L’Artois 1947 - 1981 (3ème partie)

publié le 30 nov. 2014 à 07:07 par Jean-Pierre Rissoan   [ mis à jour : 27 mai 2016 à 08:02 ]
        
L'Artois, des Temps modernes à 1914.

L’Artois pendant l’entre-deux-guerres (2ème partie)

     Plusieurs temps forts scandent la vie politique du Pas-de-Calais durant cette période : la Libération, naissance et mort de la IV° république, crise de 1958 avec primauté du gaullisme dans les années qui suivent, changement de majorité nationale en 1981. Commençons par un évènement grave qui a des conséquences de longue durée : la grève de 1947 et la naissance de Force ouvrière : Cgt-FO. [1] suivie de la grève de 1948.

LES ANNÉES DRAMATIQUES 1947 ET 1948.

    Ce sont deux années marquées chacune par une longue grève des mineurs.

    

Deux éléments expliquent ces actions de grève massivement suivies. Le premier est de nature économique et sociale. En 1947, cela fait plus de deux ans que les mineurs -et les autres ouvriers aussi d’ailleurs - font un énorme effort de production (après quatre années d’occupation allemande, ne l’oublions pas). Ils ont répondu à l’appel de Maurice Thorez, secrétaire général du Parti communiste français, lancé à Waziers, ville minière par excellence (canton de Douai), le 21 juillet 1945 [2]. Le PCF était alors membre du gouvernement De Gaulle. Malgré ces efforts énormes, la vie reste difficile et les familles ouvrières ne voient pas leur niveau de vie s’élever en conséquence. C’est l’époque des tickets de rationnement qui perdure. Ces grèves s’appuient donc sur un réel mécontentement de classe. Le second élément relève de la situation diplomatique mondiale. En mars 1947 et en juin, le discours de Truman et le vote du Plan Marshall lancent la Guerre froide du côté de l’Ouest. La réplique soviétique se fait par le discours de Jdanov du 22 septembre de la même année.

    Au printemps 47, le départ du PCF du gouvernement est vécu par beaucoup comme une simple crise ministérielle et d’ailleurs, les dirigeants communistes ne donnent pas suite aux mouvements spontanés de grève qui éclatent ici ou là. Ils ont quand même refusé le budget du gouvernement ce qui leur a coûté leur départ. En Septembre 47, après le discours Jdanov tout change ou presque. Suivant l’idée qu’il faut serrer les rangs derrière l’URSS, le PCF n’envisage plus son retour au gouvernement et, au contraire, encourage - par le biais de ses militants qui dirigent la CGT - toutes les actions. On peut s’interroger sur la circulaire ministérielle du 13 septembre 1948 dont un alinéa prévoit non pas le maintien mais la baisse des rémunérations des mineurs ! Dans le domaine de la provocation, c’est réussi. Y-avait-il préméditation ? Certains le pensent (lire l’article de Pierre Outteryck). Le gouvernement avec des Jules Moch au ministère de l’intérieur, anti-communiste farouche, aurait redouté un "coup de Prague" parisien. Les communistes tchécoslovaques avaient rejoint le camp soviétique en février 48.

 Les mineurs grévistes de 1948 et de 1952 ou leur descendants vont recevoir une allocation de 30 000 euros au titre de leur licenciements abusifs. ci-dessous Photo AFP " la République française reconnaît le caractère discriminatoire et abusif du licenciement pour faits de grève des mineurs grévistes en 1948 et 1952".

  Il y a donc les grèves de l’automne 1947 et celles de l’automne 1948.

