Georgie : études électorales (mid-term 2018) -3ème partie-

publié le 8 janv. 2019 à 09:26 par Jean-Pierre Rissoan   [ mis à jour : 19 févr. 2019 à 15:49 ]
ATLANTA, MÉTROPOLE D’UNE GÉORGIE MONDIALISÉE


L’étudiant ou le jeune collègue qui veut étudier l’évolution récente d’Atlanta – et de la Géorgie - a tout à sa disposition. Les trois publications suivantes sont disponibles sur le net :

Atlanta, métropole du Vieux Sud, Jacques Soppelsa (Paris-Sorbonne), Bulletin de l'Association de Géographes Français, Année 1976, 437-438, pp. 239-245

Le boom économique d'Atlanta, Charles Gachelin (U. Lille I), Hommes et Terres du Nord, Année 1990, pp. 165-179

Une métropole de l'ère globale : Atlanta, Claude Manzagol (U. Montréal), Annales de géographie, 1996, 591, pp. 516-534.


On notera la logique de la titulature (non concertée) : on passe du Vieux Sud à la globalisation –vilain terme anglo-saxon pour ne pas dire mondialisation- en passant par le boom économique. On n’oubliera pas la G.U. Belin-Hachette. Sans oublier l’inépuisable Wikipédia pour le détail et les chiffres d’aujourd’hui… Ni les articles du Monde Diplomatique.

Face à ce qui fut désigné comme un isolat, les Noirs émancipés – pas toujours – doivent s’adapter, une fois aux responsabilités politiques, à ce qui leur est imposé : la mondialisation. Mais, comme le New York Times le fit remarquer un jour, les Blancs n’ont jamais cessé de garder la réalité du pouvoir économique. Et si la mairie d’Atlanta est passée aux Noirs, le reste des leviers de l’État fédéré est aux mains des Républicains, héritiers politiques des Démocrates d’extrême-droite, ségrégationnistes et racistes.

 

***

Rien de mieux que l’introduction de Claude Manzagol (U. Montréal) : "II y a peu, la Géorgie évoquait surtout des images du passé, les demeures à colonnade parmi les magnolias, les splendeurs et misères de l'économie du coton, les contes surannés d'Uncle Remus et de Sister Jane, ou les âpretés de la Route au Tabac. De sa capitale, Atlanta, on retenait surtout le grand incendie de septembre 1864 immortalisé par Autant en emporte le vent. Même le combat et l'assassinat du pasteur Martin Luther King, et l'élection de Jimmy Carter - le premier président issu du Sud profond depuis la Guerre de Sécession - malgré (ou par) leur charge de rupture, rappelaient encore le passé".

Peut-on dire que tout cela fut gone with the wind ? Ce serait aller un peu vite en besogne. Pourtant en quelques décennies, il est vrai que, ainsi que l’écrit Gachelin, cette Géorgie rurale et industrielle fut transformée en un État où l’activité des services est devenue très largement dominante – une économie basée sur la transaction - confirme Manzagol -, une Géorgie où les innombrables friches agricoles, les clairières abandonnées dans la forêt, sont le témoin de l’effondrement (sic) agricole, une Géorgie où, sous l’effet de la concurrence étrangère, les fermetures d’usines se sont multipliées, déclin concernant l’ensemble des industries implantées en milieu rural. "Les images de la Guerre du Golfe (Celle de Bush sr, JPR) ont imposé l'image nouvelle d'Atlanta. Plus encore que Coca-Cola, C.N.N. symbolise, par la magie de la technique et l’illusion de l'ubiquité, la mondialisation en cours. Les Jeux Olympiques d'été de 1996 consacrent Atlanta dans un statut de métropole effervescente dont les liens économiques s'établissent avec le vaste monde".

 

Le premier aspect visible du changement est le croît démographique de l’État de Géorgie mais comme cela est contemporain de l’intense exode rural, ce sont donc les villes et, en réalité, Atlanta surtout, qui ont connu cette expansion incroyable. Et cela perdure. En ce début de XXI° siècle, sur 3 nouveaux habitants de Géorgie, 2 sont d’Atlanta.

Voici un tableau qui donne un aperçu du phénomène.

 

Circonscription

1970

1990

2010

City of Atlanta

496.973

394.017

420.000

Agglo. des 5 comtés*

1.387.000

2.178.000

3.365.000

Région urbaine

1.595.000

2.960.000

4.112.000

*Ce sont Fulton et Dekalb, Cobb et Gwinnett, Clayton.

