Franche-Comté

  • Montbéliard : le patronat, les immigrés et le racisme     Cet article concourt à l'analyse des résultats de la circonscription de Montbéliard où le FN a encore fait parler de lui.         https://sites.google.com/site/jeanpierrerissoan/articles/retours ...
    Publié à 18 févr. 2015 à 02:13 par Jean-Pierre Rissoan
  • Peugeot et les Trente Glorieuses : les trains de l’immigration choisie                 lire cet article dans la rubrique Analyses électorales ; Franche-Comtéhttps://sites.google.com/site/jeanpierrerissoan/articles/retours-sur-l-histoire-de-france/iveme-republique/peugeotetlestrenteglorieuseslestrainsdelimmigrationchoisie     ou mieux encore :         Peugeot ...
    Publié à 18 févr. 2015 à 02:19 par Jean-Pierre Rissoan
  • Les élections de 1936 au Pays de Montbéliard. pour lire cet article; cliquez sur Les élections de 1936 au Pays de Montbéliard. Les élections de 1936 au Pays de Montbéliard. URL https://sites.google.com/site/jeanpierrerissoan/articles ...
    Publié à 28 déc. 2014 à 05:08 par Jean-Pierre Rissoan
  • le Doubs : 1946 - 1984, survol électoral     Cet article fait suite à Les élections de 1936 au Pays de Montbéliard. et, selon une lapalissade immortelle, prépare le suivant : 2012, la présidentielle dans le Doubs. Pour visualiser la ...
    Publié à 2 déc. 2016 à 09:16 par Jean-Pierre Rissoan
  • 2012, 2017, la présidentielle dans le Doubs Sans modifier l'architecture de l'article, j'ai incorporé les résultats de 2017. Ainsi que vous le verrez, les changements géographiques sont presque inexistants. JPR. Pour visualiser la situation ...
    Publié à 20 juin 2017 à 08:18 par Jean-Pierre Rissoan
Affichage des messages 1 - 5 de 5 Afficher plus »

Montbéliard : le patronat, les immigrés et le racisme

publié le 17 févr. 2015 à 15:25 par Jean-Pierre Rissoan   [ mis à jour : 18 févr. 2015 à 02:13 ]



    Cet article concourt à l'analyse des résultats de la circonscription de Montbéliard où le FN a encore fait parler de lui.
    
    https://sites.google.com/site/jeanpierrerissoan/articles/retours-sur-l-histoire-de-france/iveme-republique/montbeliardlepatronatlesimmigresetleracisme

ou, mieux encore,
Montbéliard : le patronat, les immigrés et le racisme


 Il est la suite de l’article sur l'immigration utilisée par Peugeot et d'autres :

     Peugeot et les Trente Glorieuses : les trains de l’immigration choisie



Peugeot et les Trente Glorieuses : les trains de l’immigration choisie

publié le 17 févr. 2015 à 15:20 par Jean-Pierre Rissoan   [ mis à jour : 18 févr. 2015 à 02:19 ]

        

        lire cet article dans la rubrique Analyses électorales ; Franche-Comté

https://sites.google.com/site/jeanpierrerissoan/articles/retours-sur-l-histoire-de-france/iveme-republique/peugeotetlestrenteglorieuseslestrainsdelimmigrationchoisie

    ou mieux encore :

        Peugeot et les Trente Glorieuses : les trains de l’immigration choisie  

    il est suivi par les conséquences générées par l'attitude irresponsable du patronat

dans Montbéliard : le patronat, les immigrés et le racisme 


Les élections de 1936 au Pays de Montbéliard.

publié le 28 déc. 2014 à 05:08 par Jean-Pierre Rissoan


pour lire cet article; cliquez sur Les élections de 1936 au Pays de Montbéliard. Les élections de 1936 au Pays de Montbéliard.