    Le parti socialiste SFIO -s’il a refusé de s’attacher à l’URSS en 1920, ce n’est pas pour y venir en 1946 - dont le leader - Blum - signe avec les Américains les accords Blum-Byrnes, le parti SFIO accepte avec enthousiasme le plan Marshall. Face à la CGT, la SFIO soutient résolument les socialistes qui décident de quitter la confédération et d’en créer une nouvelle : FO (décembre 1947). FO se définit d’abord comme anticommuniste. L’argent nécessaire (bâtiments, presse, traitements de permanents…) est fourni par la centrale américaine AFL-CIO dont un des dirigeants est en lien avec la CIA. Inutile de préciser que l’ambiance est vite détestable entre les deux confédérations. Moins cependant qu’un an plus tard, 1948, où un non-gréviste FO est vu comme un ennemi de classe. Un non-gréviste CFTC aussi d’ailleurs. Le socialiste Jules Moch envoie l’armée. On compte des morts sur les carreaux des mines de France. Ainsi que l’écrit Sawicki : "le rappel des brutalités physiques et de l’appropriation des tickets de rationnements par les camarades du parti (communiste) revient aujourd’hui encore (années 1995’) comme une antienne dans les discours des sympathisants socialistes pour justifier leur anti-communisme".

    C’est une nouvelle couche qui vient épaissir les précédentes dans l’anticommunisme de beaucoup de travailleurs du Pas-de-Calais. Les résultats des élections de 1951 montrent cependant que le PCF n’a pas eu à pâtir de ces épreuves.

    Avant de passer à l’année 1958, signalons le vote Poujade aux élections générales de 1956. Ce mouvement - dont LePen fut un des députés, gardons-le en mémoire - obtient peu d’écho en Nord-Pas-de-Calais dans son ensemble. Cependant, en Artois, il obtient de bons scores sur le versant picard (voir 1ère partie de la série) dont Bapaume, Bertincourt et Marquion et dans le canton chrétien d’ Audruicq.  

 

NOUVEAU TEMPS FORT : L’ANNÉE 1958 ET LE RETOUR DU GÉNÉRAL DE GAULLE

    Lors des évènements de mars 1958, on sait que Guy Mollet, secrétaire général de la SFIO, ancien président du Conseil, personnage emblématique de la IV° république, maire d’Arras, a tout fait pour sortir de la crise sans effusion de sang et il a trouvé l’issue dans le soutien au général de Gaulle. Ce dernier s’engageant à venir solliciter l’investiture de la Chambre après avoir été désigné par le président Coty (donc à jouer le jeu du "système" qu’il a tant dénoncé) et acceptant quelques compromis dans la rédaction de la constitution, comme l’article 4 qui reconnaît le rôle des partis politiques ou l’article 20 qui dit que "le gouvernement détermine et conduit la politique de la nation", ce qui -on le saura quelques années plus tard- permet un gouvernement de "cohabitation". Tant et si bien que la SFIO se considère comme "la figure de proue de la V° république". Pas moins.

Le referendum.

    Le PCF est le seul à appeler au vote "non" avec quelques républicains dont certains quittent la SFIO sans pour autant rejoindre le PCF. La SFIO appelle à voter oui au référendum relatif à l’approbation de cette constitution et c’est le raz-de-marée avec presque 80% de oui (en exprimés), y compris dans le Pas-de-Calais. Mais dans un département qui vota bonapartiste longtemps après la débâcle de Sedan, cela ne saurait surprendre.


    Cette carte montre bien la base géographique du parti communiste. Le non obtient 22% des inscrits dans le Pas-de-Calais alors que le PC avait obtenu 26,8% en 1956. Et tous les non ne sont pas communistes. Aux législatives de novembre, les 14 candidats du PCF rassembleront 20,2%. Le parti a donc perdu 6,6% des électeurs inscrits. Chute brutale qui s’explique en grande partie par l’aura du Général, natif de la région et personnage historique qu’il est inutile de présenter ici. L’Atlas régional parle, concernant le PCF, de "la perte d’électeurs marginaux sensibles au contenu protestataire de leur vote". Je ne saisis pas tout le sens de cette phrase, je retiens la notion d’électeurs marginaux, que je comprends comme ciblant des électeurs qui votent sur un coup de tête, essentiellement volatiles.

