Georgie : études électorales (mid-term 2018) -2ème partie-

publié le 7 déc. 2018 à 07:21 par Jean-Pierre Rissoan   [ mis à jour : 7 déc. 2018 à 07:23 ]

Les luttes pour l’égalité, la dé-ségrégation, les droits civils.


La Géorgie est un ancien État esclavagiste qui compta jusqu’à 44% de Noirs, on disait "Nègres" jusqu’après la WWII. Après la Guerre de Sécession, l’esclavage a disparu mais le racisme est demeuré. Et de quelle manière ! Les Blancs, dans leur immense majorité, ont voulu adopter une stratégie : celle du "separate but equal", politique du développement séparé, apartheid officiel, racisme institutionnalisé : la vie des Noirs dans le Sud, en Géorgie comme partout, était rude et dure. Gare à celui qui allait se laver les mains dans un lavabo réservé aux Blancs !

La situation s’est aggravée quand la Cour Suprême des Etats-Unis elle-même a déclaré conformes à la constitution de l’Union, les différentes constitutions racistes des États du Sud et les lois avenantes, les fameuses Jim-Crow laws dont je vais évoquer quelques aspects. Les Noirs ont réagi. Les Blancs ont furieusement contre-attaqué avec une acmé des lynchages au tournant du XX° siècle. Le grand tournant se situe en 1954 où la Cour suprême – à l’unanimité, ce qui avait une grande signification politique – a modifié toute la législation et où la présidence et le Congrès des Etats-Unis ont appliqué sans retour en arrière, ont fait appliquer doit-on dire par les Etats sudistes récalcitrants, ô combien ! la dé-ségrégation[1] raciale puis le droit des Noirs à être inscrits sur les listes électorales, à voter, à être élus.

Pourquoi ce retournement ? parce que la Guerre froide sévissait et les Communistes du monde entier avaient beau jeu de montrer le caractère fallacieux du discours/slogan de Liberté ! dans un pays où la plupart des Noirs n’avaient aucune liberté. Il fallait ôter cet argument de la bouche des "Rouges". L’enjeu était de taille et c’est pourquoi les pouvoirs États-uniens – judiciaire, législatif, exécutif – furent unanimes et persévérants.

Le but de cette page est de montrer la lutte des Noirs - aidés de Blancs courageux, quelques fois - en Géorgie, en détectant les localités où les actions ont été les plus fréquentes ce qui pourrait expliquer la force du vote démocrate ici ou là, aujourd'hui. Le but de cette série étant de montrer la force du courant qui a failli porter Stacey Abrams sur le fauteuil de gouverneur de la Géorgie. Ce que Scarlett O’Hara n’aurait jamais ni compris ni admis. 

NB. J’ai choisi le mode Chronologie parce que j’avais un solide point d’appui [2]. Mais j’ai largement augmenté cette donnée Wiki...[3]

 ***

1881 : la grève des washerwomen d’Atlanta (lavandières) concerne jusqu’à 3.000 travailleuses, noires pour la plupart. Les hommes noirs s’arment contre le KuKluxKlan.

1883 : 15 octobre, la Cour suprême des États-Unis déclare que la loi sur les droits civils de 1875, interdisant la discrimination raciale dans les hôtels, les trains et autres lieux publics, est inconstitutionnelle. Fureur de Henry McNeal TURNER, noir, évêque de l’Eglise méthodiste noire, élu du comté de Bibb – chef-lieu : Macon – à l’assemblée législative de Géorgie. Il déclara :

Le monde n'a jamais été témoin de lois aussi barbares imposées à un peuple libre que la décision de la Cour suprême des États-Unis, rendue le 15 octobre 1883. Cette décision est la seule à autoriser et à perpétuer toutes les discriminations injustes, les proscriptions et les vols qualifiés perpétrés par des transporteurs publics sur des millions de défenseurs les plus fidèles de la nation. Il est le père de tous les "bus Jim-Crow" dans lesquelles les gens de couleur sont entassés et obligés de payer autant que les Blancs, à qui sont attribués les meilleurs places. Cela a rendu parodique le vote du Noir, nulle sa citoyenneté et burlesque sa liberté. Il a engendré le sentiment le plus amer entre les Blancs et les Noirs et a entraîné la mort de milliers de personnes qui auraient vécu et profité de la vie aujourd'hui.

