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Emmanuel KANT et les LUMIERES ALLEMANDES

publié le 26 déc. 2016 à 09:52 par Jean-Pierre Rissoan   [ mis à jour : 7 janv. 2017 à 08:45 ]

Concernant les Lumières du XVIII° siècle, Zeev Sternhell n’hésite pas à parler des "Lumières franco-kantiennes". Je vais présenter l’apport d’Emmanuel Kant à l’œuvre d’émancipation de l’humanité. Mais pour cela, il faut élargir au rôle du roi Frédéric II de Prusse et, à l’autre bord, voir la réaction allemande devant les idées de la Révolution française. Lorsqu'avec les lumières de l'Aufklarung, on ressentira trop d'influences française et anglaise, trop de rationalisme, il y aura vite des auteurs qui se prononceront pour un ressourcement luthérien comme J.-G. Hamann (1730-1788) mais c'est la Révolution française qui provoque le choc le plus terrible. Crise majeure. Emmanuel Kant salua avec émotion la Grande Révolution. Hélas, le réflexe anti-français jouera à fond au moment de l’occupation par les troupes napoléoniennes.

L'imposture frédéricienne

 

Depuis la Réforme, l’État prussien s'est développé : le Grand électeur, le Roi-sergent et Frédéric II l’ont doté d'une forte charpente militaire et bureaucratique. La base de la puissance des Hohenzollern -qui feront parler d’eux jusque sous la période nazie- est le margraviat de Brandebourg où fut bâtie Berlin. Le lien avec Luther est établi lorsque le grand-maître de l’ordre des Chevaliers teutoniques vint demander conseil au Grand réformateur. A la suite de quoi, le Grand-maître - lui aussi de la famille Hohenzollern - s’appropria les biens de l’ordre. Puis, par héritage, Brandebourg et Prusse arrivèrent dans les mêmes mains.

Frédéric-Guillaume surnommé le Grand électeur[1], le premier des Hohenzollern qui ont "fait" la Prusse moderne, a une conception très luthérienne de sa fonction. Protestant convaincu - il était lui-même calviniste mais conserva l’Église "visible" luthérienne - il enseignait à son fils "vous devez, sans distinction de foi, aimer comme un véritable père du pays tous les sujets que Dieu a mis sous votre puissance". Il n’aspirait qu’à "travailler pour le profit et pour le bien" de ses sujets. Soucieux d’assurer la force de l’État, car il veut qu’il y ait de l'ordre ici-bas comme le lui soufflait la mémoire du Réformateur, il a créé les premiers impôts permanents et la première armée permanente. Son exemple sera suivi : paternalisme et militarisation seront les deux mamelles de la Prusse est-elbienne.

Frédéric-Guillaume Ier - le célèbre Roi-sergent [2]- - était luthérien, imbu du droit divin des rois. Dans la lignée du Réformateur - "il faut obéir sans phrases" s’écriait Luther -, le roi pense qu’il faut obéir sans raisonner : "nicht Raisonnieren ! " hurlait-il, ajoutant "nous sommes le seigneur et le roi et faisons ce que nous voulons" [3]. Il eut ce mot célèbre : "je ne suis que le premier général en chef, le premier serviteur du roi de Prusse". Schizophrénie politique qui est une belle façon de dire sa conception de l’État qu’il voit au-dessus de sa propre personne. L’État flotte dans les airs, le roi n’est qu’un avatar [4]. Dans un État voisin, en Saxe-Weimar, le duc Ernest-Auguste déclare, en 1736, "ne pas vouloir de raisonneurs pour sujets" et annonce qu'il punira de six mois de prison quiconque se permettra une critique. Il est vrai qu'il s'agit des rentrées d'impôts qui s'effectuent mal…Qui dira l’ampleur des dégâts commis par Luther qui vitupérait la raison, diese Hure ! la prostituée...

