USA : THE ORIGINAL DEPLORABLES

publié le 2 déc. 2020, 06:08 par Jean-Pierre Rissoan   [ mis à jour : 28 mai 2021, 15:40 ]

mots-clés : basket of deplorables, Hillary Clinton, Trump, Franklin Benjamin, Jefferson Thomas, G. Washington, T. Paine

"basket of deplorables" est un mot – historique ? – de la candidate du parti démocrate à l’élection présidentielle américaine de 2016, Mme H. Clinton. Elle le regrettera. Son impact aux États-Unis semble beaucoup plus grand qu’il ne pourrait l’être en France, pays à qui a été emprunté ce mot. A lire les réactions américaines, j’ai acquis la conviction que sa traduction la plus proche du ressenti serait "bande de pauvres types". Elle parlait des électeurs blancs, pauvres, et donc souvent "petits blancs", au pouvoir d’achat bien maigre et à la tête peu pleine, qui ralliait progressivement les rangs de D. Trump. Un an après son échec, Mme Clinton évoquera publiquement ce mot malheureux dont elle pense, en effet, qu’il a eu des conséquences sur son score électoral, particulièrement dans les États de la Rust Belt.

Le document ci-dessous, extrait d’un article du journal L’Humanité, montre que le parti Républicain a voulu s’en emparer et faire de l’insulte un argument offensif. Les exemples historiques sont nombreux : aux Pays-Bas calvinistes, les Espagnols qualifièrent de "gueux" les révoltés et l’aristocratie hollandaise se proclama du parti des Gueux ; en France, les sans-culottes ont donné une fortune inouïe à ce costume qui, abandonnant la culotte aristocratique pour le pantalon plébéien, qualifiait ces "gens montrant leur cul à travers leurs guenilles". Aux Etats-Unis mêmes, le mot "yankee" est un sobriquet qui voulait stigmatiser le comportement des Américains du Nord-Est, sans-gêne et envahissants, mais ces derniers l’ont parfaitement assumé contre les Sudistes. Etc…




Ce couple de parfaits Américains, au bon goût assuré, non seulement reprend à son compte cette dénomination de "deplorables" mais veut nous dire qu’ils sont, eux et leurs semblables, les parfaits descendants, les héritiers légitimes de leurs ancêtres Pères Fondateurs (PF). On peut reconnaître en effet, floqués sur le tee-shirt républicain, le portrait de G. Washington, celui de Jefferson, de Benjamin Franklin et de Thomas Paine. Voter Trump ce serait, à les en croire, voter pour ces illustres pères de l’Amérique.

Cette mise en avant de ces personnalités, il est vrai hors du commun, montre cependant que l’Amérique, dans sa masse –je ne parle pas des universitaires ni d’intellectuels comme Michael Moore ou du courant politique incarné par Bernie Sanders – n’a pas assumé une fonction de remise en cause, une fonction de dépassement d’un héritage sur lequel il aurait fallu exercer un droit d’inventaire. Prenons, un à un, l’apport de ces PF.

Mais auparavant, il faut parler d’une géographie où trois de ces noms floqués vont se retrouver : la vallée de l’Ohio. Après la guerre contre les Français et les Indiens[1], guerre atroce, les Anglais décident de fixer les choses. De quoi s’agit-il ? Les Français maîtrisaient -très mal- l’axe Mississippi-Ohio-Grands Lacs-Saint Laurent (Montréal). Les Anglais eux venaient de la côte atlantique et progressaient vers l’Ouest -la conquête de l’Ouest commence en effet dès les origines-, en l’occurrence, il s’agissait là de souder les frontières Ouest des Treize colonies à la vallée de l'Ohio. Le conflit avec les Français était inévitable, avec les Indiens également, puisque progresser vers l’Ouest cela veut dire, pour les pionniers, éjecter les natives un peu plus loin : la terre est si grande… Les Anglais gagnent. Mais ceux de Londres décident de FIXER une ligne de démarcation définitive, Nord-Sud, entre les Treize colonies à l’Est et les territoires indiens à l’Ouest. Ce sera la Proclamation line, signée par le roi anglais Georges III, en 1763.