Turner fait allusion aux lois Jim-Crow qui matérialisent à elles seules toutes les discriminations dont sont victimes les Noirs aux Etats-Unis. Deux exemples : 1877 : des écoles séparées doivent être prévues pour les enfants blancs et noirs. 1899 : Les passagers blancs et de couleur ne sont pas autorisés à occuper le même compartiment. Les entreprises ne sont pas obligées de transporter des Noirs dans des wagons-lits ou des voitures de salon… Au total, vingt-sept lois Jim-Crow ont été appliquées en Géorgie ! pour les détails cf. https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_exemples_de_lois_Jim_Crow_par_%C3%89tat[4]

1887 : William Edward Burghardt Du Bois prend un poste de professeur d'histoire et d'économie à l'université "traditionnellement noire"[5] d'Atlanta, Clark Atlanta University. Noir, marxiste puis communiste, diplômé de Harvard, Du Bois fut le premier noir à obtenir le titre de Docteur (Ph.D.) (sociologie). Prix Lénine de la paix.

1895 : Booker T. Washington était l'architecte du compromis d'Atlanta, un accord tacite qu'il conclut en 1895 avec les chefs blancs du Sud. Les Noirs acceptent les lois Jim-Crow, en échange, ils peuvent s’éduquer, ester égalitairement en justice… Du Bois s’opposa énergiquement à ce "compromis" et créa le Niagara Movement.

1899 : lynchage de Sam HOSE, à Coweta, banlieue d’Atlanta. Hose fut torturé, brûlé et pendu par une foule de 2.000 Blancs.

Avant 1914 : c’est l’apogée du lynchage. En fait, cette période déborde jusqu’en 1920 environ. Extrait de l’encyclopédie Wikipédia :

"À la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, un nombre significatif de lynchages ont lieu dans les États du sud-est des États-Unis principalement contre les Afro-Américains dans les États du Mississippi, de la Géorgie et du Texas. Entre 1890 et 1920, environ 3.000 Noirs sont tués par des foules, principalement en représailles de supposés crimes contre des Blancs. Les partisans du lynchage justifient la pratique comme un moyen d'assurer la domination sur les Afro-Américains, à qui ils attribuent une nature criminelle".

Howard ZINN, quant à lui, écrit (p. 395):

"Pendant ces toutes premières années du XX° siècle, que des générations d'universitaires blancs s'obstinent à appeler la "période progressiste", des lynchages avaient lieu toutes les semaines. Au Nord comme au Sud, la situation des Noirs était au plus bas, (…). Les gouvernements américains (dont les présidents successif, entre 1901 et 1921, furent Théodore Roosevelt, William Howard Taft et Woodrow Wilson), républicains ou démocrates, assistèrent aux lynchages de nègres, furent témoins d’émeutes meurtrières contre les Noirs à Statesboro (Bulloch county, Géorgie) Brownsville (Texas) ou Atlanta, et se turent".[6]

1910 : Création de la National Association for the Advancement of Colored People (NAACP) dont Du Bois est le seul dirigeant noir. Les sections locales de cette NAACP sont la formation structurante des luttes d’émancipation.

1916 : Lynchage de Jesse Washington à Waco (Texas). Du Bois, horrifié, écrit : "tout discours sur le triomphe du christianisme ou les progrès de la civilisation ne sont que des fadaises vaines tant que le lynchage de Waco est possible aux États-Unis". C’est la fin du "compromis d'Atlanta" de B.T. Washington et l'avènement de la vision pour l'égalité des droits défendue par Du Bois.

1929 : 15 janvier : naissance à Atlanta de Martin Luther KING.

1932 : Angelo Herndon, mineur de fond, devient responsable communiste à Atlanta[7]. Il y organise les chômeurs. Cinq ans de prison. (cf. Zinn, page 507-508). Les Noirs de Géorgie ont fourni les premières troupes au parti communiste américain (d’après Stephen Tuck, Oxford, R.U.).

1942-1950 : From 1942 to 1950, Reverend Ralph Mark Gilbert served as president of the Savannah Branch of the NAACP.