    Nouvelle bonne manière de la SFIO à l’égard du Général : son congrès extraordinaire, tenu début décembre, décide que "les socialistes soutiendront la candidature du général de Gaulle à la présidence de la République" (Le Monde du 6-XII-58). Cette allégeance de la SFIO provoque l’ire des républicains de gauche non-communistes qui se sont regroupés dans l’Union des forces démocratiques (UFD) et qui présentent un candidat à la présidence de la République : ce sera un artésien, natif de Valhuon (canton d’ Heuchin), Albert Châtelet, par ailleurs président de l’Union rationaliste [3].

Les élections législatives.

    Les élections législatives ont eu lieu après le vote du projet de constitution. Le Pas-de-Calais est découpé en 14 circonscriptions. Le nouveau parti gaulliste - l’Union pour la Nouvelle République (UNR)- renvoie l’ascenseur et, lors du second tour des élections législatives - on était passé du scrutin de liste départemental à la proportionnelle au scrutin d’arrondissement majoritaire - appelle à voter pour Guy Mollet à Arras, où ce dernier est en ballotage face à un Communiste et à un MRP :

"Si l’ UNR n’ pas présenté de candidat dans la circonscription d’Arras, c’est par déférence pour le général de Gaulle dont M. Guy Mollet a été au cours de ces derniers mois - en toute indépendance et en toute loyauté - un collaborateur fidèle. Il serait très regrettable que se maintiennent au second tour contre M. Guy Mollet, d’autres candidatures qui pourraient offrir aux communistes une occasion équivoque d’arbitrer. De ce fait, l’ UNR invite les électrices et les électeurs d’Arras à donner massivement leurs voix, au second tour, à M. Guy Mollet, ministre du général de Gaulle". (Cité dans Le Monde du 29 novembre 1958).

    Le PCF est seul contre tous puisque la SFIO est soutenu par l’ UNR et inversement. Lien.10 députés PCF comme en ...1958 et Le Pen député gaulliste. Le résultat est net, l’objectif est atteint : le PCF n’a aucun député en 1958 ! Alors qu’il représentait, lors des élections législatives de 1956, entre 30 et 35% des électeurs INSCRITS dans la circonscription sud du département[4]. Le Pas-de-Calais est représenté par 7 députés SFIO, 1 MRP, 3 UNR, 2 CNIP, et un divers-droite (qui avait voté les pleins pouvoirs à Pétain en 1940). L’élection de trois députés CNIP et du DVD montre le caractère très agressif du catholicisme artésien (St-Pol, Montreuil-sur-mer, St-Omer).

    André Siegfried déclara que ces votes de 1958 se déroulaient dans une conjoncture politique "plébiscitaire". On était pour ou contre De Gaulle. La gauche subit une première hémorragie lors du referendum et du 1er tour des législatives. Ainsi, dans la 5° circonscription du Nord, la gauche PCF et SFIO perd 5.000 voix par rapport à 1956. Au second tour, le PCF se désiste pour le candidat socialiste, celui-ci étant l’un des rares à avoir appelé au non pour le referendum. Le socialiste -A. Notebart- pouvait arithmétiquement l’emporter mais il est battu, 3.000 voix supplémentaires de gauche s’étant déplacées à droite en faveur du candidat gaulliste. Les électeurs socialistes tenaient absolument à soutenir De Gaulle… Cette circonscription est assez exceptionnelle dans sa configuration de second tour. Souvent, l’électeur a le choix entre trois candidats au 2ème tour : droite, SFIO, PCF ; alors "le candidat socialiste est apparu comme le meilleur adversaire du P.C. (Bassin minier, Valenciennois" (Atlas électoral).