 

    La région urbaine a sans cesse évolué dans sa définition. 12, 15 ou 20 comtés ? on ne sait plus très bien. En 1970, on comptait 15 comtés, en 2010, il y en a plus de 20. La carte ci-contre dessine une Atlanta metropolitan Area – dite metro Atlanta – de 28 comtés (mais, hélas, le texte de Wikipédia correspondant nous parle de 30 comtés).

 La structure de l’agglomération a changé, nous n’avons plus affaire à une agglomération unipolaire comme l’agglomération parisienne mais à un organisme qui évolue vers le multipolaire, quasiment une conurbation. Avec des Edge cities dont nous reparlerons. Notons qu’avec 6 millions d’habitants sur plus de 10 pour l’Etat, Atlanta lato sensuMetro Atlanta- constitue 60% de la Géorgie. Gachelin disait déjà que "pour certains, le risque est grand de voir se créer une agglomération ingérable, un nouveau Los Angeles ; la très rapide expansion spatiale de l’agglomération, le mitage de la forêt n’apparaissent pas contrôlés". NB. Ce mitage est le fait de l’expansion urbaine cossue, vers le Nord, à l’assaut des premières collines du High country (cf. carte de la 1ère partie), comtés de Dawson et Pickens, surtout Cherokee county.

Mais attention ! nous sommes aux Etats-Unis. Cette macrocéphalie au niveau géorgien n’en est plus une au niveau de l’Union…

Je vais reprendre en les modulant quelque peu, les trois tendances du développement distinguées par Gachelin, évolution dont la synergie a fait d’Atlanta un modèle de développement.


1. 

La réponse nodale à la multiplication des flux, l’emprise spatiale sur l’État fédéré.

Comme les ports maritimes, les nœuds ferroviaires et les complexes autoroutiers, les aéroports participent de la mécanique de la mondialisation. Atlanta est né du rail, a su géré la révolution du camion en prenant immédiatement (1933) l’avion. Le flux des informations télétransmises est maitrisé dès son apparition.

Voici une présentation par flux. Elle n’est pas satisfaisante, mais une présentation par mode ne le serait pas non plus. Car un mode peut véhiculer plusieurs types de flux

-   Le flux des personnes.

Il est consubstantiel à la croissance d’Atlanta et il est focalisé sur le joyau économique de la ville : l’aéroport Hartsfield et Jackson International. L’aéroport est situé à proximité du croisement de l’I-85 et de la rocade I-285.

- Atlanta ne serait pas si célèbre sans son aéroport international connu du monde entier (du monde qui prend l’avion, bien sûr). C’est le premier ! et notamment le premier pour les passagers en transit : c’est le hub le plus célèbre.

Hartsfield-Jackson Atlanta (Géorgie) reste sur la première place du podium pour l'année 2017 avec 104 millions de passagers, devant Pékin (96 millions) et Dubaï (88 millions). Malgré un recul de son trafic de 0,3 % par rapport à 2016, Hartsfield-Jackson doit à son atout "proximité" de conserver son titre pour la vingtième année d'affilée. Première pour les vols intérieurs, la plate-forme aéroportuaire géorgienne présente en effet la particularité d'être à moins de deux heures de vol pour 80 % de la population américaine.

Parmi ce total de 104 millions, figurent 93 millions de voyageurs empruntant des liaisons intérieures, et plus de 11 millions prenant des vols internationaux ; Delta Air Lines a transporté 76,4 millions de passagers à Atlanta, soit 73,35 du total toutes lignes confondues. Le nombre de mouvements d’avions - 898.356 - reste le plus élevé aux Etats-Unis.

- Le flux des marchandises 

-Au plan ferroviaire, historiquement le plus important, les trains partent d’Atlanta ou y accèdent grâce à la plaque tournante formée par le croisement des lignes fédérales Cincinnati (Ohio) – Jacksonville (Fl) / Washington (DC) – News-Orleans (Louisiane). La Géorgie est au cœur d’un réseau fortement maillé. (image)

- Les intégrateurs de fret express (FedEx, UPS à Atlanta, TNT, DHL) prennent en charge toute la chaîne d’acheminement : depuis le pré-acheminement par camion ou taxi jusqu’à la livraison terminale par camion ou taxi en passant par l’avion (qui peut être un long courrier prolongé par un petit appareil après passage par le hub aérien).

