avril 2011  Le F.N. se présenterait maintenant comme un parti "attrape-tout" (catch all party disent les politologues anglo-saxons avec une nuance péjorative dans catch qui induit l ...
    Publié à 1 juil. 2011 à 08:19 par Jean-Pierre Rissoan
  • 3. LE F.N. et le vote stratégique des Riches : PRESIDENTIELLE 2002 (et 2007)     J’ai montré dans les deux articles précédents de cette série le rôle moteur de la bourgeoisie dans la résistible ascension du vote LePen à partir des européennes 1984. Qu ...
    Publié à 21 mars 2015 à 06:51 par Jean-Pierre Rissoan
  • 2. Le F.N. ? c’est d’abord les riches…     lien vers la 1ère partie : 1. Le F.N. ? c’est d’abord les riches…    Dans la série, le F.N. c’est d’abord les riches, voici maintenant deux ...
    Publié à 19 janv. 2015 à 02:55 par Jean-Pierre Rissoan
  • 1. Le F.N. ? c’est d’abord les riches…     Il est clair que LPM (pour LePen Marine) lance une grande offensive ouvriériste, exploitant le filon de création médiatique du thème « premier parti ouvrier de France ». C’est parfaitement immoral ...
    Publié à 19 janv. 2015 à 02:37 par Jean-Pierre Rissoan
  • FN, CGT, MOSELLE… débats… Suite à mon article sur la Moselle traitant du cas de ce syndicaliste qui se présente aux cantonales sous l’étiquette F.N., je me dois de donner suite aux ...
    Publié à 1 juil. 2011 à 08:21 par Jean-Pierre Rissoan
  • I. débat MELENCHON-LE PEN : Où l'on voit que Marine n'est pas une lumière…   15/02/2011      Dans son débat avec Jean-Luc Mélenchon, la présidente du FN a promu l’héritage chrétien de la France et a déclaré : "Notre pays est fondé sur ...
    Publié à 7 déc. 2016 à 06:18 par Jean-Pierre Rissoan
  • Marine LE PEN, Les MUSULMANS et son père…   15/12/2010  On fait grand bruit des propos de Marine Le Pen comparant la présence de musulmans en France à l’occupation allemande de 1940 à 1944. C’est ...
    Publié à 1 juil. 2011 à 08:22 par Jean-Pierre Rissoan
  • Marine LE PEN, le F.N. et le GAULLISME…   13/12/2010  Le Monde publie un article d’Abel Mestre sur la préparation de la présidentielle par les « marinistes ». (Édition des 12&13 décembre 2010). Il y fait état ...
    Publié à 1 juil. 2011 à 08:23 par Jean-Pierre Rissoan
  • IDENTITAIRES, IDENTITE : LE DEBAT CONTINUE…   07/12/2010  Je laisse aujourd’hui la parole à mon collègue et ami, Jean Large, agrégé d’histoire, docteur d’Etat, membre actif de la Société populaire de Villefranche ...
    Publié à 7 juil. 2011 à 10:52 par Jean-Pierre Rissoan
  • Les Identitaires, le derby et le localisme …   30/09/2010  Dimanche soir eut lieu le derby Lyon - Saint-Etienne. Folklore habituel. Les lecteurs de ce blog sont vraisemblablement dans l’ignorance de ce qui peut se dire ...
    Publié à 1 juil. 2011 à 08:24 par Jean-Pierre Rissoan
  • les Identitaires, « nouvelle » extrême-droite ? 4ème partie   17/09/2010  Cro-Magnon président ! Je ne voudrais pas décourager nos Identitaires. Ils souhaitent un candidat héritier d'une « histoire » de 25.000 ans, issu de l’homme de ...
    Publié à 1 juil. 2011 à 08:24 par Jean-Pierre Rissoan
  • Les Identitaires, « Nouvelle » extrême-droite ? 3ème partie   16/09/2010  Après le thème de l’identité, j’aborde celui de civilisation vs culture.   2. CIVILISATION OU CULTURE ? « Nous combattons donc pour notre peuple. En conséquence, nous combattons ...
    Publié à 22 oct. 2012 à 10:44 par Jean-Pierre Rissoan
  • Les Identitaires, « Nouvelle » Extrême-droite ? 2ème partie   15/09/2010  Le blog du Monde consacré aux « Droite(s) extrême(s) » nous offre de larges extraits d’un discours du président du Bloc identitaire qui souhaite, parait-il ...
    Publié à 22 oct. 2012 à 10:43 par Jean-Pierre Rissoan
  • I. les Identitaires, « nouvelle » extrême-droite ? 1ère partie   24/06/2010  Dans son édition du 23 juin, LE PROGRÈS de Lyon nous présente une « nouvelle » extrême-droite, celle des « identitaires lyonnais ». Avec, je cite, « des jeunes intégrés dans ...
    Publié à 22 oct. 2012 à 10:39 par Jean-Pierre Rissoan
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EXTRÊME-DROITE : le vide-grenier…

publié le 17 déc. 2016 à 02:55 par Jean-Pierre Rissoan   [ mis à jour : 6 janv. 2017 à 03:41 ]

La création de nouveaux concepts idéologiques pour édifier les masses à la veille d’échéances importantes voire essentielles n’est pas chose facile même pour les conservateurs, surtout pour eux d’ailleurs puisqu’ils sont là pour conserver un état de choses brinquebalant. Ils sont amenés à répéter les mêmes choses mais, ayant la mémoire courte, ce qui doit heurter le Maréchal là où il se trouve, ils sortent de leur grenier des choses qu’ils croyaient inédites mais qui sont rancies.

Voici que le vicomte Philippe Marie Jean Joseph Le Jolis de Villiers de Saintignon sort de l’obscurité médiatique pour présenter un nouveau livre et Marion Maréchal-LePen se presse pour n’en pas perdre la moindre lettre. Je cite Le Monde : « Pense clair et marche droit », le refrain de La Royale, le chant historique de l’Action française, devenu maxime scoute, fut rappelé par le chauffeur de salle. Il ne manquait d’ailleurs que Le Prince Éric, dans la salle pleine du palais des congrès de Versailles (1.800 places), où s’est massée mardi 13 décembre, au soir, une foule blanche, chrétienne et familiale, venue assister à la conférence de Philippe de Villiers qui poursuit sa tournée de présentation de son dernier best-seller Les cloches sonneront-elles encore demain ? (Albin Michel, 320 p., 22,50 €). Mais, assise au premier rang, non loin de Véronique Besse, la seule élue villiériste de l’Assemblée nationale[1], une jeune femme pouvait jouer les rôles de princesse. Marion Maréchal-Le Pen était venue écouter le vicomte perché[2].

Les cloches sonneront-elles encore demain ? Question existentielle pour les amoureux du cœur planté d’une croix portant quelque barbelé sanglant. Le vicomte peut-il ignorer que Jacques Bardoux, pétainiste notoire, disait la même chose il y a trois quarts de siècle ?

Ce membre de l’Institut, sénateur du Puy du fou, pardon du Puy-de-Dôme se mortifiait dans son livre L’Ordre nouveau [3], publié en 1939, sur l’état de la France. Il en souhaite « la renaissance ». « Mais » s’interroge-t-il « comment (faire) si la vieille cloche paysanne au sommet de l’Église (sic) romane (et pourquoi pas gothique ? JPR), au-dessus des tombes ancestrales, cesse de sonner son appel millénaire ? ».

On sait –enfin ceux qui ont lu mon livre plus quelques autres- que Bardoux sera un bon collaborateur du maréchal Pétain qui préfacera une de ses publications en 1941, en présence de l’ennemi.

Cette pensée traditionaliste Bardoux -De Villiers – Marion LePen – Pétain – sent le cadavre.   



[1] Élue de la circonscription de Vendée qui a donné le plus de voix à Fillon lors de la primaire de la Droite…

[2] En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/politique/article/2016/12/14/marion-marechal-le-pen-s-affiche-avec-philippe-de-villiers_5048639_823448.html#jGgPOKdYm38qMtBX.99

[3] Jacques BARDOUX, "L'ordre nouveau face au communisme et au racisme", librairie Hachette, Paris, 1939, pp. 185-186.

Association Nationale des Anciens Combattants et Ami-e-s de la Résistance dénonce la tenue du congrès FN à Lyon...

publié le 16 nov. 2014 à 07:20 par Jean-Pierre Rissoan   [ mis à jour : 17 nov. 2014 à 07:02 ]

Association Nationale des Anciens Combattants et Ami-e-s de la Résistance Comité du Rhône - 7 rue Major Martin 69001 Lyon

 

Déclaration de l’ ANACR du Rhône

Ne pas se taire…refuser toute banalisation !

Le Congrès du Front National va se dérouler le 29 novembre à Lyon.

    Nous intervenons en tant qu’organisation d’Anciens Résistants et de femmes et d’hommes attachés aux valeurs de la Résistance et à la mémoire de celles et ceux qui ont été victimes de l’oppression et du fascisme en payant de leur vie.

