ELECTION du nouveau maire de BÉZIERS: le discours d'Aimé Couquet, élu communiste, doyen du conseil municipal

publié le 6 avr. 2014 à 03:19 par Jean-Pierre Rissoan   [ mis à jour : 1 janv. 2016 à 14:45 ]
   
    On sait qu'un journaliste qui a bénéficié pendant des années des ondes et temps d'antenne de BFMTV, a été élu sur une liste FN à la mairie de Béziers, avec l'incroyable coquetterie de dire qu'il n'est pas encarté FN ! à l'occasion de la première réunion du nouveau conseil, dédiée à l'élection du maire, l'usage veut que le doyen d'âge prononce le discours inaugural. A Béziers, le doyen d'âge est un élu communiste, Aimé Couquet. Son discours ne manque pas de grandeur, c'est le moins que l'on puise dire, et ensevelit les médiocres qui mettent un signe d'égalité entre PC et FN.
    J.-P. R.

        Mesdames, Messieurs,

      Ce n'est pas de gaieté de cœur que je préside cette séance d'installation du nouveau Conseil Municipal et l'élection du Maire, pour deux raisons principales.
      La première est personnelle. J'avais 39 ans quand j'ai été pour la première fois élu à la municipalité au service de la population. 31 ans déjà ! Le temps passe mais on peut toujours compter sur moi pour faire entendre dans cette assemblée, à ma façon, la voix des travailleurs, des familles modestes, de tous ceux qui ont à souffrir des dégâts de cette société capitaliste de plus en plus inhumaine.
      La deuxième raison est politique. C'est l'installation à Béziers d'un nouveau Maire qui tout en flirtant avec Jean-Marie et Marine Lepen, veut cacher son obédience avec le Front National. Si ce n'est pas le cas, je lui propose, pour plus de clarté, de se désolidariser des membres de sa liste encartés au Front National qui par son histoire et sa composition n'est pas un parti politique comme les autres.

        Il est vrai que son OPA sur le beffroi a été facilité par un ras le bol général des Biterroises et des Biterrois envers les 19 ans de gestion de la ville par l'UMP. De plus, leurs responsables, aux grandes élections successives ont jeté des passerelles entre les électeurs du FN et de l'UMP. Retour du boomerang, cette fois-ci ce sont les électeurs de droite qui ont franchi dans l'autre sens les passerelles, pour aller rejoindre tout naturellement l'extrême droite. Ss sont  ajoutés à la réalité du déclin de la ville, les méfaits des gouvernements successifs de droite et PS-Écologistes. Sur ce terreau, en faisant jouer certaines peurs moyen-âgeuses, le candidat de l'extrême droite camouflée, a eu la capacité d'apparaître comme un homme neuf.

      Mais, républicain, je respecte, les 47% d'électeurs Biterrois qui lui permettent de devenir, à la majorité relative, le 1er magistrat de notre ville. Cela ne m'empêchera pas, dans l'opposition, d'être très vigilant et d'intervenir publiquement, comme je sais le faire, pour défendre avec mes amis, les intérêts des habitants. D'ailleurs, à cet effet, Monsieur le futur-Maire, j'ai une proposition à vous faire. Pendant la campagne électorale, vous avez fait de la baisse des impôts locaux votre cheval de bataille. Vous l'avez considérée comme indispensable et urgente. Voilà une occasion de tenir votre promesse. Dès la prochaine séance du Conseil Municipal, sera certainement inscrit à l'ordre du jour, le vote des taux des taxes communales foncières et d'habitation. Il ne vous reste plus qu'a proposer leur baisse.
          
     
Enfin, j'ai mal au cœur. C'est grave que dans la ville des Cathares, de Casimir Peret, de Jean Moulin, des Joseph Lazare et Paul Balmigère, où les habitants ont toujours montré leur ouverture d'esprit, bien accueilli les immigrés, ont toujours lutté et résisté aux envahisseurs, nous nous retrouvions dans cette situation.
  

    Ami, entends-tu le vol des corbeaux sur nos plaines,
    Ami, entends-tu les cris sourds du pays qu'on enchaîne ?

    Ohé, partisans, ouvriers, paysans, C'est l'alarme.
      Résistance ! Résistance !

 

                                                                Béziers, le 4 avril 2014

                                                                Aimé COUQUET


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