    L’anti-communisme de la SFIO est lisible dans toutes les déclarations de Guy Mollet (au congrès extraordinaire du parti, il a vertement tancé le député du Finistère Tanguy-Prigent pour avoir fait campagne pour le non au référendum et avoir accepté le désistement du candidat PC), mais il est on ne peut mieux exprimé par le représentant de la Haute-Vienne qui est heureux des résultats de sa fédération parce qu’elle a réussi à enlever 10.000 voix aux communistes ! Ces propos ont, à coup sûr, été également tenus dans le Pas-de-Calais. 1958 voit la naissance d’un nouveau type de militant, un nouveau type d’électeur : le socialiste gaulliste. Ou le gaulliste socialiste. Au demeurant, le journal La Voix-du-Nord qui connaît bien le terrain et sa zone de chalandise, parle encore aujourd'hui de ces communes flamandes "à droite nationalement et à gauche localement. Et vice-versa" (7 mai 2007). Ce découplage local/national qui va de pair avec un socialisme/gaullisme est net lors de l’année 1962, autre année riche en évènements.

 

L’ANNÉE 1962 ET LA PRÉSIDENTIELLE 1965.

    A l’automne 1962, De Gaulle -fort de sa paix en Algérie- lance sa grande et mauvaise idée : oui ou non pour l’élection du président de la République au suffrage universel. Le caractère plébiscitaire du referendum (28 octobre) n’a pas disparu. Il y eut un "cartel des non" allant des Indépendants&Paysans de Pinay à la SFIO de Guy Mollet (et dont le PCF ne fit jamais partie contrairement à ce qu'affirment encore quelques mauvais manuels). Le Général dissout le chambre qui a voté la censure contre son gouvernement et provoque de nouvelles élections législatives (novembre 1962). La SFIO se dresse enfin contre le pouvoir personnel et accepte l’idée et la pratique du désistement pour le candidat anti-gaulliste le mieux placé, y compris si celui-ci est le candidat communiste. Le journal La Croix du Nord parle du "danger de Front populaire" !

Tableau

Résultats des différents votes dans le Pas-de-Calais entre 1958 et 1965

 

 

Gauche

C.D.

Gaullisme

PCF

SFIO

Ens.

 

UNR

DeG.

1958

Lég.

20,2

27,2

47,4

19,6

14,4

 

1962

Ref.

 

 

33,5

 

 

49,3

Lég.

20,1

22,6

42,7

10,7

23,4

 

1965

Prés.

 

 

35

 

 

39,1

            Source : établi à partir des statistiques fournies par l’Atlas électoral des P.U. de Lille.

Tous les résultats en % des électeurs INSCRITS. (C.D. = centre droit).

    Le oui de 1962 est un vote gaulliste -seul contre tous, avec les Indépendants giscardiens cependant- et peut servir de comparaison avec le vote De Gaulle (1er tour) à la présidentielle de 1965. Le centre MRP connaît une débâcle (Pierrard). Le nombre de bulletins non correspond grosso modo aux votes additionnés PC + SFIO et peut servir de comparaison avec les votes obtenus par ces deux partis aux élections législatives de novembre.  

    La colonne Ensemble (Ens.) du tableau est une somme arithmétique et ne doit pas être lue comme une réalité politique -surtout en 1958 ! - mais ses chiffres permettent de constater l’écart entre le vote des Artésiens lorsque la personnalité du Général est engagée et leur vote pour le notable local aux législatives… Ainsi, De Gaulle obtient le vote de 49,3% des inscrits à son référendum de 62 mais son parti-lige n’obtient que 23,4% quelques semaines plus tard. La gauche qui "fait" 42,7% aux législatives de 1962 ne donne que 35% à F. Mitterrand, son candidat unique en 1965. Ses électeurs -pour la plupart socialistes- qui votent De Gaulle au national ne sont pas les plus disciplinés pour voter Communiste au second tour d’un scrutin. Leur anticommunisme consubstantiel les en empêche. Et, pour tout dire, ils formeront une proie de choix pour le FN.