    Or si nous sommes attachés à la pluralité de la vie publique et politique française, pluralité qui se retrouve au sein de l’ ANACR et qui est incarnée par les formations de l’Arc Républicain, nous estimons que le Front National ne peut s’inscrire dans cette dimension.

    En effet il représente une partie visible de la montée inquiétante des idées d’extrême droite dans notre pays, que concrétisent les récents scrutins l’amenant aux portes du pouvoir. Une progression qui s’accompagne de manifestations parfois violentes basées sur le racisme, la haine des étrangers les transformant en bouc-émissaires des maux que connaît notre société. Aussi comme l’a affirmé le congrès national de l’ANACR d’octobre 2014 :

« Le combat contre ce que représente le Front National et d’autres mouvements d’extrême-droite, c'est-à-dire le combat contre la xénophobie, le racisme, les réminiscences du pétainisme, l’esprit anti-démocratique, le négationnisme historique, le néofascisme, nécessite plus que jamais nous lui portions toute notre attention »

    Ces idées doivent être combattues sans relâche et sans exclusive qu’elles s’expriment par les déclarations des Le Pen, père et fille, ou sous la forme recyclée des « identitaires ».

    Les dirigeants du Front national n’hésitent pas à utiliser sans vergogne le nom et la mémoire de Jean Moulin ou encore à s’approprier la Résistance et le programme du CNR alors que dans le même temps ils développent des propos violement xénophobes. Parallèlement les « identitaires » se présentent comme héritiers des Résistants, qui s’opposaient à l’occupant allemand…..comme eux, aujourd’hui s’opposent à « l’invasion étrangère ». Cela se passe en France, mais la dédiabolisation touche une grande partie des pays européens avec dans certains pays des participations aux pouvoirs ou en en étant proche. Ce sont là des partis avec lesquels le FN entretient de bonnes relations, la présidente n’hésitant pas à s’afficher avec des nostalgiques du 3e Reich., tandis que le président d’honneur déclare que l’occupation « n’avait pas été particulièrement inhumaine ». Chacun a pu connaître, avec indignation, la décision d’un maire d’extrême droite d’interdire "le Chant des Partisans" ou de tel autre qui veut débaptiser les rues évoquant le nom de Résistants ou de démocrates. D’autres exemples, d’autres attitudes pourraient être hélas évoqués.

    Nous avons conscience que cette progression de l’extrême droite s’appuie sur une situation de crise et de difficultés subies par de nombreux femmes et hommes. Nous savons par expérience historique, que ces situations constituent un terreau favorable à la montée de l’extrême-droite avec les conséquences que l’on connaît. Il est important et nécessaire pour nous de dénoncer et d’alerter, car nous estimons que c’est de notre responsabilité, mais aussi de notre fidélité à celles et ceux qui ont combattu le nazisme et le fascisme.

C’est, pour nous, respecter la mémoire des exécutés, des fusillés, des déportés politiques ou raciaux. Nous voulons solennellement proclamer que ne soit pas insultée notre Ville de Lyon, Médaillée de la Résistance et qui s’est vu attribuer par le Général de Gaulle le titre de "Capitale de la Résistance". En mémoire de celles et ceux qui ont combattu le fascisme et le nazisme allant jusqu'à donner leur vie, nous vous invitons à nous retrouver

devant le Veilleur de Pierre, symbole de la Résistance unie dans sa diversité, pour un dépôt de gerbe, le samedi 22 novembre 2014 à 10 h 30.

 

Pour le comité directeur de l’ ANACR 69

Roger GAY -Président départemental de l’ ANACR du Rhône

Roger GAGET – Président d’honneur- Résistant FFI – maquis du Haut Jura

Odile CHADEBECH - Présidente d’honneur - Résistante–Forces Unies de la Jeunesse Patriotique (FUJP)

Pierre FERRA - Président d’honneur- Résistant - FTP-MOI – groupe Carmagnole

Contact / Tel : 06 87 88 86 91 - courriel : gaynr@wanadoo.fr  Site : anacr-rhone.fr

 

 

compte-rendu de lecture : "l'extrême-droite d'en haut" (les beaux quartiers de l'extrême-droite)

publié le 7 oct. 2014 à 00:58 par Jean-Pierre Rissoan   [ mis à jour : 5 août 2016 à 10:02 ]

    C'est un fait, semble-t-il, acquis. L'ascension de l'extrême droite en France reposerait sur la haine du « système, le ressentiment des petits contre les nantis. Le Front national (FN) parlerait aux déclassés, aux paumés de la mondialisation, aux exclus de la globalisation. Le Rassemblement Bleu Marine percerait au cœur de la France périphérique abandonnée par les services publics. Cela n'est sans doute pas faux. Mais il faut compléter le tableau. Car le Front national recrute aussi dans la haute fonction publique, il se banalise dans la sphère médiatique comme dans la France patronale et patrimoniale. C'est ce que tend à démonter le passionnant numéro de la revue Agone consacré aux « beaux quartiers de l'extrême-droite», coordonnée par les sociologues Samuel Bouron et Maïa Drouard.

    Le parti de Marine Le Pen doit beaucoup au « système». Médiatique d'abord. C'est dans les années 1980 que Jean-Marie Le Pen devient le « bon client » idéal des émissions de radio et de télévision. Certes, journalistes ou humoristes —tel Pierre Desproges dans le « Tribunat des flagrants délires » sur France Inter— lui renvoient ses références néofascistes à la figure. Mais cette dernière s'impose peu à peu dans les écrans et dans les écrits. Le phénomène Marine Le Pen est encore plus flagrant. Les médias s'arrachent celle qu'ils appellent « Marine», lui font parler politique, mais aussi mode, philosophie ou cuisine. Les cadres du FN n'ont plus trop à répondre des blagues révisionnistes du patriarche, mais dissertent sur la crise de l'euro ou le « matraquage fiscal».

    Ainsi faut-il analyser la notoriété du polémiste antisémite Main Soral, explique la journaliste Stéphanie Chauveau. Car celui qui se présente comme un «national-socialiste français» ne doit pas son audience à la brillance de ses analyses, mais à son « capital médiatique». Hier, membre du Front national (2006-2009), aujourd'hui gourou « rouge-brun» sur la Toile où il fait vivre l'association Egalité et Réconciliation, Main Bonnet de Soral, qui fit ses études au prestigieux collège privé et catholique Stanislas, a pu compter sur ses nombreuses apparitions médiatiques chez Dechavanne, Ardisson ou Taddeï, pour asseoir son audience publique.

    Pas hors du « système», le FN recrute en son sein, comme l'illustre l'ascension de Florian Philippot, énarque de la promotion Brandt, devenu vice-président du parti lepéniste, ou encore celle de Philippe Martel, ancien énarque également et membre du cabinet de Juppé, au Quai d'Orsay. Un « épiphénomène», certes, mais qui touche à présent l'administration militaire. Une longue marche idéologique notamment préparée par le Club de l'horloge, cercle de hauts fonctionnaires de droite créé par des futurs cadres du FN (Sylvain Laurens).

    Cette revue de la gauche critique s'attache à la façon dont les idées d'extrême-droite gagnent la sphère intellectuelle, à l'université (Sylvain Laurens et Main Bihr), dans l'aristocratie patrimoniale (Maïa Drouard) ou la République des lettres à travers les célébrations de Céline (Evelyne Pieiller) ou la bienveillance dont fait l'objet l'écrivain contemporain Richard Millet (Thierry Discepolo). L'article de Samuel Bouron, qui a suivi incognito une formation au sein des Jeunesses identitaires, est particulièrement instructif. Ainsi apparaît la fabrication d'une « élite militante» plus diplômée qui sait s'immiscer dans des lieux branchés et qui méprise-la quincaillerie des skinheads paupérisés. Une sorte de lutte des classes donc, au sein même de certains groupes qui souhaitent réactiver celle des races.

    Nicolas TRUONG (Le Monde)

Agone, « Les beaux quartiers de l'extrême-droite », directeurs : Samuel Bouron et Maïa Drouard (2014), 20 euros.

 

 sur ce site , lire : 1. Le F.N. ? c’est d’abord les riches…

LE F.N., LES RICHES ET LES AUTRES, LA CLEPSYDRE LE PEN

3. LE F.N. et le vote stratégique des Riches : PRESIDENTIELLE 2002 (et 2007)

"Le FN a une sociologie de gôche" ...un article du Nouvel Observateur

etc...

 

Lot & Garonne, attention danger !

publié le 21 juin 2013 à 07:01 par Jean-Pierre Rissoan

    Dans le journal Sud Ouest daté de ce mercredi 19 juin 2013, entre les deux tours de la législative partielle de Villeneuve-sur-Lot, on peut lire ce propos plein de la délicatesse inhérente au Front national, sorti de la bouche du candidat FN, Etienne Bousquet-Cassagne : "les agriculteurs veulent vivre de leur travail sans être emmerdés par l’administration". Étienne B.C. est le fils de Serge Bousquet-Cassagne, président de la chambre d’agriculture de Lot&Garonne (47), élu sur la liste Coordination rurale (CR), droite-extrême/extrême-droite. Le jeune Étienne n’a sans doute pas eu vent de ce qui s’est passé pas très loin de chez lui, à Saussignac, en 2004.