URL
https://sites.google.com/site/jeanpierrerissoan/articles/retours-sur-l-histoire-de-france/6-l-entre-deux-guerres/leselectionsde1936aupaysdemontbeliard

le Doubs : 1946 - 1984, survol électoral

publié le 29 mai 2013 à 06:59 par Jean-Pierre Rissoan   [ mis à jour : 2 déc. 2016 à 09:16 ]

    Cet article fait suite à Les élections de 1936 au Pays de Montbéliard. et, selon une lapalissade immortelle, prépare le suivant : 2012, la présidentielle dans le Doubs. Pour visualiser la situation de l'enclave de Montbéliard dans le bon pays de France avant 1789 voir l’article :.Jean le laveur, ouvrier luthérien du Pays de Montbéliard, 1858.

 

Sous la IV° république

1946

    Le referendum du 5 mai 1946 portait sur l’approbation ou le rejet d’une constitution adoptée par l’Assemblée constituante mais avec les seules voix du Parti communiste et du Parti socialiste S.F.I.O.. Ce qui faisait pas mal de monde dans le pays réel, puisque à un moment donné ces deux partis obtinrent 51% des suffrages exprimés à EUX DEUX. Mais la droite et les Gaullistes se déchaînent et parlent de bolchevisation de la France. Le projet de constitution - avec une assemblée unique, elle rappelait trop la période de la Convention, époque pourtant glorieuse de l’histoire de notre pays - est rejeté. Dans le Doubs, le NON obtient la majorité absolue des électeurs inscrits (41% en France) et le OUI atteint environ le tiers. Les Doubistes ne sont encore pas prêts à passer de la révolution nationale à la Révolution tout court.

    "Le 10 novembre 1946, aux élections de la première législature de la Quatrième République, la liste PRL conduite par le marquis Roland de Moustier améliore son score, avec 51.399 des 135.963 suffrages exprimés (37,8 %), ce qui lui permet de récupérer le siège d'Auguste Joubert perdu en juin, aux dépens du parti communiste qui obtient un peu moins de la moitié du score du PRL (18,2 %), tandis que le MRP et la SFIO voient leurs résultats se tasser aux alentours de 22%"[1]. Le PRL a deux députés, le MRP un et la SFIO le quatrième ; Le PCF perd son député.

    Je parle du PRL (Parti républicain de la liberté) dans mon livre. C’est la droite extrême de l’époque. Il deviendra le parti des Indépendants &Paysans d’Antoine Pinay dont on sait qu’il fut membre du Conseil National de Vichy. François Peugeot étant condamné pour collaboration avec Vichy n’a pas pu voter. Cela dit, l’honnêteté oblige à dire que le père de Roland de Moustier vota contre les pleins pouvoirs à Pétain en 1940 et mourut en déportation. Nonobstant, le Doubs se distingue en votant à 39% pour un parti hostile à tout le programme du Conseil National de la Résistance (CNR).

    Observons qu’avec 18% des exprimés, le PCF est sous-représenté dans le Doubs. En France, lors de ces élections du 10 novembre, il obtient -tenez-vous bien - 28,3% ! C’est l’euphorie de la Libération sauf dans le Doubs [2].

1951

    Ces élections - au scrutin de liste pour la proportionnelle comme en 1946 - expriment une poussée à droite et voient s’opposer d’une part les Indépendants & Paysans, parti traditionaliste qui obtient le quart des inscrits et arrive en tête, et la S.F.I.O. (moins de 20% des inscrits). Le PC arrive loin derrière (entre 10 et 15% des inscrits) presque à égalité avec les Gaullistes qui présentent une liste R.P.F. et qui obtiennent un siège de député.

    Avec d’autres listes apparentées, la droite doubiste obtient entre 30 et 37,5% des inscrits et est un bastion de la droite française. -carte Goguel n°55-. Cela alors que le département est déjà un des piliers industriels du pays (enquête INSEE de 1954).

1956

    Ces élections montrent un département du Doubs réfractaire au poujadisme mais toujours fidèle aux Indépendants traditionalistes. La S.F.I.O. fait un gros score en 1956, elle se situe entre 20 et 25% des inscrits dans le département. Le PC progresse quelque peu (entre 10 et 15% des inscrits) mais le recul des autres partis lui permet d’obtenir un député.

