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OBAMA, Clémentine AUBRY et la LUTTE DES CLASSES…

publié le 3 juil. 2011 à 03:14 par Jean-Pierre Rissoan
  07/11/2010  

Dans un article précédent, « Jouer avec le feu ? » du mois de mai, j’analysais les propos de Clémentine Aubry et Jacques Delors tenus lors d’un entretien accordé à La Croix.

Mlle Aubry lançait un appel à un « Obama » européen, nouvel avatar de l’éternel appel au sauveur suprême qui laisse les peuples dans l’inaction -si ce n’est le dépôt d’un bulletin dans l’urne - , qui cultive la délégation de pouvoir, l’aliénation politique, qui fait du peuple, comme dirait E. Renan « un éternel mineur ».

Les élections qui viennent de se tenir aux Etats-Unis montrent bien les limites de ce comportement politique. Que peut bien faire Mr Obama face aux grandes entreprises d’assurances privées, aux trusts pharmaceutiques and so on… Je ne sais pas jusqu’à quel point les Américains sont « descendus dans la rue » pour défendre leur président réformateur, mais cela semble de toute évidence avoir été fort insuffisant.

Ce dont on a besoin, c’est du mouvement social tel qu’il se déroule en France actuellement. Un mouvement qui recadre les idées, qui montre l’enjeu essentiel : les salariés face à la finance. En un peu plus de deux mois, des millions de Français ont mieux compris la situation et mieux compris comment l’améliorer. Si la situation politique est bloquée ce n’est pas le fait du mouvement social mais d’un président qui reste muré derrière son palais. Il est inconcevable pour un esprit démocratique qu’un mouvement populaire aussi majoritaire ne soit pas entendu par « ceux du château ».

Mais de toute façon, la solution est là : le mouvement doit continuer sous des formes multiples, différenciées et choisies par les acteurs eux-mêmes.

J’ai regretté de voir - lors des manifestations auxquelles j’ai participé (toutes) - des panneaux de confection très artisanale proclamant un « vivement 2012 ». Là encore, on sent un esprit d’abandon : choisir un(e) président(e) puis des députés soumis à l’hôte de l’Elysée et ensuite retourner à ses petites affaires quotidiennes ….Mais la victoire de 2012 n’est pour l’instant qu’une hypothèse, un souhait, on ne connaît aucun candidat, on ne sait pas si le mouvement social aura un seul et unique candidat(e) représentant la gauche de la gauche pour affirmer son poids politique. La présidentielle risque encore de tourner au scénario perpétuel UMP vs PS, alors qu’il est indispensable de lester le PS des revendications pressantes que les salariés expriment à chaque manifestation.

C’est au mouvement social de continuer le combat.

Si l’on veut réussir 2012, il ne faut pas laisser un Obama français seul dans son bureau ovale. Ce sont les salariés qui doivent investir l’Elysée car la lutte sera dure. Le cas américain montre à quel point le Big Business n’est pas prêt de lâcher ne fût-ce que quelques miettes. Or le peuple n’a pas besoin de miettes mais de pain.

(Et même parfois, d’un peu de brioche).  

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