1944 : Le Dr Brewer créateur de la section NAACP de Columbus, soutien politiquement et financièrement l’action du militant noir Primus E. King qui veut participer aux primaires du parti démocrate (et qui obtient gain de cause devant la Justice). Brewer est assassiné par un blanc qui est acquitté. Columbus s’est donné A. J. McClung comme maire, premier maire noir, leader du mouvement des droits civils, ami du Dr Brewer.[8]

LE TOURNANT DE 1954

1954 : 17 mai : avec l'arrêt Brown v. Board of Education, la Cour suprême des États-Unis prend une des plus importantes décisions de son histoire. Décidé à l'unanimité des neuf juges, l'arrêt invalide les lois instaurant la ségrégation raciale dans les écoles et établit que l'application de la loi revient au gouvernement fédéral et non plus aux États fédérés). Cette décision entraîne d'importantes réactions hostiles dans les États du Sud et de violentes critiques de la part des journaux conservateurs.  

1955 : 11 juillet, le Bureau de Géorgie pour l’éducation (équivalent du ministère pour un Etat fédéré) ordonne le licenciement de tout enseignant qui se prononce en faveur de l'intégration raciale et le même bureau ordonne le licenciement de tous les enseignants noirs de Géorgie membres de la NAACP.

-La Commission du commerce entre États fédérés (ICC) interdit la ségrégation dans les autobus lors des déplacements entre États (décret Sarah Keys contre Carolina Coach Company). Le même jour, la Cour suprême des États-Unis interdit la ségrégation dans les parcs et les terrains de jeux publics. Le gouverneur de la Géorgie déclare s’y opposer.

-Rosa Parks refuse de se lever au profit d’un passager blanc dans le bus qui la ramène du travail. Son arrestation marque le début du Montgomery Bus Boycott.[9] Dans son "Histoire populaire des États-Unis", l’historien américain Howard Zinn souligne que "Montgomery allait servir de modèle au vaste mouvement de protestation qui secouerait le Sud pendant les dix années suivantes : rassemblements religieux pleins de ferveur, hymnes chrétiens adaptés aux luttes, références à l’idéal américain trahi, engagement de non-violence, volonté farouche de lutter jusqu’au sacrifice" (p.512, chapitre XVII). Lien : 1955, Montgomery (Alabama - USA) : la lutte pour les droits civiques commence

1956 : Les gouverneurs de Géorgie, du Mississippi, de Caroline du Sud et de Virginie se mettent d’accord pour bloquer l’intégration raciale dans les écoles. Puis, le Southern Manifesto (Manifeste du Sud) est rédigé et signé par des membres du Congrès des États du Sud, dont 19 sénateurs et 81 membres de la Chambre des Représentants, notamment l'ensemble des délégations des États de l'Alabama, de l'Arkansas, de la Géorgie, de la Louisiane, du Mississippi, de la Caroline du Sud et de la Virginie. Le 12 mars, il est publié dans la presse.

1957 : -création de la SCLC, Southern Christian Leadership Conference, présidée par M.L. King.

-Le Sénat géorgien vote pour déclarer nuls et non avenus les 14ème et 15ème amendements à la Constitution des États-Unis relativement à l’État de Géorgie.

- En 1957, William Berry Hartsfield, Sr. gagne l’élection au poste de maire d’Atlanta contre Lester Maddox, un Démocrate ségrégationniste, raciste, anti-communiste qui sera néanmoins élu Gouverneur de la Géorgie (en 1967). Hartsfield aura son nom associé à celui de son successeur noir à la mairie pour la dénomination de l’aéroport international de la ville (Hartsfield-Jackson international airport).  

1958 : le ministère fédéral de la Justice intente une action en justice en vertu de la loi sur les droits civils pour contraindre le comté de Terrell, en Géorgie, à inscrire les Noirs sur les listes électorales.

1959 : Un juge fédéral condamne et annule la ségrégation raciale dans les bus d'Atlanta tandis qu'un autre juge ordonne aux bureaux d'enregistrement des électeurs de Montgomery de se conformer à la Commission des droits civiques.

1960 : M. Luther King et cinquante autres personnes sont arrêtés pour leur participation au sit-in du Rich’s Store d'Atlanta.

1961 : Les émeutes provoquées par l'admission - ordonnée par la justice - des deux premiers Afro-Américains (Hamilton E. Holmes et Charlayne Hunter-Gault) à l'Université de Géorgie entraînent leur radiation, mais ils sont réinscrits sur ordre.

