Cher

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    Publié à 21 juin 2012 à 09:14 par Jean-Pierre Rissoan
  • II. F.N. vs P.C.F. : Le cas BERRICHON, CHER-2011   28/03/2011      Dans l’article précédent consacré au Cher, j’avais annoncé les chances du candidat FG-PCF dans le canton de Mehun-sur-Yèvre. Pronostic qui tenait davantage ...
    Publié à 27 févr. 2012 à 16:35 par Jean-Pierre Rissoan
  • F.N. vs P.C.F. : l’exemple berrichon, le Cher (18)   28/03/2011  Les résultats des cantonales 2011 dans le département du Cher (1er tour) confirment une tendance nationale : la maigreur des effectifs des votes exprimés : 43,08 en ...
    Publié à 27 févr. 2012 à 16:28 par Jean-Pierre Rissoan
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le Cher (18) un des îlots de l'archipel...

publié le 21 juin 2012 à 09:14 par Jean-Pierre Rissoan

C’est l’historien R. Martelli qui compare la carte électorale du PCF à un archipel : c’est-à-dire un semis de hautes terres séparées par un océan de vide électoral. Cela devient un peu moins vrai grâce à la création et la réussite du Front de Gauche (FdG), sachant que ledit "Front" est un conglomérat de sept formations politiques.

Le Cher serait l’un de ces îlots même si l’océan, pour suivre la métaphore, fait reculer ses rivages.

Lien : F.N. vs P.C.F. : l’exemple berrichon, le Cher (18)


Le Cher et la présidentielle

Dans le Cher, J.-L. Mélenchon arrive quatrième avec toutefois un score nettement supérieur à sa moyenne nationale : 13,81 au lieu de 11,1 soit une différence de +2,7%. C’est infiniment plus que les scores cumulés de M.-G. Buffet et J. Bové de 2007 (3,85+1,33= 5,18%). Le FN obtient un score élevé avec 19,73%, surtout en milieu rural, supérieur au niveau national alors que le candidat du PS fait moins que dans l’hexagone (26,76 au lieu de 28,3) mais il est en tête. Quant à la droite, elle perd plus de 5 points par rapport à 2007, où avec Nihous, N. Sarkozy obtint 30,03% des voix.

Dans la ville-même de Vierzon, « Mélenchon fait un carton » titre le journal Le Berry républicain. Il obtient en effet 24,1% des voix et se trouve second derrière le candidat PS (28,3%). Il arrive en tête dans quatre bureaux sur vingt-sept et obtient 38,4% des voix au bureau 22 (école annexe J. Prévert).

A Bourges, longtemps municipalité communiste qui s’appuyait sur le vote des ouvriers d’Etat (arsenal) et des fonctionnaires (ville préfecture), le candidat du Front de Gauche obtient 14,1% loin derrière le PS (31,1%) mais devant le FN qui n’obtient que 13,3%.

Le Cher ayant l’originalité d’avoir élu l’un des 10 candidats du Front de gauche aux élections législatives de juin 2012, voyons les résultats de la présidentielle dans la circonscription de l’heureux élu et dans les chefs-lieux de cantons de la circonscription (2ème du Cher).

 

 

Insc.

Exp.

JLM

FH

NS

MLP

2ème circ.

70193

54830

17,5

27,3

22,7

18,7

Vierzon (2 cantons)

19137

14164

24,1

28,3

17,8

18,1

Chârost

771

639

14,9

30,7

17,4

25,0

Graçay

1091

889

16,5

24,7

23,4

21,0

Lury-sur-Arnon

493

423

13,5

26,2

20,6

24,1

Mehun

5111

4007

12,8

27,5

26,2

19,7

St-Doulchard

7153

5741

11,0

28,5

29,3

14,8

Source : établi à partir des chiffres fournis par Le Berry républicain (édition du 23 avril 2012).

N.B. le canton de Bourges I appartient à la 2ème circ. mais les sources ne détaillent pas les résultats pour les quatre cantons de la ville.

 

On note le score obtenu par LePen dans les villages de Chârost et de Lury-sur-Arnon.

Dans cette circonscription le sortant est J.-C. Sandrier, maire PCF de Vierzon. 10% séparent le Front de Gauche du PS. Mr Sandrier ne se représente pas. C’est souvent l’occasion choisie par l’électorat pour changer la couleur du député. Sera-ce le cas ? Le retard en voix et en pourcentage est un vrai handicap.