 

Les débuts de la V° république

    Le Doubs est massivement gaulliste. En 1958, la SFIO appelle à voter « oui » au referendum gaulliste du 28 septembre 1958. Les ouvriers luthériens - et les catholiques aussi - ne se privent pas de voter OUI au Général. Aux élections législatives- qui se déroulent dans le cadre du scrutin d’arrondissement - l’Union pour la Nouvelle République (UNR) rafle les trois sièges : Besançon, Montbéliard, Pontarlier. A Besançon et Montbéliard se sont deux résistants gaullistes qui son élus. A Pontarlier, le portrait de l’élu est plus complexe. http://www.assemblee-nationale.fr/sycomore/fiche.asp?num_dept=4906 . On relèvera seulement que le député a dû exciper de son étiquette gaulliste -ce qu’il se refusa à faire au 1er tour - pour se faire élire face à un candidat Indépendant&Paysans. C’est dire la tradition électorale de cette circonscription.

    Ce gaullisme doubiste ne se démentira pas avant longtemps. Lire notamment le travail de F. Goguel "Le référendum du 28 octobre et les élections des 18-25 novembre 1962"[3] avec de nombreuses cartes.  

 

Les élections législatives de 1973 et 1978

    Ce sont des élections intéressantes parce qu’elles se situent au cœur de la période dite « de l’union de la gauche ». 1973 : c’est le renouvellement constitutionnel de la chambre élue en 1968. Le Programme commun de gouvernement de la Gauche a été signé en 1972. 1978 : même renouvellement régulier, mais le président est V. Giscard d’Estaing. Si la gauche gagne que fera le président ? En fait, à la surprise générale la gauche perd les élections. Durant les années 70’, le PCF reste à un niveau proche de 20% des exprimés - 23% aux élections cantonales - : c’est la dernière fois. En 1981, lors de la présidentielle, il "tombe" à 15%. Puis la dégringolade continuera. Lien : la vie politique en France avant et après 1981.

    En 1973 et 1978, encore des hautes eaux pour le PCF, les résultats globaux à l’échelle du Doubs sont les suivants.

 

 

1973

1978

Inscrits

241616

100

281949

100

Exprimés

189806

 

232253

 

ANBl.

51810

21,4

49696

17,6

Gauche

92628

38,3

118816

42,1

Droite

97178

40,2

113149

40,2

Ext.-D. (FN)

--

 

288

0,1

 

    En 1978, les élections sont très politisées si j’ose dire : la gauche a triomphé aux élections municipales de 1977 et beaucoup pensent qu’elle va remporter les élections générales de 1978, le président Giscard d’Estaing est obligé de dire aux Français quel doit être "le bon choix". En fait, on sait que PS et PC ne font que se quereller et que F. Mitterrand est en train de larguer le Programme Commun. Dans le Doubs, la participation électorale est de 3,8% supérieure à celle de 1973. Pour les trois circonscriptions du département, on compte 24 candidats au lieu de 16 en 1973. Le FN est présent à Besançon : il a fouiné un "bon" département, un ventre fécond.

    La poussée à gauche est nette mais, grâce au miracle du charcutage électoral, le résultat final est le même : deux députés à droite (Besançon et Pontarlier) et un à gauche (Montbéliard). Comme en 1973.

    Pour ce qui concerne la répartition par circonscription :

 

 

Besançon

Montbéliard

Pontarlier

Inscrits

108238

100

108345

100

65366

100

Exprimés

88993

 

89386

 

54637

 

ANBl.

19245

17,7

18959

17,5

10729

16,4

Gauche

43182

40,7

54626

50,4

20542

31,4

Droite

44760

41,3

34760

32,1

34095

52,2

Ext.-D. (FN)

288

0,3

 

 

 

 

 

    La gauche est majoritaire absolue dans la circonscription de Montbéliard en termes d’électeurs inscrits. Ce qui représentait 61,2% des suffrages exprimés (1er tour). Le PCF, avec Serge Paganelli, conseiller général-maire d’ Audincourt, obtenait 21,5 des exprimés soit 17,7% des électeurs inscrits. C’est cependant le parti socialiste qui dominait la circonscription avec 33% des exprimés - 40% en 1973- alors que le PSU (marqué par le christianisme social et favorable à l’autogestion) obtenait presque 4000 voix (4,4% des exprimés).