    Au second tour, le Général rafle la mise dans les deux départements du nord de la France. Ce qui permet de discuter l’affirmation selon laquelle on est ici en terre de gauche !  Mais sa victoire dans le Pas-de-Calais est moins nette que dans le Nord.

    Juste un mot sur les élections législatives de 1968, les élections de "la trouille" comme disait un baron du gaullisme (Sanguinetti). Sur 14 députés, le Pas-de-Calais envoie 7 gaullistes au Palais Bourbon (22 sur 37 pour l'ensemble de la Région). Là aussi le caractère "de gauche" reste à démontrer. Surtout, les électeurs socialistes montrent leur réticence à voter communiste au second tour. "le report insuffisant des voix socialistes au 2ème tour a empêché l'élection de 4 candidats (du PCF)" (Atlas électoral du NPC).

LES ÉLECTIONS DE 1981

    Ces élections sont importantes. A la question -non posée mais implicite- voulez-vous un changement à la Marchais ou à la Mitterrand ? les Français répondent clairement. Au coude-à-coude des années précédentes, succède un décrochage définitif : l’écart est de 10% des exprimés entre les deux candidats de la Gauche. Et cela alors que le rapport gauche-droite à l'échelle nationale, reste à peu près le même (51/49) et que le FN n’existe pas sur le terrain électoral. Ce qui veut dire qu’il y eut transfert de voix communistes sur le candidat du nouveau PS. Ce transfert se poursuivra et sera la cause principale de la baisse du PCF avec l’abstentionnisme. Ces élections marquent également un tournant en ce sens que l’électorat communiste ne vote (presque) plus pour le candidat du parti à la présidentielle mais préfère le vote "utile" et, par ailleurs, les électeurs jouent à fond la carte majoritaire : les élections législatives deviennent secondaires, et on envoie une majorité de députés godillots dont le rôle est de voter comme l’hôte de l’Élysée le demande. Peu à peu, l’influence communiste ne se verra plus qu’aux élections municipales et cantonales.

    Mais ces élections montrent quelque chose de surprenant : alors que les chances d'accès de la Gauche au pouvoir n'ont jamais été aussi grandes, aussi bien le score du  PCF que celui du PS BAISSENT. Le tableau ci-dessous le montre bien.  le PC perd 6,7% sur les législatives de 1978 et Mitterrand 2% ! De surcroît, les abstentions augmentent de 1,85%... On ne peut pas dire que le Programme Commun de la Gauche a suscité de l’engouement dans le Nord de la France. Il y a comme de la désillusion dans l'air. Encore plus étonnant, dans ce département ouvrier du Pas-de-Calais, le candidat de la droite ultra-libérale, l’homme des emprunts gagés sur l'or,   l'homme de l'avoir fiscal, etc... Giscard d'Estaing PROGRESSE : il gagne -dans ses chiffres du second tour- 6,5% sur les législatives de 1978.

 

COMPARAISON PRÉSIDENTIELLE 1981 ET LÉGISLATIVES 78 (% DES INSCRITS). PAS-de-CALAIS

 

Circonscription

Marchais

PC 78

+/-

FMitt.