Et voici Frédéric II - dit "le Grand"[5] – qui écrit dans son Essai sur les formes de gouvernement : "le souverain est attaché par des liens indissolubles au corps de l’État. Il ressent par répercussion tous les maux qui affligent ses sujets et la société souffre également des malheurs qui touchent son souverain. Il n'y a qu'un bien qui est celui de l’État en général. (...). Le prince est à la société qu'il gouverne ce que la tête est au corps". Ces/ses paroles qui seront, hélas, validées par E. Kant, grand admirateur de Frédéric. Frédéric adapte l'éducation religieuse qu'il a reçue. Saint Augustin aimait à citer "la Tête et le Corps forment un même tout" (En. in Ps 40, 1)". Et Luther fut moine augustin. Dans son Testament politique, Frédéric répète : "il n'y a qu’un bien pour le prince et ses sujets". Idée parfaitement luthérienne même si Frédéric se refuse à admettre un droit divin quelconque pour les princes. Et cette conception exclut tout principe représentatif.

En effet, si Frédéric laïcise le pouvoir royal et ne croit pas que "Dieu a créé exprès pour la grandeur, la félicité et l’orgueil des princes, cette multitude d’hommes dont le salut leur est commis", il affirme péremptoirement que "ce sont les hommes qui ont choisi (on se demande à quelle occasion, JPR) celui d’entre eux qu’ils ont cru le plus juste pour les gouverner, le meilleur pour leur servir de père, le plus humain pour compatir à leurs souffrances. Le prince n’est que le premier serviteur de l’État, obligé d’agir (…) comme si, à chaque moment, il devait rendre compte de son administration à ses concitoyens". "Comme si" : on en reste là. Frédéric II accepte le mandat et le consentement du peuple sans jamais lui demander de les exprimer. Il est la tête et le peuple le corps. Tout cela ne fait qu’un, alors à quoi bon ? "Le souverain, bien loin d’être le maître absolu des peuples qui sont sous sa domination, n’en est lui-même que le premier domestique"[6]. Fidèle à sa théorie moniste (le roi et le peuple forment un tout) Frédéric ressent intimement l’esprit, l’âme, les besoins de son peuple. Après le célèbre "l’État, c’est moi" de Louis XIV, voici "le peuple, c’est moi" de Frédéric II. En fait, il pose avant Savigny[7], la théorie du volksgeist que l’on peut traduire par "l’âme du peuple". Frédéric II s’affirme mieux placé que quiconque pour connaître cette âme et en déduire la politique qui s’impose. Savigny formalisera tout cela en fondant une théorie du droit lequel n’est "que le produit historique et communautaire de l’âme du peuple". Bismarck dira cela avec des mots impeccables : "le peuple vrai est une multitude invisible d’âmes. (…). Il n’a point de voix matérielle qui le dénonce ; … ; c’est le souverain seul qui sait écouter en lui la voix silencieuse de son pouvoir providentiel" » car "légiférer est une besogne qui requiert une grâce divine"[8]. Plus tard, les nazis reprendront cette théorie en affirmant que le führer est celui qui, émanant du peuple, est le représentant du volksgeist [9].

Mais Frédéric II, quoiqu’il en dise, n’est pas le roi de tous ses sujets :

"Je ne saurais me dispenser d'ajouter quelques mots en faveur de la noblesse. J’en ai toujours usé envers elle avec distinction et considération, parce que ce corps fournit des officiers à l'armée et des sujets pour tous les grands emplois de l’État. Je l'ai soutenue dans la possession des terres et j'ai mis des entraves aux roturiers pour leur difficulter l'achat des biens nobles. Voici mes raisons : si les roturiers possèdent des terres, ils s'ouvrent la route à tous les emplois. La plupart pensent bassement et font de mauvais officiers : on ne peut les envoyer nulle part"[10].

Mépris royal pour la bourgeoise qui est appelé à durer. "L’État en général" comme il dit, est en réalité l’État de l’aristocratie. Le Code général, préparé sous Frédéric II et publié en 1794, maintient à la noblesse tous ses privilèges (cf. Brunschwig, p.60). Von der Marwitz (1777-1837), qui s’opposera aux maigres réformes du baron Stein entreprises après 1806, a une pensée qui est le pur produit de l’expérience Hohenzollern et il rappellera avec force

"les théories du droit historique, les privilèges de la noblesse, les usages traditionnels des Etats provinciaux, (…), le caractère inaliénable de la propriété foncière et le droit reconnu de la noblesse à représenter les paysans. (…). L’État prussien n’est qu’une pyramide de libertés et de privilèges dont l’aristocratie est la garante"[11].