"La proclamation, cependant, a consterné les colons britanniques pour deux raisons. D’une part, cela signifiait que des limites étaient fixées aux perspectives de colonisation et de spéculation sur les terres occidentales, et cela enlevait le contrôle de l'ouest des mains des coloniaux. D’autre part, les hommes les plus ambitieux des colonies voyaient ainsi la Proclamation comme la perte du contrôle sur leur propre fortune".

Fureur indescriptible des pionniers, en effet, qui voient leurs ambitions s’éteindre, fureur des spéculateurs à la G. Washington et B. Franklin qui ne pourront plus revendre à hauts prix aux pionniers les terres qu’ils auront volées aux Indiens.

Cette Proclamation line, "l’armée ne pouvait pas la faire respecter, les colons n’en tenaient souvent pas compte et des spéculateurs fonciers comme Benjamin Franklin et George Washington, qui avaient espéré devenir riches en vendant des terres au-delà des Appalaches à des pionniers allant vers l’Ouest, faisaient pression pour qu’elle soit modifiée". "La milice du Kentucky traversait la rivière Ohio presque chaque année pour mettre le feu aux villages et récoltes des Shawnees. Thomas Jefferson voulait que ces derniers soient exterminés ou expulsés de leurs terres et il préconisait de retourner d’autres tribus contre eux"[2].

Il y a là une des causes les plus nettes de la guerre d’Indépendance. Une victoire des Insurgés -c’est-à-dire des Indépendantistes américains- serait -et d’ailleurs sera- une grave défaite pour les Indiens. Le chemin de l’extermination des Indiens. Et voilà comment on retrouve nos compères associés dans une entreprise d’enrichissement via la spoliation des Indiens.

 

Benjamin Franklin

Que peut-on reprocher à ce brave homme, débonnaire, inventeur du paratonnerre et qu’une improbable tournée diplomatique a rendu si populaire, en France même ?

    A la vérité, Franklin était devenu à la fin des années 1740, l’un des colons les plus riches du continent nord-américain". Il acquit un blason, acheta plusieurs esclaves et s’installa dans une nouvelle maison plus spacieuse dans une partie plus calme de la ville de Philadelphie. Avant 1748, cependant, son service politique le plus important fut d’organiser une milice pour la défense de la colonie contre une éventuelle invasion par les Français et les Espagnols, dont les corsaires opéraient sur la rivière Delaware. Il devint membre du conseil municipal de Philadelphie en 1748, juge de paix en 1749 et, en 1751, conseiller municipal et membre de l’Assemblée de la Pennsylvanie. En 1753, Franklin devint officier royal, sous-maître général des postes, chargé du courrier dans toutes les colonies du Nord

En 1755, il a alors 49 ans, il participe à l’expédition Braddock qui a pour objectif de détruite le Fort Duquesne, bastion français de l’Ohio. Il participe comme logisticien qui fournit moult chariots et provisions à l’expédition. L’échec le pousse à devenir colonel de la milice[3] de Pennsylvanie chargé de la défense de la frontière occidentale de la colonie. Il prend en charge les fournitures de l’artillerie.

Je rappelle que Franklin était très intéressé – au sens le plus matériel du terme – par la guerre contre les Français et leurs alliés indiens : il était actionnaire de la Ohio Company et deviendra l’un des 72 actionnaires de la Grand Ohio Company, créée après la victoire contre les Français et la création de la Proclamation line. Sa considération à l’égard des Indiens était minime : Benjamin Franklin, dit dans son autobiographie de 1750 : "Si tel est le désir de la Providence que d’extirper ces Sauvages afin de faire de la place pour les cultivateurs du sol, il n’est pas improbable que le rhum soit un moyen tout désigné." (Franklin, 2006, 15)[4]. Morale très inspirée par le calvinisme selon lequel Dieu fait tout et l’homme n’est qu’objet entre Ses mains. On a vu cela avec Cromwell vis-à-vis des Irlandais. 

