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STRAUSS-KAHN, la Tunisie et le F.M.I., ...

publié le 28 août 2012 à 09:37 par Jean-Pierre Rissoan
 17/01/2011  
Mon article - qui évoquait les méfaits des thérapies du F.M.I. sur les pays malades d’un manque de devises fortes - date de bien avant la révolution tunisienne.

En tant que président du F.M.I., DSK s’est rendu en Tunisie en 2008, il en est ressorti ce qui suit :

http://www.europalestine.com/spip.php?article5778

Après les déclarations de Delanoë - qui a perdu une nouvelle fois une occasion de se taire après celle de l’été 2008 où il se déclarait, en tant que socialiste, non hostile au libéralisme alors que la crisissime crise de l’automne 2008 éclatait quelques jours plus tard - ces déclarations de DSK montrent que les dirigeants socialistes ne disposent d’aucun outil d’analyse pour aborder une situation concrète. S’il est candidat en 2012, faudra-t-il voter pour un candidat décoré par le truand Ben Ali ?[1]

Nos leaders socialistes -comme ceux de droite, cela va de soi - sont incapables de distinguer un Mobutu parmi les dirigeants dont ils serrent la main ou -pire encore - dont ils reçoivent l’accolade… Sont-ils si naïfs ?

Ce même jour, 17 janvier, Hamma Hammami, enlevé mardi dernier et libéré ce vendredi grâce à la révolution, dirigeant du Parti communiste ouvrier tunisien, parle du nouveau dirigeant tunisien qui «  a appliqué avec zèle les directives du F.M.I. et de la Banque Mondiale qui ont conduit la Tunisie vers le gouffre »[2].

A qui le peuple tunisien vient de donner raison ? À DSK décoré par Ben Ali pour son travail international ? (sic, visionner la vidéo) ou à H. Hammami ?

Ce grand écart effraie à la veille d’une présidentielle où l’on nous dit que DSK ferait un bon candidat.

Militants socialistes ! ne soyez pas aveugles !

Choisissez une candidate pour laquelle, les gens honnêtes puissent voter au second tour !


Je fais un copier/coller de l’essentiel de l’article précédent sur le F.M.I..

Je croyais le FMI, sinon disparu, en tout cas moins nocif qu’autrefois après que des alter-mondialistes ont dénoncé son rôle désastreux dans la mondialisation menée sous la houlette étatsunienne. Le Figaro nous avertit qu’il n’en est rien : « Le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, a déclaré aujourd'hui -29/11/2010- à Tokyo n'avoir "aucun doute" sur la réussite du plan d'aide de l'Union européenne et du FMI à l'Irlande, adopté dimanche à Bruxelles. "Ce plan a été clairement dessiné par le F.M.I. et l'U.E. et vous pouvez vous fier à l'expérience de plusieurs décennies du F.M.I. pour instaurer des plans totalement crédibles", a souligné M. Noyer, qui est aussi membre du Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE), lors d'une conférence de presse au forum financier Paris Europlace dans la capitale japonaise ».

Se fier à l’expérience de plusieurs décennies du F.M.I. ? Qu’est-ce qu’on doit rigoler à la Banque de France. Voici quelques méfaits de cette O.I.G.[3] où les USA ont un droit de veto[4].

Egypte : une grève sévèrement réprimée : 4 août 1989[5]

« La police a pris d'assaut une usine et arrêté cinq cents ouvriers. Les désordres ont commencé début juillet à la suite d'une réduction de la prime d'encouragement accordée aux ouvriers, dans le but le limiter les pertes de l'usine. Cette mesure s’inscrivait dans 1e cadre plus large des efforts déployés par le gouvernement égyptien pour réduire le déficit budgétaire afin de parvenir un accord avec le Fonds monétaire international en vue de rééchelonner une partie de la dette extérieure, estimée à près de 44 milliards de $ ».

C’est un des aspects essentiels des remèdes FMI en échange d’un prêt à un Etat dans le besoin de devises pour payer ses dettes : baisser drastiquement les dépenses. Ici, l’Etat égyptien réduit les primes accordées aux ouvriers d’une usine métallurgique d’Etat.

