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François Hollande : sa pesanteur sociologique...

publié le 22 févr. 2013 à 00:57 par Jean-Pierre Rissoan   [ mis à jour : 22 févr. 2013 à 01:48 ]

publié le 31 janv. 2012 13:16 par Jean-Pierre Rissoan   [ mis à jour : 31 janv. 2012 14:21 ]   


 
    Claude Mazauric nous fait parvenir ce travail de son ami Jean Delpuech. Je le publie comme source de renseignements importants qu'il faut intégrer dans son raisonnement avant de prendre une décision - qui sera fatalement, quelle qu'elle soit, grave- le 22 avril prochain.Dans la 6° thèse sur Feuerbach, Marx écrit que "l'essence de l'homme n'est pas une abstraction inhérente à l'individu isolé. Dans sa réalité, elle est l'ensemble des rapports sociaux". Ce travail permet d'appréhender, d'approcher les "rapports sociaux" qu'entretiennent F. Hollande et P. Moscovici son directeur de campagne. Ce n'est pas leur faire injure que de dire que cela manque un peu de diversité sociologique.
       
    J.-P. R.

                                                Qui est avec qui ?

        par Jean Delpuech

    Internet c’est vraiment formidable... il suffit de fouiller et on trouve tout ! La preuve ? Vous souhaitez savoir qui est dans l’ENTOURAGE de Hollande, autrement dit de qui Sarkozy a peur ? Alors lisez attentivement cette liste de fonctions et de titres : http://www.jolimai.org/?p=193 des conseillers économiques de Hollande. Vous y découvrirez :

•    le Cercle des industries, vice-président Pierre Moscovici, (cf. http://cercleindustrie.eu/  et http://fr.wikipedia.org/wiki/Cercle_de_l%27industrie ) ou encore

•    la Table ronde des industriels européens, le plus puissant des lobbies à Bruxelles, vice président Benoît Potier cf. http://www.ert.eu/default/en-us.aspx  (ils ne sont pas fichus d’avoir une version française... il vaut peut-être mieux d’ailleurs !) alors vous pouvez en lire une critique en français : http://dessousdebruxelles.ellynn.fr/spip.php?article36  et


•    le Cercle des économistes, président Jean-Hervé Lorenzi. Celui-là mérite une mention spéciale !

Car ainsi vous comprendrez comment ceux qui nous arrivent dans les étranges lucarnes sous le titre d’universitaires ou de chercheurs du CNRS, ne sont pas des valets perdus du capital mais des administrateurs des plus grandes entreprises d’Europe !

le cercle des économistes

    C' est la réunion de trente « universitaires » qui ont des intérêts financiers sonnants et trébuchants !
Regardez la liste des membres : http://www.lecercledeseconomistes.asso.fr/spip.php?rubrique8 Cliquez sur les « Lire la suite » après chaque nom, il y a souvent du très croustillant !
Je vous conseille le président Jean-Hervé Lorenzi, Patrick Arthus, Christian de Boissieu, Lionel Fontagné, Jacques Mistral ou Olivier Pastré et Christian Saint-Etienne entre autres !
Mais tous leurs titres rémunérateurs n’y sont pas... il faut allez les chercher dans d’autres fiches. Cf. celle de Jean-Hervé Lorenzi dans Wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Herv%C3%A9_Lorenzi  Très instructive, enrichissante, devrait-on dire !
S »ils ne sont pas directement administrateurs ou membres de conseils de surveillance ou scientifiques des grands groupes européens, ils sont anciens ou actuels membres des conseils officiels internationaux de la finance et ils sont payés par tous ces organismes privés ou publics pour « faire des études » !
Notre conflit d’intérêt est majeur avec ces gens qui viennent nous expliquer qu’il faut se serrer la ceinture pour payer « nos dettes », « nous qui avons vécu au-dessus de nos moyens », alors qu’ils sont les bénéficiaires directs de la politique de l’Union européenne et de l’État sarkozyste depuis des années (depuis que Sarkozy est aux finances, de près ou de loin, la dette de la France s’est accrue de 500 milliards d’euros, soit presque un tiers de la dette totale...)
Vous verrez aussi qu’ils sont pour la plupart membres du Conseil d’analyse économique (CAE, http://www.cae.gouv.fr/ ), organisme officiel chargé de conseiller le Premier ministre, présidé par de Boissieu... Et pour que les choses soient claires, aucun n’appartient aux Économistes atterrés, bizarre ? Vous avez dit bizarre ?
Quand Hollande dit ne pas connaître le visage de la finance... cela augure mal d’une myopie aussi profonde !
Ces gens ne sont pourtant pas loin de lui ! Il les côtoie dans le fameux club Le Siècle, existant depuis 1944, ainsi que ses compagnon(ne)s de route et une foule de « journalistes ». Une belle liste que nous donne encore Wikipédia ( http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Si%C3%A8cle#Personnalit.C3.A9s_politiques ).

l’Association française des entreprises privées


    L’AFEP : Quant à savoir comment fonctionne un lobby, l’Association française des entreprises privées, discrète et particulièrement puissante, lisez attentivement cet article rare de 2006 (http://www.journaldunet.com/economie/enquete/afep/afep.shtml ) qui l’analyse et nous raconte où Sarkozy est allé chercher des appuis pour sa campagne présidentielle et, à titre historique, comment la loi de Balladur qui allait trop restreindre les avantages des stock-options a été efficacement « récrite »... (Wikipédia, article Stock-option).
Vous allez m’accuser d’amalgame, en fait il y a un lien très direct entre le Cercle des industries et l’Afep : le président de l’Afep depuis 2001, Bertrand Collomb (ex-PDG de Lafarge) est membre du Cercle des industries. La boucle est bouclée puisqu’on revient vers le directeur de campagne de Hollande, Pierre Moscovici, vice-président de ce même cercle !
Je suis désolé pour ceux qui considéreraient que c’est une attaque perfide et que cela va empêcher de sortir Sarkozy... mais je crois qu’il est nécessaire par les temps qui courent de savoir qui se présente pour « nous donner du rêve ».
Si cela en rassure certains de découvrir que des gens si puissants sont du côté de « la gauche »... je me demande alors de quelle gauche il s’agit.
En tout cas ce n’est pas la mienne et depuis longtemps. Ce n’est pas la personne de Hollande qui est en cause, c’est « qui représente-t-il, de qui dépend-il » ?