Dès 1758, Il s’est senti en droit d’écrire The Way to Wealth, (la voie vers la richesse)[5].  Dans les décennies suivantes, il est devenu le héros d'innombrables artisans du début du XIXe siècle et d'hommes d'affaires autodidactes qui cherchaient une justification à leur ascension et à leurs activités lucratives. Ils ont été les créateurs de l'image folklorique moderne de Franklin, l'homme qui a fini par personnifier ni plus ni moins que le rêve américain.

Thomas Jefferson.

Un monument de l’histoire des Etats-Unis. Stricto sensu : il est gravé dans le granite du Mont Rushmore ! Deuxième président des Etats-Unis. Et pourtant on lui doit des sentences terribles comme : "les Indiens, ces sauvages sans pitié, dont la manière bien connue de faire la guerre est de tout massacrer, sans distinction d'âge, de sexe ni de condition" (extrait de la déclaration d’indépendance rédigée par lui-même). Trente-sept ans plus tard, il n’a pas changé d’avis : dans The Papers of Thomas Jefferson, le 29 décembre 1813, on peut lire : "Cette malheureuse race, que l’on a eu tant de peine à sauver et à civiliser, a par sa désertion inattendue et ses féroces actes de barbarie justifié de sa propre extermination et attend désormais que nous décidions de son sort."[6]

Plus tard, Jefferson, devenu président des Etats-Unis, finança l’expédition de William Clark et Meriwether Lewis qui eurent à reconnaître l’itinéraire qui, remontant le cours du Missouri, traverse les Rocheuses pour aboutir au Pacifique. Le président discuta longuement avec Clark du problème posé par l’existence des Indiens et évoque carrément, nous dit Jonathan Kirsch, journaliste au L.A. Times,

« ce qui serait qualifié aujourd’hui de génocide. We must leave it to yourself to decide [whether] the end proposed should be their extermination or their removal’», ajoutant que « The same world would scarcely do for them and us »[7].

Un historien américain d’aujourd’hui peut écrire : «There was no room for Indians in Jefferson's empire of liberty»[8] manière de répéter/adapter "la loi (anglaise) ne suppose pas l'existence d'une personne telle qu'un Irlandais catholique romain". Cela annonce la sentence terrible de la Cour Suprême des Etats-Unis : « Les Indiens sont aujourd'hui sous tutelle. Leurs relations avec les Etats-Unis ressemblent à celles qui existent entre un pupille et son tuteur ». 

Georges Washington

Dans l’été 1779, G. Washington envoie trois armées détruire le camp des Iroquois. Les deux armées indiennes sont défaites. Washington investit la capitale de la ligue des tribus iroquoises. Pratiquant la "scorch-earth tactics" comme disaient les Anglais en Irlande ou en Écosse - ou terre brûlée - les Américains, en dignes héritiers, détruisirent tout sur leur passage, brûlant quarante villages. Il est vrai que le mot d’ordre de G. Washington était clair, dans ses Écrits (1779) on peut lire les instructions suivantes :

"The Iroquois villages (have) not (to) be merely overrun, but destroyed »[9]. « You have to carry the war into the Heart of the Country of (the Iroquois) nations ; to cut off their settlements, destroy their next Year’s crops, and do them every others mischief of which time and circumstances will permit. (…). It will be essential to ruin their crops now in the ground and prevent them planting more"[10].

Les Iroquois ne se relevèrent jamais de ce désastre. Maisons détruites et récoltes dévastées, les survivants passèrent l’hiver dans le froid près des chutes du Niagara et la faim au ventre. Washington gagna ses galons de Caunotaucarius ce qui, en langue iroquoise, signifie «destructeur de villes» (Town Destroyer, Stannard)[11]. J’ai évoqué son statut de principal actionnaire de la Ohio company.

Quant à l’esclavage, nulle ambiguïté là aussi.

