Elections en Bretagne : 1910 - 1965 - 2015

publié le 15 févr. 2016 à 08:19 par Jean-Pierre Rissoan   [ mis à jour : 11 mars 2016 à 03:43 ]


    Cette première carte est empruntée au volume de la collection "Découvrir la France" consacré à la Bretagne et à la France de l'Ouest.  La légende indique : "tendance politique : pourcentage des voix Mitterrand aux élections présidentielles (sic) de 1965". La carte montre d'abord que la langue bretonne de la Basse Bretagne n'a pas été un obstacle au vote de gauche de 1965 (second tour de la présidentielle, De Gaulle face à Mitterrand). Les cantons coloriés en orange (Mitterrand à plus de 50%) forment une espèce de fraise.  Les pays les plus réfractaires ont été le LÉON, l'est du PAYS RENNAIS et la moitié est du VANNETAIS avec "débordement" sur les cantons voisins (dont pays de Redon en Pays rennais et le sud du pays de Saint-Malo avec Loudéac et cantons limitrophes). 

Ci-dessous la carte des neuf pays historiques du duché de Bretagne (Wiki).


    Ont voté majoritairement à gauche - toujours en 1965 - le TREGOR et la HAUTE-CORNOUAILLE (région de Carhaix). De façon générale, la basse Bretagne s'est montrée bien plus réceptrice aux idées de progrès que la haute Bretagne. 
    Sur la carte du vote de gauche on constate que le Bas-Trégor vote de manière très homogène et très élevée pour la gauche (cf. l’article "les bonnets rouges").




   La "fraise" évoquée précédemment se retrouve entre Morlaix -  Carhaix - Pontivy - Guingamp - Lannion. 
Rennes assume quelques fonctions métropolitaines qui la branchent sur le vote à gauche (cf. les cartes des Pays de Loire). 












    Cette carte de Siegfried  montre que le Trégorrois et la Haute-Cornouailles plus  les Monts d'Arrée ont très tôt exprimé leur tendance républicaine. Tant en 1965 qu'en 2015, ce sont des bastions de la Gauche. La Cornouaille -de part et d'autre de Quimper- est républicaine en 1910 et résolument à gauche en 2015.
    Le pays de Léon est un fief catholique et traditionaliste. Il reste fidèle à la droite classique et la gauche a du mal à percer, sauf sur le versant de la rade de Brest. Le FN n'y est pas inexistant.














    La Bretagne -haute ou française- où le parler breton est beaucoup moins répandu donnent deux "masses"  à la droite : l'est de l'Ile&Vilaine (arrondissements de Fougères et Vitré qui, déjà en 1965, votèrent très peu à gauche) et la région entre Saint-Brieuc et Loudéac. Cette dernière correspond aux évêchés de Saint-Brieuc et Saint-Malo. Le FN y a du mal à percer. La gauche aussi au demeurant.  En revanche les arrondissements de Fougère et de Vitré sont disputés entre la droite et le FN.
    Le FN en revanche grignote les positions de la gauche dans le Guingampais  et le pays de Lannion (ou Trégor).  Cette capacité à prendre des voix aussi bien à la droite qu'à la gauche est typique des courants politiques d' extrême-droite. 
La carte élaborée par les services du journal Ouest-France montre que le FN a trouvé une terre de prédilection dans le département du Morbihan. Je rappelle toutefois que le mode d'élaboration des cartes a tendance à surévaluer aux yeux du lecteur les scores modestes (ainsi une commune où le FN obtient plus de 26% est aussi foncée qu'une commune où la gauche obtient 56%) donc méfiance.
    c'est le Morbihan, vieille terre traditionaliste, qui donne en effet, son meilleur score à la liste extrémiste soit 21,4% au lieu de 18,9% pour l'ensemble de la Région. ce département était très réfractaire au vote de gauche en 1965.
  
     Là, c'est à la droite que ce parti prend l’essentiel de ses suffrages. 
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