Déclaration de l'Union des Juifs pour la Résistance et l’Entraide (UJRE).

publié le 9 mai 2018 à 23:43 par Jean-Pierre Rissoan


Merci de prendre notre défense, mais pas de cette façon !

    Par un manifeste, paru dans Le Parisien Libéré, 300 personnalités prétendent lutter contre l’antisémitisme.
En contradiction flagrante avec les conclusions des travaux commandés par la Commission nationale consultative des droits de l’homme, les signataires utilisent les mots manifestement outranciers de « terreur » et d’« épuration ethnique ». Ils tendent à faire de l’islam radical la cause principale de l’antisémitisme, ce qui est ignorer non seulement l’antisémitisme traditionnel, mais, au-delà de causes religieuses ou idéologiques, la désespérance provoquée par les discriminations de toute nature qui frappent les jeunes de banlieue comme l’attestent les travaux du Défenseur des droits.
    Quant à la dénonciation d’un supposé antisémitisme de la gauche radicale, on cherche en vain dans ses principales composantes, qu’elles soient communiste, insoumise ou écologiste, le moindre fait concret permettant d’étayer une pareille accusation infâme.
L’assimilation entre antisionisme et antisémitisme, ne distinguant même pas la légitime critique de la politique du gouvernement israélien, relève de la même infamie outrancièrement simplificatrice. Opérant un parallèle fallacieux avec la modification d’une prière catholique abrogeant la mention du « juif perfide », ces signataires n’hésitent pas à demander, de façon totalement absurde, non pas la modification d’une prière, mais la suppression de textes du Coran, alors même qu’en l’absence d’autorité hiérarchique propre à l’islam, une pareille demande est dénuée de sens.
    Le conflit israélo-palestinien est le grand absent de ce texte alors que l’instauration d’une paix juste au Proche-Orient contribuerait grandement à éradiquer l’antisémitisme.
    L’Union des Juifs pour la Résistance et l’Entraide (UJRE) remercie les signataires du Manifeste de vouloir lutter contre l’antisémitisme. Elle reste convaincue que la méthode adoptée est la pire de celles à disposition. Car la lutte contre l’antisémitisme, par des méthodes éducatives autant que répressives, est vouée à l'échec si elle est dissociée de la lutte contre tous les racismes.
 
    Jacques Lewkowicz, Président de l’UJRE.
    28 avril 2018
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