Gachelin nous donne la genèse du hub aéroportuaire géorgien (p.179) : "La présence du carrefour et la dynamique de l'économie géorgienne a provoqué partout le développement de la fonction logistique. Si elle est omniprésente une localisation spécifique doit retenir l'attention. Il s'agit de l'Atlanta Tradeport. Ce parc d'activités d'un type nouveau associe des investisseurs américain (Wilma Southeat) et japonais (Mitsui Company et Shimizu Land Corporation). II a comme objectif développement du fret aérien grâce à celui de l'inter-modalisme air-route et air-rail. Sa localisation est à l'intersection de la I-285 et de l'autoroute I-75 et le parc est directement relié avec les installations cargo de l'aéroport. L'Atlanta Tradeport est l'un des premiers exemples de «port intérieur» fondé sur l'intermodalisme air-terre".

- au plan routier. Pour en rester au niveau supérieur des INTERSTATE HIGHWAYS[2], Atlanta est au croisement de l’I-85 (Richmond (Vi) à Montgomery (Al) avec une bretelle vers Columbus (Ga) et de l’I-75 (Détroit (Mi) à Miami (Fl)). Ce croisement est renforcé par la I-20 qui va de Fort-Worth (Texas) à Florence (Caroline du sud). L’autoroute I-16 est un embranchement de l’I-75 qui part de Macon et se termine à Savannah. La seule INTERSTATE HIGHWAYS qui ne soit pas centralisée sur Atlanta est l’I-95 qui longe la plaine côtière atlantique du Maine à la Floride. Au sud, on peut longer la frontière géorgienne en empruntant l’I-10 qui va de Jacksonville (Fl) à Mobile (Alabama). L’encombrement eût été tel dans Atlanta que l’on a très tôt conçu et réalisé une vaste rocade qui croise toutes ces autoroutes et qui est la I-285.

Au total, écrivait déjà J. Soppelsa, "82 gares routières desservant directement 36 États avec 192 compagnies de transport" .

- Le flux d’informations

-Concernant les flux d’informations, Atlanta est un gigantesque téléport recevant et émettant les infos mondiales. Surtout avec CNN (Cable News Network) ! En 2007, Atlanta était dans le top30 des villes mondiales qui bloguaient le plus[3]. (Manzagol p.520). La Foire de l’informatique accueillait 100.000 personnes dès 1990 selon Manzagol.

- Le flux des capitaux

 31 banques internationales ont implanté des succursales dans la ville d'Atlanta. près du tiers d'entre elles (10) étaient japonaise à la date où Gachelin publie son article. Le Canada, le R.U., l'Allemagne avaient chacun 4 banques. Toutes les grandes banques américaines sont évidemment présentes.

 

-Mais il faut dire un mot sur une réalité qui a émergé depuis une décennie : la "maritimisation" de l’économie géorgienne. Manzagol donne un bref aperçu historique : "les villes importantes du Sud étaient les ports : Charleston, Memphis, New-Orleans. Avec l'effondrement du système commercial des plantations en 1865, Atlanta, carrefour intérieur, accapare les fonctions d'approvisionnement et de distribution et devient le plus important centre de transaction du Sud (p. 520). Avec la révolution de la massification et du conteneur, le transport maritime est le vecteur de la mondialisation matérielle contemporaine. La Géorgie n'y échappe pas grâce à Savannah.

Le port de Savannah et l’ouverture maritime de la Géorgie

Après une chute à 2,3 millions de TEU (ou EVP) transbordés en 2009, chute liée à la crise financière de 2008, le trafic de Savannah est remonté à 3,6 millions d’EVP en 2016. Savannah a dépassé les ports concurrents de Charleston et Hampton Roads pour devenir le port le plus important de la Côte Est après New York. Cependant, il convient de souligner que le port de New York est un port local qui dessert son aire métropolitaine, immense mais spatialement limitée. Au contraire, Savannah est un port avec un hinterland qui s’étend sur plusieurs États des Etats-Unis. Le port s’équipe pour satisfaire les besoins de son arrière-pays.

 Source de la carte : https://www.researchgate.net/figure/Charleston-Savannah-Gateways-Corridor_fig2_317423368

 

L’immédiat hinterland de Savannah comprend le Piedmont atlantique des Appalaches avec Atlanta, Charlotte (Caroline du Sud) soit une zone de chalandise de 15 millions d’habitants. https://transportgeography.org/?page_id=8490. Soit l’exemple des exportations de bois des forêts du Highland country de la Géorgie. Dans le comté de Murray, la Georgia port authority[4] a aménagé l’Appalachian Regional Port (août 2018) où des conteneurs remplis de grumes passent de camion sur wagon puis le train complet est acheminé directement sur Savannah via Atlanta. Ce "port appalachien" dessert des sites forestiers en Alabama et Tennessee. 