Son domaine de Mount-Vernon s’étend sur 8000 acres (soit plus de 3200 hectares) dont 3500 (1400 ha) sont en culture et la propriété longe le fleuve Potomac sur 10 miles (16 km). G. Washington est un propriétaire tourné vers l’innovation agronomique. Il possède un grand nombre d’esclaves (317 à la fin de sa vie) comme toutes les first families de Virginie (dont le famille Jefferson). 41 esclaves pour sa seule demeure principale. Ces esclaves travaillent soit comme ouvriers agricoles, soit comme ouvriers des ateliers, soit comme domestiques de maison. Mount-Vernon est en effet aussi un centre de production de cidre, de whisky, de tonneaux. On y fabrique la charpente et les briques pour les nombreux bâtiments d’exploitation. Des esclaves filent et tissent la laine et le lin produits in situ mais aussi le coton importé des West Indies[12]. Cette valorisation des productions, ce mixage agriculture/industrie ne sont pas sans rappeler l’activité de la gentry anglaise ou des hobereaux prussiens. Washington est également actionnaire de sociétés capitalistes : la Ohio land Company, la James River Company, la Bank of Columbia, la Bank of Alexandria.

Lorsqu’il prit la direction de l’Armée continentale – dénomination qui sera changée en Armée des Etats-Unis après l’indépendance – Washington refusa toute entrée de Noirs dans ses effectifs. Fussent-ils libres. Son adjoint, H. Gates, envoie les instructions (juillet 1775) : « n’enrôler aucun déserteur de l’armée anglaise, ni aucun nègre ou vagabond ». Décision surprenante et grave : Washington ajoute le racisme à son esclavagisme. Les deux notions ne se recoupent pas totalement : on peut être esclavagiste, à cette date, et accepter la présence de Noirs libres par ailleurs. En manque d’effectifs, l’Armée continentale devait accueillir ces soldats. elle le fera, pais APRÈS l'armée anglaise qui, la première, enrôla des Noirs.

On oppose fréquemment le testament de G. Washington aux accusations d’esclavagisme qui lui sont portées. G. Washington s’est comporté sur ce point comme un Virginien ordinaire, achetant et vendant des esclaves à sa convenance. Il écrit le 9 septembre 1786 : "there are two debts which press hard upon me. One of which, if there is no other resource, I must sell land or Negroes to discharge"[13]. On est en droit d’attendre autre chose de la part de cet homme politique éminent qui a produit l’histoire. Or, il avait un moyen de faire avancer les choses. Durant ses deux mandats présidentiels d’abord. Ensuite par sa Farewell Address, son discours d’adieu. Devant toute l’opinion américaine, il aurait pu poser les termes du problème de l’esclavage et poser des jalons pour le résoudre. Précédemment, dans une lettre privée – mais ce n’est qu’une lettre privée – il disait son souhait de voir adopter un plan par lequel "slavery in this Country may be abolished by slow, sure & imperceptible derges"[14]. Son discours d’adieu n’en fait nullement état. Rien. Et cela seul compte chez un homme d’Etat : ses déclarations publiques.

Lors de la quasi-guerre de 1798 entre la France et les Etats-Unis - aspect singulier du conflit maritime plus grandiose entre la France et l’Angleterre - Washington écrit à son successeur à la présidence : "avec les Français, nous devrons attaquer sans cesse - G. Washington envisage un débarquement français avec tête de pont, JPR - pour leur ôter la facilité de soulever les mécontents et les esclaves qu’ils chercheront sans doute à armer"[15]. On observe que l’ex-président n’envisage toujours pas d’abolir "l’institution particulière" et que sa lettre est un hommage du vice à la vertu : à cette date, la France vit encore, officiellement, sous le régime de l’abolition de l’esclavage votée par la Convention jacobine en 1794[16].

