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France : métropolisation et désertification (suite)

publié le 7 juil. 2016 à 07:55 par Jean-Pierre Rissoan   [ mis à jour : 7 juil. 2016 à 08:32 ]

    
    Cet article est la reproduction de la note d'analyse Dynamiques et inégalités territoriales ; La dynamique des territoires est au cœur des défis de la croissance inclusive, de l’emploi et du développement durable auxquels la France fait face paru dans France stratégie et publiée le 7 juillet 2016.
    http://www.strategie.gouv.fr/publications/20172027-dynamiques-inegalites-territoriales

    Ceci est un complément d'informations à Aux sources du vote FN : Les métropoles et le désert français, par G. Marin, le point de vue de G. Larcher, président du sénat
    On retrouve sous le plume des experts cette dichotomie métropoles vs territoires ruraux sauf qu'ici cette divergence d'évolution est parfaitement assumée puisqu'on peut lire "Il s’agit donc de s’appuyer sur les métropoles pour constituer des moteurs de croissance profitant à l’ensemble des territoires". La désertification a encore de beaux jours devant elle. Et le vote FN aussi.

   

    Comme dans la plupart des économies développées, la décennie passée a été marquée en France par un dynamisme important des métropoles, qui concentrent l’activité à haute valeur ajoutée et les populations qualifiées. Ce dynamisme est un atout pour le pays.

    Mais les inégalités entre territoires se sont accentuées à différents niveaux :

– contrecoup de la désindustrialisation, la moitié nord-est du pays connaît une évolution défavorable ;

– les ressorts de croissance font défaut dans beaucoup de villes moyennes et de territoires ruraux ;

– le développement des métropoles s’accompagne de fortes inégalités en leur sein.

    Les politiques publiques ont permis jusqu’ici d’atténuer les inégalités de revenus grâce à la protection sociale et à un surcroît de dépenses vers certains territoires (zones rurales, DOM). Toutefois, elles n’ont pas réussi à améliorer durablement la capacité des régions en crise à profiter de la croissance et à créer des emplois. Les écarts de chômage sont très persistants. Sur le plan de l’égalité des chances et de l’accès aux services, les écarts ne se résorbent plus.

    Les récentes réformes territoriales (loi MAPTAM et loi NOTRe notamment) induisent des changements majeurs dans l’organisation des territoires. Ces changements auront des effets positifs s’ils s’accompagnent d’une clarification des objectifs de la politique territoriale, d’une définition plus précise des compétences des acteurs et d’un renforcement des politiques sectorielles de l’État dans les territoires en difficulté.

    Il s’agit donc de s’appuyer sur les métropoles pour constituer des moteurs de croissance profitant à l’ensemble des territoires. Fin de citation

    Depuis que je suis géographe, j'ai toujours lu des phrases comme celle-ci. S'appuyer sur les régions riches pour aider les régions pauvres. En réalité, ça ne marche jamais. L'écart s'accroit toujours. D'autant que, obligatoirement, l'aide aux régions pauvres s'appuie sur une nécessaire réglementation, un certain interventionnisme. Or, tout ce que nous chante Bruxelles l'interdit. et le grand patronat approuve.


La note Enjeux de la thématique « Dynamiques et inégalités territoriales«



Audit de la dette publique ... par Laurent MAUDUIT

publié le 2 juin 2014 à 03:17 par Jean-Pierre Rissoan   [ mis à jour : 3 juin 2014 à 01:03 ]

Sous la dette publique, l'arnaque néolibérale

27 MAI 2014 | 

PAR LAURENT MAUDUIT

https://drive.google.com/file/d/0B4Fe2vnvqlt8WmtEQngxZEx0c1k/edit?usp=sharing

    Le « Collectif pour un audit citoyen de la dette publique » dévoile ce mardi un rapport important. Ruinant la doxa libérale selon laquelle le pays vivrait au-dessus de ses moyens, il établit que la dette publique aurait été limitée à 43 % du PIB en 2012, au lieu des 90 % constatés, si la France ne s'était pas lancée dans une course folle aux baisses d'impôt et avait refusé de se soumettre à des taux d'intérêt exorbitants. Ce rapport a été réalisé par un groupe de travail du « Collectif pour un audit citoyen de la dette publique », auquel ont notamment participé Michel Husson (Conseil scientifique d’Attac, coordination), Pascal Franchet (CADTM), Robert Joumard (Attac), Évelyne Ngo (Solidaires finances publiques), Henri Sterdyniak (Économistes atterrés) et Patrick Saurin (Sud BPCE).