 

La 2ème circonscription[1]

 

 

CG*

PC-FG

PS

Diff.

Vierzon (ville)

PCF

4129

2164

1965

Vierzon rural

PCF

1114

830

284

Bourges I

PCF

700

916

-216

Chârost

PCF

1375

1855

-480

Graçay

PCF

513

342

171

Lury-sur-Arnon

UMP

714

585

129

Mehun

PCF

1199

1329

-130

St-Doulchard

DVG

1214

2181

-967

 

 

10958

10202

+756

Etabli à partir des données du min. de l’Intérieur et du Berry républicain.

* couleur politique du conseiller général du canton.

 

Sur les huit cantons, six ont élu un conseiller général communiste. C’est une bonne position pour prétendre enlever le siège de député. Mais - l’exemple du Haut Pays lorrain le démontre Le Pays Haut lorrain rouge en bas... - ce n’est pas suffisant.

Ce sont les deux cantons de Vierzon (la ville plus neuf villages limitrophes) qui font la décision. Ces deux cantons représentent 25686 inscrits, ont donné 13646 suffrages exprimés parmi lesquels 5243 sont allés sur le maire-conseiller général soit 38,4%. Le premier canton de Bourges, les deux cantons rurbains à la banlieue de Bourges (St-Doulchard et Chârost) se sont montrés au contraire favorables à la candidate socialiste.

Au total, le candidat FG-PCF ne devance le PS que de 756 voix.

 

Parti

Prés.

Lég.

FG

17,5%

28,9%

 

9597

10958

PS

27,3%

26,9%

 

14971

10202

 

Mais cela est d’autant plus méritoire que le PS d’avril à juin, ne perd presque pas de points de pourcentage (-0,4%), c’est le candidat du FG-PCF qui a dû gagner plus de onze points (+11,4) pour garder ce siège à la gauche révolutionnaire. Pour ce faire, il a gagné presque 1500 voix entre la présidentielle et la législative. Le PS perd, lui, 4700 voix malgré le vote utile/opportuniste et le vote stratégique anti-communiste.

C’est le résultat d’une très ancienne et très solide implantation du mouvement révolutionnaire à Vierzon qui remonte, au moins, à la Montagne ! mais une tradition n’est rien si elle n’est pas réappropriée à chaque génération.  

II. F.N. vs P.C.F. : Le cas BERRICHON, CHER-2011

publié le 25 juin 2011 à 00:09 par Jean-Pierre Rissoan   [ mis à jour : 27 févr. 2012 à 16:35 ]

  28/03/2011  

    Dans l’article précédent consacré au Cher, j’avais annoncé les chances du candidat FG-PCF dans le canton de Mehun-sur-Yèvre. Pronostic qui tenait davantage du souhait que de la certitude étayée par les résultats. Mais j’avais montré aussi la bonne santé du PCF dans ce département qui passait de 16,8% (2004) à 20,2% des exprimés. Le gain du siège de Mehun -détenu depuis quarante ans par la droite indique le correspondant du journal Le Monde - est le reflet de cette montée en puissance.

    Je vais dans un premier temps, présenter les résultats dans trois cantons limitrophes, qui appartiennent à la zone d’emploi de Vierzon, carrefour ferroviaire et fief industriel bien connu. Ce fut longtemps une municipalité communiste avec une longue parenthèse entre 1990 et 2008, depuis 2008, c’est à nouveau une municipalité à majorité communiste avec à sa tête N. Sansu.

    Les trois cantons montrent la capacité de rassemblement des candidats FG-PCF arrivés en tête au premier tour. Dans les trois cantons, il y a duel. J’appelle "voix disponibles" les voix des candidats éliminés qui ont ou non appelé à voter pour un candidat resté en lice et les voix des votants du second tour, abstentionnistes au premier.

    Dans le canton de Vierzon-1, on dénombrait 955 voix disponibles à gauche, 444 à droite et 328 votants supplémentaires, soit 1727 voix qui se répartirent entre le candidat communiste Sansu et le candidat FN. Elles se distribuèrent de la façon suivante : 1097 pour le FG-PC, 393 pour le FN et 237 nuls&blancs.

    Dans le canton Vierzon-II, les voix disponibles pour le second tour sont de 1386 à gauche, 265 à droite et 245 votants supplémentaires, soit 1896 v. Elles se distribuèrent de la façon suivante : 1272 pour le FG-PC J.-P. Pietu, 533 pour l’UMP et 91 nuls&blancs.