En réalité, le principal Père fondateur des Etats-Unis d’Amérique est très "anglais". Lorsqu’il déclare en 1779 : "Notre cause est noble, c’est la cause de l’humanité", son humanité exclut les Indiens et les Noirs. Il parle du droit des Anglais, devenu en l’occurrence le droit des Américains. Le droit des vrais Anglo-saxons protestants. Lorsqu’il évoque "la pureté de (sa) conduite durant tout le cours de (sa) vie" (sic) on constate que sa formation intellectuelle, morale et religieuse, lui ferme l’accès à la réalité. Cela relativise beaucoup l’élection divine, le choix de Dieu :

"Aucun peuple, plus que celui des Etats-Unis" dit Washington dans son discours d’inauguration "n’est tenu de remercier et d’adorer la main invisible[17] qui conduit les affaires des hommes. Chaque pas qui les a fait avancer dans la voie de l’indépendance nationale semble porter la marque de l’intervention providentielle".

    Dieu peut-il ainsi oublier les Indiens et les Noirs ? Le Dieu des Américains, oui.

Thomas Paine

C’est sans doute celui de ces quatre PF qui mérite le moins de critique(s)[18]. N’oublions pas qu’il a été député du Pas-de-Calais à notre Convention nationale…

Si le parti de Donald Trump veut se l’accaparer, c’est pour continuer R. Reagan et G. Bush sr.

"Ce mouvement de récupération par la droite est très ponctuel : Dans le grand mouvement de récupération des héros américains par la droite à partir du bicentenaire de 1976, Paine est, encore, l’objet d’une tentative d’appropriation par l’aile dite "libertarienne" du parti républicain. On décontextualise la méfiance républicaine vis-à-vis du pouvoir central et on tente de faire de Paine un précurseur libéral des partisans du "moins d’État". Le summum fut atteint quand Ronald Reagan cita Thomas Paine dans son discours du 17 juillet 1980 pour appeler à sa contre-révolution conservatrice et quand des députés de son parti proposèrent d’ériger une statue de Paine dans la capitale fédérale. Georges Bush sr y alla également de sa petite citation lors de la première guerre du Golfe, mais ces tentatives restent assez ponctuelles et Paine reste une icône de la gauche progressiste"[19].

Le même auteur rappelle que lors des deux guerres mondiales c’est "le Paine de l’enthousiasme patriotique d’American Crisis qui est, à chaque fois, ressorti du placard pour légitimer l’union nationale dans les moments de danger. (…)". Cet enthousiasme communicatif de Paine a été exploité pour enfanter une "foi américaine, toute de mouvement, (qui) ne se connaît que dans la mobilisation patriotique en vue de la guerre ou de la réalisation d’une promesse de progrès qui implique lutte, conquête, apothéose. Hier pour le Nouveau Monde. Demain pour le monde entier" (Robert N. Bellah, sociologue américain cité par Colosimo[20] (p.104)).

Concernant les Indiens et les esclaves, les positions de Paine sont très timorées : "Malgré des condamnations répétées de la traite des esclaves et de l’esclavage, Thomas Paine ne s’insurge jamais du fait que la constitution américaine, dont il fait l’éloge, pérennise l’esclavage. Comme le note Ann Thomson, "Les sentiments abolitionnistes de Paine ne donnent pas lieu à des publications, au contraire, il semble très réticent à toute expression publique de son opinion à ce sujet" et N. Caron ajoute "Certains auteurs ont cherché à faire de Paine un champion des droits de tous ; les femmes, cependant, sont largement exclues du projet révolutionnaire painien et les populations noires ou amérindiennes ne sont que rarement évoquées dans ses écrits publics"[21].

 

 

 



[1] "French et Indian war",1754-1763, c’est le nom donné à cette guerre dans les pays anglophones. En France, nous disons « guerre de sept ans ».

