Corée du nord : mort d'un dictateur

publié le 28 août 2012 à 10:07 par Jean-Pierre Rissoan

La mort d’un dictateur en Corée du nord ne suscite aucune peine ou regret sur ce site. Encore une fois les médias se ridiculisent - au plan intellectuel, au plan politique ils font leur sale job - en parlant d’une dictature communiste héréditaire… ! Je me demande dans quel passage des œuvres de Marx, Engels ou Lénine, ils ont pu trouver que le pouvoir communiste était héréditaire. La transmission héréditaire du pouvoir est un des critères les plus nets qui permet de parler d’un régime traditionaliste.

    Car c’est bien de cela qu’il s’agit. Même habillé des oripeaux d’un régime à la soviétique caricaturé, l’Etat coréen des Kim a repris à son compte la philosophie des grands régimes impériaux d’Asie. Le pouvoir a été complètement confisqué au peuple dont on a aliéné la liberté. Il n’y a pas une once de communisme dans cet État là.

    Je sais bien que nos ennemis se régalent à qualifier ce système de « communiste », cela les arrange. Ils veulent dire : voilà ce qui vous attend si Mélenchon arrive au pouvoir. Le communisme c’est la dictature et la misère. Mais bien sûr. Comme ils ont intérêt à dire que le soviétisme était du communisme : son échec lamentable est, pour eux, la preuve du non possumus, de l’impossibilité concrète de la mise en œuvre d’un changement radical.

    Le 15 décembre, avant donc qu’on apprenne la nouvelle de la mort de Kim II, le philosophe Yvon Quiniou publiait ses lignes qui répondaient à l’avance aux détracteurs du marxisme qui se vautrent aujourd’hui dans leurs mensonges.  

    "En revenant au «marxisme de Marx», on peut contrer l’incrédulité massivement répandue à l’égard d’une alternative possible au capitalisme, alors même que celle-ci est majoritairement désirée. Car il apparaît alors que ce qui a échoué au XX° siècle, ce n’est pas le communisme tel que Marx en a démontré la possibilité objective à partir des conditions du capitalisme développé et sous une forme démocratique, mais son contraire : la tentative de l’imposer à des sociétés sous-développées industriellement et le recours à la violence d’État pour y arriver. On a donc assisté à la disparition d’une caricature volontariste de ce que Marx pensait et voulait pour l’humanité (même Furet a pu parler de «déviation subjectiviste» de sa théorie !) et rien ne dit que cela ne peut se réaliser et réussir désormais dans nos conditions à nous, qui en accumulent les prémisses matérielles et l’urgence irrépressible – la crise présente le montre sans conteste. C’est pourquoi, comme Marx en son temps et avec lui, il nous faut, en toute lucidité intellectuelle et sans prophétisme messianique, être résolument «marxistes»"[1].

    Je rappelle que l’un des concepts-clés de Marx est celui d’aliénation. La lutte de l’humanité consiste à se libérer de la perte de sa liberté intellectuelle (par l’imposition de la Vérité révélée), de sa liberté politique (par un État omniprésent), de sa liberté économique (par la propriété privée qui s’exprime aujourd’hui par la dictature de l’argent-roi).  

    Vive donc la révolution citoyenne ! 

voir l'article in extenso de Yvon Quiniou :

   Qui a intérêt à faire croire que le communisme de Marx a échoué ?


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