Philippines : le FMI suspend son crédit (août 1991)

Autre aspect des remèdes FMI : les prêts sont dédiés. On ne peut pas s’en servir pour autre chose. Le gouvernement philippin voulait se servir du prêt FMI pour subventionner une entreprise publique en difficulté. Impossible.

« Le Fonds monétaire international a suspendu une partie d'un crédit standby de 916 millions de dollars accordé à Manille, en raison des problèmes financiers de l'entreprise publique d'électricité National Power Corp. (NPC). Le FMI a repoussé son examen du programme de stabilisation économique (sic) du pays, initialement prévu au mois d'août, en conseillant à Manille «de ne pas puiser dans la même caisse» l'argent pour réaliser le programme de stabilisation de l'économie et pour sortir la NPC du rouge »[6].

Algérie : hausse du prix des produits de première nécessité (août 1991)

« Le Parlement algérien a rejeté lundi 26 août les augmentations des prix des produits de première nécessité proposées par le gouvernement dans la loi de finance complémentaire pour 1991 et qui font partie du plan de restructuration économique négocié avec le Fonds monétaire international (FMI) en avril dernier.

Le président de l'Assemblée a invité le gouvernement à demander au FMI de surseoir jusqu'à la fin de l'année à ces augmentations et estime qu'il faut trouver des compensations pour les revenus Les plus faibles »[7].

Il arrive que les exigences du FMI se heurtent momentanément à des résistances. Dans la stratégie globale qui consiste à réduire les dépenses, coûte que coûte, les subventions publiques pour une nourriture accessible aux plus pauvres entrent dans la ligne de mire du FMI.

La Suède se fait taper sur les doigts.1993

Même les pays "riches", en difficultés passagères, doivent obéir au doigt et à l’œil.

« La crise économique en Suède serait principalement due au niveau très élevé des dépenses publiques, selon un rapport confidentiel du Fonds monétaire international (FMI) dont certains éléments ont été dévoilés jeudi 26 août (1993, JPR). L'institution explique que ces dépenses «ont affaibli les incitations à l'emploi et à l'épargne et nécessité un niveau de taxation paralysant». Les économies budgétaires (…) sont insuffisantes pour réduire la dette, estime le FMI, qui préconise d'en doubler le montant. Jeudi 26 août, la Banque centrale suédoise a dû intervenir sur le marché des changes de Stockholm pour soutenir la couronne affaiblie par les analyses du FMI »[8]. 

Le FMI n’est pas un organisme d’aide mais un organe de contrôle et de coercition.

Voilà quelques exemples des décennies précédentes que connaît bien Mr Noyer. Réduire les dépenses ? Comme celles-ci sont toujours portées sur le compte du secteur public, la solution systémique préconisée a toujours été la privatisation. Et c’est la porte ouverte aux capitaux extérieurs.

Le socialiste Strauss-Kahn, pardon, le social-démocrate Strauss-Kahn propose-t-il d’autres solutions ?

Le FMI est de retour, tremblez bonnes gens ! 




[1] J’écris « truand » parce que partir avec 1 tonne et demie d’or tunisien ne mérite pas une autre qualification avant qu’un tribunal international se penche sur ce cas monstrueux.

[2] ITW dans l’Humanité de ce Lundi 17 janvier 2011.

[3] Organisation internationale intergouvernementale.

[4] Le FMI ne relève pas du système onusien où les votes s’effectuent selon le principe 1 état = 1 voix. Au FMI, on vote en fonction de son APPORT FINANCIER. Un Etat qui a apporté 3% de devises au fonds commun possède 3% des votes, etc… Or, dès sa création, les décisions devaient se prendre à 85% des voix et les Etats-Unis possédèrent jusqu’à près de 20% des votes, aujourd’hui c’est un peu plus de 17%. Bref, dans un éventuel « seul contre tous », les pays-membres voteraient à 83% et la barre des 85% ne serait pas atteinte. Le FMI ne peut rien faire sans l’accord des Américains.

[5] Le Monde, daté du 4 août 1989.

[6] Le Monde, daté du 28 août 1991.

[7] Le Monde daté du 28 août 1991.

[8] Le Monde, août 1993.

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