   

    Pour établir sa démonstration, le rapport part d’abord des arguments qui sont le plus souvent donnés dans le débat public, pour justifier la politique d’austérité :« Tout se passe comme si la réduction des déficits et des dettes publiques était aujourd’hui l’objectif prioritaire de la politique économique menée en France comme dans la plupart des pays européens. La baisse des salaires des fonctionnaires, ou le pacte dit "de responsabilité" qui prévoit 50 milliards supplémentaires de réduction des dépenses publiques, sont justifiés au nom de cet impératif. Le discours dominant sur la montée de la dette publique fait comme si son origine était évidente : une croissance excessive des dépenses publiques. »

    En quelque sorte, voilà le refrain que l’on nous serine perpétuellement : le pays vit bel et bien au-dessus de ses moyens ; et nous avons l’irresponsabilité de vivre à crédit, reportant de manière égoïste sur nos enfants ou nos petits-enfants le poids des dépenses inconsidérées que nous engageons aujourd’hui. Qui n’a entendu ces messages culpabilisants ? Les néolibéraux de tous bords le répètent à l’envi aussi bien dans le cas des dépenses de l’État, qui seraient exorbitantes, que dans le cas de la protection sociale. Ainsi la France financerait-elle son modèle social à crédit.

Les baisses d'impôt ont fait exploser la dette

    Las ! C’est le premier argument que démonte utilement ce rapport en soulignant que le postulat même des politiques d’austérité est radicalement erroné. « Ce discours ne résiste pas à l’examen des faits dès lors qu’on prend la peine d’analyser l’évolution relative des recettes et des dépenses de l’État », dit l’étude. Et elle ajoute : « On vérifie aisément que les dépenses (même y compris les intérêts) ne présentent pas de tendance à la hausse. Certes, on observe deux pics en 1993 et 2010, qui correspondent aux récessions. Mais sur moyen terme, les dépenses de l’État ont au contraire baissé, passant d’environ 24 % du PIB jusqu’en 1990 à 21 % en 2008. Tout le problème vient du fait que les recettes ont, elles aussi, baissé, particulièrement au cours de deux périodes : entre 1987 et 1994, puis à partir de 2000. »

    C’est ce que met en évidence le graphique ci-dessous, qui mérite d’être largement connu :

                       (Cliquer sur l'image pour l'agrandir)

    Les auteurs en arrivent donc à ce premier constat, qui est majeur car il établit que les politiques néolibérales reposent sur une fausse évidence : « En tendance, de 1978 à 2012, les dépenses ont diminué de 2 points de PIB, les dépenses hors intérêts de la dette (c'est-à-dire pour le service public) de 3,5 points, tandis que les recettes ont chuté de 5,5 points de PIB », dit encore le rapport.

    De ce premier constat découle un second qui transparaît dans ces mêmes chiffres : s’il est faux de prétendre que le pays vit au-dessus de ses moyens car il dépenserait trop, en revanche il est exact d’affirmer que la chute des recettes – c’est-à-dire les baisses d’impôt – ont été l’un des éléments moteurs de l’accumulation des déficits publics et donc de l’endettement public.

    Ce constat, Mediapart l’avait déjà beaucoup documenté dans un article que l’on peut retrouver ici :

Ces dix années de cadeaux fiscaux qui ont ruiné la France.

Dans cette enquête, nous révélions le rôle majeur des baisses d’impôts, dont les hauts revenus ont été les principaux bénéficiaires, dans le creusement de l’endettement public, en nous appuyant sur deux rapports publics, publiés par des personnalités incontestables. Dans un premier rapport sur la situation des finances publiques (il peut être consulté ici) publié le 20 mai 2010 et écrit par Jean-Philippe Cotis, à l’époque directeur général de l'Insee, et son prédécesseur, Paul Champsaur, nous avions en effet relevé ces constats (à la page 13) : « Depuis 1999, l'ensemble des mesures nouvelles prises en matière de prélèvements obligatoires ont ainsi réduit les recettes publiques de près de 3 points de PIB : une première fois entre 1999 et 2002 ; une deuxième fois entre 2006 et 2008. Si la législation était restée celle de 1999, le taux de prélèvements obligatoires serait passé de 44,3 % en 1999 à 45,3 % en 2008. En pratique, après réduction des prélèvements, ce taux a été ramené à 42,5 %. À titre d'illustration, en l'absence de baisses de prélèvements, la dette publique serait environ 20 points de PIB plus faible aujourd'hui qu'elle ne l'est en réalité générant ainsi une économie annuelle de charges d'intérêt de 0,5 point de PIB. »

Le rapport n'en disait pas plus... Mais le chiffre laissait pantois : la dette publique aurait donc été de 20 points de PIB inférieure à ce qu'elle était en 2010 sans ces baisses d'impôts décidées depuis dix ans.