PS 78

+/-

Abs.81

Abs78

+/-

Arras

1

17,20

22,99

-5,79

25,04

23,79

+1,25

12,70

11,03

+1,67

Bapaume

2

16,28

21,94

-5,66

23,21

22,07

+1,14

10,93

09,68

+1,25

Saint-Pol

3

17,24

21,98

-4,74

22,29

31,92

-9,63

11,28

06,41

+4,87

Montreuil

4

11,14

11,54

-0,40

24,26

28,02

-3,76

12,64

10,78

+1,86

Boulog.S

5

20,45

28,90

-8,45

22,78

22,02

+0,76

13,70

12,32

+1,38

Boulog.N

6

14,80

15,68

-0,88

26,33

30,66

-4,33

13,48

11,94

+1,54

Calais

7

20,67

35,11

-14,4

18,73

11,59

+7,14

17,62

15,31

+2,31

St.-Omer

8

14,35

15,19

-0,84

27,45

36,98

-9,53

11,20

09,70

+1,50

Béthune

9

21,73

27,78

-6,05

21,87

28,40

-6,53

13,79

11,53

+2,26

Bruay

10

23,54

34,95

-11,4

22,90

28,60

-5,70

15,45

13,99

+1,46

Cambrin

11

25,53

35,73

-10,2

22,14

22,84

-0,70

12,55

11,10

+1,45

Liévin

12

26,58

29,36

-2,78

24,47

33,86

-9,39

15,67

14,10

+1,57

Lens

13

22,58

25,81

-3,23

24,60

37,98

-13,4

14,88

13,74

+1,14

Hénin

14

25,95

36,43

-10,5

21,57

25,76

-4,19

14,46

12,67

+1,79

Pas-de-Calais

185548

236002

-50454

222109

234201

-12092

 

 

 

 

23,17

29,9

-6,7%

27,74

29,7

-2%

13,61

11,76

+1,85

  1. source : établi à partir des statistiques de l'Atlas électoral du NPC.
  

  Les circonscriptions 10°à 14° sont celles du bassin minier. C'est là que Giscard d'Estaing progresse le plus -je rappelle que tous les chiffres sont donnés par rapport aux INSCRITS. A l'exception de la 12ème (où il progresse par rapport à 1974 !), VGE obtient plus de 30% des inscrits. et dans ces localités, ce ne sont pas les bourgeois aisés ou les cadres et professions intellectuelles supérieures qui votent pour ce candidat. ce sont des membres de ce que l'INSEE appelle le salariat modeste : ouvriers et employés. Comme en Moselle ou en Alsace, ces salariés qui votèrent VGE en 1981 votent FN aujourd'hui... Ce n'est pas la seule explication à mon sens toutefois.

à suivre : L'Artois, 4ème partie : l'aujourd'hui.

ajouts à la bibliographie de la 2ème partie :

- http://www.humanite.fr/greve-de-1948-charbons-gagnants#sthash.pZmB1MfH.dpuf

- Pierre OUTTERYCK, professeur agrégé d’histoire, "la grève des mineurs de 1948", cahiers de l’Institut d’histoire sociale de la CGT, six pages, http://www.ihs.cgt.fr/IMG/pdf_DOSSIER-3.pdf

- GOGUEL François. L'élection présidentielle française de décembre 1965. In: Revue française de science politique, 16e année, n°2, 1966. pp. 221-254.

 



[1] Longtemps, en effet, Force ouvrière s’est présentée comme CGT-FO pour bien montrer qu’elle était une branche de la CGT. Aujourd’hui, il semble qu’elle se satisfasse de la dénomination « FO ».

[2] Des extraits du discours de Maurice Thorez, secrétaire général du Parti Communiste Français, à Waziers : http://www.port.ac.uk/special/france1815to2003/chapter9/documents/filetodownload,18543,en.pdf

[3] Le corps électoral avait été élargi : il était constitué comme le corps électoral du sénat actuel c’est-à-dire les maires et les délégués des conseils municipaux. Il y avait 81.764 électeurs inscrits. Châtelet obtient 8,46% des exprimés, G. Marrane, pour le PCF, 13,03%. La majorité des grands électeurs socialistes SFIO ont voté De Gaulle.

[4] Le scrutin proportionnel, sous la IV° république, avait pour base le département ; mais les départements les plus peuplés étaient subdivisés en circonscriptions. Ainsi le Pas-de-Calais avait une circonscription sud : tout le bassin minier y était, et une circonscription nord avec le littoral et les villes/sous-préfecture de Calais, Boulogne, Montreuil, etc…. Dans cette circonscription,le PCF obtint entre 15 à 20% des inscrits selon les cantons. 


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