L’extrême-droite en Suède et ailleurs...

publié le 28 août 2012 à 10:41 par Jean-Pierre Rissoan   [ mis à jour : 13 nov. 2016 à 05:47 ]
      22/09/2010  

    Nouvelle percée de l’extrême-droite en Europe, cette fois-ci c’est la Suède qui est frappée. Si vous cherchez au jour d‘aujourd’hui des informations sur le leader new look du parti d’extrême-droite, Jimmie Aakesson, vous ne trouverez rien d’essentiel. A l’exception du fait qu’il a mené campagne contre l’Islam et l’immigration.

    Dans mon livre Traditionalisme et Révolution, j’ai exploité les informations fournies par un universitaire néerlandais. Ces informations datent de 2003 mais n’ont rien perdu de leur valeur.

Les nouveaux "nouveaux riches"

    Dans une communication à une table ronde organisée par l'IEP de Paris, Meindert Fennema, professeur à l'université d'Amsterdam, présente plusieurs cas de populisme en Europe du Nord. Là, les partis d'extrême-droite se définissent comme des partis anti-immigration. Rien de bien original, si ce n'est que l'on constate à nouveau que les politiques libéralistes de violence économique provoquant des déplacements de population, sans ménagement ni aménagement, suscitent partout des phénomènes de rejet. M. Fennema évoque le cas de la Suède, du Danemark et principalement, le cas des Pays-Bas.

    En Suède, le parti de la Nouvelle Démocratie derrière son hostilité affichée aux "réfugiés économiques", préconisait surtout une politique en faveur des petites et moyennes entreprises. Ce parti fut fondé par "Ian Wachtmeister, homme d'affaires ayant pignon sur rue et Bert Karlsson, un forain producteur de musique pop". Ce B. Karlsson est toujours à la direction de ce parti qui célèbre actuellement sa victoire.

    Au Danemark, le Fremskridtspartit a été fondé par un homme d'affaires, Bo Glistrup, "qui a appelé les Danois à ne plus payer d'impôts, qui compara la fraude fiscale à la résistance contre les Allemands – cf. chez nous la "gestapo fiscale", JPR- durant la Seconde guerre mondiale. Mais le thème principal de sa campagne était la politique d'immigration du gouvernement danois".

    Aux Pays-Bas, c'est l'irruption du parti de Pim Fortuyn qui fit sensation, plaçant ce parti en deuxième position aux élections législatives nationales. Le LPM -que l'on peut traduire en "liste Pim Fortuyn" modestie oblige- tient un double discours.

-Anti-immigré et il obtient le vote des "vieux pauvres",

-ultra-libéral et il traduit les aspirations de sa base sociale active : les "nouveaux riches".

    Ces partis, déclare M. Fennema "ont à leur tête une nouvelle élite qui a fait fortune dans les nouveaux secteurs économiques, les nouvelles technologies, la télévision, la musique populaire, l'industrie du téléphone rose, l'immobilier, la spéculation boursière et - probablement aussi - le trafic de drogue. Ils ont certes beaucoup d'argent mais ils n'ont pas de reconnaissance sociale. L'élite établie les considère comme des nouveaux riches. Pim Fortuyn puisait son soutien (financier) et ses conseillers au sein de ce réseau de nouveaux riches, pour qui c'était un moyen d'obtenir un prestige politique et social".


PS. Chers lecteurs, si vous trouvez des infos sur Jimmie Aakesson, relatives à son statut social et à la sociologie de son électorat, merci de nous les faire partager.


Chapitre 22 de mon livre, « Le veau d’or ».

Directeur de recherches à l'institut d'étude de l'immigration et de l'ethnicité, 28 mars 2003. Texte disponible sur le net.

Pim Fortuyn fut assassiné le 6 mai 2002.

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