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Cantonales 2011 : quand le F.N perd des voix

publié le 5 mai 2012 à 01:30 par Jean-Pierre Rissoan
publié le 23 juin 2011 19:34 par Jean-Pierre Rissoan   [ mis à jour : 1 juil. 2011 14:42 ]
  21/03/2011  

Il est urgent de couper le cou à cette chimère du "triomphe", de la "forte poussée" du F.N. qui, à l’évidence, en ravit beaucoup. Il y a là des calculs politiciens qui nous échappent encore et que l’on ne découvrira que plus tard.

Cela a toujours, TOUJOURS, été dit et écrit : la forte abstention favorise le F.N.. Dans mon livre Traditionalisme & Révolution, j’avais été amené à exploiter les données d’un sondage pré-électoral de mai 1984 : "Dans le numéro du "Monde" du mercredi 6 juin 1984, Jérôme Jaffré, directeur des études politiques à la SOFRES, nous fait part d'une "exploitation inédite des sondages de la SOFRES réalisés au cours du mois de mai"[1]. (…). Enfin, la détermination de ces électeurs est grande –ce qui correspond à mes expériences personnelles- puisque 82% déclarent s'intéresser "beaucoup" ou "un peu" à la politique au lieu de 61% pour l'ensemble national".

Donc, ce sont des électeurs qui se déplacent davantage que les autres. Et une forte abstention fait mécaniquement monter le pourcentage des votes qui s’expriment en faveur du F.N..

Mais je l’ai déjà dit dans ce blog : CE QUI COMPTE EST LE NOMBRE DES INSCRITS qui ont voté pour tel ou tel parti.

Une anecdote : G. Pompidou avait organisé, en 1972, un référendum sur l’élargissement de l’Europe. Le PS de Mitterrand avait appelé à l’abstention. Le PCF de G. Marchais à voter NON. PCF qui sortait d’une présidentielle où son candidat -J. Duclos - avait obtenu plus de 21% (sic) des exprimés. Les résultats du referendum donnèrent 67,7% au OUI et 32,3% au NON. Le PCF étant le seul parti à avoir appelé au vote négatif déclara par la bouche de G. Marchais que son influence était passée de 21 à 32% !! Or, en réalité, le chiffre des NON s’élevait à 5 millions de voix et aux législatives le PCF obtenait 5 millions de voix…

Donc, pas de fanfare, ni trompette et tambour pour la marine de guerre.

 

L’effondrement de la participation électorale fait même parfois/souvent reculer le F.N., en voici quelques exemples.

 

 

2004

FN 2004

2011

FN 2011

Circonscrip

Ins.

Vot.

voix

Ins.

Exp.

Ins.

Vot.

voix

Ins.

Exp.

9-4*

351330

59,2

21923

6,2

10,5

388370

36,3

21671

5,6

15,7

Vaulx-en-V.

  15328

55,2

  1459

9,5

19,1

 19673

27,4

  1116

5,7

21,1

St-Denis NO

  10780

56,1

    911

8,5

15,7

 12228

28,6

   615

5,0

18

AubervillE

  13564

52,6

  1285

9,5

18,7

  15162

27,7

   886

5,8

21,5

Algrange (57)

   4351

49,1

    325

7,5

15,8

   4302

35,6

   321

7,4

21,6

Aubagne**

   5923

65,5

    840

14,2

22,7

   6833

40,6

   797

11,7

29,6

·          = département du Val-de-Marne (ensemble des cantons renouvelables)

·          **=commune seulement (Bouches-du-Rhône).

 

On ne peut pas parler de lame de fond du F.N.. Ses progressions spectaculaires sont dues à la faiblesse de la participation électorale.

Je reviendrais sur le cas du canton d’Algrange, surmédiatisé.



[1] J. JAFFRE, "Qui sont les électeurs des petites listes ?". 

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