    Dans le canton de Chârost il en va un peu différemment car il y a 54 votants en moins. Les voix disponibles sont de 1064 à gauche, 987 à droite moins 54 soit 2105 v. à se partager entre le FG-PC J. Roger et le FN. Ces voix se distribuent de la façon suivante : 1228 pour le candidat communiste, 367 pour le FN et 402 qui sont nulles ou blanches.

    Pour ces trois cantons, on constate que le nombre de blancs&nuls augmente fortement si le duel du second tour oppose le FN et le PC : les voix de droite s’abstiennent en grande partie. Vierzon-II présente la démonstration du contraire : le duel oppose PC et UMP et l’augmentation des voix N&B est modique. Mais la configuration finale du vote est la même dans les trois cantons = tableau

 

AN&Bl.*

Fg-PCF

Ins.

FN

Ins.

UMP

Ins.

Vierzon-I

62,7

72,7

27,1

27,3

10,2

 

 

Vierzon-II

62,8

71,8

26,7

 

 

28,2

10,5

Chârost

60,0

71,8

28,8

28,2

11,3

 

 

·          AN&Bl. = abstentions, nuls et blancs (par rapport aux inscrits).

·          Sources : établi à partie du Berry républicain et du Monde.fr

    En gros, les trois cantons montrent un rapport de forces gauche-droite (voix exprimées) de 72/28 que le candidat de droite soit UMP ou FN.

    C’est une nouvelle fois la preuve que le parti communiste est parfaitement intégré dans la nation française. Loin d’être victimes d’un phénomène de rejet, les candidats du FG-PCF sont parfaitement capables de rassembler les électeurs derrière eux. A la sempiternelle déclaration du FN et de EELV qui disent que ces élections sont pour eux les plus difficiles, il faut rétorquer qu’il en fut de même pour le PCF qui, longtemps, a dû former des cadres issus de la classe ouvrière, les présenter aux électeurs ; élus ouvriers ou paysans qui ensuite devaient faire la démonstration de leur capacité à gérer les affaires publiques. Il en va tout autrement pour le FN -qui présente aux élections des membres de la bourgeoisie patronale- et pour EELV qui présente des petits bourgeois de l’intelligentzia diplômés des universités.

    Il faut recadrer les choses.

La victoire de Mehun

    Dans ce canton, les choses se présentaient de la manière suivante à l’issue du 1er tour :

ANBl.*

PCF

PS

EELV

SE

FN

54,4%,

27,1

14,9

08,3

34,2

15,5

·          par rapport aux inscrits (le reste par rapport aux exprimés)

    Soit 50,3% et 49,7 pour la droite -détentrice du siège-, le candidat de droite est nettement en tête, bref une grande incertitude. D’autant qu’en 2004, c’est le PS qui défendait les couleurs de la gauche au second tour et avec les émotions créées par EELV qui refuse de se désister dans certains cantons, on ne peut être sûr du report des voix de ce parti. Mais le candidat PCF-Front de gauche était dans une belle dynamique : il passe de 899 v. (18,7% des exprimés 2004) à 1070 voix (27,1%).

    Dans ce canton, les voix disponibles pour le second tour sont de 914 pour la gauche, 612 venant du FN et 290 votants supplémentaires, soit 1816 v.. Elles se sont distribuées de la manière suivante : 1116 v. pour le candidat communiste, 606 pour le candidat de la droite et 94 nuls&blancs supplémentaires. Le candidat P. Tournant recueille presque le double de voix disponibles que son concurrent de droite. Il est élu avec 52,8% des exprimés (50,3 au premier tour). C’est une victoire incontestable. Il obtient la majorité absolue dans 3 communes sur les 5 du canton mais c’est le vote de sa commune -il est maire du village porcelainier de Foëcy- qui est décisif : il y obtient pas loin de 80%...

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F.N. vs P.C.F. : l’exemple berrichon, le Cher (18)

publié le 25 juin 2011 à 00:07 par Jean-Pierre Rissoan   [ mis à jour : 27 févr. 2012 à 16:28 ]

  28/03/2011  

Les résultats des cantonales 2011 dans le département du Cher (1er tour) confirment une tendance nationale : la maigreur des effectifs des votes exprimés : 43,08 en France métropolitaine et 43,9% dans ce département.

Par rapport aux mêmes élections de 2004, on peut établir le tableau suivant :

 

 

2004

2011

+/-

A.N.Bl.