    Que se passe-t-il quand un agriculteur estime être "emmerdé" par l’administration ?

    Voici la narration des évènements de 2004 telle qu’elle figure dans mon livre, chapitre XVIII, publié en 2007 et accessible gratuitement sur ce site.

***

    (La) tradition d'action directe, c'est-à-dire d'agir par soi-même, sans référence à la loi, en dehors de tout recours à la justice et/ou la police[1], continue d'alimenter les discours et comportements d'extrême-droite chez certains employeurs (il faut particulièrement ici s'interdire toute généralisation).  

    Le double assassinat de Saussignac (Dordogne), le 2 septembre 2004, a servi de révélateur.

    Ce jour, un arboriculteur est l'objet d'un contrôle de routine de la part d'une inspectrice du travail et d'un agent de contrôle. Une visite, en 2002, avait déjà dévoilé qu'il recrutait de la main d'œuvre de façon irrégulière. Les travailleurs saisonniers marocains arrivent en France par des marchands qui se font passer pour des entreprises prestataires de services qui, en réalité, leur font payer et le voyage, et l'emploi trouvé. Chez l'arboriculteur, qui "travaille" avec les marchands, les marocains sont rémunérés à un taux très inférieur au SMIC légal. Ils se font donc doublement exploiter. Le 2 septembre, donc, les fonctionnaires, chargés comme l'indique l'article L611-1 du code du travail, de "veiller à l'application du code du travail et à constater les infractions à ses dispositions" viennent demander les documents prouvant que l'arboriculteur déclare bien sa main d'œuvre. Faisant mine d'aller les chercher, il revient avec son fusil de chasse et abat les deux fonctionnaires de la République.

    Comment ce drame –le premier du genre, en France, depuis la création du corps d'Inspecteur du travail - a-t-il été perçu ? Un viticulteur, qui a toutes les allures du "modéré", déclare sans ambages, le plus tranquillement du monde: "ils ont eu ce qu'ils méritaient, honnêtement, c'est ce que je me suis dit. Je comprends les gens qui ont des problèmes de trésorerie, avec toutes ces charges, ces cotisations, les gens sont à bout (…) on arrive peut-être à pouvoir excuser son geste". Déclarant que c'est l'opinion majoritaire aux alentours, il poursuit : "ce sont eux qui ont eu les torts; ils harcèlent, ils veulent en savoir beaucoup plus que ce qu'on veut bien leur dire, ils essaient de nous faire couler, ils manquent de diplomatie"[2]. Le maire de Saussignac qui déclare avoir reçu (il écarte ses mains de vingt centimètres) un "paquet de lettres" de soutien … à l'assassin, insiste sur le fait que cet homme n'était pas du village, il n'appartenait pas à la communauté du village, "il arrivait le matin, il repartait le soir". Quant au président de la Chambre d'agriculture du Lot & Garonne, département limitrophe, élu de la Coordination rurale, il rejette cette affaire comme un corps étranger, "ce n'est pas un problème agricole…c'est un ancien fonctionnaire[3], qui n'avait rien à voir avec l'agriculture …". Notons tout de suite que ce n'est pas ce que dit son organisation syndicale qui, sans s'incliner d'abord devant les morts, parle dans un communiqué d'un "drame du désespoir paysan".

    Jacques Cotta et Pascal Martin se sont rendus à l'assemblée générale de la Coordination rurale (CR) du Lot & Garonne (47), département voisin, où ce syndicat d'extrême-droite a obtenu la majorité aux élections professionnelles de 2001 (41%) et donc la présidence de la Chambre consulaire[4]. Un agriculteur déclare : "Quand on les voit arriver … comme des shérifs, des cow-boys du XIX° siècle", un autre : "on nous contrôle sur tout : le matériel, les locaux des saisonniers, les produits phytosanitaires… ". L'assemblée générale de la CR47 mène campagne pour une charte des bonnes pratiques du contrôle dont une des clauses est "je n'admets que des gens qui respectent les lois". Admirable renversement des valeurs. C'est le contrôlé qui va dire aux contrôleurs –inspecteurs du travail- quelles sont les lois à respecter. Et l'assemblée de discerner "le prix de l'ours" attribué au fonctionnaire "le plus exécrable, le plus nuisible à l'agriculture du Lot & Garonne" (sic). Attribué à une jeune inspectrice du travail, on s'en doutait.

    Cet assassinat révulsant de deux fonctionnaires morts dans l'exercice de leur fonction n'a hélas pas donné lieu -et c'est un signe que notre société est gravement malade- à une réprobation massive. J'ai dit plus haut la réaction du collègue de Saussignac qui dit lui-même refléter une position très majoritaire. Mais il y a pire. Le drame suscite des vocations. En Dordogne, après une "action directe" de destruction de cargaisons de produits concurrents devant la Direction départementale du travail, un manifestant "jette des douilles de cartouches sous les fenêtres du bureau de la victime assassinée"[5]. Dans l'Essonne, un patron boulanger, objet de contrôles, téléphone à l'inspecteur consciencieux "on va se mettre à 40 ou 50 commerçants pour vous briser" lui demandant "s'il avait écouté les informations"… Deux mois plus tard, à la sortie de l'audience, le boulanger déclare "eux, ils appliquent la loi à la lettre, c'est bien, moi, j'suis pas au courant, c'est tout. Pourquoi ils s'acharnent sur moi ? J'estime être victime de harcèlement surtout pour des papiers comme ça (sic). J'ai rien à me reprocher, je suis un honnête citoyen. Si maintenant, les patrons on les harcèle…"[6]. Dans le Loir & Cher, Le lendemain de l'assassinat, la secrétaire de la section d'inspection de Blois reçoit le coup de téléphone anonyme suivant : « Je voudrais avoir Mme CM, la contrôleuse, pour lui dire que c'est de la part de Monsieur X. A force de contrôler sans arrêts les artisans, c'est du bon boulot ce qui est arrivé...". C'était un artisan–boulanger de Vendôme qui reconnut les faits. "Devant le tribunal, il est venu les mains dans les poches et sans avocat. Il admet «avoir fait une connerie», mais il dit qu'il avait écouté RTL et que des artisans disaient en avoir ras le bol des contrôles de l'inspection, et que lui même avait reçu beaucoup de factures ce matin là.... qu'il connaissait la contrôleuse qui avait fait un contrôle 18 mois plus tôt dans son entreprise et qu'il n'était pas d'accord sur ses conclusions concernant la durée du travail des apprentis mineurs"[7]. Durant le procès, l'affaire a été requalifiée en "menaces de mort". On pourrait continuer longtemps ainsi. Le journal Le Monde a publié une demi-page de témoignages d'inspecteurs et contrôleurs allant dans ce sens (18-IX-2004).

    En vérité, et au risque de faire pousser des hurlements, il n'y a pas assez de contrôles de la part des inspecteurs. Les chiffres sont éloquents, chaque inspecteur ou contrôleur doit s'occuper (moyenne arithmétique) de plus de 1.000 entreprises plus les chantiers et plus de 10.000 salariés. Dans des entreprises du désert syndical salarié. Si bien qu'un patron peut développer son entreprise sans aucun contrôle jusqu'au jour où une inspection révèle (dans un atelier de chaudronnerie-peinture) : "accès au zones dangereuses non protégés, machines-plieuses non conformes, défaut d'aspiration et d'aération de l'atelier, peinture en poudre répandue dans tout l'atelier, aucun élément de vérification de la régularité des embauches, apprenti de moins de 18 ans non déclaré"[8]. Ce jour-là, le ciel tombe sur la tête du patron. A ce dernier qui plaide la bonne foi -c'est notre métier, on fait attention- l'inspectrice peut rétorquer qu'elle a connu le cas d'un jeune homme de 18 ans qui eut trois doigts de chaque main coupés, qui –sous le choc- a perdu l'usage de la parole, et qui perdit son emploi puisqu'il était en période d'essai, sans contrat.

    Ce patron ne manqua point de citer la Chine, comme un autre –dans la fonderie- qui déclare "avec les normes de sécurité qu'on nous impose, eux doivent pas les avoir", comme une agricultrice de la CR47 "est-ce qu'en Chine on les contrôle ?". Un autre agriculteur parle d'un Smig horaire de 12 euros au lieu de 3 ou 4 en Espagne. Le patron de la fonderie cite des salaires de 150 euros mensuels en Ukraine. Tout cela est vrai. Hautement responsables sont ceux qui ont signé et approuvé des accords de libre-échange économique sans tenir compte des écarts sociaux. On crée un espace économique mondial sans créer un espace social et encore moins un espace écologique mondial. Cela dit, faut-il descendre au niveau social des Chinois ? Faut-il, selon une formule célèbre, brûler le code du travail ? Un patron, à qui une inspectrice fait arrêter, séance tenante, un chantier parce que les conditions de travail sont telles qu'un accident ne peut pas ne pas se produire dans les jours qui viennent, s'exclame : "dans ces conditions, ça (ne) paie plus"… Littéralement coincés entre la concurrence et le code du travail et autres réglementations, certains veulent brûler le code du travail. Les inspecteurs viennent faire respecter la loi ? Oui, mais il y a la loi et le reste… (sic). C'est quoi, le "reste" ? C'est, par aveu même, le "hors-la-loi". C'est la défense coûte que coûte, jusqu'à l'emploi du fusil de chasse, de la sacro-sainte propriété. Ces hommes excessifs ont réalisé une fusion totale entre l’Être et l'Avoir, ce que l'on  pourrait traduire par "je suis ma propriété".