    Le chiffre mérite un temps de réflexion. 20 points de PIB en moins d'une décennie ! Autrement dit – et ce sont des experts qui travaillaient pour le gouvernement qui le suggéraient –, la France, malgré la crise, aurait presque encore été à l’époque en conformité avec les sacro-saints critères de Maastricht si ces baisses d'impôts n'étaient pas intervenues, et notamment le critère européen qui fait obligation à ce que la dette d'un État ne dépasse pas 60 % de sa richesse nationale. Concrètement, sans ces baisses d'impôts, la France aurait certes crevé ce plafond, mais dans des proportions raisonnables. Juste un chouïa...

    Et dans cette même enquête, nous soulignions aussi l’importance d’une autre étude rendue publique le 6 juillet 2010, sous la signature du rapporteur général (UMP) du budget à l’Assemblée, Gilles Carrez (son rapport est ici), qui donnait des évaluations à donner le tournis des baisses d’impôt engagées en France au cours des dix années précédentes.

    Ce rapport faisait ainsi ce constat (à la page 7) : « Entre 2000 et 2009, le budget général de l'État aurait perdu entre 101,2  5,3 % de PIB  et 119,3 milliards d'euros  6,2 % de PIB  de recettes fiscales, environ les deux tiers étant dus au coût net des mesures nouvelles  les "baisses d'impôts"  et le tiers restant à des transferts de recettes aux autres administrations publiques  sécurité sociale et collectivités territoriales principalement. » Soit 77,7 milliards d’euros de baisses d’impôt sur les dix années sous revue. Et le rapport apportait cette précision très importante : « La moitié des allègements fiscaux décidés entre 2000 et 2009 ont concerné l'impôt sur le revenu. Le manque à gagner en 2009 sur le produit de cet impôt s'établit en effet à environ 2 % de PIB, contre 0,6 % de PIB pour la TVA et 0,5 % de PIB pour l'Impôt sur les sociétés (IS). »

    En résumé, ce que mettait en évidence ce rapport de Gilles Carrez, c’est que les baisses d’impôt ont joué un rôle majeur sur longue période dans le creusement des déficits. Et que ces baisses d’impôt ont d’abord profité aux foyers les plus avantagés, notamment les 50 % des Français qui sont assujettis à l’impôt sur le revenu.

Le coût ​exorbitant de la politique monétaire

    C’est donc ce travail très utile, mais parcellaire, que le « Collectif pour un audit citoyen de la dette publique » a voulu prolonger et enrichir. Additionnant l’ensemble des baisses d’impôts engagées depuis 2000 (39,9 milliards d’euros sous Lionel Jospin de 2000 à 2002 ; 12,4 milliards sous Jacques Chirac en 2007-2007 ; 22,7 milliards sous Nicolas Sarkozy), le collectif arrive à un cumul sur dix ans de 75 milliards d’euros, très proche de celui évoqué par Gilles Carrez : « Au total, de 2000 à la mi-2012, les mesures de baisse d’impôts ont représenté 4,3 %  du PIB. Elles ont souvent favorisé les plus riches (baisse de l’impôt sur le revenu, de l’ISF, des droits de succession), les grandes entreprises (niche Copé, Crédit impôt recherche) et certains lobbys (baisse de la TVA dans la restauration). Signalons en particulier que le taux marginal supérieur de l’impôt sur le revenu qui était de 65 % entre 1982 et 1985, avait baissé à 54 % en 1999. Il a été abaissé à 49,6 % en 2002, 48 % en 2003 et 40 % en 2006. Tout au long de ces années l’État s’est donc volontairement et systématiquement privé de recettes au bénéfice des ménages les plus aisés. »

    Poursuivant leur audit de la dette, les auteurs du rapport s’arrêtent ensuite sur la seconde raison du creusement de la dette publique : la charge des intérêts de cette dette publique. Observant que la dette publique est passée de 20,7 % du produit intérieur brut (PIB) en 1980 à 90,2 % en 2012, ils font d’abord ce constat : « Cette hausse peut être décomposée en deux effets : le cumul des déficits primaires, et l’effet "boule de neige" qui se déclenche quand "l’écart critique" est positif (c’est-à-dire quand le taux d'intérêt est supérieur au taux de croissance). On constate que près des deux tiers (62 %) de cette augmentation de 69,5 points de PIB peuvent être imputés au cumul des déficits et un gros tiers (38 %) à l’effet "boule de neige". »

                                  (Cliquer sur l'image pour l'agrandir)


    En bref, si la dette publique s’est à ce point creusée, c’est sous l’effet de deux facteurs qui se sont combinés : une pluie de cadeaux fiscaux tout au long des années 2000 ; et une politique monétaire très restrictive qui a poussé les taux d’intérêt à des niveaux aberrants, singulièrement durant la période 1985-2005.  Logiquement, le Collectif s’est donc posé la question décisive : mais que se serait-il passé s’il n’y avait pas eu toutes ces baisses d’impôts, et si, empruntant auprès des ménages et non sur les marchés financiers, la charge des intérêts de la dette avait été moins écrasante ?