Les importations de Savannah.

Au cours de l'exercice financier 2017, le secteur des biens de consommation au détail était la principale source de marchandises importées via Savannah. Les importations de machines, d'appareils électroménagers/électroniques, de meubles, d'automobiles, de quincaillerie et d'articles ménagers viennent compléter ces importations. Dans son étude, Gachelin souligne le fort développement du marché de consommation d’Atlanta et sa région. Cela ne peut que croître avec sa population et l’élévation du niveau de vie moyen. Le port de Savannah a conçu des ports privatifs pour des clients particulièrement importants : IKEA et Heineken-USA.

Les exportations de Savannah.

Le port de Savannah traite près de 40 % des exportations américaines de volailles conteneurisées, l'une des principales marchandises d'exportation du port. Au cours de l'exercice financier 2017, les aliments, y compris la volaille fraîche et congelée, les aliments pour animaux de compagnie et les fruits à coque comestibles, étaient le principal groupe de produits d'exportation via Savannah. La pâte de bois, le papier/carton, les produits de consommation au détail et l'argile complètent les 5 premières exportations (par TEU). Les États-Unis sont le 1er producteur mondial de volailles avec 20,3 millions de tonnes en 2014, en progression constante depuis les années 2000 et + 1,5 % par rapport à 2013[5].

Dans les années 1990, les entreprises d’emballage de volaille et de viande ont commencé à recruter massivement dans les communautés hispaniques des États-Unis, contribuant ainsi à accélérer la migration vers les zones de transformation de la volaille. Les cartes ci-dessous comparent les pays à forte production de volaille - qui sont restés pratiquement inchangés au fil des ans - avec la part de la population hispanique, qui a considérablement augmenté.[6]

Sur la carte, les comtés où sont produits plus de 1 million de poulets vivants chaque année sont de couleur jaune. Les comtés appalachiens de Géorgie se sont unanimement tournés vers cette nouvelle spéculation. Pour ce qui concerne le Piedmont et la plaine côtière, c’est plus différencié. Columbus et Albany sont réfractaires. Ainsi que les comtés de la région de Savannah et de la frontière avec la Floride.

Conséquence de ce dynamisme – de l’économie géorgienne et de son port principal – la compagnie MAERSK Line[7] a décidé (avril 2017) de faire de

<= Major Poultry Producing Counties, 2012
Savannah un de ses ports principaux avec cinq services hebdomadaires. Les navires desserviront outre-Atlantique la Méditerranée et, après le canal de Suez, le Moyen-Orient et le monde indien.  .  

 

2.

La révolution informatique

Pour reprendre une terminologie connue, Atlanta est devenue une technopole avec moult technopôles.

Un technopôle unit un établissement d’enseignement supérieur, des laboratoires de recherches, des usines innovantes souvent appelées start-up. La technopole est une collectivité locale qui a une politique délibérée en faveur du développement des sites technopôlitains, elle fournit l’écrin dont les cadres ont besoin.

L'université Georgia School of Technology ouvrit ses portes à la rentrée 1888. Elle est née d’initiatives atlantiennes qui visaient à combler le retard de la Géorgie avec le Nord-Est victorieux. En 1948, l’école changea de nom pour devenir le Georgia Institute of Technology. En 1959, un rassemblement de 2741 étudiants vota avec une majorité écrasante que les candidats soient intégrés sans qu'il soit tenu compte de leur origine. L'un des points forts entretenu par l'université reste le coût accessible du diplôme. Elle obtient régulièrement la première place des classements comparant le coût des études à la valeur du diplôme (retour sur investissement). Le site principal de Georgia Tech se situe au cœur d'Atlanta, dans le quartier de Midtown.

Cet institut, écrit Gachelin, "est sans conteste l’initiateur de la poussée technologique et de la part grandissante qu’elle prend dans l’économie de la Géorgie." Il est à l’origine d’un incubateur d’entreprises : l’Advanced Technology Development Center.

L’institut possède d'autres installations en Géorgie dans la ville historique de Savannah. Ainsi trois bâtiments (un d'enseignement, un d'administration, et un de recherche) sont implantés à proximité de l'aéroport International de Savannah. Georgia Tech a essaimé également à Augusta et Macon.