    A Pontarlier, dans le haut-Jura, c’est la droite traditionnelle - elle fut traditionaliste avec Louis Maillot en 1958 - qui est nettement majoritaire avec 52,2% des inscrits. Le découpage est taillé pour elle : avec un tiers d’électeurs en moins, elle a droit à 1 député comme les deux autres circonscriptions. En termes de suffrages exprimés, elle obtient 62,4% des voix dès le 1er tour (72,4% en 1973 avec trois candidats). La gauche qui faisait 27,6% des exprimés dont 8,3 pour le PCF en 1973, progresse en 1978 mais le PCF reste cantonné à 8,6% des exprimés. Lutte Ouvrière obtient un étonnant 3,8% des exprimés et plus de 2.000 voix dans ce Jura plissé, forestier, enneigé et froid. Ce sont des voix congelés dans l’anti-PCF, absolument pas dangereuses pour la Droite. Prolétariat inorganisé qui exprime un mécontentement sans lendemain. NB. Cette circonscription de Pontarlier est la plus fillonniste de France lors des primaires de la Droite en 2016.

 

Nouvel avatar de l’extrême-droite en 1984 : le FN

    1. La présidentielle de 1981

    A la présidentielle de 1981, au 1er tour, avec une abstention de 18,4%, les pourcentages furent les suivants : Mitterrand 28,9% [4], VGE 25,9, J. Chirac 19,9 et G. Marchais 11,3% (en suffrages exprimés).

    Le FN était absent, LePen n’ayant pas obtenu le nombre suffisant de signatures de soutien. Le PCF perd 3,8% par rapport à son score départemental  (15,1%) lors des Législatives de 1978. Cette hémorragie n’a, à l’évidence, pas profité au FN contrairement à ce que disent des "observateurs" incompétents et/ou malintentionnés, mais au PS : début d’un processus qui ne fera que s’accentuer.  

    2. Les élections européennes de 1984

    En 1979, avec une abstention de 41,3%, la liste S. Veil était arrivée largement en tête aux élections européennes avec 29,12% suivie de la liste PS / MRG (25,9), de la liste Chirac qui obtint 17,6%. La liste du PCF atteignait le chiffre de 13,9%.

    En 1984 (abstention 43,2%), l’UDF et le RPR présentaient une liste unique qui obtient 45,4% des exprimés. La liste PS arrive en seconde position avec 22,2 et c’est le FN qui est en troisième place avec presque 13% (12,95%). La liste Marchais tombe à 6,1%. Le score du FN représente 7,13% des inscrits soit plus que la moyenne nationale.

    Commentaire du Monde du mardi 19 juin 1984 : "à Besançon et à Montbéliard, deux municipalités gérées par le PS, la liste de M. LePen obtient respectivement 15 et 14% des suffrages exprimés. Les scores supérieurs à la moyenne nationale sont enregistrés essentiellement dans des secteurs urbains fortement industrialisés (comme dans la zone d’influence de Peugeot) et à densité de population immigrée importante. La gauche fait apparemment les frais de cette poussée vers l’extrême-droite".

    Pour Montbéliard, le vote FN représente 7% des inscrits, pour Besançon 7,7% au lieu de 6,05% France entière.

    Le département du Doubs avec son score FN de presque 3% supérieur à la moyenne nationale retrouve ses vieux démons pétainistes. (lien : Les élections de 1936 au Pays de Montbéliard.)


[1] Site de l’Assemblée nationale, biographie du marquis Roland de Moustier, député PRL du Doubs.

[2] Mais aussi, soyons juste, dans tout l’Est, la Côte-d’Or, la Haute-Loire, les marges armoricaines... Bref, la France de Boulard…

[3] Goguel François. Le référendum du 28 octobre et les élections des 18-25 novembre 1962.   In : Revue française de science politique, 13e année, n°2, 1963. pp. 289-314. url : http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/rfsp_0035-2950_1963_num_13_2_392714

[4] M. Crépeau, candidat MRG, obtenait quant à lui 1,78%.