    "Nous n'acceptons pas de crever sans rien dire" crie la CR47. Voudrait-on entraîner tout le monde dans sa chute ?  

    Le Front National fait ses choux gras de cette ambiance délétère. Dans le Lot & Garonne, il fait un score supérieur à sa moyenne nationale, progressant en voix et en pourcentage entre les deux tours de la présidentielle (celle de 2002, JPR), alors qu'en France, il y eut recul. Il est intéressant de constater que les patrons-agriculteurs ont choisi pour les représenter à la Chambre d'agriculture, un "chef de terre" comme les vénérait le pétainiste Gazave. Châtelain avec nom à particule, exploitant plus de cent hectares, notable polyvalent, le président de la Chambre d'agriculture est aussi maire et conseiller général. Dans sa commune, le F.N. dépasse les 30% au premier tour et réalise le score astronomique de 46,4% au second ! L'homme affiche pourtant une étiquette U.M.P. … Mais il a été mis en examen pour une "action directe".

 

    L'extrême-droite change ses discours. "Le vicomte Alban de Villeneuve-Bargemont, préfet de Louis XVIII et de Charles X [9], (…) sans doute parce qu'il n'est pas qu'un théoricien, et que la pratique de l'administration lui a appris le crédit relatif qu'il faut faire à la bonne volonté des hommes, tient sans hésiter que l'intervention de l’État chargé du bien commun est légitime et nécessaire dans le règlement des problèmes du travail. "L'inconvénient de pénétrer dans l'intimité des fabriques, d'établir des pénalités, de choquer quelques amours-propres, de contrarier certaines habitudes, disparaît devant une grande nécessité de justice, d'humanité et d'ordre. On surveille, on inspecte les lieux publics, les écoles et les divers établissements destinés à recevoir un grand nombre d'individus ; l'autorité a le droit de les faire fermer s'ils apportent quelque dommage à la société ; elle impose des conditions à leur création et à leur existence. Loin de s'en plaindre la société applaudit à ces précautions justes et sages"[10].

    Voilà ce qu’écrivait un monarchiste en 1834. Aujourd'hui, dépouillée de ses oripeaux religieux, l'extrême-droite n'a plus le sens du bien commun.

     Le candidat FN du Lot&Garonne a la mémoire courte. C’est normal, il est pétainiste.

 



[1] Pour ma part, je distingue l'action directe de l'action révolutionnaire.

[2] Déclaration à l'occasion d'une dégustation œnologique aux enquêteurs du film "DANS LE SECRET DE...." Inspecteurs du travail assassinés !, un film de Jacques Cotta et Pascal Martin, France 2, juin 2005.

[3] L'arboriculteur était un ancien militaire. 

[4] Cette majorité a été confirmée en janvier 2013, (46,3%, scrutin à un tour).

[5] Témoignage du Directeur départemental du travail de Dordogne (film de COTTA & MARTIN). 

[6] Le boulanger est condamné pour "délit d'entrave et menace de séquestration".

[7] Extrait d'un document syndical que m'a transmis un ami, Directeur du travail-adjoint. Effectivement, avant ce fait, le père d'un apprenti avait déposé une main courante auprès du commissariat pour non respect de la durée du travail.

[8] Film "L 611 – 1" de J.-Y. CAUCHARD.

[9] "Blanc du midi" ce qui est une garantie supplémentaire d'orthodoxie légitimiste… Il participa au complot royaliste de la duchesse du Berry (1832).

[10] Extrait du livre de Villeneuve-Bargemont "traité d'économie politique chrétienne" (1834), cité par Xavier VALLAT, "La croix, les lys et la peine des hommes", pp. 33-34. 

Pour qui votent les intégristes ?

publié le 11 juin 2013 à 23:27 par Jean-Pierre Rissoan

    Dans mon article sur le monastère intégriste du BARROUX (84) je donne des informations très utiles sur ce que peut être le traditionalisme.
je vois y renvoie : Pour qui votent les intégristes ?

8 décembre à Lyon : l’escroquerie des Identitaires

publié le 1 déc. 2012 à 05:04 par Jean-Pierre Rissoan   [ mis à jour : 3 déc. 2012 à 12:53 ]

Les soi-disant identitaires poursuivent leur sale besogne anti-arabe, anti-intégration des immigrés.


Avec une absence totale de l’appréhension du sens des mots, ils appellent à une marche le 8 décembre dans une manifestation qu’ils dénomment « Lugdunum Suum ». Qu’est-ce à dire ?


Voici le texte qu’ils publient dans leur feuille :

LUGDUNUM SUUM, NOTRE MARCHE AUX FLAMBEAUX POUR RETROUVER LE VRAI SENS DU 8 DECEMBRE

Depuis 5 ans, nous organisons une marche pour rendre hommage à Marie et surtout retrouver le vrai sens populaire du 8 décembre. Ce n’est pas une marche religieuse, elle est ouverte à tous, croyants et non croyants. Elle regroupe une grande majorité de jeunes et de famille. « Lugdunum Suum » signifie en latin « son Lyon ». La ville de Lyon étant désignée comme la ville de La Vierge Marie.

Donc, vous avez compris : la manifestation s’appelle « Lugdunum suum » - c’est confirmé sur la reproduction d’une affiche figurant au droit du texte - parce que Lyon, c’est Le Lugdunum de la Vierge Marie - c’est également confirmer par la reproduction d’une tête de la dite vierge, apparemment en or massif,  coiffée d’une couronne royale, sur la même affiche. On va défiler pour « son » Lugdunum mais, rassurez-vous, « ce n’est pas une marche religieuse »… On défile derrière la et pour la Vierge Marie, mais ce n’est pas religieux.


En réalité, on prend les gens pour des imbéciles. Le « vrai » sens du 8 décembre, si l’on veut être absolument rigoureux est effectivement religieux. Il est exact que, le temps faisant son office, le sens religieux se perd et que c’est devenu une fête tout court, paganisée, dont les mercantis se sont emparés ultérieurement. Fête religieuse, fête populaire, fête commerciale, aujourd’hui fête touristique qui pose Lyon parmi les grandes métropoles mondiales qui maîtrisent parfaitement l’éclairage et les illuminations urbains au point d’en faire un article d’exportation.

Mais bon, nos identitaires sont bien embêtés : ils veulent s’accrocher à la religion catholique qu’ils estiment être un des piliers de « l’identité » lyonnaise, mais ils sont traversés par des courants mécréants, athées, sans religion. Et puis, il faut racoler partout. Ces individus violents se rattachent idéologiquement à l’extrémisme de droite qui régnait au début du XX° siècle. Maurras et ses amis idéologiques se servent du catholicisme, de la religion, de l’Eglise comme corps constitué pour étrangler la République laïque. Car, ils le disent et le répètent, ils n’ont pas la foi. Mais la tradition catholique du pays est à exploiter pour arriver à ses fins. Par tous les moyens. Voici ce que j’écris dans mon livre à ce sujet :

 

Vers le paganisme

Paganisé est bien le mot. Maurras lui-même n'a pas la foi, il est agnostique, mais en bon Français, il se dit catholique. "Maurras avait imaginé que, si on lui avait présenté une feuille de recensement où n'aurait pas été déjà supprimée la colonne religion, il eût eu le droit d'écrire en face de son nom : catholique, pour exprimer, non la foi, mais la piété et la forte attache à la tradition de tous les siens. Cela lui fit dire : La chaîne d'idées que j'expose est très suffisamment païenne et chrétienne pour mériter le beau nom de catholique, qui appartient à la religion dans laquelle nous sommes nés". Maurice Barrés, lui aussi, n'est pas catholique, mais il se fait le défenseur de cette religion parce que "les lois de la santé pour la société comme pour l'individu sont d'accord avec le décalogue" et que c'est dans son atmosphère que "se développent le mieux les plus magnanimes sentiments de notre nation"[1].