[2] Colin G. Calloway, « La révolution américaine en territoire indien », Annales historiques de la Révolution française [En ligne], 363 | janvier-mars 2011, mis en ligne le 01 mars 2014, consulté le 21 novembre 2020. URL : http://journals.openedition.org/ahrf/11950 ; DOI : https://doi.org/10.4000/ahrf.11950

[3] Grade bien inférieur au grade de colonel dans l’armée de sa Majesté aux célèbres tuniques rouges…

[4] Source : Du génocide «éprouvé» à l’ethnocide affirmé. Les Indiens d’Amérique aux confins des définitions, par Garrait-Bouvier Anne, http://memories-testimony.com/notice/du-genocide-eprouve-a-lethnocide-affirme-les-indiens-damerique-aux-confins-des-definitions/ et n’est-il pas dit dans les Saintes Ecritures : « Vous ne les craindrez point : c’est Yahvé votre Dieu qui combat pour vous ». Dernières dispositions de Moïse, Deutéronome 3- 22…

[5] Traduit et publié en France sous le titre "Conseils pour faire fortune".

[6] Cité par Anne GARRAIT-BOUVIER, ouvrage cité.

[7] « Nous vous laissons décider si la solution à proposer doit être leur extermination ou leur déportation » et  « Le même monde n’est pas fait pour être à la fois à eux et à nous ».

[8] Landon Y. JONES, compte-rendu (par Jonathan Kirsch précédemment cité) de son livre William Clark and the Shaping of the West dans le LOS ANGELES TIMES du 6 juin 2004. « Il n’y avait pas de place pour les Indiens dans le pays libre de Jefferson ». Cf. également http://www.bluecorncomics.com/genocide.htm .

[9] « Les villages iroquois ne doivent pas être simplement investis mais détruits ».

[10] Writing of Washington, vol. 14 (p.199) et vol.15 (pp. 189-193) ; cité par CALLOWAY, page 51. Traduction possible : Vous devez porter la guerre dans le cœur du pays Iroquois. Démolir toutes leurs installations, détruire les récoltes de l’année prochaine, et faire tous les dommages que le temps et les circonstances permettront. (…). Il est capital de saccager leurs récoltes dès maintenant, celles qui sont dans la terre et celles qui sont à venir.

[11] David E. STANNARD (University of Hawaii), American Holocaust, the conquest of the new World, Oxford University Press, New York, 1992, 360 pages. Cf. page 120.

[12] L’égreneuse à coton n’est pas encore inventée et le coton américain n’est pas encore la monoculture du Sud qui exigera les millions d’esclaves que l’on sait. Le coton travaillé à Mount-Vernon vient alors de l’importation à partir des Antilles anglaises (West Indies). 

[13] « Deux dettes pèsent actuellement lourdement sur mes épaules. Pour l’une d’elles, si je n’ai pas d’autres possibilités, je devrais vendre des terres ou des nègres afin de l’honorer ». C’est également pour ‘honorer’ des dettes que le propriétaire de « l’oncle Tom » décide de le vendre.

[14] « Où l’esclavage serait aboli par degrés, de manière lente, sûre et imperceptible », lettre à J. F. Mercer, 9 septembre 1786.

[15] Lettre au président John Adams, datée du 25 septembre 1798.

[16] Il sera rétabli légalement par Bonaparte (qui incarne une autre tendance de la Révolution).

[17] La « main invisible du marché » serait donc aussi d’essence divine ? Comment dès lors oser l’embrigader par des mesures politiques ? C’est impossible…

[19] Marc Belissa, "La légende grise des dernières années de Thomas Paine en Amérique, 1802‑1809", Annales historiques de la Révolution française [En ligne], 360 | avril-juin 2010, mis en ligne le 01 juin 2013, consulté le 21 novembre 2020. URL : http://journals.openedition.org/ahrf/11657 ; DOI : https://doi.org/10.4000/ahrf.11657.

[20] J.-F. Colosimo (Institut Saint-Serge, Paris), "Dieu est américain, De la Théodémocratie en Amérique".

[21] Nathalie Caron, « Thomas Paine et l’éloge des révolutions », Transatlantica [En ligne], 2 | 2006, mis en ligne le 07 juillet 2006, consulté le 02 décembre 2020. URL : http://journals.openedition.org/transatlantica/1145 ; DOI : https://doi.org/10.4000/transatlantica.1145



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