2012, 2017, la présidentielle dans le Doubs

publié le 28 mai 2013 à 13:10 par Jean-Pierre Rissoan   [ mis à jour : 20 juin 2017 à 08:18 ]

Sans modifier l'architecture de l'article, j'ai incorporé les résultats de 2017. Ainsi que vous le verrez, les changements géographiques sont presque inexistants. JPR.


Pour visualiser la situation de l'enclave de Montbéliard dans le bon pays de France avant 1789 voir l’article : Jean le laveur, ouvrier luthérien du Pays de Montbéliard, 1858.

D'autre part, cet article gagne beaucoup à la lecture du précédent :: le Doubs : 1946 - 1984, survol électoral

Le département du Doubs appartient à la France de l’Est. C’est un morceau de la Franche-Comté, terre de contre-réforme catholique en son temps. C’est à la fois la vallée du Doubs qui, vers l’amont, aboutit à la ligne de partage des eaux avec le bassin-versant du Rhin et le haut-Jura où a été établie la frontière avec la Suisse.
Mais le département a une caractéristique majeure : il incorpore le Pays de Montbéliard qui n’a été rattaché à la France qu’en 1793, en pleine révolution. Jusque là, Montbéliard était terre sinon allemande du moins wurtembergeoise. Terre luthérienne puisque le Prince était luthérien. C’était une enclave étrangère et luthérienne à la frontière de la France, fille aînée de l’ Église …catholique.

NB. Sur la carte ci-contre observez le triangle St-Hippolyte/L'îsle-sur-le-Doubs/Sochaux.


    Ci-contre les terres relevant du Comté de Wurtemberg avant 1793. Voyez le triangle St-Hippolyte/L'îsle-sur-le-Doubs/Sochaux. (Sochaux, banlieue Est de Montbéliard).
    Longtemps, les trois villes : Besançon, la "capitale", Pontarlier, la ville du haut-Jura, et Montbéliard ont été les sous-préfectures dont l’arrondissement respectif constituait la circonscription électorale pour le scrutin dit "d’arrondissement". Aujourd’hui, avec presque 360.000 électeurs inscrits, le Doubs a droit à cinq députés, ce qui correspond à peu près au quota national de 1 député pour 75.000 inscrits. Le découpage/charcutage a été établi comme l’indique la carte ci-dessous.

    On voit que les limites des arrondissements préfectoraux ne servent pratiquement à rien. Ainsi, l’arrondissement de Besançon est représenté par 4 députés ! Chaque couleur correspondant à une circonscription. 

Résultats par circonscription

    L’analyse succincte des résultats de la présidentielle 2012 par circonscription permettra de distinguer quelques aspects caractéristiques du « tempérament politique » des grandes sous-régions du département.

    Le Doubs est un département très ouvrier. Si l’on ajoute la CSP des employés, on obtient la catégorie du Salariat modeste (SM) selon le vocabulaire INSEE, et là aussi le département est parmi ceux où le pourcentage de SM est le plus élevé. Voici la ventilation de la population active - et non de la population générale - dans les cinq circonscriptions comparée à la structure du département et de la France métropolitaine.

 

 

Besanç. O

Besanç. E

Montb.O

Montb. E

Pontarlier

Doubs

France

BP

20,3

23,1

17,5

13,9

17,0

20,0

24,1

PI

25,3

28,4

20,7

22,4

19,9

24,6

24,9

SM

54,4

48,4

61,8

63,7

63,0

55,4

51,1

Chiffres

53432

53400

43499

43801

53188

247320

 

Source : INSEE, RP2008. Population de 15 ans ou plus par CSP regroupées.

BP : agriculteurs exploitants + ACCE (artisans, commerçants, chefs d’entreprise) + CS-PIS (cadres supérieurs et prof. intellectuelles supérieures). PI : professions intermédiaires.

