Qui sont les acteurs 
du conflit sur le terrain syrien ? Le territoire de DAESH (cartes)

publié le 29 oct. 2015 à 02:32 par Jean-Pierre Rissoan   [ mis à jour : 19 nov. 2015 à 05:31 ]

Hassane Zerrouky

Vendredi, 23 Octobre, 2015

L'Humanité

Sur le terrain, face au régime de Bachar Al Assad, les deux principales forces sont "l’EI" et l’Armée de la conquête.

- "L’EI" ou Daech

Il administre un territoire à cheval sur la Syrie et l’Irak avec pour capitale Raqqa. Après avoir pris Palmyre, ses avant-gardes armées se trouvent dans la région de Damas mais aussi d’Alep. "L’EI" est, contrairement à ce qui se dit et s’écrit, soutenu principalement par les États du Golfe, Arabie saoudite en tête, via des fondations religieuses, mais aussi par la Turquie qui l’instrumentalise dans sa guerre contre les Kurdes. La force de "l’EI", selon le Gafi (Groupe d’action financière contre le blanchiment de capitaux (voir le rapport de janvier 2015), ce sont aussi la dizaine de champs pétroliers qu’il exploite et qui sont curieusement épargnés par les frappes de la Coalition internationale menée par les États-Unis. Qui plus est, "l’EI" contrôle l’oléoduc passant sur son territoire et qui relie Kirkouk au port turc de Ceyhan. Toujours selon le Gafi, la commercialisation du pétrole (350 000 barils par jour) rapporte à Daech autour d’un milliard de dollars par an.

- Seconde force dominante, l’Armée de la conquête,

L’Armée de la conquête est une alliance militaire regroupant cinq formations islamistes djihadistes. Le Front al-Nosra (Djebhat al-Nosra, branche syrienne d’al-Qaida) et Ahrar al-Sham (le plus grand groupe salafiste avec 20.000 combattants) en sont les fers de lance, suivis par l’autre groupe salafiste parrainé ouvertement par Riyad, Jaysh al-Islam (Armée de l’islam, 10 000 hommes) de Zahran Allouch, présent dans l’arrière-pays damascène. L’Armée de la conquête, soutenue par les pétromonarchies et la Turquie, est présentée par ces derniers comme l’alternative sunnite à "l’EI" et, dans ce sens, la ville d’Idleb (Nord syrien) doit servir de modèle de gouvernance. C’est pourquoi, ils ont veillé à ce que cessent les exécutions publiques de soldats syriens ou de personnes suspectées à tort ou à raison d’être proches du régime de Damas. Et si ces groupes divergent entre eux, et s’affrontent parfois avec "l’EI" –(…)– c’est pour une question de prééminence islamiste et rien d’autre car au fond – il suffit de lire leurs programmes –, ils sont tous pour l’établissement d’un État théocratique. Et dans les territoires syriens qu’ils administrent, la chariâa est appliquée sans états d’âme.

Ainsi qu’on le voit, la galaxie islamiste syrienne est complexe. Imaginons dès lors ce qui se passerait si, demain, Damas tombait entre les mains de ces groupes islamistes. Peut-on croire un instant qu’ils vont instaurer les libertés démocratiques et le respect des droits humains, à ­commencer par ceux de la femme et des minorités non sunnites ?

- Les Forces démocratiques syriennes.

Les Kurdes de l’YPG (unités de protection du peuple), qui ont constitué avec deux groupes arabes une alliance, les Forces démocratiques syriennes (FDS), sont le troisième acteur avec qui il faudra compter. Les YPG, aidés par les frappes américaines, ont bouté "l’EI" d’une partie du territoire kurde syrien. Bien que non reconnus par Ankara et Riyad, les FDS, partisans d’une solution politique basée sur un compromis avec le régime syrien, se sont imposées comme la troisième force militaire sur le terrain.

Quant à l’Armée syrienne libre (ASL), elle n’existe pratiquement plus.

fin de l’article de Hassane Zerrouky

 Addendum


 

 


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