38,9

56,1

 

Gauche

29,8

24,0

-19,5%

Droite

23,6

16,0

-32,3%

F.N.

07,8

03,8

-51,3%

 

100

100

 

Source : établi à partir des résultats fournis par Le Berry républicain

A.N.Bl.= abstentions, nuls et blancs.

… dans lequel la dernière colonne indique l’évolution relative des trois grandes tendances. Ainsi, la Gauche -dans laquelle j’ai incorporée la tendance EELV- a perdu environ le cinquième de son électorat, la droite -dans laquelle j’ai incorporé le Modem- en a perdu presque le tiers. Quant au F.N., loin de réaliser une "percée", il perd la moitié de son influence. En chiffres absolus, il passe de 9119 voix en 2004 à 4543 en 2011. Présent dans tous les cantons de cette série en 2004, il n’a pas pu présenter de candidats dans sept cantons sur dix-huit en ce mois de mars. Mais il gagne des voix dans cinq cantons[1] sur onze. En pourcentage des exprimés, il baisse de 12,8% à 8,8%. Bref, le Cher ne lui est pas une terre fertile.

Concernant la droite dite de gouvernement.

    L’UMP reste la première force du département avec 29% des exprimés mais elle perd 2600 voix et 2,5% par rapport aux inscrits. Avec l’ajout des "divers droite", on obtient 18571 voix et 35,8 des exprimés. Quant à la tendance "Bayrou", elle disparaît presque du paysage politique à cette occasion. En 2004, avec l’étiquette UDF, elle était présente dans quatre cantons, obtenait 2752 voix, 2,4% des inscrits et 3,9% des exprimés. En 2011, le Modem n’est présent que dans deux cantons et obtient 0,3% des inscrits.

Concernant la "gauche".

    En 2004, l’extrême-gauche était présente dans les 18 cantons. Elle disparaît en 2011. Ses 2905 électeurs ont-ils rejoint le FdG qui dispose d’une tendance Gauche Unitaire qui a quitté le NPA ? Il faudrait une analyse sur le terrain et des monographies par canton pour pouvoir le dire.

    En revanche, la grande nouveauté est la présence, dans 13 cantons sur 18, des écologistes de EELV. Les Verts ne se présentaient que dans trois cantons en 2004 (1% des exprimés à l’échelle départementale, 733 voix). En 2011, cette tendance obtient 3344 voix et 6,5% des exprimés. Là, on peut réellement parler de "percée" (2,8% des inscrits).

    Le parti socialiste perd 4367 voix soit plus de 25% de son électorat de 2004. Il demeure le seconde force politique du Cher avec 24,5% des exprimés soit un gain de 0,5% par rapport à 2004. S’il gagne des voix dans quelques cantons ruraux[2], il en perd énormément dans les "gros" cantons de plus de 10.000 inscrits et à Bourges-5.

    Comme tous les autres partis - à l’exception de EELV - le Front de Gauche perd des voix et des points de pourcentage des inscrits[3]. Cela représente 12% de son électorat de 2004 soit beaucoup moins que le PS. Mais malgré ces conditions peu favorables liées à une trop forte abstention de l’électorat populaire, il dépasse la barre des 20% des exprimés -contre 16,8% en 2004- et gagne des voix dans deux cantons d’importance : Vierzon-2 et Mehun-sur-Yèvre (dont il peut espérer remporter le siège). Dans trois cantons industriels, le FdG-PCF bat largement le FN : plus de 1150 voix d’écart à Vierzon-I[4], 1000 voix d’écart à Charost (zone d’influence de Vierzon) et 450 voix à Mehun-sur-Yèvre (27,1% contre 15,5%).

    Peu à peu, le FdG reconstitue ses forces dans un département qui était naguère un bastion du PCF.

Au total, avec 48,2% des suffrages exprimés, la gauche républicaine domine largement les débats. Si on lui adjoint EELV, on obtient une coalition à 54,7%. Il reste à savoir si les écologistes vont suivre la discipline républicaine.

lire aussi : II. F.N. vs P.C.F. : Le cas BERRICHON, CHER-2011


[1] Charost, Henrichemont, Lignères, Sancoins et Vailly.

[2] Argent, Baugy, Le Châtelet, Henrichemont.

[3] Il est présent dans les mêmes quinze cantons qu’en 2004.

[4] Le FN était absent à Vierzon-II.

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