    C’est la circonscription de Besançon-est (2°) qui se rapproche le plus de la structure nationale. De manière générale, la ville de Besançon a progressé dans ses fonctions métropolitaines, autrement dit de capitale régionale. Mais elle manque encore de fonctions tertiaires supérieures, les 3°, 4° et 5° circonscriptions manquent de mixité sociale. Le tableau ci-dessous (source INSEE exclusivement) donne le profil du département, de la commune de Besançon et du canton d’ Hérimoncourt, fief historique de Peugeot. Il ne vise pas à l’exhaustivité.

 

 

Ville

Département 

Canton

item

Besançon

Doubs

Hérimoncourt

1. (popt5) APSAP

23,7

16,4

13,3

2. (fort2) Aucun diplôme

17,3

17,8

19,3

3. Ens. Sup long

18,9

10,5

06,8

4. (empt7) SM

47,3

45,0

63,1

CPIS

18,9

13,0

07,8

5. (logt7) locataire

62,2

39,2

24,9

dont log. HLM loué vide

23,6

14,0

07,8

6. (Revt3) médiane

€17278

€19019

€20057

7. 1er tour Mélenchon

15,5%

11%

09,5%

8. 1er tour LePen

11,9%

19,2%

29,1%

1 : Population de 15 ans ou plus selon la catégorie socioprofessionnelle, Autres personnes sans activité professionnelle APSAP.

2 : Diplôme le plus élevé de la population non scolarisée de 15 ans ou plus en 2009 : % aucun diplôme

3 : Diplôme le plus élevé de la population non scolarisée de 15 ans ou plus en 2009 : % de titulaires d’un diplôme d’enseignement supérieur long.

4. % de salariés modestes (employés + ouvriers) dans la population active. CPIS : cadres et professions intellectuelles supérieures

5. : Résidences principales selon le statut d'occupation

6 : Ménages : distribution des revenus déclarés en euros par unité de consommation

 

    Les cantons autour de celui d’ Hérimoncourt, autrement dit ceux du Pays de Montbéliard, présentent le même profit. Le niveau de formation est bas, les catégories intellectuelles supérieures sont à Besançon ou à Paris, et pourtant la médiane des revenus déclarés par U.C. est plus élevée qu’à Besançon. Cela s’explique par les salaires relativement élevés liés à la concurrence dans l’achat de main-d’œuvre et aussi par l’activité du conjoint (ligne 1 : APSAP) et aussi par la double activité de certains ouvriers qui sont aussi paysans. Autre originalité majeure : l’importance du nombre d’ouvriers propriétaires de leur logement (ligne 5) et, corrélativement, le faible nombre de locataires en HLM : trois fois moins à Hérimoncourt qu’à Besançon. Il est vrai que Peugeot a tout fait pour faire accéder ses ouvriers à la propriété individuelle en les aidant adroitement.

« Est-ce que vous aimeriez avoir votre foyer, votre maison bien vous ? Est-ce que c'est un rêve insensé ? Une chimère ? Peut-être pas si vous avez du courage, de la volonté, de la santé et si vous êtes capable de trouver des copains qui veulent travailler avec vous en toute confiance comme le font de vrais copains. Avez-vous entendu parler des Sociétés nommées «Castors » ? Ce sont des chefs de famille réunis en équipes, qui construisent eux-mêmes leurs maisons dans leur temps libre, en équipe. (…) Alors quels sont ceux qui veulent s'inscrire auprès du Comité Régional du Logement (CRL) ? » etc…

Le Courrier des Usines (Peugeot), juin 1949[1]

 

    Ajoutons à cela, non pas une pincée mais une tonne de tradition luthérienne, de soumission au patron, (voir l'article Jean le laveur, ouvrier luthérien du Pays de Montbéliard, 1858.) de soutien aux « jaunes », aux syndicats-maisons ou aux syndicats complices, le vote de 1936 CONTRE le Front popu mais pour Monsieur François PEUGEOT Les élections de 1936 au Pays de Montbéliard. et le vote FN est assez bien expliqué. Besançon, au contraire, qui donne 15,% au candidat du Front de Gauche et moins de 12 à LePen, avec le vote des universitaires, des jeunes intellectuels des professions branchées, ajouté au vote des cités où Mélenchon dépasse parfois 20%, Besançon est une zone dépressionnaire pour le FN.   

