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Michel Onfray et la pagaille idéologique

publié le 5 mai 2012 à 01:46 par Jean-Pierre Rissoan
publié le 23 oct. 2011 15:15 par Jean-Pierre Rissoan   [ mis à jour : 3 déc. 2011 23:37 ]

    Dans son article hebdomadaire au « Monde », où il fait des piges depuis quelque temps, Onfray s’essaie à une analyse politique et tente même de donner des conseils. Il a participé aux primaires en votant Montebourg et en s’abstenant au second tour. Cet intellectuel avait, un temps, donné son soutien au Front de gauche. Je me suis demandé qu’est-ce qu’il est allé faire au Monde : la contradiction était patente, Le Monde ne fait que décrier la politique du Front de Gauche et son anticommunisme est systémique donc militant. Onfray a résolu la contradiction : il crache sur le Front de gauche.

    Dans son papier du 19 octobre, il se désole apparemment de la victoire de Hollande -« avec Hollande, les vaches libérales seront bien gardées »-, il démolit avec violence l’icône Aubry. Que reste-t-il ? Il passe en revue les alternatives de la gauche antilibérale qui a, affirme-t-il « sa faveur ». Foin du NPA croupion, foin des « arlettistes » (sic), Mélenchon alors ? Onfray donne ses gages à la rédaction du Monde : Mélenchon « accumule les bêtises en soutenant Fidel Castro, la politique chinoise au Tibet ou la vertu guillotineuse de Robespierre ». Onfray l’avait-il oublié lorsqu’il soutenait publiquement par sa signature les listes FdG aux Européennes 2009 ? Onfray soutient la meurtrière Marie-Anne-Charlotte de Corday d'Armont, l’assassin de Marat-l’ami du peuple. Mais sa culture historique est proche du néant. Il suffit d’écouter ses conférences.

    Mais il en rajoute en parlant du PCF comme si ce parti n’était pas le principal soutien de Mélenchon : « Le PCF, en Janus menacé de torticolis, une maladie chronique chez lui depuis le pacte germano-soviétique, parlera à gauche contre les socialistes et agira avec eux pour défendre ses permanents, ses élus, ses cadres ». Évoquer en 2011 le pacte germano-soviétique dans le cadre de la campagne de la présidentielle 2012 est digne du Front national. D’ailleurs le melting-pot indigeste des mélanges argumentaires d’Onfray abonde le discours irrationnel et donc l’extrême-droite. Et comme les gauchistes de 68, il accuse le PCF d’être responsable. Dans la foulée de ce qui précède, il écrit : « Et la paupérisation continuera de plus belle... ». Voilà pourquoi il y a tant de pauvres : c’est à cause du PC qui ne fait pas son boulot.

    Bref, tout l’argumentaire banal de l’anticommunisme classique passe sur le clavier d’Onfray. Il ne néglige pas l’odieux et parle de Georges marchais comme d’« un communiste stalinien ancien du STO ».

    Alors que reste-t-il ? Le grand stratège de Caen descend de ses nuages normands et propose une solution : que Montebourg devienne le nouveau Mitterrand qui saura rassembler la carpe hollandaise et le lapin arlettiste. Montebourg qui vient de se discréditer en faisant la campagne de F. Hollande en même temps que Valls l’homme de la TVA sociale qu’il a dénoncée véhémentement lors d’un débat des primaires. Bref, Onfray écrit n’importe quoi.

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N.B. Lire l'analyse de la candidature Valls dans la rubrique analyses politiques : CHANGER : QUE FAIRE AVEC MANUEL VALLS ?

prolonger avec Michel ONFRAY et l’ANTI-REVOLUTION



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