Jules Soury avait été un des premiers collaborateurs de l'Action Française quand elle accueillait toutes les pensées nationalistes (…) mais écrit Maurras "au fur et à mesure qu'elles se précisaient, nos idées et nos campagnes, sans arrêter nos relations, le détachèrent de nous..... Une autre source de difficulté venait de l'idée qu'il aurait aimé à donner et à répandre du catholicisme. Il croyait qu'on pouvait être catholique sans l'adhésion au dogme du catholicisme, c'était le sujet de débats épiques"[2]. Soury bascule en effet dans ce que Zeev Sternhell appelle le néo-paganisme. Il n'a plus la foi. Il devient par là même pour Maurras "notre vieux prophète infréquentable"… Prophète parce que toutes ses idées guerrières, racistes et nationalistes ont été intégrées dans la doctrine de l'Action française, infréquentable parce que, n'est-ce-pas, pour les honnêtes gens, il faut être catholiques ! C'est la clef de voûte de l'édifice. Soury ne voit plus que gestes dans la pratique religieuse : "Ce qu'il y a de bon dans la dévotion religieuse, ce n'est pas une foi métaphysique à tel ou tel dogme, incompréhensible de nature, c'est le geste ancestral, c'est l'attitude de l'adoration, l'agenouillement sur les dalles du sanctuaire, le signe de la croix, la tiédeur de l'eau du bénitier banal, les mots du rituel prononcés sans songer au sens, le murmure berçant des prières du rosaire, des prières où s'unissent et communient des âmes sœurs". Une coquille vide.

Ainsi, après la religion-opium des Voltaire, Napoléon, Thiers, Maurice De Bonald, Renan et bien d'autres, voici la religion-idéologie, édifice politique au service de la monarchie, du "nationalisme intégral". Le paganisme de l'extrême-droite est un autre élément qui fonde la qualification de "pré-fascisme" donnée à tout ce foisonnement de doctrines d'avant 1914. Fin de citation. Chapitre XIII.



[1] DANSETTE, "Histoire religieuse…", page 699,

[2] Cité par le marquis De ROUX, page 150.

Les fantômes du Front national...

publié le 4 oct. 2012 à 03:32 par Jean-Pierre Rissoan

Le F.N. balance un gros effet d’annonce en bombardant que, pour les Municipales-2014, on va voir ce qu’on va voir ! Autrement dit, un raz-de-marée FN dans nos villes et villages.

En 2011, lors des élections cantonales, la paresse, je veux dire la presse a répété sans vérifier que le FN avait bénéficié d’une « poussée » formidable. En fait, j’ai montré ailleurs que par rapport aux mêmes élections de 2004, le FN PERDAIT DES VOIX par rapport au nombre d’électeurs inscrits. (Bis) Cantonales 2011: quand le F.N perd des voix.. et aussi      Cantonales 2011 : quand le F.N perd des voix

Cela dit, le FN a exploité ces cantonales 2011 dans la perspective de la présidentielle 2012. Les candidats -qui n’ont pas leur mot à dire - avaient pour circulaire électorale une feuille 21x29,7 entièrement couverte par la photo de LePen-fille avec au verso un texte FN national. Eventuellement, un texte relatif au canton pouvait figurer sur la circulaire. Dans ces conditions, il fallait pouvoir envoyer le maximum de circulaires au maximum d’électeurs. Et pour cela, présenter des candidats FN dans le maximum de cantons métropolitains. Quels candidats ? Des citoyens actifs localement, au fait des problèmes du canton et donc du département ? Des citoyens qui ont réfléchi au sein de leur parti et avec la population des réponses à apporter ? Mais le FN n’en n’a pas ! Pas le moindre petit conseiller municipal à offrir au choix des électeurs du canton. Là aussi je l’ai montré : VI.Sénatoriales, Présidentielle, implantation locale: le cas de la Moselle

 

Alors on présente n’importe qui.

En voici la démonstration.

NB. Tous les extraits de presse viennent de l’édition du lundi 21 mars 2011 des journaux de la PQR, lendemain du 1er tour des élections cantonales de cette année-là.


En Alsace (citations des DNA)

Canton de Sélestat

"Le candidat du FN quasi inconnu sur le canton, bénéficie de la poussée du FN sous la bannière de Marien LePen".

Canton de Marmoutier

"Le Front National qui n’a pas organisé de réunions publiques pendant la campagne, a malgré tout réalisé un score honorable"

Canton de Strasbourg-6

"Le candidat du FN, encarté depuis moins de trois mois et très peu implanté dans le canton, profite de l’effet Marine LePen"

Canton de Strasbourg-9

"Le candidat frontiste, parachuté dans ce canton, qui n’a pas pu rencontrer les électeurs (ayant des soucis de santé qui l’empêchait de se déplacer (…)"

Canton de Guebwiller

"La candidate du FN - tout juste 18 ans - "

Canton de Truchtersheim

"le candidat du PS arrive en 4° position juste derrière le FN qui n’a pourtant guère fait campagne". Pour le candidat de droite arrivé en tête, "le score important du Fn reste une interrogation".

Canton de Villé

"Le FN représenté par (un candidat) absent de la campagne (obtient) pratiquement 20% des voix".

Canton de Masevaux

"La candidate du FN profite (…) de la vague bleu Marine. Cette parfaite inconnue dans le canton -elle n’y a d’ailleurs pas fait campagne -arrive néanmoins 3°".

Canton de Munster.

"Le très jeune candidat du FN, pourtant inconnu dans la vallée, réalise des pointes à 17 ou 18%". Entre parenthèses, pour se donner un peu de courage, le candidat Front de Gauche Serge Jaeggy a obtenu presque 42% au second tour dans ce canton.

 

En Auvergne, reportage de LA MONTAGNE

Canton de Vichy-sud (Allier)

"Dans le hall de la mairie de Vichy, les résultats s'affichent peu à peu. Et la surprise Front national se confirme de bureau en bureau «Tu le connais toi, David Salvan ?», interroge une supportrice de Christian Corne ? Non, dans la pièce, personne ne connaît le candidat du FN (…) qui a mené une campagne très discrète. Mais 566 électeurs vichyssois ont mis son bulletin dans l'urne, hier, l'envoyant au second tour dimanche.

 

En Moselle, reportages du REPUBLICAIN LORRAIN

Canton de Forbach

"Le frontiste, sarregueminois jusque-là inconnu sur le territoire est parvenu à rassembler 27,59%"

Canton de Château-Salins

"Il s’agit du parachuté du FN qui a rassemblé 13%"

Canton de Fameck

"Nouvelle en politique, la candidate frontiste se place en 2° position sans avoir réellement fait campagne"

Canton de Bitche

"G. Plot, candidat parachuté du FN avait déclaré durant la campagne se présenter à Bitche car c’était le dernier canon disponible. Il avouait n’avoir aucun programme" (sic).

 

Dans le Doubs, reportages de L’EST REPUBLICAIN

Canton de Vercel

"On notera la progression du FN qui, sans avoir réellement fait campagne engrange voix et points supplémentaires"

Canton de Mouthe

"(Candidat FN) inconnu dans le secteur".

Canton de Montbéliard-Ouest

"Pierre Hélias, sortant PS, déclare «30% -pour le candidat FN, JPR- sans rien faire, sans rien expliquer, c’est révélateur d’un malaise très profond »".

Canton d’Etupes

"Michel Rondot, candidat PS (35%), «c’est extraordinaire d’obtenir un tel score (31% FN) sans avoir livré le moindre programme".

 

En Haute-Vienne, reportages de L’ECHO

Canton de Limoges-Le Palais

"Déclaration du candidat UMP, E. Prévot : « le candidat FN est un candidat parachuté que l’on n’a quasiment pas vu pendant la campagne »".

Canton de Limoges-Carnot

"Déclaration de la candidate PS, Rotzler : «le conseiller général est un élu de proximité que l’on doit pouvoir identifier. Pour le candidat FN on n’a même pas vu sa photo, on ne le connaît même pas » ".

 

Dans le Nord-Pas de Calais, reportages de LA VOIX DU NORD

Canton d’Arras-sud

"La candidate du FN, habitante d’Hénin-Beaumont, qui n’a pas fait campagne sur le terrain, (arrive) en deuxième position".

Canton de Vitry-en-Artois

"le très populaire (conseiller général communiste sortant) sera opposé au deuxième tour à l’inconnu du Front national". Le candidat socialiste, battu (20%), déclare "si le FN avait présenté une brouette, il aurait eu le même score (27%)".

Canton de Vimy

"arrivé en tête au premier tout, le candidat PS-MRC déclare « le Front national a fait campagne sur des thématiques hors sujet, nationales et présidentielles »".

Canton d’Arleux

Le candidat PCF est élu dès le premier tour pour un quatrième mandat. "le FN a près de 20% des suffrages exprimés. Là, c’est la marque FN (qui est) plébiscitée, pas le candidat dont la campagne était pour le moins… discrète".

Canton de Douai-sud

"Du candidat FN on n’entendra pas la voix. Il est actuellement hospitalisé et n’a pas fait campagne".

 

Dans le Rhône (69), commentaires du PROGRES de Lyon

Canton de Vaulx-en-Velin

"Inconnu à Vaulx-en-Velin, (le candidat FN) a obtenu 21% des voix sans même avoir fait campagne".

Canton de Villeurbanne-sud

"le FN a réussi à se hisser au second tour de scrutin (…) dans un secteur où on ne l’attendait pas vraiment. Inconnu des électeurs, (le candidat FN) a profité pleinement de « l’effet Marine LePen »… ".

Canton de Givors

"Le candidat du FN prend la deuxième place malgré une quasi absence de campagne".