 

Tableau élection 2012:

Résultats des principaux candidats, par circonscription, en termes de suffrages exprimés.

 

 

Besanç. O

Besanç. E

Montb. O

Montb. E

Pontarlier

Doubs

France

Inscrits

72914

76234

65432

67402

77255

359237

 

Votants

81,7

83,1

82,8

81,6

84,7

82,8

 

Exprimés

58481

62161

53039

53863

63876

291420

 

Mélenchon

13,16

13,05

9,49

10,17

8,78

10,96

11,10

Hollande

29,37

28,31

26,19

28,48

19,70

26,28

28,63

Bayrou

9,06

9,19

8,13

7,04

10,22

8,80

9,13

Sarkozy

26,03

28,04

27,37

22,11

37,51

28,49

27,18

LePen

16,15

14,80

23,03

26,60

16,80

19,19

17,90

NB. Il ne s’agit pas des deux cantons ouest et est de Montbéliard mais des parties Ouest et Est du Pays de Montbéliard.

Même tableau pour 2017 (1er tour)

Résultats des principaux candidats, par circonscription, en termes de suffrages exprimés.

 

 2017

Besanç. O

Besanç. E

Montb. O

Montb. E

Pontarlier

Doubs

France

Inscrits

75233

78335

65897

66908

82028

368401

 

Votants

59287

63004

51615

51217

67079

292202

 

Exprimés

57867

61437

50005

49711

65159

284179

 

Mélenchon

21,24

20,43

16,24

17,87

13,74

17,88

19,2

Hamon

7,23

6,93

4,88

5,52

4,14

5,74

6,3

Macron

24,91

25,19

20,19

19,45

21,95

22,50

23,9

Fillon

18,61

21,08

20,69

15,92

27,55

21,09

20,1

LePen

19,90

18,25

28,27

31,48

21,67

23,45

21,7

NB. Il ne s’agit pas des deux cantons ouest et est de Montbéliard mais des parties Ouest et Est du Pays de Montbéliard.

 

Zones de force et zones de faiblesse des candidats en 2012

(base 100 = résultat départemental)

 

 

Besanç. O

Besanç. E

Montb.O

Montb. E

Pontarlier

Doubs

Mélenchon

120

119

86

92

80

100

Hollande

112

108

100

108

75

100

Bayrou

103

104

92

80

116

100

Sarkozy

91

98

96

78

132

100

LePen

84

77

120

139

88

100

Source : établi à partir des résultats de l’Est républicain, n° du lundi 23 avril 2012.

 

    Il est facile de constater que les deux circonscriptions de Besançon et les deux du Pays de Montbéliard sont aux antipodes les unes des autres. Sauf pour le candidat Hollande : mais on sait - je l’ai signalé dans mes articles sur la Moselle et sur l’Alsace - que les ouvriers luthériens votent indifféremment pour le candidat socialiste ou le candidat FN selon la conjoncture. Le protestantisme luthérien n‘est réfractaire ni à la social-démocratie, ni au vote d’extrême-droite. La Prusse en a fourni un triste exemple.

    à gauche : vote LePen très concentré sur le pays de Montbéliard, faible sur Besançon Est
    à droite : vote Mélenchon supérieur à sa moyenne nationale sur Besançon, résurgence (?) dans la 4°circonscription (Sochaux)

    Reste le cas de la circonscription de Pontarlier (5°), très ouvrière, dans ses joux et ses prairies. Le vote Bayrou élevé et surtout la concentration des votes sur Sarkozy indiquent un vote catholique de droite essentiel. Traditionalisme qui fait barrage -relatif - au vote LePen. Tout oppose l’ouvrier de Pontarlier à celui d’ Hérimoncourt. La variable religieuse n’a pas disparu et joue encore. Ajoutons le rôle des frontaliers qui gagnent -bien- leur vie en Suisse et votent en France.