Cet auteur inaugure un courant de pensée conservateur et réactionnaire du XIX° siècle dont l’idéologie libérale – ni le marxisme au demeurant - ne viendra jamais à bout. Emmanuel Kant réfléchit dans cet univers-là.

Kant et le surmoi frédéricien

Emmanuel Kant a tout écrit qui aurait permis de le classer parmi les grands révolutionnaires allemands, c'est-à-dire le philosophe qui par sa création de concepts ouvre la voie à la réalisation pratique de l'accession au pouvoir de la bourgeoisie dans son pays.

Au plan de l'individu, il donne cette belle définition de l'Aufklarung : "qu'est-ce que les lumières? La sortie de l'homme de sa minorité dont il est lui-même responsable. Minorité c'est-à-dire incapacité de se servir de son entendement sans la direction d'autrui". "Sapere aude" s'écrit-il, "aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières".

Pour ce qui concerne la communauté nationale, Kant a été le principal théoricien de ce Rechtstaat - que l'on peut traduire par Etat de droit - qui veut qu'il n'y ait de loi digne d'être obéie que celle qu'une volonté autonome agissant raisonnablement comme législatrice universelle se donne à elle-même (J. Droz, p.42).

Enfin, dans son "Projet de paix perpétuelle"[12], Kant réfléchit à un nouvel ordre diplomatique mondial, à un droit cosmopolite, où les traités élaborés publiquement -sans diplomatie secrète par conséquent- par une fédération d’États libres, seraient la loi qui s'imposerait aux États soumis eux-mêmes à la discipline de leur propre Rechtstaat. L'humanité entière passerait ainsi à l'autonomie.

Malheureusement, Kant n'a pas été cet ouvreur de chemin. Confronté au problème de la liberté d’expression - ce sont les Lumières du XVIII° qui posent ce genre de question – Kant résoudra de cette façon la contradiction entre le propre entendement et la soumission au prince luthérien : il assigne au sujet une double activité. En tant que fonctionnaire, son devoir est d’obtempérer aux ordres de ses supérieurs, même s'il ne les approuve pas (c’est l’usage privé de la raison dit Kant [13]). Mais après avoir obéi, il doit, en tant que particulier ou en tant qu'homme, critiquer ces décisions (c’est l’usage public), décisions qu'il continuera d'exécuter jusqu'au jour où il aura réussi à les faire suspendre (car) chacun a intérêt à ce que la raison triomphe. Il est facile de voir les équivalences entre Kant et Luther : le fonctionnaire qui obtempère coûte que coûte, c’est, au plan religieux, le croyant de l’Église visible qui obéit à son pasteur et son prince. Le "particulier" qui poursuit son analyse critique, en silence chez lui ou en cercle très restreint, c’est le fidèle de l’Église invisible qui bénéficie de la "liberté du Chrétien". Il est possible toutefois d’avoir de la liberté une conception plus révolutionnaire. Kant est peut-être l'incarnation de ce que Marx appelle l'impuissance de la bourgeoise allemande. Qu'est-ce à dire ? Dans son texte [14], Kant constate qu'il y a "partout limitation de la liberté (...). J'entends présentement crier de tous côtés : "Ne raisonnez pas" ! L'officier dit : Ne raisonnez pas, exécutez ! Le percepteur : Ne raisonnez pas, payez ! Le prêtre : Ne raisonnez pas, croyez ! "". On ne peut lui donner tort. Mais il ajoute "II n'y a qu'un seul maître au monde qui dise "Raisonnez autant que vous voudrez et sur tout ce que vous voudrez, mais obéissez ! "". Et Kant s'en félicite ! Or ce maître, ce n'est autre que Frédéric II, le roi de Prusse, lui-même ! Le grand philosophe va même jusqu'à le citer nommément : "ce siècle des Lumières, ou siècle de Frédéric" et un peu plus loin : "aucun monarque n'a surpassé celui que nous honorons". Là est toute l'ambiguïté de Kant et de tous les intellectuels libéraux allemands. Liberté, certes, mais on obéit quand le maître a parlé. Pour Kant, ainsi que l'écrit J. Droz, le "droit à la révolte" est une contradiction dans les termes (interprétation très luthérienne). Mais la confiance que le philosophe met dans "la nature des choses" et dans la marche inaltérable du progrès lui permet de concilier sa théorie du droit avec son refus de la rébellion.

