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II. F.N. vs P.C.F. : Le cas BERRICHON, CHER-2011

publié le 25 juin 2011 à 00:09 par Jean-Pierre Rissoan   [ mis à jour : 27 févr. 2012 à 16:35 ]
  28/03/2011  

    Dans l’article précédent consacré au Cher, j’avais annoncé les chances du candidat FG-PCF dans le canton de Mehun-sur-Yèvre. Pronostic qui tenait davantage du souhait que de la certitude étayée par les résultats. Mais j’avais montré aussi la bonne santé du PCF dans ce département qui passait de 16,8% (2004) à 20,2% des exprimés. Le gain du siège de Mehun -détenu depuis quarante ans par la droite indique le correspondant du journal Le Monde - est le reflet de cette montée en puissance.

    Je vais dans un premier temps, présenter les résultats dans trois cantons limitrophes, qui appartiennent à la zone d’emploi de Vierzon, carrefour ferroviaire et fief industriel bien connu. Ce fut longtemps une municipalité communiste avec une longue parenthèse entre 1990 et 2008, depuis 2008, c’est à nouveau une municipalité à majorité communiste avec à sa tête N. Sansu.

    Les trois cantons montrent la capacité de rassemblement des candidats FG-PCF arrivés en tête au premier tour. Dans les trois cantons, il y a duel. J’appelle "voix disponibles" les voix des candidats éliminés qui ont ou non appelé à voter pour un candidat resté en lice et les voix des votants du second tour, abstentionnistes au premier.

    Dans le canton de Vierzon-1, on dénombrait 955 voix disponibles à gauche, 444 à droite et 328 votants supplémentaires, soit 1727 voix qui se répartirent entre le candidat communiste Sansu et le candidat FN. Elles se distribuèrent de la façon suivante : 1097 pour le FG-PC, 393 pour le FN et 237 nuls&blancs.

    Dans le canton Vierzon-II, les voix disponibles pour le second tour sont de 1386 à gauche, 265 à droite et 245 votants supplémentaires, soit 1896 v. Elles se distribuèrent de la façon suivante : 1272 pour le FG-PC J.-P. Pietu, 533 pour l’UMP et 91 nuls&blancs.

    Dans le canton de Chârost il en va un peu différemment car il y a 54 votants en moins. Les voix disponibles sont de 1064 à gauche, 987 à droite moins 54 soit 2105 v. à se partager entre le FG-PC J. Roger et le FN. Ces voix se distribuent de la façon suivante : 1228 pour le candidat communiste, 367 pour le FN et 402 qui sont nulles ou blanches.

    Pour ces trois cantons, on constate que le nombre de blancs&nuls augmente fortement si le duel du second tour oppose le FN et le PC : les voix de droite s’abstiennent en grande partie. Vierzon-II présente la démonstration du contraire : le duel oppose PC et UMP et l’augmentation des voix N&B est modique. Mais la configuration finale du vote est la même dans les trois cantons = tableau

 

AN&Bl.*

Fg-PCF

Ins.

FN

Ins.

UMP

Ins.

Vierzon-I

62,7

72,7

27,1

27,3

10,2

 

 

Vierzon-II

62,8

71,8

26,7

 

 

28,2

10,5

Chârost

60,0

71,8

28,8

28,2

11,3

 

 

·          AN&Bl. = abstentions, nuls et blancs (par rapport aux inscrits).

·          Sources : établi à partie du Berry républicain et du Monde.fr

    En gros, les trois cantons montrent un rapport de forces gauche-droite (voix exprimées) de 72/28 que le candidat de droite soit UMP ou FN.

    C’est une nouvelle fois la preuve que le parti communiste est parfaitement intégré dans la nation française. Loin d’être victimes d’un phénomène de rejet, les candidats du FG-PCF sont parfaitement capables de rassembler les électeurs derrière eux. A la sempiternelle déclaration du FN et de EELV qui disent que ces élections sont pour eux les plus difficiles, il faut rétorquer qu’il en fut de même pour le PCF qui, longtemps, a dû former des cadres issus de la classe ouvrière, les présenter aux électeurs ; élus ouvriers ou paysans qui ensuite devaient faire la démonstration de leur capacité à gérer les affaires publiques. Il en va tout autrement pour le FN -qui présente aux élections des membres de la bourgeoisie patronale- et pour EELV qui présente des petits bourgeois de l’intelligentzia diplômés des universités.

    Il faut recadrer les choses.

La victoire de Mehun

    Dans ce canton, les choses se présentaient de la manière suivante à l’issue du 1er tour :

ANBl.*

PCF

PS

EELV

SE

FN

54,4%,

27,1

14,9

08,3

34,2

15,5

·          par rapport aux inscrits (le reste par rapport aux exprimés)

    Soit 50,3% et 49,7 pour la droite -détentrice du siège-, le candidat de droite est nettement en tête, bref une grande incertitude. D’autant qu’en 2004, c’est le PS qui défendait les couleurs de la gauche au second tour et avec les émotions créées par EELV qui refuse de se désister dans certains cantons, on ne peut être sûr du report des voix de ce parti. Mais le candidat PCF-Front de gauche était dans une belle dynamique : il passe de 899 v. (18,7% des exprimés 2004) à 1070 voix (27,1%).

    Dans ce canton, les voix disponibles pour le second tour sont de 914 pour la gauche, 612 venant du FN et 290 votants supplémentaires, soit 1816 v.. Elles se sont distribuées de la manière suivante : 1116 v. pour le candidat communiste, 606 pour le candidat de la droite et 94 nuls&blancs supplémentaires. Le candidat P. Tournant recueille presque le double de voix disponibles que son concurrent de droite. Il est élu avec 52,8% des exprimés (50,3 au premier tour). C’est une victoire incontestable. Il obtient la majorité absolue dans 3 communes sur les 5 du canton mais c’est le vote de sa commune -il est maire du village porcelainier de Foëcy- qui est décisif : il y obtient pas loin de 80%...

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