NB. Sur la part des ouvriers dans la population de chaque canton, lire cette carte interactive de l’INSEE : http://www.statistiques-locales.insee.fr/carto/ESL_CT_cartethematique.asp?nivgeo=CV&indic_id=722

 

Zones de force et zones de faiblesse des candidats en 2017

 2017

Besanç. O

 

Besanç. E

Montb.O

Montb. E

Pontarlier

Doubs

Mélenchon

119

 

114

91

100

77

100

Hamon

126

 

121

85

96

72

100

Macron

111

 

112

90

86

98

100

Fillon

88

 

100

98

75

131

100

LePen

85

 

78

121

134

92

100

Source : établi à partir des résultats de l’Est républicain, n° du lundi 24 avril 2017.



Essai de comparaison 1978 - 2012

    Je l’ai dit ailleurs, les élections de 1978 furent très suivies (17,6% d’abstention, de votes nuls ou blancs seulement), le PCF obtint 20% à l’échelle nationale. En 2012, le FN est présent depuis presque trente ans (il émerge en 1984).

1. Pour le département du Doubs, la répartition des forces politiques est la suivante : 

 

 

1978

2012

Inscrits

281949

100

359237

100

Exprimés

232253

 

291420

 

ANBl.

49696

17,6

67817

18,9

Gauche

118816

42,1

120711

33,6

Droite

113149

40,2

114789

31,9

Ext.-D. (FN)

288

0,1

55920

15,6

 

    L’évolution 1978/2012 est la suivante

ANBl.

+1,3

Gauche

-8,5

Droite

-8,3

Ext.-D.

+15,5



    Ainsi qu’on le voit, le FN a puisé ses forces autant à droite qu’à gauche. Relevons que 1978 fut une excellente année électorale pour la Gauche qui est majoritaire cette année-là dans un département qui vote traditionnellement à droite. Lien : FRANCE 2012, géographie électorale : ça bouge ! (atlas) lire la carte sur l'ancienneté du vote à droite. 

2. Pour ce qui concerne le Pays de Montbéliard.

    J’ai pris la licence de considérer les 3° et 4° circonscriptions de 2012 comme constituant le Pays de Montbéliard et de comparer leurs résultats additionnés à ceux de la circonscription de Montbéliard en 1978.

    Le candidat Hollande obtient 29234 voix dans les 3° et 4°circ.. Soit 22% des inscrits et 27,3% des suffrages exprimés. En 1978, les candidats sociaux-démocrates -comprendre le candidat du PS plus le candidat du PSU [2] - obtenaient 37,5% des suffrages exprimés, 30528 voix et 28,2% des électeurs inscrits. La déperdition est considérable (à la réserve près que les limites des circonscriptions ne sont pas tout à fait les mêmes, mais le gros du Pays de Montbéliard avec ses maisons Peugeot est bien là). 


Le vote FN dans le département

    Même si le vote LePen tend à se diffuser, il reste étonnamment concentré dans le et autour du triangle St-Hippolyte/L'îsle-sur-le-Doubs/Sochaux. L'impact du luthéranisme est patent. Jean le laveur, ouvrier luthérien du Pays de Montbéliard, 1858. et aussi Les élections de 1936 au Pays de Montbéliard. et encore Philosophie sociale de Luther
    La ville de Besançon (en jaune) est un halo de Lumières. Les cantons frontaliers sous influence suisse mais aussi de tradition catholique échappent à la marée noire.
    feutre marron = plus de 25%
    noir anthracite = supérieur au score franc-comtois (21,2%)
    hachures serrées = supérieur au score du Doubs (19,1%)
    hachures lâches = supérieur au score national (17,9%)
    pointillés = supérieur à 15%
    blanc = inférieur à 15% -dont la ville de Pontarlier)
    jaune = Besançon, moins de 12%.
 

[1] Cité par Jean-Paul Goux. Le CRL était un organisme contrôlé presque totalement par Peugeot (JPGoux).

[2] On sait que le PSU (leader M. Rocard) rejoindra plus tard le PS.

consulter : http://www.elections-legislatives.fr/circonscriptions/025.asp#lis

1-5 of 5