Atlanta compte d’autres universités.

Cette "révolution" a créé de nouveaux emplois, ouverts aux Noirs puisque l’université n’est pas ségréguée ni trop chère, emplois qualifiés à l’origine d’une classe moyenne de couleur en même temps que blanche évidemment et emplois qui en génèrent d’autres (garde d’enfants, personnels de maison, secrétariat plus les achats de services culturels ou de loisirs…). C’est là un des points forts d’Atlanta et Gachelin conclut son travail en disant que "la force d’Atlanta se trouve dans la puissance de son carrefour et l’intensité des liens qu’elle a su créer avec ses universités" (souligné par moi).   

 

3. 

La fonction d’accueil.

C’est la troisième tendance de l’évolution de la ville qui se mêle aux autres pour en faire une world-town. 

Il y a d’abord l’accueil des fonctions administratives : Atlanta reçoit les fonctions déconcentrées de l’Union, mais aussi celles de capitale de l’Etat fédéré, de chef-lieu du comté de Fulton et bien sûr l’hôtel de ville de la cité. 

Ensuite, citons la fonction d’accueil touristique au sens banal mais surtout le tourisme d’affaires. Cela génère la construction d’hôtels de luxe avec l’avenant (restaurants, services divers – coiffure - loisirs, cinémas, etc…) et surtout le Georgia World Congress Center. Atlanta est une ville de congrès nationaux et internationaux. Snow birds est le surnom - ils arrivent par avion - qui a été donné aux états-uniens du Nord qui viennent passer l'hiver en Géorgie (et Floride aussi) quittant la neige pour davantage de soleil. 

Puis la fonction d’accueil des sièges sociaux des entreprises. Celles-ci – ce sont souvent les plus grandes – ont pu établir des sièges privés sur des emplacements immobiliers achetés. 85% environ des 500 entreprises du classement Fortune ont leur siège ou une représentation à Atlanta. Mais Atlanta a su développer l’immobilier de bureaux grâce à quoi les entreprises moins imposantes peuvent s’installer dans des espaces modulables. L’offre s’est faite par la création de parcs. Par ce mot, il faut entendre des espaces forestés bâtis parfois avec un espace d’eau. Les entreprises et leurs employés trouvent à peu près tout : depuis la connexion internet haut débit jusqu’au golf, la résidence cossue… tout. C’est pourquoi on parle d’Edge-city, de cités des lisières, qui concurrencent le centre-ville – CBD - avec lequel on n’a guère plus de contacts.

Ces parcs d’affaires immobiliers, véritables villes nouvelles, ont trouvé des localisations de prédilection. La carte montre qu’Atlanta est grosso modo au carrefour des autoroutes fédérales I-75, I-85 et I-20. Le CBD se trouve au centre géométrique. Mais pour éviter les encombrements inhérents à la notion de carrefour, a été construite une vaste rocade, la I-285, qui enserre un noyau de 35km nord-sud et 25km ouest-est. Les croisements de cette rocade avec les radiales sont stratégiques. Ainsi, le Cumberland-Galleria offrit 2,5 millions de m2 de bureaux au croisement de 285 et 75. Perimeter-Georgia 400 c’est 2,1 millions de m2 au croisement de 285 avec 400 (il s’agit d’une route de l’Etat de Géorgie, radiale). Ces deux ensembles offrent chacun plus de superficie que le CBD – Downtown – avec ses 1,6 million m2. Mais le Downtown a été doublé par le Midtown : la ville d’Atlanta n’entend pas tout abandonner aux edge-cities..

    Atlanta accueille des rencontres sportives qui réunissent des millions de spectateurs chaque année. Chaque année, Augusta accueille le Masters de golf. Sportifs de haut niveau et chercheurs qui viennent les applaudir/admirer pour se détendre génèrent des emplois secondaires que les victimes de l’exode rural évoqué plus haut étaient heureux de trouver.


[4] En charge des ports de Savannah et de Brunswick.

[5] https://www.paysan-breton.fr/2016/01/usa-2e-exportateur-mondial-de-volailles/  Lire aussi l'article suivant.  

[6] https://www.propublica.org/article/case-farms-chicken-industry-immigrant-workers-and-american-labor-law

[7] Une des toutes premières compagnies maritimes mondiales, née de la fusion de Maersk-Danemark et de APL-USA (American President Line). 







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