    Pour le moment, le discours du Bourget faisant foi, je n’ai rien entendu :
•    qui remette en cause le traité de Lisbonne (il faut se discipliner en restant dans le cadre des traités que concoctent Merkel et Sarkozy, y compris financièrement avec une BCE qui avantage les banques privées au détriment de tous les États de la zone euro en les poussant à l’endettement maximum pour satisfaire la spéculation),
•    ou qui revienne vraiment sur la casse des services publics et de la fonction publique (école, santé, remboursement 100 % des soins, etc.) pour les ramener au niveau d’une réelle satisfaction des besoins de la population,
•    ou qui propose des augmentations de salaires, la retraite à 60 ans (pour tous à taux plein) et une fiscalité juste c’est-à-dire progressive avec une dernière quatorzième tranche à 100 % (il propose 45 % sur une sixième tranche).
•    qui propose quelque chose pour la transition énergétique et la sortie des énergies carbonées, l’agriculture écologique, la nouvelle façon de produire des produits utiles, etc.
Sans oublier sa position à propos des contrats d’entreprise qui deviendraient plus forts que les conventions collectives et la loi... effaçant plus d’un siècle de luttes pour l’élaboration du Code du travail et des conventions collectives. (J’ai appris depuis que déjà, dans le nouveau Code du travail, il est possible de ne pas tenir compte d’une disposition plus favorable d’une convention collective quand il y a un accord d’entreprise... Sarkozy est déjà passé par là, mais ce n’est pas inscrit dans la Constitution !) Ce serait, en cas de généralisation, la loi de la jungle dans toutes les entreprises.
Ainsi ce discours n’est pas à la hauteur de l’ampleur des crises d’ordre anthropologique que nous avons à résoudre, en France, en Europe et dans le monde.

    Donc rien de nouveau par rapport à un social-libéralisme assumé : les accords avec le PS espagnol et le SPD allemand en seront bien facilités ! Le SPD, parti socialiste allemand qui gère l’Allemagne avec la droite ! Regardez ce que pense l’OIT (Organisation internationale du travail, dépendant de l’ONU) de la politique économique allemande, si magnifique qu’il faudrait faire comme elle : http://www.lemonde.fr/crise-financiere/article/2012/01/24/les-bas-salaires-allemands-seraient-a-l-origine-de-la-crise-en-zoneeuro_1633684_1581613.html )

    Ceux qui croient en ce discours seront payés de mots, avant la catastrophe annoncée, à la mode grecque. Paul Jorion, dans un billet fameux, avait annoncé, au début de la crise grecque, http://www.pauljorion.com/blog/?p=10003  ceci :
Le Monde – Économie, lundi 5 – mardi 6 avril 2010 : « Qu’on ne s’y trompe pas : les chamailleries au sein de la zone euro au cours des semaines passées ne relèvent pas de la comédie mais de la tragédie. Suivons du regard le fil rouge : ce que nous voyons, c’est le repli des nations sur elles-mêmes dans un « Sauve qui peut ! Chacun pour soi ! » généralisé. La Chine et l’Allemagne ont indiqué la marche à suivre. Les gouvernements d’unité nationale sont pour bientôt, quand il sera devenu évident aux yeux de tous qu’aucun parti ne connaît à lui tout seul la solution des problèmes insolubles qui se posent, suivis alors de Comités de Salut Public, quand il sera clair que même tous ensemble ils n’y comprennent rien et – si Dieu nous prend alors en pitié – suivi enfin d’un nouveau Conseil National de la Résistance, au moment où il faudra, par-delà les divergences conçues aujourd’hui comme irréductiblement inconciliables, lancer une ultime tentative de sauver ce qui peut encore l’être. »
    Les gouvernements d’unité nationale ? C’est déjà fait en Grèce et en Italie. A qui le tour ? La Grèce est candidate pour un Comité de salut public ( http://greekcrisisnow.blogspot.com/2012/01/seismes-precurseurs.html ) :    "En effet la décomposition chez les politiques est en cours. Anna Diamantopoulou, depuis son Ministère d’ex-Éducation Nationale, souhaite la «transformation du cabinet Papadémos en gouvernement de salut national, sans date de péremption». Au même moment presque, Maria Alifrangi, enseignante du Primaire titulaire, vient de déposer sa lettre de démission, la rendant publique à travers internet (www.kafeneio.gr). «Je ne veux plus servir un gouvernement et un régime de traîtres qui assassinent notre peuple. Mon mari a été ainsi assassiné par ces gouvernants, il est au chômage»".
    Voter pour la gauche socio-libérale qui aide la droite européenne à gérer les affaires depuis que l’UE existe, c’est laisser la porte ouverte à toutes les aventures, ce n’est pas promouvoir l’indispensable esprit du CNR, ce n’est pas casser les reins de la spéculation, c’est composer avec elle.
    Certains disent que le « vote utile » est un vote futile... non ! C’est un vote dangereux.
   
    Jean Delpuech
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