Canton de l’Arbresle

"Forte progression du FN bien que le candidat n’ait pas fait campagne".

Canton d’Anse

"Le Fn est au second tour. Une surprise, son représentant étant méconnu des électeurs du canton et n’ayant par ailleurs pas fait une grosse campagne".

Canton de Beaujeu

"Reste l’énigme Front national ! (son candidat) presque inconnu sur le canton, totalise 15,9% des électeurs (qui ont exprime un vote, JPR)".

 

J’arrête ! Tout cela est assez probant, non ? et je n’ai pas épuisé toutes mes sources…

Que retenir de ces témoignages concordants ?

D’abord et avant tout, l’immense mépris du FN pour le suffrage universel. Qu’est-ce que c’est que ces candidats qui ne font pas campagne ? où est le dialogue, la « dispute » républicaine ? que se serait-il passé si ces soi-disant candidats avaient été élus ? Comment les problèmes locaux auraient-ils été pris en compte ? La salle du Conseil général aurait été transformée en salle d’exposition anti-Islam ?

Voilà ce qui nous attend aux prochaines élections municipales ! Gardons nous de donner nos municipalités à des incapables qui n’ont pour doxa que le suivisme de leur chef, en l’occurrence de leur cheftaine. Car, je l’ai dit en introduction, le Fn a transformé ces élections cantonales en PLEBISCITE pour LePen.

Le fait qu’une campagne soit inutile et que les électeurs votent les yeux fermés pour le candidat estampillé FN est le signe d’une démocratie malade.

Quelle bouffée d’air frais a représenté a contrario la belle campagne républicaine d’explications et d’instruction civique menée par J.-L. Mélenchon et le Front de Gauche !

Que soient enfouis sous le honte les journalistes qui osent sans vergogne assimiler l’extrême-droite et la Front de Gauche.  

La 'droite forte' : à mourir de rire (façon de parler...)

publié le 2 oct. 2012 à 08:57 par Jean-Pierre Rissoan   [ mis à jour : 30 nov. 2012 à 01:16 ]

    Le portail ORANGE -bien orienté à droite- se fait le passeur apparemment passif des énormités de la Droite forte, une des tendances FNisée de l’UMP.

    Celle-ci réclame plus de journalistes de droite ! Mais quelles radios écoutent-ils donc ? Quelles chaînes TV regardent-ils ? quelle presse lisent-ils ? que ces petits marquis de la Droite décomplexée me citent 1 je dis 1 -un-journaliste « Front de gauche » ? qu’ils citent 1 -je dis 1 -une- rédaction de radio ou de télé résolument hostile au traité européen qui se profile à l’horizon et qui propose une AUTRE orientation pour l’Europe sociale, l’Europe des peuples que nous voulons ?

    Au lieu de cela, on a été asphyxiés pendant des mois, des années par le superprésident Sarkozy et ses super-journalistes. La presse est unanime pour dire et répéter et matraquer qu’il faut l’austérité pour rembourser LA dette ! que faut-il de plus à ces petits messieurs ? Il suffit de lire la mine décomposée des journalistes face à Mélenchon quand celui-ci leur dit que la dette n’est pas un problème ! Ils tombent de leur chaise avec fracas, les micros s’émeuvent et grésillent, vite on passe une page de pub ! C’est que TOUS les journalistes sont formatés à la pensée unique ! tous ! bon, je mets à part ceux de l’Huma et du Monde diplo. …

 

    Voici leur texte intégral avec des incises, de mon fait, en lettres bleues.

    La Droite forte, l'un des mouvements de l'UMP qui soumettront une motion au congrès du 18 novembre, a proposé mardi de "démocratiser les chaînes du service public" et "libérer l'information en garantissant l'embauche de journalistes de droite".

    "Les penseurs et journalistes de droite comme Eric Brunet, Eric Zemmour et Elisabeth Lévy sont très peu représentés dans l'audiovisuel français. Il s'agirait de rééquilibrer l'information et le commentaire politique, à l'instar de ce que fit François Mitterrand en 1981, au lendemain de son arrivée au pouvoir lorsqu'il obtint l'embauche d'une cinquantaine de journalistes de gauche, tout particulièrement communistes, à la télévision, tels Roland Passevant ou Michel Cardoze", (quel mensonge par exagération ! à vomir.) affirment dans un communiqué les responsables de la Droite forte, parmi lesquels figurent les jeunes sarkozystes Camille Bedin, Geoffroy Didier et Guillaume Peltier.

    Sur le modèle des chaînes info (Direct de droite/direct de gauche sur BFMTV,(1) duel Macé-Scaron/Thréard sur i-Télé), les chaînes d'information du service public, radios comme télévisions, mettraient en avant, aux heures de grande écoute, le matin, à midi comme le soir, des journalistes se réclamant de la droite - en plus de ceux de la gauche (mais les journalistes que ces petits paltoquets appellent « de gôche » sont en réalité des partisans de le pensée unique, ils sont POUR la signature du traité ! POUR l’austérité !)  - afin d'assurer une meilleure représentativité des opinions des Français. Ces nouveaux formats d'équité de traitement médiatique seraient obligatoires lors des matinales comme des journaux de 13h et de 20h des chaînes du service public", demandent-ils. (voir la réponse de Marianne DELRANC, ci-dessous). En réalité, ces sectaires veulent des journalistes encartés à l’UMP récitant par cœur les résolutions de leur parti et le petit livre bleu du petit timonier COPE.

    La Droite forte plaide par ailleurs pour l'instauration d'un référendum d'initiative populaire, comme en Suisse, et pour terminer un couplet pour aller dans le sens de la suppression des syndicats : la suppression du financement public des syndicats, "qui doivent vivre des cotisations de leurs adhérents" ou encore la fin du monopole syndical issu de la loi de 1946 "en plafonnant la mise à disposition des permanents syndicaux et en contrôlant les comités d'entreprise des grandes entreprises publiques".

    Fin de citation.

 

 (1) BFMtv balancera un VRAI direct de gauche quand elle invitera un journaliste du Front de Gauche à le faire. UN duel LE POINT vs NOUVEL OBS est un faux duel.

 

    En contre-poison, je reproduis ici le texte d’une auditrice de France-Inter qui montre à quel point le « service public » de l’audio-visuel est au service d’un certain public et si par malheur la Droite forte revenait aux commandes, ce serait, non pas à mourir de rire, mais à mourir tout court.

 

 

UN MATIN SUR FRANCE INTER, J’AI DU RÊVER...

 

par Marianne DELRANC,

professeure agrégée de lettres modernes.

 

    Autrefois, à la radio, il y avait le réveil musculaire ; maintenant, il y a le réveil lavage de cerveau. Il me semble qu’en mai et juin derniers, j’ai voté quatre fois pour la gauche : deux fois à la présidentielle et deux fois aux législatives. Il me semble qu’un président de gauche a été élu et qu’une majorité de gauche a triomphé à l’Assemblée nationale. Mais j’ai dû rêver…

    8 heures, 18 septembre. J’écoute France Inter : un jeune islamiste parle, les lois de la République ne comptent pas pour lui ; le journaliste enchaîne sur un attentat à Kaboul et des manifestations (islamistes) à Beyrouth et en Indonésie. C’est terrible ! me dis-je… «La politique en France», enchaîne le journaliste : pour Manuel Valls, le droit de vote des étrangers ne serait pas pour maintenant. Interviewé, François Fillon explique que ce serait épouvantable, suivi de Jean-François Copé et du maire de Saint-Laurent-du-Var, interviewés également. Oui, ils ont raison, me dis-je, comment donner le droit de vote à de jeunes hommes qui ne reconnaissent même pas les lois de la République ? J’ai dû rêver. La droite a dû gagner les élections. Sinon, on aurait donné la parole à des élus de gauche, à des gens dans la rue qui ont signé la pétition de la Ligue des droits de l’homme pour le vote des étrangers aux élections locales, à la majorité des Français qui, selon les sondages, sont favorables à ce projet…

    «C’est la claque pour François Hollande», enchaîne le journaliste, citant un sondage BVA... incontestable. «Et pis encore pour Jean-Marc Ayrault», ajoute-t-il. Mais Sarkozy gagne 7 points. Il est sans doute encore président, me dis-je, il a dû s’absenter pour quelque temps, mais il va revenir, c’est sûr, et nous serons sauvés ! Au mois de mai, j’ai dû rêver…

    Puis, on annonce que Christiane Taubira met à l’étude une loi pour évaluer la gestion des peines et les récidives. Après tout ce que j’ai entendu avant, je me dis : «Quel laxisme ! Va-t-on laisser les fanatiques faire ce qu’ils veulent dans nos rues ?» Autre projet de loi : le mariage des homosexuels. Mgr Barbarin est interrogé, il est résolument contre ! Et personne pour le contredire. J’apprends ensuite que la hausse des tarifs du gaz ne sera pas de 7% mais de 8,5% cette année ; ne devaient-ils pas augmenter de 14% avec Sarkozy ? N’est-il plus au pouvoir ? Mon incertitude augmente…

    Enfin, «une cascade d’hommages», dit le journaliste, est rendue au «petit épicier de Landerneau», au «pionnier de la grande distribution», Édouard Leclerc. Certes, il a ruiné le petit commerce, mais il a créé une fondation pour l’art, ce qui compense tout le reste. Au fait, que faisait-il pendant la guerre ? Mystère… Le journal se termine avec «l’événement fort du jour» : la Ligue des champions. Que deviennent les gens qui travaillent chez PSA, Fralib, Sodimedical ? Et les Grecs ? Et les Espagnols ? Je n’en saurai rien. En revanche, le montage délibéré (l’enchaînement) – manifestation de la Concorde, déclaration du jeune islamiste, droit de vote des étrangers, circulaire Taubira, interviews de personnalités de droite – fait naître insidieusement, si l’on n’y prend garde, des réactions racistes et hostiles à la gauche, qui n’a pas la parole !