Il n'est pas question d'accabler l'homme Kant. Il travaille et publie ses travaux en Prusse et le despotisme "éclairé" de Frédéric-le-Grand est un despotisme tout court. A quoi, s'ajoute la tradition luthérienne de soumission au prince. Demeure de lui, l’immortel "aie le courage de te servir de ton propre entendement".

Kant ne fut pas seul à incarner les Lumières allemandes. C.M. Wieland espère aussi des réformes. Son conte philosophique, Le Miroir d’or (1772), trace le portrait d’un prince éclairé qui manie l’autocratie comme la démagogie. C’est une illustration typique de cette tendance des publicistes allemands qui admettent presque tous que "la liberté civile peut fort bien être assurée dans un Etat où le peuple aurait délégué ses pouvoirs à un souverain héréditaire et absolu, dont les intérêts s’identifient, mieux que dans une république, avec ceux de ses sujets. On attend donc les réformes de la spontanéité des princes" (Droz, p.35). Cette impuissance fait sourire lorsqu'on lit les propos d'un G.-F. Rebmann, qui écrit en 1796 : "l'Allemagne, du fait de sa supériorité philosophique aurait été sans doute plus apte que la France à faire aboutir une révolution". L'ennui, c'est que la révolution allemande, on l’attend toujours.

Herder et le "Sturm und drang"

Le nom de "Sturm und drang" vient d'une pièce de Klinger, jouée en 1776. Le Sturm und drang est un mouvement de réaction contre l'Aufklarung. Il met l'accent sur le sentiment contre la raison (très luthérien, en cela...), il ressuscite et glorifie le Moyen Age mystique plutôt que l'Antiquité rationaliste. Il se dresse contre les influences étrangères et surtout françaises. Johann Gottfried von Herder, (1744-1803, Mohrungen, Prusse-Orientale), en fut l’initiateur. Le Sturm und drang est la tendance irrationaliste du XVIII° allemand, qui prend ce nom avant de recevoir celui de "romantisme" au début du XIX°. 

Herder emprunte ses idées à un piétiste - Hamann - qui "préfère l’exception à la règle, l’imagination à la raison, la poésie à la prose, et le particulier au général"[15]. De plus, il a fait naitre en Allemagne la notion de race et de nationalité. Lecteur de Montesquieu et de L’esprit des lois, il y trouve trop de rationalité et d’universalisme. Selon lui, l’historien ne peut « "transporter abstraitement ses observations du Nord au Sud, et de l’Ouest à l’Est ». Chez Herder au contraire "l’histoire (est) comme une efflorescence d’âmes nationales, une succession d’individualités, chaque peuple et chaque époque (a) une "valeur en soi"" (Droz, 37). D’où sa réhabilitation du Moyen Age germanique.[16] D’où son idée qu’il n’y pas "d’homme" en général, mais des Allemands, des Français, des Chinois…et donc pas de possibilité d’avancer "des droits de l’homme" qui seraient valables pour un genre humain unique qui…n’existe pas ! Ces idées seront reprises par les traditionalistes français tels Bonald et Maistre. Le vieux Burke s’en délecte également. H. Taine en fera son miel pour s’attaquer aux Lumières et à la Révolution française. Herder est donc considéré comme le fondateur de l’école "historique" allemande, on l’associe, dans ce cadre, à Justus Moeser.

Moeser (ou Möser) est le laudateur du Kleinstaaterei, ce système politique qui pulvérise l’Allemagne en centaines de petits (Klein) États (environ 360 États). Il était lui-même conseiller-spécial du prince-évêque protestant d’ Osnabrück (1768-88). Pour lui, chacune de ces parcelles a sa légitimité, ses justes privilèges, sa raison d’être. Raison est le mot, puisque Moeser parle de la raison locale (sic) ou Lokalvernunft "qui lui est infiniment plus précieuse que la raison universelle" des Encyclopédistes français (Droz, p.39). Irait-on vers des mathématiques locales distinctes des mathématiques universelles ? Nulle surprise lorsque l’on apprend que Moeser fut l’un des tout premiers adversaires de la Révolution française.

