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D. de VILLEPIN et la présence gaulliste...

publié le 5 mai 2012 à 01:48 par Jean-Pierre Rissoan   [ mis à jour : 22 nov. 2015 à 15:32 ]
publié le 15 déc. 2011 11:19 par Jean-Pierre Rissoan   [ mis à jour : 15 déc. 2011 11:21 ]

    Dominique de Villepin a fait acte de candidature à la présidence de la République. On peut faire de sa présence à Matignon un bilan négatif sans forcer la note. Mais il existe une hiérarchie dans les faits et gestes d’un gouvernement. Celui de Dominique de Villepin restera dans les annales comme celui qui fit applaudir - fait inouï dans l’enceinte du Conseil de Sécurité de l’ONU où la retenue (restreint) du gentleman anglo-saxon est la norme - les décisions de la France contre celles des Etats-Unis d’Amérique à propos de la seconde guerre d’Irak.

    Cette position courageuse remonte à notre tradition révolutionnaire où - seule et même isolée en Europe - la France régla l’affaire d’Avignon à coup de suffrage universel[1].

    Cette affaire d’Avignon eut un retentissement considérable. Pour la première fois, on demandait son avis au peuple concerné par un conflit de souveraineté. La volonté des princes passait après la volonté des peuples. C’est la révolution ! C’est, selon la formule consacrée, le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

 

.La fibre gaulliste

    Cela est le patrimoine commun à tous les héritiers de la Révolution française. Bafoué en 1815, bafoué par Bismarck en 1871, mais revendiqué malgré tout. Néanmoins, on sait comment et combien le général De Gaulle exploitera à bonnes fins ce principe fondamental du droit des gens pour résoudre le problème algérien. Et auparavant, il l’aura mis en œuvre pour appeler les Français à poursuivre le combat le 18 juin 1940. Car la soumission de Pétain et de tous les défaitistes est le contraire du droit à disposer librement de soi-même, que l’on soit un individu ou que l’on soit une nation. La sortie de la France du commandement intégré de l’OTAN en 1966 relève de la même logique. « Il faut que la défense de la France soit française. Un pays comme la France, s’il lui arrive de faire la guerre, il faut que ce soit sa guerre » déclarait-il dès 1959.(2).

    Cette tradition gaulliste a perduré jusqu’à J. Chirac et Dominique de Villepin. On sait le retentissement du discours du ministre des Affaires étrangères au Conseil de sécurité de l’O.N.U., le 14 février 2003. Ce jour-là, la France fit comprendre au monde que cette guerre en Irak que les va-t-en-guerre anglo-saxons voulaient à tout prix n’était pas sa guerre. Avec le sarkozysme nous sommes dans une autre logique politique. La France rentre dans le rang.

    Le lecteur habitué à ce site ne peut ignorer l’orientation délibérément FRONT DE GAUCHE  de son auteur. Néanmoins, le respect de la tradition française et du génie national exige que le courant gaulliste soit présent à la future élection présidentielle.

    Si l’on pense que les assauts meurtriers dont est victime l’Euro actuellement ont pour origine les Etats-Unis - qui malgré leur 14.000 milliards de dollars de dette se permettent par ailleurs de donner des leçons - Etats-Unis qui veulent garder à leur monnaie la qualité de monnaie de réserve et de moyen de paiement international (ce dont les Chinois commençaient à se détourner en optant pour l’Euro), si l’on pense cela, que dire des gesticulations de N. Sarkozy qui, au sommet du G20 à Cannes tenait absolument à se montrer aux côtés de B. Obama ? où est passé la fierté nationale ?et même sa lucidité ?

 

 Villepin : « Faire croire que nous sommes en guerre est un piège »



[1] Masculin. Grossièrement, il s’agissait de demander aux Avignonnais et Comtadins s’ils désiraient restés Romains (au pape) ou devenir Français.

[2] Cité par William SERMAN, dans sa communication au colloque de 1992 (bicentenaire de la proclamation de la République) sur « l’exception française », communication intitulée « l’influence de la Ière république sur la conception gaullienne de la défense nationale ». Actes, pp. 452-456.

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