-Le procureur général de l’Union, Robert F. Kennedy prononce un discours devant les étudiants de la faculté de droit de l'Université de Géorgie à Athens, comté de Clarke, dans lequel il promet d'appliquer la législation sur les droits civils. C'est la première fois que l'administration Kennedy approuve officiellement les droits civils

THE ALBANY MOVEMENT

Le mouvement d' Albany est une coalition de mouvements en lutte contre la ségrégation raciale formée le 17 novembre 1961 à Albany en Géorgie par des militants locaux, par le Student Nonviolent Coordinating Committee (SNCC) et la National Association for the Advancement of Colored People (NAACP). (D’après Wikipédia)

- 1er novembre : Tous les bus entre États sont tenus d'afficher un certificat portant la mention suivante: "Les sièges à bord de ce véhicule sont sans distinction de race, de couleur, de croyance ou d'origine nationale", sur ordre de la Commission de commerce inter-Etat (ICC). Immédiatement, ce même 1er novembre, les militants de la SNCC, Charles Sherrod et Cordell Reagon, ainsi que neuf membres du Conseil de la jeunesse Chatmon, testent les nouvelles règles de l’ICC à la gare routière de la compagnie Trailways à Albany, comté de Dougherty.

- 17 novembre: Les militants de SNCC entreprennent d’encourager et de coordonner le militantisme noir à Albany, aboutissant à la fondation du Mouvement d’Albany en tant qu’association officielle

22 novembre : Trois lycéens du Chatmon’s Youth Council sont arrêtés après avoir effectué des "actions positives" en marchant dans des sections réservées aux Blancs à la gare routière d'Albany.

22 novembre : Bertha Gober et Blanton Hall, étudiants à l’Albany State College sont arrêtés après être entrés dans la salle d'attente réservés aux Blancs à la gare routière d’Albany.

-10 décembre : Freedom Riders from Atlanta, Les Freedom Riders d’Atlanta, Charles Jones, dirigeant de la SNCC [10], et Bertha Gober, étudiante à Albany, sont arrêtés au terminal de la compagnie de chemin de fer Albany-Union, ce qui suscite de nombreuses manifestations. Des centaines de manifestants sont arrêtés au cours des cinq jours suivants : du 11 au 15 décembre, 500 manifestants sont arrêtés à Albany, en Géorgie. NB. Les Freedom Rides sont les actions de militants du mouvement des droits civiques aux États-Unis qui utilisaient des bus inter-États afin de tester l'arrêt de la Cour suprême Boynton v. Virginia qui rendait illégale la ségrégation dans les transports. Wikipédia

-15 décembre : M.L. King arrive à Albany en réponse à un appel du Dr W.G. Anderson, leader du Albany Movement, pour participer à la lutte contre la ségrégation raciale dans les établissements publics. Le 16 décembre, King est arrêté lors d'une manifestation à Albany. Il est accusé d'avoir obstrué le trottoir et d'avoir défilé sans autorisation.

18 décembre - Trêve d'Albany, y compris un report du procès de King de 60 jours; King quitte la ville.

LA LUTTE POUR LE DROIT DE VOTE

1962 : Juin - Les travailleurs du SNCC lancent un projet d'inscription des électeurs noirs sur les listes électorales dans la zone rurale du sud-ouest de la Géorgie, considérée comme particulièrement représentative du Deep South. Le 28 août, deux églises fréquentées par les Noirs sont incendiées (ville de Sasser, comté de Tarrell).

-Juillet - 28 août: Le SCLC renouvelle ses manifestations à Albany ; Martin Luther King est emprisonné du 10 au 12 juillet puis du 27 juillet au 10 août. (H. Zinn, 515)

– le FBI commence ses enquêtes visant à dévoiler les infiltrations communistes (COMINFIL) au sein de la SCLC, suspectant ML King.

1963 : printemps. Le jeune James Crawford, adhérent du SNCC accompagne une jeune femme noire pour qu’elle s’inscrive sur les listes électorales de la petite ville de Leesburg, comté de Lee, SW de la Géorgie. C’est le début d’une véritable épopée. Lisible sur le net.[11] ZINN, page 515.

-Savannah : le leader charismatique de la section locale de NAACP, W.W. Law est licencié de son poste de titulaire à l’US Postal. Le scandale est tel qu’il est réintégré sur intervention du président Kennedy et de la NAACP de l’Union. 

1964 : dans son message du nouvel an, ML King présente Savannah comme "la ville au sud de la Mason-Dixon line où la dé-ségrégation est la plus aboutie" : Hommage à W.W. Law.