Les observateurs sont unanimes sur un point : "l’Allemagne, a-t-on dit, a assisté à la Révolution française, mais ne fit pas SA révolution" (Droz, 40), "on écrivait pour ou contre la Révolution ; on n’en restait pas moins obéissant et dévoué à la famille régnante" (Dresch, 19). Pourquoi cette passivité ? La tradition luthérienne et sa condamnation de la révolte, le despotisme éclairé glorifié par les intellectuels semblent les raisons principales à quoi il faudrait ajouter la faiblesse numérique et économique de la bourgeoisie allemande. Après 1806 et l’occupation française, souvent dure, l’idée révolutionnaire eût été perçue comme traîtresse à la nation allemande. 1813 marque un soulèvement national contre l’impérialisme napoléonien, toutes classes confondues, et n’a donc rien de révolutionnaire (socialement parlant). La quasi-unanimité du soulèvement légitima encore davantage la dynastie Hohenzollern, en Prusse est-elbienne.

 



[1] 1620-1688, électeur en 1640. Le Margrave de Brandebourg, duc de Prusse, électeur de l’empereur du Saint - Empire ne devint roi qu’en 1701. Frédéric-Guillaume fut surnommé, « le Grand électeur » grâce à sa politique qui en fit un acteur important en Allemagne. C’est son fils qui devint ‘roi en Prusse’ sous le nom de Frédéric Ier.

[2] Ce sobriquet dit bien qu’elle fut son activité principale. Né en 1688, il est roi en 1713 et meurt en 1740.

[3] Soucieux d’élever Frédéric -qu’il surnommait le ‘petit marquis’ - de façon virile, Le Roi-sergent fit exécuter l’ami de son fils (dont il subodorait l’homosexualité) devant lui par décapitation. Frédéric avait alors 18 ans.

[4] Avatar, nous dit le ROBERT, vient du sanscrit avâtara, qui signifie proprement descente et, dans la religion Hindoue, un avatar est une incarnation du dieu Vishnou qui « descend » en quelque sorte du ciel sur la terre. En Allemagne, l’idée de l’Etat « descend » sur terre pour s’incarner dans des formes variables mais l’essence de l’Etat ne change pas. Conception idéaliste qui aura la vie dure.

[5] Né en 1712, roi en 1740 jusqu’en 1786.

[6] Frédéric II, « l’antimachiavel » cité par Jean-Paul BLED, "Frédéric le grand", page 163.

[7] Savigny, 1778-1861, est considéré comme le fondateur de l’école historique allemande. Juriste, universitaire, il devient ministre de la justice en Prusse dont il réforme le droit.

[8] Bismarck, 1847, cité par J. DRESCH, page 50, lequel Dresch écrit « on ne saurait plus éloquemment définir le Volksgeist ».

[9] Voir J. DRESCH, p.100. Ce survol historique, dont je mesure les dangers, ne veut pas mettre un signe d’égalité entre Frédéric II et Hitler. Mais, à rebours, il faut bien comprendre que le nazisme n’est pas né de nulle part.

[10] FRÉDÉRIC II, testament politique, 1768.

[11] Voir Jacques DROZ, page 58 à 62.

[12] Lire page 22 et suivantes, Librairie Vrin, 1975.

[13] "L’usage public de notre propre raison doit toujours être libre, et lui seul peut amener les lumières parmi les hommes ; mais son usage privé peut être très sévèrement limité, sans pour cela empêcher sensiblement le progrès des lumières. J’entends par usage public de notre propre raison celui que l’on en fait comme savant devant l’ensemble du public qui lit. J’appelle usage privé celui qu’on a le droit de faire de sa raison dans un poste civil ou une fonction déterminée qui vous sont confiés". Extraits de "qu’est-ce que les Lumières ? ".

[14] E. KANT, 1724-1804, "Qu’est-ce que les Lumières ? ". Texte écrit en 1784. Disponible sur le site québécois http://www.cvm.qc.ca/encephi/contenu/textes/KantLumieres.htm.

[15] H. BRUNSCHWIG, La crise de l’Etat prussien …, pp. 108-113.

[16] Il est vrai que c’est l’époque du Saint Empire Romain Germanique, où les empereurs tenaient la dragée haute aux papes…

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