    Pour éclairer ces deux interrogations, évidemment majeures, les auteurs du rapport apportent les résultats des simulations qu’ils ont réalisées.

    Dans le cas de la charge des intérêts, ils ont évalué les évolutions de la dette publique, si le taux d’intérêt réel n’avait jamais dépassé 2 % sur toute cette période 1985-2005. Et la réponse est spectaculaire. Dans cette hypothèse, la dette aurait été en 2012 inférieure de 25 points de PIB au niveau qui a été effectivement constaté.

                                  (Cliquer sur l'image pour l'agrandir)


Cet effet de 25 points est considérable : il donne la mesure du très lourd tribut que la France a payé à la politique du « franc fort » d’abord, puis à la politique de « l’euro fort ».

La seconde simulation effectuée par les auteurs du rapport, qui porte sur l’impact des baisses d’impôt, est tout aussi impressionnante. Les auteurs ont en effet cherché à savoir ce qu’aurait été l’évolution de la dette publique, s’il n’y avait pas eu ces cadeaux fiscaux – en clair, si les recettes de l’État avaient représenté une part constante du PIB (20 %) entre 1997 et 2007, cette part étant ensuite modulée pour prendre en compte l’impact de la récession. Dans cette hypothèse, écrivent-ils, « la dette aurait été stabilisée entre 1997 et 2007 (en %  du PIB) puis aurait moins progressé entre 2007 et 2012. Dans ce scénario 2, le ratio dette/PIB simulé est en 2007 inférieur de 9 points au ratio observé, et de 18 points en 2012 (graphique 12) ».

                           (Cliquer sur l'image pour l'agrandir)


Les auteurs constatent donc que leurs conclusions rejoignent assez sensiblement les conclusions des deux rapports de Champsaur et Cotis d’une part, et de Carrez de l’autre, que Mediapart avait évoqués en leur temps.

Annulation de la dette illégitime

Pour finir, le groupe de travail a cherché à combiner les deux scénarios, celui de taux d’intérêt plafonné à 2 % entre 1985 et 2005 et celui d’une stabilisation du taux de recettes fiscales. « Le résultat est spectaculaire, parce que les deux effets se combinent, de telle sorte que leur impact n’est pas simplement la somme des deux scénarios. Le ratio dette/PIB aurait été stabilisé à 43 % au milieu des années 1990 puis aurait baissé jusqu’à un niveau de 30 % en 2007 (au lieu de 64 % réellement observés). En 2012, le même ratio serait de 43 %, largement inférieur au seuil fatidique de 60 %, à comparer aux 90 % effectivement constatés (graphique 14) », constatent-ils.


Les auteurs du rapport en concluent qu’il est fondé de parler de « dette illégitime », car dans ce système, les hauts revenus sont gagnants à un double titre : d’abord parce qu’ils sont les principaux bénéficiaires des baisses d’impôt ; ensuite parce qu’ils disposent aussi d’une épargne qui est très fortement rémunérée grâce à ces taux d’intérêt exorbitants.

Comme le disent les auteurs du rapport, la dette publique a donc été le prétexte au cours de ces dernières années d’un formidable mouvement de « redistribution à l’envers », ou si l’on préfère d’un immense mouvement de transferts de revenus puisque si les hauts revenus sont doublement gagnants, les bas revenus, eux, sont perdants, étant conviés en bout de course à supporter le poids du plan d’austérité pris pour contenir l’explosion de la dette. En résumé, ce que les hauts revenus gagnent au travers des baisses d'impôt ou de la politique de l'argent cher, ce sont les revenus modestes qui le financent au travers de la politique d'austérité.

Au lendemain des élections européennes, ce rapport est donc bienvenu, parce qu’il montre qu’une autre politique économique est possible. Quelques esprits chagrins pourront ergoter sur la pertinence de telle ou telle hypothèse prise dans ces simulations. Il reste que cette immense redistribution à l’envers est indiscutable, et que le grand mérite de ce rapport est de le montrer, ruinant du même coup l’arnaque néolibérale selon laquelle le pays vivrait au-dessus de ses moyens.

Une autre politique ! En conclusion, le rapport ouvre même des pistes, évoquant de nombreuses dispositions qui pourraient être prises, pour que la facture de la dette ne soit pas payée toujours par les mêmes : annulation de tout ou partie de la dette illégitime ; allongement substantiel des durées de remboursement et plafonnement des taux d’intérêt ; instauration d’un impôt exceptionnel progressif sur les 10 % (ou le 1 %) les plus riches…

Mais peu importe le détail de ces suggestions. L’important, c’est que ce rapport invite à débattre d’un autre avenir. À débattre donc d’une autre gauche. Et c’est cela l’essentiel : réinventer un autre futur.