    Je me dis alors qu’il devient urgent de créer une information radio et télévisée pluraliste rendant compte des problèmes sociaux et de l’avis de la majorité des Français qui – et je n’ai pas rêvé ! – ont voté en mai et juin pour un changement démocratique ; pour que la gauche, dans toute sa diversité, ait les moyens de s’exprimer, de discuter et d’expliquer !

 

 

L’extrême-droite et l’arrière-cour

publié le 28 sept. 2012 à 07:40 par Jean-Pierre Rissoan

Il est difficile d’y voir clair dans les moments présents. Mais enfin, on se doute quand même que la crise économique de 2007-2008 qui a fait se réunir le G20, c’est-à-dire les vingt premières puissances mondiales -tant pis pour les autres- que les milliers de milliards de dollars « débloqués » à cette occasion, de même que les mille milliards d’€uros « débloqués » par la Banque centrale européenne (BCE) au profit des banques commerciales privées, on se doute que tout cela a des causes complexes où le capitalisme mondialisé et laissé à lui-même a quelque part de responsabilité. Sans omettre les 16.000 milliards de dettes des Etats-Unis d’Amérique…Des agents économiques comme Goldmann Sachs, aujourd’hui débusqué, sont sur la sellette pour avoir aidé le gouvernement grec de l’époque à falsifier ses comptes publics afin d’entrer dans la zone €uro…

Lors du dernier « C dans l’air », Jacques Généreux, économiste du Parti de Gauche, conseiller de J.-L. Mélenchon, affirma : "la crise dans laquelle nous sommes est DEVENUE une crise des finances publiques, elle NE vient PAS des finances publiques. La crise vient d’abord de la crise économique mondiale qui a été déclenchée par la crise de la finance privée". Que croyez-vous qu’il arriva ? Yves Calvi acquiesça, si, si ! "jusqu’ici, nous sommes d’accord" prolongea-t-il modestement.

Mais cela demeure trop pour les petits blancs. Et cette complexité est mise à profits - mot-clé - par les partis d’extrême-droite européens pour déverser leur poison. Et flatter leur électorat aux circonvolutions lisses. 

En Grèce, le parti d’extrême-droite -qui utilise ouvertement la croix gammée- accuse les immigrés caucasiens, turcs, bulgares d’être responsables de la situation.

En Hongrie, après un rappel des conséquences du traité de Trianon (sic), un orateur a insulté pendant de longues minutes les Roms vivant en Hongrie, les accusant d’être des « fabriques à enfants » pour bénéficier de l’aide sociale.

En France, le Front National trouve chez les musulmans les causes de nos difficultés.

Le FN n’analyse jamais la situation financière mondiale, européenne, française. Vous ne l’avez pas constaté ? C’est le beur de l’escalier d’à-côté qui est la cause de tout.

Il doit bosser chez Goldmann Sachs.

 

"Le FN a une sociologie de gôche" ...un article du Nouvel Observateur

publié le 27 juin 2012 à 15:52 par Jean-Pierre Rissoan   [ mis à jour : 25 juil. 2013 à 13:00 ]

    Le Nouvel Observateur publie un entretien avec Christophe Guilly[1]. C’est intitulé : "Le FN a une sociologie de gauche" or cet hebdomadaire a -comme chacun sait- des lecteurs de gôche ! Comment faire ? Que comprendre ? N’y-a-t-il pas là de quoi se prendre la tête entre les mains ?

    Première question de l’entretien : Quel est le profil de l’électeur du FN ? Réponse : "Le socle électoral du FN est constitué d’ouvriers et d’employés, d’une manière générale, d’actifs et de jeunes : le FN est le seul parti qui a une sociologie de gauche ! (…)" Quel dommage que cela ne veuille rien dire. La sociologie s’attache à décrire la composition socio-professionnelle d’une communauté (ville, département, Etat…), sa composition par sexe et par âge, la structure des revenus de cette population, la répartition du patrimoine… toutes choses qui ne sont pas a priori de droite ou de gauche. C’est le rôle de la science politique d’analyser les "tempéraments politiques" de la population de tel ou tel fragment du territoire comme l’a entrepris André Siegfried dans son célèbre Tableau politique de la France de l’Ouest, auteur de cette expression "tempérament politique". Sociologie et gauche relèvent de deux champs lexicaux différents.

    Si l’on suit notre interviewé, la France métropolitaine a une sociologie de gauche ! Lors du recensement de 1999, très proche de l’élection présidentielle de 2002, la population active de notre pays était formée pour 54,5% de ce que l’INSEE appelle le salariat modeste c’est-à-dire d’employés et d’ouvriers. Il y avait 23,1% de professions intermédiaires (pour simplifier : instituteurs et infirmiers dans le secteur public, contremaître, chef d’équipe, techniciens dans le secteur privé) et 22,4% de catégories qui relèvent peu ou prou de la bourgeoisie. D’ailleurs, la France a-t-elle jamais eu une "sociologie de droite" ? Les propriétaires des moyens de production ont de tout temps été en minorité, c’est ce qu’ont bien compris, après la Révolution, les notables et Louis-Napoléon Bonaparte. Les premiers se sont protégés des "classes dangereuses" en se réservant le droit de vote, évinçant les autres par le cens électoral, le second, bien plus lucide, constatant qu’il ne serait plus possible de revenir sur l’acquis du suffrage universel a proposé "l’extinction du paupérisme", en gros un politique populiste pour obtenir les suffrages des paysans et ouvriers en faveur des classes possédantes.

    Revenons à aujourd’hui. L’électeur-FN type serait donc un jeune actif ouvrier ou employé. Donc, un jeune gars titulaire d’un CAP et embauché serait ipso facto un électeur FN quoique sociologiquement de gauche. Sottise. L’IPSOS[2] nous donne l’électorat des différents partis qui se sont présentés aux élections législatives de juin 2012. Page 3 de ce travail, on lit que l’électeur-type du Front de Gauche (qui a obtenu 6,9% à l’échelle nationale) est un homme (8% au lieu de 6 chez les femmes), âgé de 18 à 24 ans (11% au lieu de 5 chez les 35-44 ans et 6 chez les retraités) et ouvriers (9% au lieu de 4 chez les ACCE[3]). Guilly a tout faux. Le FN n’est pas le seul à avoir une "sociologie de gôche".  

    Ce n’est pas la seule erreur. On lit aussi que, au temps des "Trente Glorieuses", "les employés et les ouvriers qualifiés se sentaient partie intégrante de la classe moyenne". En 1967, le PCF obtenait 22% des suffrages, Jacques Duclos, son candidat à la présidentielle de 1969, obtiendra plus de 21% des voix dont la majorité absolue des exprimés en Seine-St-Denis. Les ouvriers qualifiés de la ceinture rouge étaient alors fiers d’être de la classe ouvrière, fiers d’être la classe qui allait prendre les commandes de l’économie du pays. Bon, cela ne s’est pas passé tout à fait comme ça…Mais il n’en demeure pas moins que la culture communiste des Trente Glorieuses n’est pas faite de ce tropisme vers les classes moyennes.

 

Sociologie des candidats du Front national.

 

    Il est tout aussi fructueux de s’intéresser aux catégories socio-professionnelles que représentent les candidats du FN.


    En 1984, les élections européennes se sont faites au scrutin proportionnel de liste, liste de 81 noms puisque la France avait droit à 81 représentants au parlement européen. Pour 14 des 81 candidats, il n'est pas spécifié la catégorie socio-professionnelle, sinon leur responsabilité à la tête d'une fédération départementale du Front. Pour les autres, c'est un peu plus clair. J'ai dénombré 16 représentants du patronat[4]. Soit comme propriétaire soit comme dirigeant d'entreprises employant des salariés. Le cœur, le noyau dur de la liste est représenté par 34 "indépendants", soit des professions libérales, soit des artisans et commerçants. Auxquels s'ajoutent 5 cadres supérieurs et 5 membres de la haute fonction publique. On a donc au total 60 représentants de ce que j'appelle la bourgeoisie patronale[5]. Proportion étonnante. Il ne reste que 7 candidats qui représentent les couches intermédiaires, salariées (professeur, secrétaire comptable) ou non (attaché commercial, visiteur médical, représentant de commerce…). Tous les 7 en position de non éligibles (le premier occupe la 26° place). Le Front national, à l'époque, ne jouait pas trop la carte de "premier parti ouvrier de France" ; bien au contraire, il semble s'être attaché à donner un petit côté aristocratique à l'ensemble avec plusieurs noms à particule, plaçant en haut de liste un ancien ambassadeur et un ancien diplomate, présentant M. Olivier Lefèvre d'Ormesson maire d'Ormesson-sur-Marne –mais modeste "exploitant agricole"- et même Mme Marguerite de Mac-Mahon, duchesse de Magenta, elle aussi modeste "exploitante agricole". La présence en force des patrons n'est évidemment pas un hasard. "La présence de deux dirigeants du syndicat national des petites et moyennes industries (SNPMI), confirme les convergences idéologiques entre le Front National et le syndicat que dirige M. G. Deuil dont les conceptions pétainistes sont affichées" écrit le Monde lors de la parution de la liste en mai 1984.