-2 juillet : signature du Civil Rights Act par le président Lyndon B. Johnson, en présence de M.L. King.

-Barry Goldwater est le premier républicain à remporter la Géorgie (54,12 %) contre le président sortant Lyndon B. Johnson (45,87 %) à qui les électeurs blancs font payer les lois sur les droits civiques.

1965 : -7 mars 1965: Bloody Sunday : les militants des Droits civils de Selma, Alabama, organisent la "Selma To Montgomery Voting Rights Trail" que l’on peut traduire “la route du droit de vote de Selma à Montgomery”, celle-ci étant la capitale de l’État. La manifestation est stoppée par un imposant barrage de police montée et de miliciens de l’Etat fédéré. La police montée charge sans ménagement. De nombreux marcheurs sont blessés, 17 sont hospitalisés dont Amelia Boynton Robinson -native de Savannah (Géorgie)- initiatrice, avec son mari, des Marches de Selma à Montgomery. Les photos d’Amelia Robinson, gisant inconsciente et ensanglantée sur le pont ont fait le tour du monde. Le retentissement est considérable. La NAACP déclare : "si les troupes fédérales ne sont pas capables de protéger les droits des Nègres, alors le peuple américain est face à une terrible alternative : comme les citoyens de la France occupée par les Nazis, les Nègres devront soit se soumettre à l’oppression soit entrer en résistance clandestinement pour se protéger eux-mêmes de la répression du Gouverneur Wallace et de ses troupes sauvages".

-Stacey ABRAMS, notre candidate héroïque mais malheureuse, avait une seconde vie d’écrivaine. Elle avait adopté un pseudonyme littéraire : Selena Montgomery.

6 août, Le Voting Rights Act of 1965 est l'une des plus importantes lois du Congrès des États-Unis, interdisant les discriminations raciales dans le vote.

Novembre 1967 : King et autres leaders du SCLC engagent la "seconde phase dans le mouvement des droits civiques" : la lutte contre la pauvreté fût-elle le fardeau de Blancs. Au New York Times qui l’interroge sur cette croisade des pauvres, il confie sans fard qu’il s’est "engagé dans une forme de lutte des classes".

1968 : Présidentielle : George Wallace, le candidat indépendant – mais issu du parti démocrate - ségrégationniste et raciste, responsable des violences du Bloody Sunday en tant que gouverneur de l’Alabama, remporte la Géorgie face au républicain Richard Nixon (30,40 %) et face au démocrate Hubert Humphrey (26,75 %).

1970 : Augusta (comté de Richmond), mois de mai, six Noirs sont tués au cours d’émeutes accompagnées de pillages. Les policiers tirent dans le dos, sans sommation. (Zinn, 524).

1974 : Maynard Holbrook Jackson Jr. (1938-2003) homme politique américain, membre du parti démocrate, est le 54e et premier maire afro-américain d'Atlanta. L’aéroport international d’Atlanta Hartsfield-Jackson, porte son nom avec celui du maire précédent (cf. l’an 1957).

1977 : à Tifton (comté de Tift) et Milledgeville (comté de Baldwin), Blancs et Noirs participent ensemble aux comités syndicaux de leurs usines textiles.  



[1] Je préfère écrire le mot dé-ségrégation avec ce tiret sinon on lit désagrégation 

[4] Lire aussi : https://www.nofi.media/2017/02/jim-crow-segregation-raciale-sud-usa/35768

[5] Cette expression a son entrée dans l’encyclopédie WIKIPEDIA

[6] « Entre 1882 et 1968, 4 742 Noirs ont connu un sort semblable, dont la moitié dans le Mississippi, la Géorgie, le Texas, l’Alabama et la Louisiane (statistiques établies par l’université de Tuskegee, Alabama) ».MD. n° de juin 2000.

[7] Howard ZINN, page 507.

[8] In 1989 the Mayor of Columbus along with the Governor issued a Proclamation making November 19, 1989, as “Dr. Thomas H. Brewer Senior Day”.

[9] Montgomery n’est pas situé en Géorgie mais l’importance de l’évènement est telle qu’il a eu un impact en Géorgie et les luttes qui suivent sont incompréhensibles dans l’ignorance de Montgomery.

[10] Le Student Non-violent Coordinating Committee ou SNCC (littéralement « Comité de coordination non-violent des étudiants ») est l'un des principaux organismes du mouvement afro-américain des droits civiques dans les années 1960.

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