Lettre ouverte au PDG du groupe américain TITAN, par Jack DION

publié le 22 févr. 2013 à 01:01 par Jean-Pierre Rissoan   [ mis à jour : 22 févr. 2013 à 01:48 ]

publié le il y a une heure par Jean-Pierre Rissoan   [ mis à jour : il y a une heure ]

    Par Jack DION, journaliste

 

    Monsieur,

    Bien que la missive que vous avez adressée à Arnaud Montebourg, ministre du redressement productif, soit assurément d’un grand prix, je ne vous agrémenterai pas du traditionnel "cher". A votre différence, en effet, je respecte les ouvriers en général et ceux de l’usine d’Amiens-Nord en particulier. La description que vous en faites rappelle le Roi parlant de ses sujets, ou le colon évoquant ses esclaves.

    Vous écrivez : "Les salariés français touchent des salaires élevés mais ne travaillent que trois heures. Ils ont une heure pour leurs pauses, discutent pendant trois heures et travaillent trois heures". Sans doute avez-vous confondu avec l’un de ces colloques patronaux où l’on échange des banalités entre deux séances de golf. A moins que vous n’ayez pas digéré le refus des ouvriers d’Amiens de passer sous vos fourches caudines et d’accepter des conditions de travail indignes d’un pays développé. C’est évidemment de cela qu’il s’agit. Vous parlez du « syndicat fou » qui s’est opposé à votre diktat. Sous votre plume, qui ne dégage pas un sens aigu de la réalité, le mot est plaisant. Mais jusqu’à preuve du contraire, ce syndicat (la CGT pour ne pas la nommer) est ultra majoritaire dans l’entreprise, que cela vous plaise ou non. Faut-il donc en conclure que les salariés d’Amiens-Nord relèvent tous de l’asile psychiatrique ?

    Vous affirmez : "Titan est celui qui a l’argent et le savoir-faire pour produire des pneus". L’argent, c’est possible. Mais le savoir-faire, sauf erreur, c’est l’apanage des ouvriers, des techniciens et des cadres qui le mettent en œuvre dans une entité collective appelée une entreprise. La preuve, c’est que lorsqu’ils arrêtent le travail, aucun pneu ne sort des chaines. Oui, je sais, c’est toujours pénible d’entendre réaffirmer qu’une entreprise comprend aussi des travailleurs (excusez ce vocable empreint d’archaïsme socialisant, voire marxiste). Mais jusqu’ici, malgré tous les progrès de la science, la présence conjointe d’actionnaires et d’administrateurs n’a jamais suffi à faire fonctionner une usine. J’entends bien que pour un homme comme vous, qui fut candidat à l’investiture républicaine de 1996 en expliquant que les États-Unis devaient être dirigés par un entrepreneur (si l’on peut dire pour un fondé de pouvoir des rentiers), cela relève du terrorisme intellectuel. Pourtant vous ne convaincrez pas davantage du contraire les ouvriers d’Amiens que vous n’avez réussi à séduire les électeurs du parti républicain, pourtant plus sensibles en principe à votre rhétorique ancestrale.

    Après avoir mis dans le même sac d’opprobre les gouvernements des États-Unis et de la France, vous lancez une ultime menace : "Titan va acheter un fabricant de pneus chinois ou indien, payer moins d’un euro l’heure de salaire et exporter tous les pneus dont la France a besoin". Alors là, du fond du cœur, je dis merci. Merci pour le sens de l’humain qui vous anime et qui vous fait traiter les ouvriers asiatiques avec le respect d’un chauffard pour le pneu de sa voiture. Merci, surtout, de déciller les yeux des naïfs qui nous chantent les louanges de la mondialisation heureuse en expliquant que le libre-échangisme est la panacée universelle et qu’il faut s’y soumettre vaille que vaille. Vous le résumez à votre manière : ou les ouvriers français acceptent de travailler comme des Chinois d’hier ou je les jette au rebus. C’est justement à ce chantage qu’il ne faut pas céder.

    Si votre missive permet de rouvrir le débat sur le protectionnisme européen et sur la nécessité de réguler les échanges internationaux, elle aura servi à autre chose qu’à étaler votre morgue de classe. Arnaud Montebourg a bien eu raison de vous renvoyer le pneu à sa façon en vous réaffirmant certaines réalités que vous semblez avoir oublié. Il rappelle non sans perspicacité qu’il faudrait que l’Europe et la France s’organisent contre le dumping, retrouvant soudain certains des accents de sa campagne de candidat à la candidature socialiste. On souhaiterait qu’il passât des paroles aux actes, comment l’attendent les salariés de France.


     publié dans Marianne2 du 21 février 2013

    aimablement transmis par J.-J. Romettino de l'Improbable.