    En 1986, les élections législatives ont lieu au scrutin proportionnel par listes départementales. Il était alors parfaitement possible au FN de présenter des ouvriers en position éligible et sûrs d’être élus. Les 35 députés FN qui siégèrent de 1986 à 1988 déclarèrent les professions suivantes : 9 chefs d’entreprise (dont deux chefs d’exploitation agricole), 4 cadres de direction, 15 professions libérales (2 médecins, 2 experts-comptables, 2 chirurgiens-dentistes, 6 avocats, 3 journalistes…), 5 hauts-fonctionnaires (dont un conseiller d’Etat, un officier…). Gigantesque escroquerie.


    Lors des élections régionales de 2004, après le succès politique et médiatique énorme de 2002, le F.N. présenta 173 candidats pour la gestion de la région Rhône-Alpes, laquelle comprend huit départements. J'ai fait l'analyse de cet échantillon qui me paraît représentatif.

    Il y a d'abord 17 candidats, soit 9,8% de l'effectif, qui représentent le patronat voire le grand patronat (chef d'entreprise, gérant de société, administrateur de société…). Parmi eux, j'ai intégré certains cadres dirigeants, salariés certes, mais dont on sait qu'ils se comportent –le plus souvent, évitons les généralisations abusives- sociologiquement et idéologiquement comme des patrons (conseiller de gestion, responsable administratif des ventes, programmeur en ingénierie financière, etc.…).

    Ensuite, j'ai dénombré 27 candidats représentant le petit patronat indépendant, c'est-à-dire essentiellement les artisans et les commerçants plus les agriculteurs exploitants. Toutes catégories qui votent dans les collèges "employeurs" lors des élections professionnelles. Cela représente 15,6% des listes. Le F.N. n'a pas manqué de faire de la place pour quelques buralistes qui, au début de l'année 2004 multipliaient, on s'en souvient, les manifestations.

    Il y a également 26 professions libérales (15%) soit des médecins et chirurgiens, des comptables, des agents immobiliers, soit des conseillers en assurances, etc. Là également nous avons des travailleurs "indépendants" pour la plupart qui sont souvent employeurs de personnel de service sur leur lieu de travail ou à domicile. Même analyse pour les 11 cadres supérieurs (6,35%) que j'ai distingués (cadre de production alimentaire, secrétaire de direction, cadre commercial, cadre bancaire…). A l'exception d'un officier supérieur de l'armée, tous sont des cadres du secteur privé. Il y a enfin 6 candidats qui représentent (3,46%) les professions juridiques et le métier d'avocat. Sur-représentation évidente.

    L'ensemble de ces catégories qui relèvent toutes à des degrés divers de la bourgeoisie représentent la majorité absolue des candidats : 91 personnes, soit 52,6 %. Avec le F.N. qui se vante parfois d'être le premier parti ouvrier de France au plan électoral, ce ne serait sûrement pas la dictature du prolétariat mais bien celle du patronat ![6] 

    Autre catégorie très représentée, mais ce n'est pas une profession, celle des mères de famille. Pour les autres candidates, il est précisé soit commerçante, soit consultante, ou agricultrice, etc. En l'occurrence, il s'agit donc de femmes sans profession. Cette formulation "mère de famille" ne signifie rien car il y a des mères de famille salariées et d'autres qui multiplient autour d'elles les aide-ménagères. J'ai mon idée sur la catégorie à laquelle appartiennent les candidates du F.N. mais il est impossible de l'affirmer. Il est clair néanmoins que ce parti joue sur la corde traditionaliste, la politique familiale prônée sous le régime de Vichy. Avec 16 candidates et 9,24%, on peut dire que le F.N., c'est la fête des mères…

Le reste des candidats se partage entre les enseignants du primaire (7 soit 4% des listes), les professions intermédiaires salariées au nombre de 46 soit 26,6 % et les ouvriers qui ne représentent que 7,5 % des candidatures avec 13 personnes. Au total, les catégories modestes ou professions intermédiaires ne représentent que 38,1 % des candidatures du Front National sur la région Rhône-Alpes. Rappelons que ces catégories représentent, en France, plus des trois-quarts de la population active.

    Dans les autres régions de France, les têtes de liste FN étaient les suivantes : PACA : J.-M. Le Pen, chef d'entreprise, Alsace : chef comptable, Champagne-Ardenne : directeur d'une agence de voyages, Bourgogne : Président-directeur général (négoce en vins), Centre : conseiller financier, Basse-Normandie : patron d'une imprimerie, Pays de la Loire : directeur d'une société de communication, Nord : kinésithérapeute, Picardie : artisan -commerçant, Lorraine : agent de maîtrise, Haute-Normandie : cadre supérieur, Auvergne : libraire, Limousin : commerçante, Bretagne: collaboratrice d'architecte, Ile-de-France : avocate, Midi-Pyrénées : universitaire; Poitou-Charentes : employé de banque[7].

 

Un vote rationnel ?

    Le Nouvel observateur se fait le passeur de l’idée que le vote FN est "un vote très rationnel". L’auteur de ces propos affirme que "l’absence de régulation de la mondialisation" a accentué le déclassement des ouvriers. Est-ce que voter pour ce type de candidats est rationnel quant on est ouvrier et/ou chômeur ? C’est tout le problème de l’aliénation politique qui est posée. Et pour ce qui concerne l’immigration, il n’est pas besoin d’être prophète pour comprendre que la solution LePen se ramène à celle des années Trente qui disait : « 1 million de chômeurs et 1 million d’étrangers ». Solution apparemment facile, trop facile. Qualifier ce vote de rationnel est lui donner une forme de quitus.

    En disant « le problème c’est le banquier, ce n’est pas l’immigré », J.-L. Mélenchon disait, sous forme de slogan, une vérité fondamentale. Mais l’hebdomadaire a préféré tirer à boulets rouges sur le Front de Gauche. En titrant « le FN a une sociologie de gauche », il veut à nouveau et avec d’autres montrer que l’on ne peut rien faire avec ces catégories si éloignées de la gauche caviar, fonds de commerce du Nouvel Observateur.  

 NB. cet entretien fait l'économie d'une donnée pourtant essentielle : la religion. Je renvoie à tous mes articles sur la Moselle ou l'Alsace, largement ouvrières et qui ont toujours voté à DROITE. et aujourd'hui, le FN y obtient des scores "de gôche" ? et cet entretien néglige totalement, la mise au berceau du FN : ce sont les riches de Neuilly et d'ailleurs qui l'ont mis sur orbite. Je renvoie le lecteur à ma série : le FN ? c'est d'abord les riches.



[1] N°2478, 3 mai 2012, page 44. C. Guilly est géographe.

[2] Etude IPSOS-Logica Business consulting pour France-TV, Radio-France, Le Monde et Le Point. 1er tour des élections législatives. Disponible sur le net.

[3] ACCE : artisans, commerçants et chefs d’entreprise. Le FN obtient 14% dans ces catégories qui relèvent du patronat (elles sont représentées par le MEDEF, la CGPME et l’UPA -union professionnelle artisanale-).

[4] Calcul établi à partir de la liste publiée dans Le Monde en mai 1984.

[5] Au XIX° siècle, on qualifiait de "bourgeois" un ménage qui employait au moins un domestique. J'ai intégré dans cette catégorie de "bourgeoisie patronale", les catégories que l'INSEE dénomme : artisans, commerçants, chefs d'entreprises ; cadres et professions intellectuelles supérieures ; agriculteurs exploitants. La FNSEA est un syndicat patronal dans l’agriculture. Les professions libérales sont représentées par l’UNAPL : Union nationale des professions libérales. Quant aux cadres supérieurs, la plupart ont des employés de maison et votent dans le collège "employeurs" aux élections prudhommales et à l’entreprise ont des fonctions de direction : embauche, progression de carrière du personnel qu’ils encadrent…

[6] Phénomène accentué si on ajoute les 8 candidats (4,6%) qui représentant les fonctions régaliennes autrement dit les fonctions d'autorité de l'État (militaires, policiers, douaniers) : on arriverait, alors, à 57 %.

[7] Le Monde, numéro daté des 18 et 19 janvier 2004.

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