Concession des ouvrages hydroélectriques, par le Front de Gauche Isére (38)

publié le 22 févr. 2013 à 00:59 par Jean-Pierre Rissoan   [ mis à jour : 22 févr. 2013 à 01:48 ]

publié le 30 janv. 2013 10:03 par Jean-Pierre Rissoan   [ mis à jour : 3 févr. 2013 11:15 ]
    En cette époque de transition énergétique, tout ce qui concerne le service public de l'énergie est d'une importance capitale. Face au raz de marée libéral qui risque de tout emporter, malgré les exemples désastreux qu'ont pu donner les privatisations dans certains pays, il importe de faire front. Le Front de Gauche, Mélenchon l'a dit et répété, est prêt à assumer ses responsabilités. Les camarades du FDG-Isère le démontrent à leur tour en nous donnant ici leur réflexion sur le service public de l' Hydroélectricité, un des bastions de notre industrie nationale, fruit du travail de nos ingénieurs et ouvriers. 
J.-P. R.


https://docs.google.com/file/d/0B4Fe2vnvqlt8aWFaN2lXWUN5eEE/edit

"le trésor" de Jean-Luc Mélenchon...

publié le 22 févr. 2013 à 00:58 par Jean-Pierre Rissoan   [ mis à jour : 18 juil. 2016 à 05:12 ]

    publié le 8 mars 2012 13:02 par Jean-Pierre Rissoan   [ mis à jour : 2 avr. 2012 18:16 ]
la vérité sur le partage de la valeur ajoutée et sur le "trésor" de J.-L. Mélenchon de 175 €  milliards (pcc : ATTAC) :

https://docs.google.com/document/d/1R5eIBX_BkFKxWfKOPGkiKQQc5bYk2yTL-v3Sjce_u_E/edit?hl=fr

  
 
Le graphique se lit de la manière suivante :

- de 1949 à 1974, environ 69% de la richesse créée en France allaient aux salariés.
- durant la décennie 1975-1985, cette part est montée en moyenne à 73%
- après 1985, le tournant de la "rigueur" mitterrandienne de 1983 se fait sentir et la part des salaires dans la "valeur ajoutée" est tombée à environ 65%. Ce qui signifie que 8% de la richesse créée en France sont passés de la poche des salariés à celle du patronat.
    Le Front de Gauche propose une nouvelle répartition du partage des richesses, un retour à une situation où le patronat n'était pas si malheureux que cela !

    La richesse créée annuellement, en France, en ce moment est de l'ordre de 2000 milliards d'Euros. 8% de 2000 milliards représente environ 160 milliards. (le chiffre de 175 milliards cité par le candidat du Front de Gauche s'explique par l'emploi d'autres sources statistiques, EUROSTAT).
    C'est avec ces 160 milliards annuels que le Front de Gauche finance son programme.°

François Hollande : sa pesanteur sociologique...

publié le 22 févr. 2013 à 00:57 par Jean-Pierre Rissoan   [ mis à jour : 22 févr. 2013 à 01:48 ]

publié le 31 janv. 2012 13:16 par Jean-Pierre Rissoan   [ mis à jour : 31 janv. 2012 14:21 ]   


 
    Claude Mazauric nous fait parvenir ce travail de son ami Jean Delpuech. Je le publie comme source de renseignements importants qu'il faut intégrer dans son raisonnement avant de prendre une décision - qui sera fatalement, quelle qu'elle soit, grave- le 22 avril prochain.Dans la 6° thèse sur Feuerbach, Marx écrit que "l'essence de l'homme n'est pas une abstraction inhérente à l'individu isolé. Dans sa réalité, elle est l'ensemble des rapports sociaux". Ce travail permet d'appréhender, d'approcher les "rapports sociaux" qu'entretiennent F. Hollande et P. Moscovici son directeur de campagne. Ce n'est pas leur faire injure que de dire que cela manque un peu de diversité sociologique.
       
    J.-P. R.

                                                Qui est avec qui ?

        par Jean Delpuech

    Internet c’est vraiment formidable... il suffit de fouiller et on trouve tout ! La preuve ? Vous souhaitez savoir qui est dans l’ENTOURAGE de Hollande, autrement dit de qui Sarkozy a peur ? Alors lisez attentivement cette liste de fonctions et de titres : http://www.jolimai.org/?p=193 des conseillers économiques de Hollande. Vous y découvrirez :

•    le Cercle des industries, vice-président Pierre Moscovici, (cf. http://cercleindustrie.eu/  et http://fr.wikipedia.org/wiki/Cercle_de_l%27industrie ) ou encore

•    la Table ronde des industriels européens, le plus puissant des lobbies à Bruxelles, vice président Benoît Potier cf. http://www.ert.eu/default/en-us.aspx  (ils ne sont pas fichus d’avoir une version française... il vaut peut-être mieux d’ailleurs !) alors vous pouvez en lire une critique en français : http://dessousdebruxelles.ellynn.fr/spip.php?article36  et


•    le Cercle des économistes, président Jean-Hervé Lorenzi. Celui-là mérite une mention spéciale !

Car ainsi vous comprendrez comment ceux qui nous arrivent dans les étranges lucarnes sous le titre d’universitaires ou de chercheurs du CNRS, ne sont pas des valets perdus du capital mais des administrateurs des plus grandes entreprises d’Europe !

le cercle des économistes

    C' est la réunion de trente « universitaires » qui ont des intérêts financiers sonnants et trébuchants !
Regardez la liste des membres : http://www.lecercledeseconomistes.asso.fr/spip.php?rubrique8 Cliquez sur les « Lire la suite » après chaque nom, il y a souvent du très croustillant !
Je vous conseille le président Jean-Hervé Lorenzi, Patrick Arthus, Christian de Boissieu, Lionel Fontagné, Jacques Mistral ou Olivier Pastré et Christian Saint-Etienne entre autres !
Mais tous leurs titres rémunérateurs n’y sont pas... il faut allez les chercher dans d’autres fiches. Cf. celle de Jean-Hervé Lorenzi dans Wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Herv%C3%A9_Lorenzi  Très instructive, enrichissante, devrait-on dire !
S »ils ne sont pas directement administrateurs ou membres de conseils de surveillance ou scientifiques des grands groupes européens, ils sont anciens ou actuels membres des conseils officiels internationaux de la finance et ils sont payés par tous ces organismes privés ou publics pour « faire des études » !
Notre conflit d’intérêt est majeur avec ces gens qui viennent nous expliquer qu’il faut se serrer la ceinture pour payer « nos dettes », « nous qui avons vécu au-dessus de nos moyens », alors qu’ils sont les bénéficiaires directs de la politique de l’Union européenne et de l’État sarkozyste depuis des années (depuis que Sarkozy est aux finances, de près ou de loin, la dette de la France s’est accrue de 500 milliards d’euros, soit presque un tiers de la dette totale...)
Vous verrez aussi qu’ils sont pour la plupart membres du Conseil d’analyse économique (CAE, http://www.cae.gouv.fr/ ), organisme officiel chargé de conseiller le Premier ministre, présidé par de Boissieu... Et pour que les choses soient claires, aucun n’appartient aux Économistes atterrés, bizarre ? Vous avez dit bizarre ?
Quand Hollande dit ne pas connaître le visage de la finance... cela augure mal d’une myopie aussi profonde !
Ces gens ne sont pourtant pas loin de lui ! Il les côtoie dans le fameux club Le Siècle, existant depuis 1944, ainsi que ses compagnon(ne)s de route et une foule de « journalistes ». Une belle liste que nous donne encore Wikipédia ( http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Si%C3%A8cle#Personnalit.C3.A9s_politiques ).

l’Association française des entreprises privées


    L’AFEP : Quant à savoir comment fonctionne un lobby, l’Association française des entreprises privées, discrète et particulièrement puissante, lisez attentivement cet article rare de 2006 (http://www.journaldunet.com/economie/enquete/afep/afep.shtml ) qui l’analyse et nous raconte où Sarkozy est allé chercher des appuis pour sa campagne présidentielle et, à titre historique, comment la loi de Balladur qui allait trop restreindre les avantages des stock-options a été efficacement « récrite »... (Wikipédia, article Stock-option).
Vous allez m’accuser d’amalgame, en fait il y a un lien très direct entre le Cercle des industries et l’Afep : le président de l’Afep depuis 2001, Bertrand Collomb (ex-PDG de Lafarge) est membre du Cercle des industries. La boucle est bouclée puisqu’on revient vers le directeur de campagne de Hollande, Pierre Moscovici, vice-président de ce même cercle !
Je suis désolé pour ceux qui considéreraient que c’est une attaque perfide et que cela va empêcher de sortir Sarkozy... mais je crois qu’il est nécessaire par les temps qui courent de savoir qui se présente pour « nous donner du rêve ».
Si cela en rassure certains de découvrir que des gens si puissants sont du côté de « la gauche »... je me demande alors de quelle gauche il s’agit.
En tout cas ce n’est pas la mienne et depuis longtemps. Ce n’est pas la personne de Hollande qui est en cause, c’est « qui représente-t-il, de qui dépend-il » ?

    Pour le moment, le discours du Bourget faisant foi, je n’ai rien entendu :
•    qui remette en cause le traité de Lisbonne (il faut se discipliner en restant dans le cadre des traités que concoctent Merkel et Sarkozy, y compris financièrement avec une BCE qui avantage les banques privées au détriment de tous les États de la zone euro en les poussant à l’endettement maximum pour satisfaire la spéculation),
•    ou qui revienne vraiment sur la casse des services publics et de la fonction publique (école, santé, remboursement 100 % des soins, etc.) pour les ramener au niveau d’une réelle satisfaction des besoins de la population,
•    ou qui propose des augmentations de salaires, la retraite à 60 ans (pour tous à taux plein) et une fiscalité juste c’est-à-dire progressive avec une dernière quatorzième tranche à 100 % (il propose 45 % sur une sixième tranche).
•    qui propose quelque chose pour la transition énergétique et la sortie des énergies carbonées, l’agriculture écologique, la nouvelle façon de produire des produits utiles, etc.
Sans oublier sa position à propos des contrats d’entreprise qui deviendraient plus forts que les conventions collectives et la loi... effaçant plus d’un siècle de luttes pour l’élaboration du Code du travail et des conventions collectives. (J’ai appris depuis que déjà, dans le nouveau Code du travail, il est possible de ne pas tenir compte d’une disposition plus favorable d’une convention collective quand il y a un accord d’entreprise... Sarkozy est déjà passé par là, mais ce n’est pas inscrit dans la Constitution !) Ce serait, en cas de généralisation, la loi de la jungle dans toutes les entreprises.
Ainsi ce discours n’est pas à la hauteur de l’ampleur des crises d’ordre anthropologique que nous avons à résoudre, en France, en Europe et dans le monde.

    Donc rien de nouveau par rapport à un social-libéralisme assumé : les accords avec le PS espagnol et le SPD allemand en seront bien facilités ! Le SPD, parti socialiste allemand qui gère l’Allemagne avec la droite ! Regardez ce que pense l’OIT (Organisation internationale du travail, dépendant de l’ONU) de la politique économique allemande, si magnifique qu’il faudrait faire comme elle : http://www.lemonde.fr/crise-financiere/article/2012/01/24/les-bas-salaires-allemands-seraient-a-l-origine-de-la-crise-en-zoneeuro_1633684_1581613.html )

    Ceux qui croient en ce discours seront payés de mots, avant la catastrophe annoncée, à la mode grecque. Paul Jorion, dans un billet fameux, avait annoncé, au début de la crise grecque, http://www.pauljorion.com/blog/?p=10003  ceci :
Le Monde – Économie, lundi 5 – mardi 6 avril 2010 : « Qu’on ne s’y trompe pas : les chamailleries au sein de la zone euro au cours des semaines passées ne relèvent pas de la comédie mais de la tragédie. Suivons du regard le fil rouge : ce que nous voyons, c’est le repli des nations sur elles-mêmes dans un « Sauve qui peut ! Chacun pour soi ! » généralisé. La Chine et l’Allemagne ont indiqué la marche à suivre. Les gouvernements d’unité nationale sont pour bientôt, quand il sera devenu évident aux yeux de tous qu’aucun parti ne connaît à lui tout seul la solution des problèmes insolubles qui se posent, suivis alors de Comités de Salut Public, quand il sera clair que même tous ensemble ils n’y comprennent rien et – si Dieu nous prend alors en pitié – suivi enfin d’un nouveau Conseil National de la Résistance, au moment où il faudra, par-delà les divergences conçues aujourd’hui comme irréductiblement inconciliables, lancer une ultime tentative de sauver ce qui peut encore l’être. »
    Les gouvernements d’unité nationale ? C’est déjà fait en Grèce et en Italie. A qui le tour ? La Grèce est candidate pour un Comité de salut public ( http://greekcrisisnow.blogspot.com/2012/01/seismes-precurseurs.html ) :    "En effet la décomposition chez les politiques est en cours. Anna Diamantopoulou, depuis son Ministère d’ex-Éducation Nationale, souhaite la «transformation du cabinet Papadémos en gouvernement de salut national, sans date de péremption». Au même moment presque, Maria Alifrangi, enseignante du Primaire titulaire, vient de déposer sa lettre de démission, la rendant publique à travers internet (www.kafeneio.gr). «Je ne veux plus servir un gouvernement et un régime de traîtres qui assassinent notre peuple. Mon mari a été ainsi assassiné par ces gouvernants, il est au chômage»".
    Voter pour la gauche socio-libérale qui aide la droite européenne à gérer les affaires depuis que l’UE existe, c’est laisser la porte ouverte à toutes les aventures, ce n’est pas promouvoir l’indispensable esprit du CNR, ce n’est pas casser les reins de la spéculation, c’est composer avec elle.
    Certains disent que le « vote utile » est un vote futile... non ! C’est un vote dangereux.
   
    Jean Delpuech

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